À la une
Une saison 2026-2027 d’exception à l’Opéra royal de Wallonie
COLMAR 2026 : 10 jours de festival !
Les rares Béatitudes de César Franck à la cathédrale Saint-Étienne...
SAMUEL HASSELHORN, entre ombre et lumière : quand la poésie...
Lucrezia Borgia enfin en version scénique à l’Opéra royal de Wallonie 
Ça s’est passé il y a 200 ans : création...
Euridice à Versailles : retour aux sources de l’opéra
CD – Romancero (Chœur de chambre Septentrion) : un compagnonnage fécond...
Satyagraha entre en triomphe au répertoire de l’Opéra de Paris
La Création de Haydn au TCE : …et une (humble) lumière fut. 
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Humeur

De la nécessité – ou non – de bénéficier de caresses sexuelles pour atteindre le contre-ut

par Stéphane Lelièvre 28 septembre 2020
par Stéphane Lelièvre 28 septembre 2020
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
1,6K

Natalie Dessay et Laurent Pelly, Orphée aux Enfers (mise en scène Laurent Pelly)

Il semble bien que l’on doive la première mise en perspective de la jouissance vocale (celle qu’expriment les vocalises, les aigus ou les suraigus) avec la jouissance tout court à Alain Françon et Isabelle Mazin, qui interprétait Gabrielle de La Vie parisienne en 1991 sur la scène de l’Opéra de Lyon. Six ans plus tard,sur la même scène, Natalie Dessay, dirigée par Laurent Pelly, atteignait l’orgasme et le suraigu grâce à un cunnilingus que lui prodiguait Jupiter/Laurent Naouri. 

On pouvait alors trouver cela étonnant, pornographique, rigolo, vulgaire, déplacé, osé, décalé. Bref, on réagissait. Qu’en est-il aujourd’hui, après quelque trente ans d’orgasmes atteints à coup de trilles, de notes piquées ou de suraigus ? Natalie Dessay s’est, depuis, fait une spécialité de la chose : Morgane atteint l’extase en s’imaginant que Bradamante caresse son postérieur ou ses seins dans la Alcina mise en scène par Carsen ; les vocalises d’Olympia – Carsen toujours – épousent la progression de l’orgasme du personnage, chevauchant Hoffmann ; Lucia caresse ses seins et son entrejambe pendant sa folie – jeu de scène absent lors des premières représentations de le version Serban en 1995, mais ajouté par/pour Dessay en 2006 ; Zerbinette (Ariane à Naxos version Pelly) se caresse de façon lascive pendant « Grossmachtige Prinzessin », etc.).

Capture d'écran YouTube

 La soprano française a été suivie depuis avec enthousiasme par de nombreux autres chanteuses et metteurs en scène : Violetta pousse son contre mi bémol au moment où un Douphol lubrique plonge son visage dans son entrejambe (Carsen encore) ; idem pour une autre Gabrielle de La Vie parisienne, Marie Devellereau, qui conclut son air par un aigu lancé au moment précis où Frick le bottier (Jean-Paul Fouchécourt) place sa bouche exactement là où il faut (Pelly, Lyon encore une fois : la capitale des Gaules bénificierait-elle d’un micro-climat propice à la volupté ?) ;

Marie Devellereau, La Vie parisienne (mise en scène Laurent Pelly)

Enrico fourre sa main sous la robe de sa sœur Lucia et lui prodigue un attouchement brutal qui lui fait pousser un aigu/cri de douleur venant clôturer leur duo (David Alden, Madrid) ; et on ne compte plus les Rosine et Almaviva qui égrènent les vocalises de leur duo final en se livrant à de multiples galipettes. 

Bref, nous fêterons en 2022 les 30 ans d’aigus et vocalises résultant de cunnilingus (notons que ce sont toujours les messieurs qui font plaisir aux dames…) et d’attouchements divers et variés. Je ne suis pas, mais alors pas du tout du genre prude et coincé. Mais quand même : 30 ans… Et si on passait à autre chose ? Histoire, enfin, de « dépoussiérer l’opéra », comme ils disent ?

image_printImprimer
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
CD – Verdi, LE TROUVÈRE
prochain post
Une Bohème gorgée d’émotion et de nostalgie à Liège

Vous allez aussi aimer...

PAATA BURCHULADZE : six mois déjà

2 avril 2026

Comment pourrait-on réellement croire qu’il est possible de...

30 mars 2026

Les stars d’Hollywood et l’opéra : Chalamet vs....

14 mars 2026

Journée internationale des droits des femmes : Mojca Lavrenčič,...

8 mars 2026

Timothée Chalamet, ou la médiocrité tranquille

7 mars 2026

PAATA BURCHULADZE : quatre mois déjà

2 février 2026

À la Fenice de Venise, un concert du...

3 janvier 2026

En 2026, commémorons et découvrons les programmations insolites...

2 janvier 2026

PAATA BURCHULADZE : trois mois déjà…

1 janvier 2026

Les années 2020 : sombre époque pour les...

5 mars 2025

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : six mois déjà

    2 avril 2026

En bref

  • Ça s’est passé il y a 200 ans : création d’OBERON de Weber

    12 avril 2026
  • Les brèves d’avril –

    4 avril 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’authenticité en musique : un idéal introuvable ?

    3 avril 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Rosine Fransis épouse Pirson dans Une saison 2026-2027 d’exception à l’Opéra royal de Wallonie
  • Sabine Teulon Lardic dans À Montpellier, La traviata mise en abime sur sa scène de théâtre
  • Catherine Dutrieux dans Toujours Tosca à l’Opéra Bastille : quatrième distribution de la saison
  • Stéphane Lelièvre dans In memoriam : ROBERT FORTUNE (1942-2024)
  • Stéphane Lelièvre dans In memoriam : ROBERT FORTUNE (1942-2024)

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

PAATA BURCHULADZE : six mois déjà

2 avril 2026

Comment pourrait-on réellement croire qu’il est...

30 mars 2026

Les stars d’Hollywood et l’opéra :...

14 mars 2026