À la une
Édition 2027 du FESTIVAL PUCCINI de Torre del Lago :...
Le Chevalier de Saint-George enfin de retour en son royaume,...
Se préparer à LA CLÉMENCE DE TITUS, Opéra de Paris,...
Ça s’est passé il y a 100 ans : création de...
Chronique d’un féminicide annoncé : l’Opéra de Nancy ouvre sa saison...
Nabucco à Parme : rencontre avec le metteur en scène...
In memoriam – MARTINA ARROYO (1937-2026), la voix verdienne…
Les brèves d’octobre –
Intervista a Pier Luigi Pizzi, regista, scenografo e costumista di...
Roméo et Juliette à La Monnaie : le lyrisme en...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

ProductionCompte renduVu pour vous

Rusalka au Capitole, quatre ans après, la magie de Poda demeure

par François Ory 23 septembre 2026
par François Ory 23 septembre 2026

© Mirco Magliocca

© Mirco Magliocca

© Mirco Magliocca

© Mirco Magliocca

© Mirco Magliocca

© Mirco Magliocca

1 commentaire 1FacebookTwitterPinterestEmail
1,6K

Rusalka, Théâtre du Capitole de Toulouse, mardi 22 septembre 2026

Avec une distribution entièrement renouvelée, Giacomo Sagripanti à la tête de l’Orchestre national du Capitole et la spectaculaire mise en scène aquatique de Stefano Poda, le Théâtre du Capitole reprend sa Rusalka de 2022. Une reprise qui ne se contente pas de reproduire un succès, elle révèle l’œuvre sous un nouveau visage plus impressionnant encore.

En 2022, Rusalka d’Antonin Dvořák a fait son entrée au répertoire du Théâtre du Capitole de Toulouse. La production de Stefano Poda a été saluée pour l’ampleur de son dispositif scénique. Le plateau aquatique et l’extrême sophistication visuelle avaient fait de cette première un événement. Quatre ans plus tard, le décor n’a pas changé, mais les interprètes et le chef sont différents. Découvert le 22 septembre 2026, le nouveau spectacle, proposé en ouverture de saison 2026-2027, montre à quel point une grande mise en scène peut supporter le changement des interprètes et, mieux encore, se renouveler grâce à eux.

Une Rusalka qui n’a rien perdu de son pouvoir d’éblouissement

Il y a quelque chose de profondément paradoxal dans Rusalka. Dvořák raconte une histoire que l’on pourrait croire destinée à l’enfance (comme la petite sirène, une créature des eaux tombe amoureuse d’un prince, cherche à devenir humaine, perd sa voix, connaît la déception et retourne vers son élément) mais, plus l’opéra avance, plus le conte s’assombrit. Ce qui semblait être une histoire de métamorphose devient une histoire d’incompatibilité. Rusalka ne parvient pas à devenir ce qu’elle désire et, surtout, ne peut plus retrouver ce qu’elle était. C’est cette fracture que la reprise toulousaine permet de regarder autrement.

Stefano Poda est un artiste qui prend le risque de l’abondance et de l’esthétisme. Le spectacle impose immédiatement son univers. L’eau envahit le plateau, les corps y évoluent, les personnages déshumanisés semblent appartenir à une matière différente.

Avec d’un côté (au premier et au troisième acte), un monde liquide, où les corps n’obéissent pas aux mêmes règles, et de l’autre (deuxième acte), une société humaine autrement déshumanisée dans une structure symbolisée par un décor de composés électroniques, le metteur en scène dresse une frontière et articule son travail sur l’impossibilité de la franchir. C’est là que la production de Poda gagne en profondeur lorsqu’on la débarrasse de son caractère spectaculaire. Les images ne sont pas seulement destinées à impressionner, elles rendent visible ce que la musique raconte.

Et les éclairages jouent un rôle essentiel dans cette transformation. La lumière ne se contente pas de magnifier l’eau ; elle change la nature des espaces et fait progressivement disparaître l’impression de refuge qui caractérisait le premier monde.

Une distribution entièrement renouvelée, proche de l’idéal

La principale nouveauté de cette reprise est musicale. Giacomo Sagripanti que l’on associe davantage au répertoire italien est installé à Prague depuis 2016 où il a développé une connaissance approfondie de la culture tchèque. Il ne cherche pas à transformer Dvořák en un Wagner slave, ni à accentuer artificiellement le caractère folklorique de la partition mais fait plutôt ressortir la coexistence permanente de plusieurs langages musicaux, en donnant sans doute une couleur italienne personnelle. L’Orchestre national du Capitole se montre particulièrement à son avantage dans cette partition.

La soprano Ruzan Mantashyan donne au rôle-titre une dimension de fragilité avec une voix remarquée pour sa souplesse, la netteté des aigus et surtout pour la manière dont elle transforme vocalement le personnage au fil de l’œuvre, passant de la légèreté à l’autorité dans le dernier acte. Alexander Roslavets donne à Vodník une tout autre densité. La basse russe connaît particulièrement bien le rôle pour l’avoir notamment chanté à Glyndebourne. Il compose un personnage profondément humain mais la figure paternelle sait se montrer impressionnante et menaçante. La voix sonore de Roslavets possède cette profondeur sombre qui donne au personnage une véritable gravité.

Le ténor Pavol Breslik qui connaît intimement le répertoire tchèque et slave possède le lyrisme et une gamme aigue très sollicitée dans l’œuvre qu’il défend avec brio. Familier du rôle du Prince, sa partenaire Ricarda Merbeth aborde elle le rôle de La Princesse étrangère pour la première fois. Le souvenir de son Elektra toulousaine saluée pour la puissance de l’incarnation et l’éclat des aigus plane encore de ce rôle relativement court. Elle l’habite avec son timbre plus dense qui crée un contraste saisissant avec la voix de Ruzan Mantashyan. Autre voix puissante, Agnieszka Rehlis possède des moyens qui interdisent les demi-mesures. Ses graves corsés et des aigus projetés avec vigueur impressionnent dans un rôle où le grotesque cède rapidement sa place à l’effroi. Marianne Croux au soprano clair, Marion Vergez-Pascal avec sa ligne élégante et Svetlana Lifar, déjà présente dans la production de 2022, chantent le trio des sœurs de Rusalka qui possède une certaine homogénéité sans perdre les personnalités individuelles. Timothée Varon et Anne-Lise Polchlopek complètent l’équipe vocale avec talent.

Sous les images magnifiques de Poda, l’eau, les costumes, les corps et les lumières, les personnages prennent vie. Sa production ayant marqué les esprits en 2022 par son caractère exceptionnel et par une prouesse scénique devenue l’une des signatures du Capitole, la reprise était sans doute risquée car à force d’être admirée, une scénographie risque de devenir le spectacle lui-même. La nouvelle distribution qui avoisine l’idéal évite cet écueil et c’est peut-être là la véritable réussite de cette reprise, elle permet de regarder moins la prouesse et davantage l’œuvre.

  • Si vous souhaitez publier un commentaire (dans l’encadré ci-dessous, en bas de page), merci de prendre connaissance auparavant de la « Charte des commentaires » ! / If you wish to post a comment (in the box below, at the bottom of the page), please read the “Comment Policy” first!
Les artistes

Rusalka : Ruzan Mantashyan
Vodnik, l’esprit des eaux : Alexander Roslavets
Le Prince : Pavol Breslik
La Princesse étrangère : Ricarda Merbeth
Ježibaba : Agnieszka Rehlis
Première Nymphe : Marianne Croux
Deuxième Nymphe : Marion Vergez-Pascal
Troisième Nymphe : Svetlana Lifar
Le Garde Forestier / Le Chasseur : Timothée Varon
Le Cuistot : Anne-Lise Polchlopek

Chœur de l’Opéra national du Capitole, dir. : Gabriel Bourgoin
Orchestre national du Capitole, dir. : Giacomo Sagripanti

Mise en scène, décors, costumes, lumières, chorégraphie : Stefano Poda
Collaboration artistique : Paolo Giani

Le programme

Rusalka

Conte lyrique en trois actes d’Antonín Dvořák (1841-1904), livret de Jaroslav Kvapil d’après Friedrich de La Motte-Fouqué (Ondine) et Hans-Christian Andersen (La Petite Sirène), crée le 31 mars 1901 au théâtre national de Prague.
Théâtre du Capitole de Toulouse, représentation du 22 septembre 2026

image_printImprimer
Stefano PodaAgnieszka RehlisAlexander RoslavetsMarianne CrouxMarion Vergez-Pascaltimothée VaronPavol BreslikRicarda MerbethRuzan MantashyanGiacomo SagripantiAnne-Lise PolchlopekSvetlana Lifar
1 commentaire 1 FacebookTwitterPinterestEmail
François Ory

François Ory a travaillé une vingtaine d’années dans le monde du spectacle, où il a exercé diverses fonctions liées à la production et à l’organisation. Passionné d’art sous toutes ses formes, il porte un intérêt particulier à la musique, et plus spécifiquement à la musique vocale, du répertoire baroque à la création contemporaine. Il s’intéresse également au théâtre, aux arts visuels et à la littérature. Il rejoint l’équipe de Première Loge en 2025.

1 commentaire

Vuillemin 3 octobre 2026 - 9 h 44 min

Excellent spectacle certainement….pour ceux dont la place au Capitole permet de le voir. Absence totale de visibilité de la mise en scène pour au moins 40%de la salle . ( acte 1 et3) notamment à l’orchestre.
Déplorable pour cette œuvre magnifique , des voix toutes splendides, l’orchestre toujours aussi parfait et une mise en scène d’après les vidéos que j’ai pu voir après exceptionnelle.
Consternant de compter sur les vidéos, l’IA ouune captation pour apprécier un spectacle …

Répondre

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Médée avec Marie-Nicole Lemieux : le feu retrouvé de Charpentier à Montpellier
prochain post
Se préparer à LA RONDINE, Opéra de Zurich, 24 septembre-15 octobre 2026

Vous allez aussi aimer...

Le Chevalier de Saint-George enfin de retour en...

16 octobre 2026

Chronique d’un féminicide annoncé : l’Opéra de Nancy ouvre...

16 octobre 2026

Roméo et Juliette à La Monnaie : le...

14 octobre 2026

Même sans mariage, de charmantes Noces de Figaro...

14 octobre 2026

Opéra de Rome : un Falstaff milanais, mental et...

13 octobre 2026

Tarare de Salieri (1787) : un cas rare...

13 octobre 2026

Le Requiem de Verdi selon Jérémie Rhorer :...

11 octobre 2026

Gala de l’Opéra royal de Versailles aux Concerts...

11 octobre 2026

Le Crépuscule des dieux de Wagner à Bastille...

10 octobre 2026

« Faute et Pardon » au Festival Verdi 2027 de...

10 octobre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE

    7 octobre 2026

En bref

  • Ça s’est passé il y a 100 ans : création de Háry János de Zoltán Kodály

    16 octobre 2026
  • Les brèves d’octobre –

    14 octobre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

    7 octobre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Dorian dans Le Chevalier de Saint-George enfin de retour en son royaume, à Versailles
  • Erwann Beracourt dans À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans la confusion des genres
  • Hugues Rameau dans Le Chevalier de Saint-George enfin de retour en son royaume, à Versailles
  • Stéphane Lelièvre dans Le Chevalier de Saint-George enfin de retour en son royaume, à Versailles
  • Dorian dans Le Chevalier de Saint-George enfin de retour en son royaume, à Versailles

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Le Chevalier de Saint-George enfin de...

16 octobre 2026

Chronique d’un féminicide annoncé : l’Opéra de...

16 octobre 2026

Roméo et Juliette à La Monnaie...

14 octobre 2026