À la une
Édition 2027 du FESTIVAL PUCCINI de Torre del Lago :...
Le Chevalier de Saint-George enfin de retour en son royaume,...
Se préparer à LA CLÉMENCE DE TITUS, Opéra de Paris,...
Ça s’est passé il y a 100 ans : création de...
Chronique d’un féminicide annoncé : l’Opéra de Nancy ouvre sa saison...
Nabucco à Parme : rencontre avec le metteur en scène...
In memoriam – MARTINA ARROYO (1937-2026), la voix verdienne…
Les brèves d’octobre –
Intervista a Pier Luigi Pizzi, regista, scenografo e costumista di...
Roméo et Juliette à La Monnaie : le lyrisme en...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

Compte renduVu pour vousConcert

Conservatoire Peri-Merulo de Reggio Emilia e Castelnuovo Monti – Masterclass du maestro Alessandro Corbelli

par Ivonne Begotti 10 septembre 2026
par Ivonne Begotti 10 septembre 2026
© Alvaro Yanez
0 commentaires 6FacebookTwitterPinterestEmail
902

Masterclass du maestro Alessandro Corbelli - Conservatoire Peri-Merulo de Reggio Emilia e Castelnuovo Monti, 3, 4 et 5 septembre 2026)

Le baryton Alessandro Corbelli (Oscar de l’opéra 2017) se produit dans les théâtres les plus prestigieux du monde depuis plus de cinquante ans. Sonia Ganassi est un peu plus jeune que lui et figure parmi les mezzo-sopranos les plus appréciées de sa génération. L’estime professionnelle qu’ils se portent mutuellement a été à l’origine d’une masterclass captivante qui s’est déroulée au Conservatoire Peri-Merulo de Reggio Emilia les 3, 4 et 5 septembre 2026. 

Une dizaine d’élèves ont participé activement à cette masterclass, chantant chacun pendant une heure chaque jour ; dix autres ont suivi les séances en tant qu’auditeurs libres et, pour tous, ce fut une expérience inoubliable.

La professeure de chant lyrique Sonia Ganassi, qui avait proposé cette initiative au Conseil académique, a coordonné les activités. En ouverture des travaux, elle a souligné l’importance de se confronter à différents professeurs et, à ce sujet, elle a raconté un épisode de sa vie. Adolescente, elle chantait dans une chorale et, souhaitant se consacrer au chant soliste, elle s’était adressée à un professeur qui, après l’avoir écoutée, lui avait porté un jugement sans appel : elle ne chanterait jamais dans un théâtre. Elle ne s’était pas découragée et s’était présentée à un autre professeur qui lui avait fait confiance. Quelques années plus tard, elle remportait le concours “Adriano Belli” de Spolète, puis faisait ses débuts à Rome, entamant ainsi une longue carrière internationale qui se poursuit encore aujourd’hui.

© D.R.

Au cours de ces trois journées, de nombreuses anecdotes, pertinentes et significatives, ont émaillé les échanges entre les artistes en herbe et les deux excellents maîtres qui collaborent depuis des années avec les plus grands chefs d’orchestre, chanteurs et metteurs en scène d’opéra.

Le maestro Corbelli a mis les jeunes gens à leur aise, en les invitant à chanter leurs morceaux préférés une première fois, puis une deuxième et une troisième, en s’attardant sur les points critiques afin d’améliorer non seulement leur interprétation musicale et leur diction, mais aussi d’acquérir une meilleure conscience de la structure des textes par rapport au caractère des personnages et aux changements – parfois très rapides – de leurs états d’âme. L’opéra, né du recitar cantando, exige un jeu d’acteur précis tout en chantant : chaque mot, chaque syllabe, chaque lettre doit être prononcée. Dans les récitatifs non accompagnés par l’orchestre tout particulièrement, chaque mot doit être compréhensible pour le public.

Corbelli a raconté que, lorsqu’on avait demandé à Beniamino Gigli comment il s’entraînait, celui-ci avait répondu qu’il prononçait les voyelles en se regardant dans un miroir. La respiration et le contrôle du souffle sont essentiels, mais la prononciation et la diction le sont tout autant. Même si l’on chante sur les voyelles, les consonnes doivent résonner, c’est-à-dire qu’elles doivent être clairement audibles. À cet égard, Luciano Pavarotti en est un excellent exemple : c’est un ténor qu’il faut écouter, mais aussi observer, pour comprendre l’importance de la diction, de la prononciation de chaque phonème, en écoutant sa voix, mais également en observant sa bouche, les lèvres tantôt ouvertes, tantôt  entrouvertes…
Au fil des ans, la technique vocale a évolué ; aujourd’hui, on ne consacre plus les deux premières années uniquement aux exercices de vocalises, et pourtant, le bel canto exige de prendre soin de cet instrument extraordinaire et naturel qu’est la voix.

Pendant les brèves pauses entre une leçon et l’autre, le maestro Corbelli s’est montré disposé à discuter, avec une amabilité à la hauteur de son autorité.

« L’objectif principal de ces trois jours est le plaisir d’apprendre. Comme il n’y a pas de spectacle final à préparer, on peut se consacrer à une analyse approfondie des textes et des partitions, ce qui est très utile et enrichissant à tout âge. Le niveau moyen de préparation de ces jeunes est élevé et je suis satisfait des résultats obtenus en seulement trois jours. J’espère qu’ils poursuivront avec le même engagement. Pour ma part, je continue à étudier et à chanter avec enthousiasme et avec la joie de toujours découvrir quelque chose de nouveau. Ces artistes sont au début de leur carrière et je suis heureux de pouvoir leur transmettre ce que j’ai appris auprès de mes grands maîtres – tels que Giuseppe Valdengo et Claude Thiolas – ainsi que grâce à mon expérience. Bien que je sois de nature impulsive et fougueuse, je ne me fâche jamais, ou presque, avec mes élèves.
Au fil des ans, j’ai travaillé avec d’éminents chefs d’orchestre et metteurs en scène d’opéra, respectueux des chanteurs et, à chaque fois, parfaitement au fait des livrets et des partitions à mettre en scène. Aujourd’hui, c’est différent. Parfois, j’arrive à des compromis, d’autres fois, je discute ou je m’oppose ouvertement. Ce qu’on appelle le Regietheater s’est d’abord imposé en Allemagne, puis en France et, plus récemment, en Italie aussi, mais au détriment des opéras. Il m’est arrivé de voir des chefs-d’œuvre tels que Le nozze di Figaro ou Così fan tutte ‘massacrés’, ‘mis en pièces’ par des metteurs en scène et/ou des chefs d’orchestre qui s’amusaient à modifier les tempos, les décors, les rythmes… sans aucun respect pour ce qu’avaient écrit les véritables auteurs. Je me suis retrouvé à interpréter le sacristain dans Tosca de Puccini, contraint d’adopter des poses et des intonations totalement étrangères au personnage, dans un contexte d’une violence exaspérante. Une autre fois, alors que je devais courir et faire des pirouettes pendant un air exigeant, j’ai fait part de mon désaccord au metteur en scène et il m’a répondu : « Je me fiche de la musique ! « .

Je ne suis pas traditionaliste, mais je pense qu’aujourd’hui, dans bien des cas, on exagère la violence et la vulgarité, de manière inappropriée ! Au contraire, les bons metteurs en scène d’opéra, issus de l’école de Luchino Visconti et de Giorgio Strehler, ont su exprimer des idées intéressantes et originales, avec compétence et dans le respect tant des œuvres que des chanteurs. En effet, la tâche de ceux qui travaillent dans le monde du théâtre n’est pas d’expliquer ou de démontrer (pour cela, il y a les professeurs, les exégètes), mais ‘simplement’ de représenter de manière acceptable, au moins en partie, ce que les grands génies (musiciens et librettistes) nous ont donné ».

© D.R.

À l’issue de la masterclass, les jeunes sont enthousiastes : ils disent avoir beaucoup appris, dans une ambiance sereine et non compétitive, tout en nouant de nouvelles amitiés. Devant le portail du conservatoire, trois élèves se saluent en fredonnant l’air d’Ernesto, tiré de Don Pasquale de Gaetano Donizetti : « né sorte a me nemica, /né frapposti i monti il mar, /ti potranno, o dolce amica, / dal mio seno cancellar »… (« Ni le sort ennemi, / ni les montagnes, ni la mer interposées, / ne pourront, ô douce amie / t’effacer de mon cœur…).

Per leggere questo articolo nella sua versione originale in italiano, cliccare sulla bandiera!

  • Si vous souhaitez publier un commentaire (dans l’encadré ci-dessous, en bas de page), merci de prendre connaissance auparavant de la « Charte des commentaires » ! / If you wish to post a comment (in the box below, at the bottom of the page), please read the “Comment Policy” first!
image_printImprimer
0 commentaires 6 FacebookTwitterPinterestEmail
Ivonne Begotti

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Rencontre avec le metteur en scène FABIO CERESA : « J’aime ce moment où un spectacle cesse de nous appartenir : on lui apprend à se tenir debout, à marcher… et le voilà qui déploie soudain ses ailes et se met à voler ! »
prochain post
« Continuer à surprendre, explorer de nouveaux répertoires et imaginer des formats que l’on n’attend pas nécessairement d’un festival de musique classique » –
L’ambition des Concerts d’automne 10 ans après leur création

Vous allez aussi aimer...

Le Chevalier de Saint-George enfin de retour en...

16 octobre 2026

Chronique d’un féminicide annoncé : l’Opéra de Nancy ouvre...

16 octobre 2026

Roméo et Juliette à La Monnaie : le...

14 octobre 2026

Même sans mariage, de charmantes Noces de Figaro...

14 octobre 2026

Opéra de Rome : un Falstaff milanais, mental et...

13 octobre 2026

Tarare de Salieri (1787) : un cas rare...

13 octobre 2026

Le Requiem de Verdi selon Jérémie Rhorer :...

11 octobre 2026

Gala de l’Opéra royal de Versailles aux Concerts...

11 octobre 2026

Le Crépuscule des dieux de Wagner à Bastille...

10 octobre 2026

« Faute et Pardon » au Festival Verdi 2027 de...

10 octobre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE

    7 octobre 2026

En bref

  • Ça s’est passé il y a 100 ans : création de Háry János de Zoltán Kodály

    16 octobre 2026
  • Les brèves d’octobre –

    14 octobre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

    7 octobre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Dorian dans Le Chevalier de Saint-George enfin de retour en son royaume, à Versailles
  • Erwann Beracourt dans À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans la confusion des genres
  • Hugues Rameau dans Le Chevalier de Saint-George enfin de retour en son royaume, à Versailles
  • Stéphane Lelièvre dans Le Chevalier de Saint-George enfin de retour en son royaume, à Versailles
  • Dorian dans Le Chevalier de Saint-George enfin de retour en son royaume, à Versailles

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Le Chevalier de Saint-George enfin de...

16 octobre 2026

Chronique d’un féminicide annoncé : l’Opéra de...

16 octobre 2026

Roméo et Juliette à La Monnaie...

14 octobre 2026