À la une
CD – Simon Boccanegra : encore un rôle majeur de...
Avignon : Décaméron, l’opéra réinventé
Les brèves de mars –
Au Maggio Musicale Fiorentino, première reprise moderne du CARNAVAL de...
Allumer le feu : une Norma incandescente à l’Arsenal de Metz
Journée internationale des droits des femmes : Mojca Lavrenčič, cheffe d’orchestre
Faust à Tours : quand Vannina va, tout va !
Rouen : une Iolanta lumineuse qui fera date
Al Maggio Musicale Fiorentino torna a vivere Le Carnaval di...
Timothée Chalamet, ou la médiocrité tranquille
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Concert

Requiem de Verdi au TCE – Retrouvailles au sommet

par François Desbouvries 4 février 2022
par François Desbouvries 4 février 2022
Missa da Requiem - Verdi - Théâtre des Champs-Élysées ©DR
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
2,K

Retrouvailles au TCE entre les musiciens de l’Orchestre national de France et celui qui les dirigeait encore il y a six ans : Daniele Gatti. Le travail accompli par le chef et l’orchestre au cours de huit années (de 2008 à 2016) explique sans doute la belle complicité que l’on observe entre eux, les musiciens servant au mieux une lecture de l’œuvre toute empreinte d’austérité (relative, dans cette œuvre ou la foi s’exprime de façon passionnée) et de religiosité. Les différents pupitres brillent par leur grande homogénéité et leur incontestable virtuosité, permettant de rendre pleinement justice à cette œuvre foisonnante, où l’extrême violence du Dies irae côtoie l’émotion la plus retenue, les prières les plus délicates… Bravo notamment aux cordes pour leurs couleurs chatoyantes, et aux cuivres pour leur impressionnante précision, notamment dans un saisissant effet de quadriphonie avant le Tuba mirum. Les chœurs de Radio France et de l’Armée française se sont pour leur part montrés impeccables d’engagement, aussi bien dans le recueillement douloureux du Requiem initial que dans la fureur du Dies Irae ou l’écriture fuguée du Libera me.

Le quatuor vocal s’est montré d’une concentration et d’une ferveur à toute épreuve. Aucun doute : nous n’assistons pas à un opéra mais bien à l’expression d’une foi sincère, angoissée et confiante tout à la fois. Si Riccardo Zanellato a toute l’autorité requise par le majestueux Confutatis, il émeut particulièrement lors de son intervention dans le Lacrymosa où son timbre chaleureux et la noblesse de son legato servent au mieux cette sublime déploration – héritée du « Qui me rendra ce mort ? » chanté par Philippe II dans Don Carlos. Après son concert de mélodies rossiniennes, nous retrouvons Michael Spyres dans un registre cette fois très différent. Ne cherchant pas à grossir sa voix pour s’imposer face un orchestre plus lourd que ceux auxquels il est le plus souvent confronté, il fait confiance à l’efficacité de sa projection vocale et joue surtout la carte de la variété des couleurs et des nuances, délivrant un chant dont la suavité fait merveille dans le délicat Hostias. Marie-Nicole Lemieux, décidément en superbe forme vocale ces temps-ci, fait alterner accents pleins d’autorité (Liber scriptus), recueillement douloureux (Agnus Dei), prière éplorée (Lacrymosa) avec une implication de tous les instants. Enfin, Eleonora Buratto, applaudie cet été en Anaïs dans le Moïse de Pesaro, dispose d’un timbre immédiatement émouvant, la voix étant conduite avec goût (beaux aigus filés, legato soigné) et suffisamment de force pour venir à bout du redoutable Libera me, délivré avec conviction et émotion.

Fort heureusement, le public, lorsque s’éteignent les derniers « libera me » du chœur et de la soprano, retient son souffle et ses applaudissements pendant de longs instants, prolongeant l’émotion et le recueillement générés par l’œuvre… avant de noyer les artistes sous des tonnerres d’applaudissements.

Diffusion en direct le 5 février sur France Musique

Les artistes

Eleonora Buratto, soprano
Marie-Nicole Lemieux, contralto
Michael Spyres, ténor
Riccardo Zanellato, basse

Orchestre National de France
Chœur de Radio France, direction Alessandro Di Stefano
Chœur de l’amée française, direction Aurore Tillac

Daniele Gatti, direction

Le programme

Missa da Requiem 
Giuseppe Verdi

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Concert du jeudi 3 février 2022, 20h

image_printImprimer
Daniele GattiMarie-Nicole LemieuxMichael SpyresEleonora Buratto
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
François Desbouvries

Scientifique de formation et de profession (il est enseignant-chercheur en mathématiques appliquées), François Desbouvries n’en est pas moins passionné par l’art : la littérature, la peinture, et bien sûr... la musique en général, et l’opéra en particulier. Il fréquente assidûment les salles de concerts et d’opéras depuis une trentaine d’années, et n’a de cesse de faire partager sa passion, notamment via le site Première Loge dont il a rejoint l’équipe de rédaction en janvier 2020.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
PENE PATI : « Chanter en France des rôles français est un honneur absolu ! »
prochain post
Don Giovanni à l’Opéra Bastille : le brutaliste de Séville

Vous allez aussi aimer...

Au Maggio Musicale Fiorentino, première reprise moderne du...

8 mars 2026

Rouen : une Iolanta lumineuse qui fera date

7 mars 2026

Al Maggio Musicale Fiorentino torna a vivere Le...

7 mars 2026

Révéler Ermione de Rossini à l’Opéra de Marseille

25 février 2026

Roméo et Juliette au Théâtre des Champs-Élysées en...

20 février 2026

Versailles – Pigmalion était une femme…

17 février 2026

Après Marseille, Les Brigands (I masnadieri) assiègent Madrid...

15 février 2026

TCE : La tempête ravageuse d’une Médée ressuscitée

15 février 2026

Création à Milan de la Marina du jeune...

15 février 2026

Verdi, enfin ! I MASNADIERI entrent en triomphe...

12 février 2026

Humeurs

  • Journée internationale des droits des femmes : Mojca Lavrenčič, cheffe d’orchestre

    8 mars 2026

En bref

  • La vidéo du mois : José van Dam chante l’air du Catalogue de Leporello (Don Giovanni)

    5 mars 2026
  • Les brèves de février –

    24 février 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Transposer un mythe dans la contemporanéité : mettre à jour… ou mettre à plat ?

    1 mars 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Fabrice del Dongo dans Timothée Chalamet, ou la médiocrité tranquille
  • MICHAEL dans Timothée Chalamet, ou la médiocrité tranquille
  • Tardieu dans À Toulon, un Barbier de Séville bien ficelé
  • SARRAZIN dans Timothée Chalamet, ou la médiocrité tranquille
  • LAVIGNE Jean-François dans Rouen : une Iolanta lumineuse qui fera date

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Au Maggio Musicale Fiorentino, première reprise...

8 mars 2026

Rouen : une Iolanta lumineuse qui...

7 mars 2026

Al Maggio Musicale Fiorentino torna a...

7 mars 2026