À la une
Entretien – Massimo Pizzi Gasparon Contanrini : “L’émerveillement est fondamental...
Les brèves d’avril –
Angers-Nantes Opéra 26-27 : la première saison d’Alexandra Lacroix
Les opéras du monde –L’Opéra de Bordeaux, l’un des plus...
CR – Livre : Florian Sempey, De vive voix –...
Intervista a Massimo Pizzi Gasparon Contarini: « Lo stupore è fondamentale...
À Montpellier, La traviata mise en abime sur sa scène...
L’authenticité en musique : un idéal introuvable ?
La vidéo du mois – Bizet, Chanson d’avril par Felicity...
Insula Orchestra : 10 ans déjà ! La saison 2026-2027...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduVu pour vousConcert

Ascanio in Alba au TCE : l’éclat de la jeunesse vient dépoussiérer Mozart

par Ivar kjellberg 28 mars 2026
par Ivar kjellberg 28 mars 2026
Christophe Rousset - © Nathanael Mergui
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
405

Ascanio in Alba, Paris, Théâtre des Champs-Élysées, mercredi 25 mars 2026

Il faudra tout le talent d’un Mozart de quinze ans pour apporter un peu d’éclat à cette fable pastorale destinée à illustrer un mariage princier. Entre feux d’artifice vocaux et préfigurations de futurs opéras, cette œuvre peu jouée se démarque par sa fantaisie et son ton léger, ici fort bien rendu par les Talents lyriques et son chef d’orchestre Christophe Rousset.

Porté par le succès de Mitridate, Mozart a 15 ans quand en 1771, à l’occasion d’un voyage en Italie, il reçoit une commande pour le mariage de l’archiduc Ferdinand avec la princesse de Modène. Cette création est censée être donnée le lendemain d’une représentation d’un opéra de Johann Adolph Hasse, compositeur de premier plan à l’époque. Le terme employé pour la commande tend à démontrer le souci de préserver une certaine humilité : « sérénade théâtrale ». Nous disons bien « censé », car on confie la tâche à Mozart de divertir la Cour, tandis que Hasse se voit échoir l’obligation de fournir la musique censée être le clou de cet événement royal. Pourtant c’est l’inverse qui se produit.

Hasse, âgé et malade, conscient d’être bientôt passé de mode, achève Ruggiero, qu’il avait entamé pour le mariage de Marie-Antoinette et Louis XVI. Ce sera son dernier opéra. Mozart, quant à lui, provoque l’enthousiasme avec la représentation festive d’un mythe classique avec déesses et héros ; il s’attire toute la gloire, et Hasse finira (injustement ou non) dans l’oubli.  

Un mot sur le livret de Giuseppe Parini. Le mot clef de cet opéra (gardons ce terme, malgré tout), est indiscutablement « vertu ». Il est prononcé presque dans chaque air de la partition, où foisonnent bons sentiments et hautes valeurs humaines. Ironiquement, c’est le retard dans la livraison du livret qui force Mozart à effectuer toute l’écriture dans le délai d’un mois. Sans être trop scolaire ou d’une qualité discutable, il présente néanmoins des limites, liées à l’événement qu’il est censé célébrer : Vénus (l’Impératrice) teste la vertu de Sylvia (la princesse) avant de la donner en mariage à Ascanio (Ferdinand). À mariage mythique, mariage princier ! Malgré un livret très conventionnel et l’absence d’enjeux réellement dramatiques, Mozart parvient à donner un peu de profondeur à chacun des personnages, leur laissant le temps de briller et donnant à chacun d’eux une tonalité et une couleur, comme pour rappeler que ces personnages incarnent en fait une vertu ou un sentiment. Sans oublier le but de l’entreprise : divertir, festoyer, célébrer l’amour, sans l’ombre d’un nuage.

Sous la direction énergique de Christophe Rousset, l’orchestre des Talents lyriques est attentif dans l’alternance des couleurs nécessaires pour illustrer chaque soliste. L’accompagnement des cuivres se veut brillant et y parvient, si ce n’est quelques petits problèmes de justesse, tandis que la précision et la cohérence restent de mise tout au long de la soirée. Précision qui manque légèrement à Alasdair Kent dans certaines des suites de notes les plus aigües de son grand air du premier acte, alors que le ténor fait montre à nouveau d’un beau vibrato et d’un timbre chaud. On aurait pu penser que le rôle de Fauno, tenu par Eleonora Bellocci, n’était que purement décoratif, son premier aria ne faisant par grande impression, malgré une interprétation sans-faute et un timbre velouté. L’air « Dal tuo gentil sembiante » rend justice à l’interprète, avec un feu d’artifice vocal, avec des aigus fins mais puissants et à la précision tranchante, qui vaudront à la soprano un tonnerre d’applaudissement. Dans le rôle de Vénus, Mélissa Petit déploie un timbre chaud et ample, aux tonalités alternant séduction et douceur, mais on sent la retenue qu’elle déploie pour ne pas empiéter sur ses consœurs. Difficile d’ignorer la voix puissante et expressive d’Alisa Kolosova dans le rôle-titre : la diction est impeccable, les graves tenus et marqués, l’ensemble complètement maîtrisé. Anna El-Khashem brille dans le rôle de la nymphe Sylvia, rôle ingrat mais interprété sans un surplus de naïveté. Le timbre de la soprano, chaud et doté de teintes ambrées, n’est pas sans rappeler Kiri Te Kanawa. On aperçoit d’ailleurs l’ombre de la comtesse Almaviva dans certains des airs réservés à la nymphe, auxquels Anna El-Khashem parvient à transmettre une profondeur inattendue.

Evidemment le beau trio final reste en mémoire, du fait d’un équilibre parfait entre El-Khashem, Kolosova et Kent, où le happy end tend vers la douceur et l’harmonie rendues aux amoureux.

Mention toute spéciale au jeune chœur de paris issu du CRR de Paris – Ida Rubinstein, qui par sa grande justesse a contribué à l’équilibre de l’œuvre. Les nymphes et les bergers, par leur talent et leur jeunesse, ont apporté la crédibilité nécessaire à ce livret pastoral.

  • Si vous souhaitez publier un commentaire (dans l’encadré ci-dessous, en bas de page), merci de prendre connaissance auparavant de la « Charte des commentaires » ! / If you wish to post a comment (in the box below, at the bottom of the page), please read the “Comment Policy” first!
Les artistes

Venere : Mélissa Petit
Ascanio : Alisa Kolosova
Silvia : Anna El-Khashem
Aceste : Alasdair Kent
Fauno : Eleonora Bellocci

Les Talens Lyriques, dir. Christophe Rousset
Le jeune chœur de paris | CRR de Paris – Ida Rubinstein

Le programme

Ascanio in Alba

Serenata théâtrale en 2 actes de Wolfgang Amadeus Mozart, livret de l’abbé Giuseppe Parini, créée au Regio Ducal de Milan le 17 octobre 1771.
Paris, Théâtre des Champs-Élysées, concert du mercredi 25 mars 2026.

image_printImprimer
Mélissa PetitAlisa KolosovaAnna El-KhashemChristophe RoussetLes Talents LyriquesAlasdair KentEleonora Bellocci
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Ivar kjellberg

Habitué de longue date du TCE et pianiste amateur, Ivar Kjellberg est venu à l'art lyrique grâce à ses parents, qui faisaient sonner Wagner dans tout l'immeuble pour l'amuser. Grand fan des interprètes des années 70 et de l'opéra allemand, Ivar peut écouter en boucle les disques d'Edda Moser et d'Hermann Prey avant d'enchaîner... sur un bon Offenbach !

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
2026-27, une saison étoilée au Capitole de Toulouse
prochain post
À Bordeaux, la Flûte enchantée choisit la fable

Vous allez aussi aimer...

À Montpellier, La traviata mise en abime sur...

3 avril 2026

Aux Bouffes du Nord, Paul Lay et Les...

2 avril 2026

Le Prophète enfin de retour à Paris !

2 avril 2026

À Nancy, « Cry me a river »…

2 avril 2026

Versailles : Des Ténèbres au Paradis

1 avril 2026

Philharmonie : un Rigoletto aux sonorités très pures

31 mars 2026

Marseille : Luc et Lucette d’Offenbach, une renaissance réussie

31 mars 2026

Un ballo in maschera à la Staatsoper de...

30 mars 2026

Un Ballo in maschera alla Staatsoper di Berlino...

30 mars 2026

Piacenza : création de Cronaca di un amore...

29 mars 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : six mois déjà

    2 avril 2026

En bref

  • Les brèves d’avril –

    4 avril 2026
  • La vidéo du mois – Bizet, Chanson d’avril par Felicity Lott

    3 avril 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’authenticité en musique : un idéal introuvable ?

    3 avril 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Stéphane Lelièvre dans TOSCA FOR EVER – une version inédite de Tosca , telle que Puccini en rêvait !
  • meyer frederic dans TOSCA FOR EVER – une version inédite de Tosca , telle que Puccini en rêvait !
  • Guermantes dans TOSCA FOR EVER – une version inédite de Tosca , telle que Puccini en rêvait !
  • antonio meneghello dans Philharmonie : un Rigoletto aux sonorités très pures
  • Teulon Lardic sabine dans TOSCA FOR EVER – une version inédite de Tosca , telle que Puccini en rêvait !

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

À Montpellier, La traviata mise en...

3 avril 2026

Aux Bouffes du Nord, Paul Lay...

2 avril 2026

Le Prophète enfin de retour à...

2 avril 2026