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Les festivals de l’été –
Vérone : reprise de la mise en scène légendaire de CARMEN par Franco Zeffirelli

par Ivonne Begotti 16 août 2025
par Ivonne Begotti 16 août 2025
© Ennevi
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2,6K

Triple anniversaire aux Arènes de Vérone, avec Carmen de Georges Bizet dans la mise en scène légendaire de Franco Zeffirelli.

Pour la deuxième année consécutive, Carmen de George Bizet, dans la mise en scène de Franco Zeffirelli, est à l’affiche de l’Arena di Verona. Les excellents interprètes et la splendide mise en scène célèbrent un triple anniversaire : les cent cinquante ans de la création de l’œuvre (le 3 mars 1875, à l’Opéra-Comique de Paris), les cent cinquante ans de la mort prématurée de l’auteur (le 3 juin 1875, à seulement 37 ans), les trente ans des débuts de Zeffirelli en tant que metteur en scène à l’Arena, précisément dans cette Carmen. De plus, ce 14 août 2025 marquait la trois-centième représentation de l’œuvre et, une fois de plus, le succès a été triomphal.

Historiquement, le premier opéra représenté à l’Arena fut Aida, le 10 août 1913, pour commémorer le centenaire de la naissance de Giuseppe Verdi. Le deuxième fut Carmen, mis en scène à l’été 1914. À ce jour, Aida et Carmen sont les deux chefs-d’œuvre les plus fréquemment représentés dans l’amphithéâtre véronais.

Fidèle à son style, Franco Zeffirelli respecte le contexte historique et la dramaturgie. Les décors sont très variés : de la place colorée de Séville (grouillant de monde et de couleurs, avec même quatre chevaux et deux ânes) à la taverne qui réunit gitans et officiers, en passant par les sombres montagnes rocheuses, éclairées par une – véritable – lune décroissante. Les cinq cents figurants, les charrettes décorées, les draperies multicolores créent un contexte cinématographique et pittoresque minutieux, beau à voir et intense à vivre. Les changements de scène sont accélérés par des astuces technologiques qui ne ralentissent pas le rythme narratif, de sorte que le spectacle enchante, d’autant qu’il est mis en valeur par les costumes colorés d’Anna Anni et les jeux de lumière suggestifs de Paolo Mazzon. Au corps de ballet de l’Arena s’ajoutent les danseurs de la Compañia Antonio Gades qui, sur les chorégraphies originales d’El Camborio, électrisent le public avec des danses espagnoles énergiques et entraînantes (très applaudies dans le passage entre le troisième et le quatrième acte, alors qu’ils dansent en tourbillonnant au rythme des castagnettes et des battements de mains). Le chœur, nombreux, compact et bien coordonné, a été préparé par Roberto Gabbiani ; entre les trompettes et les fifres, le chœur des gamins, avec les voix blanches de A.Li.Ve., formées par Paolo Facincani, résonne de mille feux.

Le maestro Francesco Ivan Ciampa (qui a fait ses débuts à l’Arena en 2018 dans une autre édition de Carmen) a également été acclamé. Avec assurance, il a dirigé l’Orchestra dell’Arena, créant un bon équilibre entre la musique, les chanteurs et la scène très animée, faisant alterner habilement les rythmes soutenus et les moments de lyrisme délicat.

Dans le rôle-titre, Aigul Akhmetshina, mezzo-soprano d’origine russe : depuis deux ans, elle est l’interprète de Carmen la plus demandée par les théâtres du monde entier. Elle a fait ses débuts dans ce rôle à l’Arena l’année dernière et a de nouveau confirmé son charisme artistique. Chanteuse à la voix ample et à la technique précise, elle a donné vie avec aisance à la séduisante cigarière, apparaissant également à l’aise dans la danse et le jeu. À ses côtés, Francesco Meli a interprété un Don José très humain, submergé (le plus souvent malgré lui) par les forces puissantes de la vie. Sa musicalité remarquable, sa diction claire et sa polyvalence expressive ont permis au célèbre ténor de rendre avec une extrême finesse la complexité d’un personnage qui, d’abord fils affectueux et soldat diligent, finit par se livrer aux forces de l’ordre pour avoir commis un meurtre. Le célèbre air du deuxième acte « La fleur que tu m’avais jetée », ciselé avec une grande finesse, a déclenché une avalanche d’applaudissements. Le caractère dramatique de l’imploration finale (« Je ne menace pas, j’implore, je supplie ») était vraiment émouvant.

Luca Micheletti est apparu comme un Escamillo élégant et séduisant, qui a conquis le public dès son entrée en scène, en entonnant les couplets du « Toréador » avec entrain et une exultation festive. Issu d’une famille d’artistes, fort d’une expérience confirmée tant comme acteur que comme chanteur (ainsi que comme metteur en scène attitré de la Compagnie I Guitti), le baryton de Brescia, de renommée internationale, allie le charme de sa voix au charisme de sa présence scénique. (Lisez ici notre interview de Luca Micheletti).

Mariangela Sicilia, qui a interprété le rôle de Micaela dans toutes les représentations de la saison, a incarné son personnage avec une grande maîtrise : voix cristalline dans les aigus, phrasé précis et sons filés très délicats. Le duo du premier acte avec Francesco Meli (« Parle-moi de ma mère ! ») a pris la forme d’une idylle par sa tendresse et l’air du troisième acte « Je dis que rien ne m’épouvante » a été l’un des moments les plus émouvants de la soirée.

Aux côtés des quatre personnages principaux, les seconds rôles se sont révélés excellents tant sur le plan vocal que scénique : Daniela Cappiello et Sofia Koberidze (Mercédès et Frasquita), Jan Antem et Francesco Pittari (Dancario et Remendado), Gabriele Sagona et Giulio Mastrototaro (Zuniga et Morales).

Le public, qui remplissait chaque secteur de l’amphithéâtre, a exprimé son appréciation par des applaudissements chaleureux et des ovations finales à tous les interprètes et au chef d’orchestre. Les prochaines représentations auront lieu les 23 et 29 août et le 3 septembre.

Per leggere questo articolo nella sua versione originale in italiano, cliccare sulla bandiera!

Les artistes

Carmen : Aigul Akhmetshina
Micaëla : Mariangela Sicilia
Frasquita : Daniela Cappiello
Mercédès : Sofia Koberidze
Don José : Francesco Meli
Escamillo : Luca Micheletti
Dancairo : Jan Antem
Remendado : Francesco Pittari
Zuniga : Gabriele Sagona
Moralès : Giulio Mastrototaro

Direction : Paolo Facincani

Orchestra, Coro, Ballo e Tecnici della Fondazione Arena
Coro di voci bianche A.Li.Ve.
Direction musicale : Francesco Ivan Ciampa

Mise en scène et décors: Franco Zeffirelli
Costumes : Anna Anni
Lumières : Paolo Mazzon
Chorégraphie : El Camborio

Le programme

Carmen

Opéra-comique en quatre actes de Georges Bizet, livret d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy, créé à l’Opéra-Comique de Paris, le 3 mars 1875.

Vérone, Anfiteatro Arena, représentation du 14 août 2025.

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Ivonne Begotti

1 commentaire

Luciano barilli 16 août 2025 - 22 h 14 min

Article fantastique, Ivonne connait bien la musique

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