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Hello Dolly ! enthousiasme l’Odéon de Marseille

par Laure Chauvris 10 mars 2026
par Laure Chauvris 10 mars 2026

© Christian Dresse

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Hello, Dolly !, Marseille, Théâtre de l’Odéon, samedi 7 mars 2026

Le Théâtre de l’Odéon de Marseille a programmé deux représentations de la comédie musicale américaine Hello, Dolly ! Mais franchement, ce spectacle très abouti aurait mérité de rester à l’affiche beaucoup plus longtemps, tant la qualité était au rendez-vous. En attestent d’ailleurs les deux salles pleines et les nombreux refus de demandes de réservations. J’assiste régulièrement à des opérettes à l’Odéon et je connais donc bien le travail de la troupe que j’apprécie grandement. Cette fois-ci, je me suis réellement crue à Broadway. Certes, la scène n’est pas grande, et le choix a été fait de limiter à 12 danseurs-choristes afin que ceux-ci puissent évoluer avec aisance, nous étourdissant de sauts, entrechats et autres roulades. La chorégraphie signée Anne-Céline Pic-Savary est éblouissante. On ne savait plus très bien s’il s’agissait de danseurs (et danseuses)-choristes ou de choristes-danseurs, tant leur talent dans les deux disciplines est grand.

Les musiciens de l’orchestre de l’Opéra de Marseille (du moins une partie de l’orchestre) placés sous la direction de Didier Benetti, ont été à la hauteur de l’enjeu. La dynamique est présente de bout en bout avec une mention particulière pour les vents (flûtes, saxophones…) et surtout le pupitre de trompettes, d’un très haut niveau.

Mais revenons à l’intrigue. Cette comédie musicale chantée en français dans la version créée par Annie Cordy en 1972 s’apparente à nos meilleures opérettes. Créée en 1964 au Saint James Theatre de Broadway, elle fut un énorme succès dès sa création. Immortalisée au cinéma par Barbra Streisand, Dolly Lévi est une femme pleine de ressources dans le New York des années 1890, tantôt conseillère juridique, professeur de danse ou encore marieuse, domaine dans lequel elle excelle. Mais cette fois, sous couvert de trouver une épouse à un riche négociant en grain, c’est elle-même que Dolly veut marier, après des années de veuvage. Elle jette donc son dévolu sur Horace, célibataire grincheux et pingre avec ses employés qui a décidé de convoler. Mais pour lui, Dolly est la marieuse, pas une candidate ! Elle va donc devoir user de tous ses charmes et de toute sa finesse pour l’amener à la choisir comme une évidence. En parallèle de cette histoire, nous suivons celles des deux commis d’Horace, Cornelius et Barnaby, en peine d’aventure amoureuse mais trop fauchés pour « sortir » une dame dans le grand monde, et celle d’Ermengarde, la nièce d’Horace, qui est tombée amoureuse d’Ambrose, un jeune artiste sans le sou. Les deux commis s’éprendront respectivement de Miss Molloy, que Dolly destinait initialement à Horace, une charmante modiste, et de Minnie son apprentie.

Les décors et les costumes sont somptueux et participent de la magie de ce spectacle enlevé et joyeux. Laurence Janot qui chante Dolly est époustouflante de présence scénique, de subtilité de jeu, d’élégance dans chacun de ses mouvements. La voix est longue et chaleureuse, menée avec un goût sûr et ravit les spectateurs. Le rôle semble écrit pour elle tant elle incarne ce personnage à la fois dynamique et profond dont elle transcrit à la perfection les failles et les doutes.

La voix claire et lumineuse de la douce Miss Molloy interprétée par Julie Morgane fait écho à la pétulance de Dolly. Accompagnée de son apprentie, la jolie Minnie jouée par Laura Tardino, elle entre dans le jeu de Dolly pour faire fuir Horace. Les scènes de quatuor avec les deux commis Cornélius (Fabrice Todaro) et Barnaby (Grégory Juppin) sont savoureuses. Miss Dollar, campée par Élisabeth Aubert, et Ermengarde, jouée par Sabrina Kilouli, sont deux personnages secondaires, mais leurs interprètes apportent un côté comique décalé : Élisabeth Aubert en campant une Miss Dollar extravagante et vulgaire qui sert de repoussoir d’Horace vers Dolly, et Sabrina Kilouli en exagérant jusqu’au comique le côté pleurnicheur d’Ermengarde.

Rémi Cotta est un Horace très convaincant. La voix est ronde et chaude et sert bien ce personnage ronchon, en colère contre le monde entier. Ses qualités de comédien et de danseur embrasent la scène et rendent crédible le revirement final où, après avoir dénigré Dolly toute la pièce, il finit par lui déclarer sa flamme.

Enfin Guillaume Revaud et Jean-Luc Epitalon interprètent avec conviction et talent respectivement Ambrose, l’amoureux d’Ermengarde et Rodolphe, le maître d’hôtel du restaurant Harmonia Gardens où se déroule une grande partie du second acte.

On ne peut que déplorer qu’une telle somme de travail (tous les numéros sont réglés au millimètre, la mise en scène de Carole Clin est juste et fait mouche) ne soit donnée à voir que deux fois. À la fois pour les artistes, mais aussi pour le public qui n’a pu y assister faute de places et celui qui aurait aimé revoir ce superbe spectacle une deuxième fois.

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Les artistes

Dolly : Laurence Janot
Miss Molloy : Julie Morgane
Minnie : Laura Tardino
Miss Dollar : Élisabeth Aubert
Ermengarde : Sabrina Kimouli
Horace : Rémi Cotta
Cornelius : Fabrice Todaro
Barnaby : Grégory Juppin
Ambrose : Guillaume Revaud
Rodolphe : Jean-Luc Epitalon
Danseurs et choristes : Laura Legall, Théodora Valente, Marie Gibaud, Carole Mongin, Irène Savary, Léo Gabriel, Maxime Bordessoules, Marlon Courbin, Fabio Prieto Bonilla, Rémy Kouadio, Nikolaos Kafetzakis

Orchestre de l’Opéra de Marseille, dir. Didier Benetti
Mise en scène : Carole Clin
Chorégraphie : Anne-Céline Pic-Savary
Pianiste répétitrice : Caroline Dauzincourt

Le programme

Hello, Dolly!

Comédie musicale américaine, livret de Michael Stewart, musique et lyrics de Jerry Herman, créée le 15 janvier 1964 au St. James Theatre de Broadway.
Marseille, Théâtre de l’Odéon, représentation du samedi 7 mars 2026.

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Fabrice TodaroDidier BenettiCarole ClinLaura TardinoGrégory JuppinLaurence Janot
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Laure Chauvris

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