À la une
Les brèves de juin –
Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve la production...
Découvrez la future saison lyrique de la FENICE de Venise
FESTIVAL D’AMBRONAY 2026
Bach (Cantates II : Actus tragicus) à Versailles : le souffle...
Teatro Regio de Turin – Tosca, ou la Rome des...
La spiritualité des Quattro pezzi de Verdi à l’Orchestre national...
Théâtre des Champs-Élysées : Marc Minkowski a-t-il du chœur dans...
Philharmonie de Paris : sous la baguette de Mirga Gražinytė-Tyla, un...
Opéra Grand Avignon 26-27 – CAPTIVES… mais libres par le...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

ProductionCompte renduVu pour vous

RIGOLETTO chez les barbus : l’Opéra national de Paris réunit un trio d’exception pour cette nouvelle reprise de la production de Claus Guth

par Camillo Faverzani 3 décembre 2024
par Camillo Faverzani 3 décembre 2024

© Benoite Fanton / OnP

© Benoite Fanton / OnP

© Benoite Fanton / OnP

© Benoite Fanton / OnP

© Benoite Fanton / OnP

1 commentaire 4FacebookTwitterPinterestEmail
2,1K

Rigoletto, Opéra Bastille, 1er décembre 2024.

 Cette quatrième série de représentations de la mise en scène de Claus Guth, après celles des printemps 2016 et 2017, et de l’automne 2021, reconduit la boîte en carton recueillant les souvenirs de Rigoletto que trimballe son double, incarné par le comédien Henri Bernard Guizirian, reconfirmé au fil des années. La rédaction en ayant déjà rendu compte à deux occasions (ici, et là), bornons-nous à rappeler les costumes Renaissance de la fête à l’acte I (Christian Schmidt) et les projections et la chorégraphie discrètes, respectivement conçues par Andi A. Müller et par Teresa Rotemberg. Seule particularité à relever : à l’exception de quelques membres du chœur, tous les hommes sont barbus. Hasard de la distribution… révélateur d’une mode propre à notre époque !

Sur le plan vocal, cette reprise se distingue tout d’abord par la qualité des trois rôles principaux. Sans afficher des stars, l’Opéra national de Paris a invité des professionnels d’exception qui ont déjà défendu leur personnage sur bien des scènes européennes, voire outre-Atlantique.

De fière allure, le Rigoletto barbu de Roman Burdenko s’affirme d’emblée par une diction exemplaire et par une excellente maîtrise du volume qu’il sait savamment nuancer selon les circonstances. Superlatif dans le premier duo avec sa fille, il déploie une palette de variations remarquables dans son air de l’acte II, évoluant en fonction des états d’âme. Dans le duo du déshonneur, il parvient à conjuguer l’accent vindicatif qui sied à la situation et le velours de la consolation à l’adresse d’une Gilda aussi infortunée qu’émouvante. Et ce jusqu’au duo final, tout particulièrement poignant. Du pur bonheur !!! Il sera sur cette même scène Michele dans Il tabarro en avril prochain.

Le timbre cristallin de Rosa Feola, à ses débuts dans la maison, se marie à merveille avec ses couleurs, et la soprano italienne défend sa Gilda d’une ligne admirable, aux fioritures superlatives, dans le duo de la séduction ; un aigu, à la fois ferme et solide, dans la strette qui suit, la congédie du supposé Gualtier Maldè et se renouvelle  dans l’allegro de la vengeance.

Une complicité aussi bien scénique que vocale s’installe alors avec le duc de Liparit Avetisyan, lui aussi débutant sur la première scène lyrique nationale (et déjà Duc de Mantoue dans l’admirable Rigoletto de Jérémie Rhorer à la Côte Saint-André en août 2022), étudiant faussement et efficacement timide dans le tableau des aveux amoureux. Au premier acte, sa barbe lui donne une allure à la François Ier, personnage archétypal dans le drame-source de Victor Hugo (Le roi s’amuse). On sait que le rôle du Duca constitue la parenthèse belcantiste, voire donizetienne, la plus voyante au sein d’une partition qui cherche de nouvelles formes d’expression, sans doute la plus novatrice de ce que l’on a pris l’habitude d’appeler la trilogie populaire. Ainsi dans son air de présentation, les transitions vers le haut du registre sont superbement gérées et l’agilité est sans reproche. À l’acte II, l’articulation sonne légèrement approximative dans le récitatif de sa grande aria, alors que la cavatine est abordée tout en force et la cabalette, privée de son éclat, révèle quelques fâcheux conflits avec les vers de Piave. Mais la canzone de l’acte III débouche sur un aigu vigoureux.

Lui aussi venant de la reprise de 2021, le Sparafucile de Goderdzi Janelidze, barbu, se distingue toujours pour son beau grave, sa bonne diction et un volume considérable. Maddalena quelque peu engorgée dans le quatuor de l’acte III, Aude Extrémo manque cruellement de projection, même si elle devient plus audible dans le trio qui suit. L’écart reste tout de même très sensible d’abord avec le cri de désespoir, ensuite avec le sacrifice percutant de Gilda.

Promus respectivement de page de la duchesse et de comte de Ceprano en 2021 à Giovanna et Marullo, Marine Chagnon et Florent Mbia, aussi velu, si l’on considère l’écart dans la tessiture qui sépare ces personnages, pourront vraisemblablement espérer évoluer vers Maddalena et Sparafucile dans un futur non lointain. Le second devra néanmoins soigner davantage son élocution. Ce qui, en revanche, ne fait nullement défaut à l’impressionnant Monterone, barbu, de Blake Denson, caverneux à souhait. Borsa barbu, Manase Latu a quelques soucis de justesse dans l’introduction. Tandis qu’Amin Ahangaran est un Ceprano barbu très avenant, rendant peu crédible l’emprise du duc sur son épouse. Le charme du pouvoir…

Arborant lui aussi sa barbe, Domingo Hindoyan cisèle les vents de l’Orchestre de l’Opéra national de Paris, notamment dans son accompagnement de l’air de Gilda, accélérant par moments les tempi, comme lors de la cabalette du duc, bien que le prélude eût nécessité quelques réglages harmoniques supplémentaires. Chœurs superlatifs, notamment dans le finale I de l’enlèvement et dans le tempo di mezzo de l’air du duc à l’acte II.

Toutes les modes passent tôt ou tard, certaines plus vite, d’autres semblant s’enraciner plus longtemps. Puisque parallèlement est reproposé, au Palais Garnier, The Rake’s Progress, précisons, parité oblige, que ni Gilda, ni Giovanna ni Maddalena, ni les dames de la cour ne sont barbues. À bon entendeur…

Les artistes

Les artistes

Rigoletto : Roman Burdenko
Gilda : Rosa Feola
Il Duca di Mantova : Liparit Avetisyan
Sparafucile : Goderdzi Janelidze
Maddalena : Aude Extrémo
Il Conte di Monterone : Blake Denson
Giovanna : Marine Chagnon
Marullo : Florent Mbia
Mattero Borsa : Manase Latu
Il Conte di Ceprano : Amin Ahangaran
La Contessa : Teona Todua
Paggio della Duchessa : Seray Pinar
Double de Rigoletto : Henri Bernard Guizirian

Orchestre et Chœurs (chef de chœur : Alessandro Di Stefano)  de l’Opéra national de Paris, dir. Domingo Hindoyan

Mise en scène : Claus Guth
Décors et costumes : Christian Schmidt
Lumières : Olaf Winter
Vidéo : Andi A. Müller
Chorégraphie : Teresa Rotemberg
Dramaturgie : Konrad Kuhn

Le programme

Rigoletto

Melodramma en trois actes de Giuseppe Verdi, livret de Francesco Maria Piave, créé au Teatro La Fenice de Venise le 11 mars 1851.

Paris, Opéra Bastille, représentation du 1er décembre 2024

image_printImprimer
Claus GuthRoman BurdenkoLiparit AvetisyanRosa FeolaDomingo Hindoyan
1 commentaire 4 FacebookTwitterPinterestEmail
Camillo Faverzani

Professeur de littérature italienne à l’Université Paris 8, il anime le séminaire de recherche « L’Opéra narrateur » et dirige la collection « Sediziose voci. Studi sul melodramma » aux éditions LIM-Libreria musicale italiana de Lucques (Italie). Il est l’auteur de plusieurs essais sur l’histoire de l’opéra. Il collabore également avec des revues et des maisons d’opéra (« L’Avant-scène Opéra », Opéra National de Paris).

1 commentaire

Ivonne Begotti 4 décembre 2024 - 8 h 31 min

Merci beaucoup et bravo pour la compétence et l’ironie.
Je rejoins le club des imberbes !

Répondre

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Fanny et Alexandre à La Monnaie : le pari d’un Bergman sans théâtre
prochain post
Inquiétude à Angers Nantes Opéra

Vous allez aussi aimer...

Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve...

14 juin 2026

Bach (Cantates II : Actus tragicus) à Versailles :...

14 juin 2026

Teatro Regio de Turin – Tosca, ou la...

14 juin 2026

La spiritualité des Quattro pezzi de Verdi à...

14 juin 2026

Théâtre des Champs-Élysées : Marc Minkowski a-t-il du...

14 juin 2026

Philharmonie de Paris : sous la baguette de Mirga...

13 juin 2026

CONCOURS DE CHANT SUMI JO – Les lauréats...

11 juin 2026

Ercole amante à l’Opéra Bastille : réinventer le mythe

10 juin 2026

Marseille : morne Rigoletto

8 juin 2026

Le Chant de la Terre au TCE :...

7 juin 2026

Humeurs

  • Covent Garden et la Monnaie de Bruxelles solidaires de Paata Burchuladze

    14 mai 2026

En bref

  • Les brèves de juin –

    15 juin 2026
  • Ça s’est passé il ya 200 ans : création de Don Gregorio de Gaetano Donizetti

    11 juin 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’été des festivals : la parenthèse enchantée qu’attendent tous les lyricophiles !

    3 juin 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Didier Beauvois dans Bach (Cantates II : Actus tragicus) à Versailles : le souffle profond de Gardiner
  • Maurice Dinard dans Bach (Cantates II : Actus tragicus) à Versailles : le souffle profond de Gardiner
  • Warnant Jean-Claude dans Saison 26-27 de la Philharmonie de Paris : découvrez la liste des concerts « avec voix » !
  • Stéphane Lelièvre dans Se préparer au War Requiem, Philharmonie de Paris, 26 novembre 2026
  • Beaufort dans Se préparer au War Requiem, Philharmonie de Paris, 26 novembre 2026

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty...

14 juin 2026

Bach (Cantates II : Actus tragicus) à...

14 juin 2026

Teatro Regio de Turin – Tosca,...

14 juin 2026