À la une
Se préparer à Benvenuto Cellini, Monnaie de Bruxelles, 28 janvier...
La Clémence de Titus à Nice, une sacrée salade
8ᵉ Concours Voix des Outre-mer : le talent et l’enthousiasme en...
Sur la scène de l’Opéra de Nancy, les Carmélites de...
Parme, Orfeo ed Euridice – Humain, trop humain : un...
Le Vaisseau fantôme à Rouen : de l’errance à la chaîne...
Philharmonie : Le Paradis et la Péri par Philippe Jordan
Sabine Devieilhe et Mathieu Pordoy à Bordeaux, un hymne aux...
Opéra Bastille : Un ballo in maschera, retrouvailles avec Anna...
Monte-Carlo – Die Walküre avec voix, effets scénographiques mais sans...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduVu pour vousConcert

Exceptionnel Château de Barbe-Bleue à la Philharmonie de Paris

par Frédéric Meyer 30 novembre 2024
par Frédéric Meyer 30 novembre 2024

© Christophe Abramowitz- Radio-France

© Christophe Abramowitz - Radio-France

© Caroline de Bon

© Petra Baratova

© Petra Baratova

1 commentaire 6FacebookTwitterPinterestEmail
1,4K

Créé en 1918, Le Château de Barbe-Bleue, unique opéra de Béla Bartók, fait partie des ouvrages lyriques majeurs du XXe siècle. Exigeant un effectif orchestral important, cette œuvre courte de 60 minutes est un drame immobile découpé en sept parties constituées de monologues correspondant à l’ouverture des sept portes du château, entre système pentatonique et musique traditionnelle hongroise. Traduite en japonais, allemand, anglais et français, elle a été créée en France en 1950 sous la direction d’Ernest Ansermet et est fréquemment montée en version scénique avec une autre œuvre courte, le plus souvent du XXe siècle également. Ainsi, à l’Opéra de Paris en 2018, elle a été associée à La Voix humaine de Poulenc dans un spectacle de Krzysztof Warlikowski ; plus récemmenr, à Torre del Lago, au Tabarro de Puccini, ou, à Nancy, à Sancta Susanna (Hindemith) et La Danse des morts (Honegger). Ce vendredi 29 novembre, c’est en version de concert que Le Château de Barbe-Bleue a été donnée à la Philharmonie de Paris, sous la direction de Mikko Franck.

József Gyabronka, voix off du prologue, introduit rapidement l’action dans l’obscurité totale, avant que ne s’installe une semi-pénombre dans laquelle se déroulera toute l’action.

Aušrinė Stundytė, soprano lituanienne bien connue du public français pour ses interprétations d’Emilia Marty et de Katerina Lvovna Ismaïlova, à l’Opéra de Paris mais aussi à Genève, est familière du rôle de Judith qu’elle a interprété plusieurs fois en Allemagne. Elle est d’une extraordinaire crédibilité dans ce rôle difficile. Ayant choisi d’assumer les bruits terribles qui courent sur Barbe-Bleue, elle ne va s’exprimer, tout au long de l’opéra, que par impératifs laconiques, répétant chacun de ses ordres pour marquer sa volonté, tout en commentant ce qu’elle voit après l’ouverture de chaque porte. Elle est le moteur de cette formidable partition qui exige beaucoup d’elle, évoluant entre murmures, sensualité et puissance vocale lorsque se déchaîne l’orchestre à l’ouverture de la cinquième porte. Aušrinė Stundytė  nous offre ici, dans cet immense récitatif, une succession de plages lyriques en servant d’une manière admirable le livret de Bela Balazs. On est totalement fasciné par sa capacité vocale à nous en livrer toutes les nuances.

Matthias Goerne, qui s’est depuis des années imposé comme un des plus grands interprètes du répertoire allemand autant pour le lied[1] (il fut l’élève de Dietrich Fischer-Dieskau et d’Elizabeth Schwarzkopf) que pour l’opéra, est ici un extraordinaire Barbe-Bleue tant par son jeu de scène à la limite du détachement et de la résignation que par une voix profonde qui nous glace le sang. Même s’il chante beaucoup moins que Judith, on reste confondu à chacune de ses interventions par sa capacité à maintenir un tel niveau de puissance qui envahit toute la salle de la Philharmonie.
Lorsqu’à la fin de l’opéra, après l’ouverture de la septième porte, Barbe-Bleue commence son chant de l’adieu, on atteint des sommets d’émotion, dans l’unique duo de l’œuvre qui est aussi le moment le plus lyrique de l’opéra. Judith refuse de le laisser échapper au moment où elle allait presque l’atteindre car le manteau étincelant trop lourd, posé malgré elle sur ses épaules, représente le fardeau de la connaissance. Avec ce doute terrible qui la hantait, Judith a mené leur amour à sa perte. Les derniers mots de Barbe-Bleue alors que les dernières notes s’éteignent doucement sur l’obscurité revenue dans la salle nous laissent pantois…

Photo Frédéric Meyer

Comment ne pas parler de l’orchestre de Radio France au grand complet, au plus haut de sa forme, sous la merveilleuse direction de Mikko Franck, qui a judicieusement choisi de placer huit cuivres au balcon qui interviendront dans le tutti orchestral à l’ouverture de la cinquième porte ? 

On retient plusieurs instants merveilleux, tel celui où les violons, restant silencieux, violoncelles et cuivres jouent ensemble. Des cordes (presque imperceptibles au début et à la fin de l’œuvre) aux tutti orchestraux, chaque pupitre est excellent.

Tonnerre d’applaudissements et rappels sans nombre pour cette soirée mémorable.

——————————————————-

[1] Il a il y a quelque temps gravé un remarquable album de lieder de Beethoven.

Les artistes

Judith : Aušrinė Stundytė
Barble bleue : Matthias Goerne
Narrateur : József Gyabronka 

Orchestre Philharmonique de Radio France, dir. Mikko Franck 

Le programme

Le Château de Barbe-Bleue

Opéra en un acte de Béla Bartók, livret de Béla Balàzs, créé à Budapest le 24 mai 1918.
Philharmonie de Paris, concert du vendredi 29 novembre 2024.

image_printImprimer
Mikko FranckAusrine StundyteMatthias Goerne
1 commentaire 6 FacebookTwitterPinterestEmail
Frédéric Meyer

1 commentaire

LEMAIRE 30 novembre 2024 - 15 h 42 min

une merveille qui vous met K.O.. comme les meilleures improvisations de jazz contemporain. tout était parfait

Répondre

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
SARA BLANCH
prochain post
Un Orfeo au plus haut !

Vous allez aussi aimer...

La Clémence de Titus à Nice, une sacrée...

31 janvier 2026

8ᵉ Concours Voix des Outre-mer : le talent et...

31 janvier 2026

Sur la scène de l’Opéra de Nancy, les...

31 janvier 2026

Parme, Orfeo ed Euridice – Humain, trop humain...

31 janvier 2026

Le Vaisseau fantôme à Rouen : de l’errance à...

30 janvier 2026

Philharmonie : Le Paradis et la Péri par Philippe...

29 janvier 2026

Sabine Devieilhe et Mathieu Pordoy à Bordeaux, un...

28 janvier 2026

Opéra Bastille : Un ballo in maschera, retrouvailles...

28 janvier 2026

Monte-Carlo – Die Walküre avec voix, effets scénographiques...

28 janvier 2026

Traviata à Bordeaux – Tout ce qui brille…

28 janvier 2026

Humeurs

  • À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant

    3 janvier 2026

En bref

  • Les brèves de janvier –

    28 janvier 2026
  • Ça s’est passé il y a 200 ans
    Création d’ALAHOR IN GRANATA de Donizetti

    7 janvier 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Bonne année 2026 !

    1 janvier 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Stéphane Lelièvre dans ERMIONE, Rossini (1819) – dossier
  • Stéphane Lelièvre dans In memoriam – JEAN-PIERRE MARTY (1932-2024)
  • LAVIGNE Jean-François dans Le Miracle d’Héliane à Strasbourg : le miracle et l’épure
  • Vinson dans ERMIONE, Rossini (1819) – dossier
  • charles Marty dans In memoriam – JEAN-PIERRE MARTY (1932-2024)

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

La Clémence de Titus à Nice,...

31 janvier 2026

8ᵉ Concours Voix des Outre-mer : le...

31 janvier 2026

Sur la scène de l’Opéra de...

31 janvier 2026