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La Route fleurie, une nouvelle production pétillante à l’Odéon de Marseille

par Laure Chauvris 19 avril 2026
par Laure Chauvris 19 avril 2026

© Camille Rovera

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La Route fleurie, Marseille, Théâtre de l’Odéon, samedi 18 avril 2026

C’est une tradition à Marseille : très régulièrement, La Route fleurie est programmée au théâtre de l’Odéon pour le plus grand bonheur des spectateurs qui s’y précipitent en masse. Pour ces deux seules représentations, le théâtre affiche complet. Nous assistons à une nouvelle production de l’Odéon, haute en couleurs, avec des décors superbes (signés Loran Martinel) représentant la place du Tertre à Paris, les paysages de Provence, un joli mas, etc., sous la forme de toiles de fond sur lesquelles sont imprimées des photos immenses. On s’y croirait. La mise en scène enlevée est précise et efficace comme Carole Clin, qui signe la plupart des mises en scène de l’Odéon, nous y a habitués.

On ne s’étendra pas sur l’intrigue tellement connue de cette bande de jeunes gens sans le sou qui décident d’aller passer leurs vacances sur la Côte d’Azur aux frais de « la princesse », en l’occurrence la tante du héros. Amélie Tatti interprète la jeune première Mimi. La voix de soprano est belle, chaleureuse et veloutée, cependant sa diction manque de clarté, ce qui est dommage dans ce genre d’ouvrage. On peut regretter que la fin de son aigu conclusif dans l’air « Je l’aime et puis c’est tout » soit lâchée. Tout le reste était parfait. Ses qualités de comédienne ne sont plus à démontrer.

Pétulante, drôle et dynamique comme à son habitude, nous retrouvons l’excellente Laurence Janot à la voix magnifique, entendue récemment dans le rôle-titre de la comédie musicale Hello Dolly ! La soprano pétaradante entraîne le public dans le célèbre air « La belle de l’Ohio » (prononcez oyo), interprété avec une énergie communicative.

Laura Tardino, magnifique comédienne dans le rôle de Lorette, présente une voix un peu criarde dans son premier air « Subitiste » très différente de ce à quoi elle nous a habitués. En revanche on retrouve dans son deuxième air « Moi, j’aime les hommes » le timbre clair et lumineux que l’on aime chez cette artiste. Son interprétation du numéro avec Raphaël « Ta ga da tsoin tsoin » est désopilant. Sa diction est toujours parfaite.

Jean-François Novelli en Raphaël paraphasique est inénarrable. Son premier air en ouverture « On est poète ou on ne l’est pas » nous a semblé un peu en dedans, manquant d’équilibre face à l’orchestre mais son duo avec Jean-Pierre « La vie de bohême » nous rassure. Son interprétation des « Haricots » restera longtemps dans les mémoires. Quant à la chanson « Pas d’chance », elle permet à Jean-François Novelli de montrer toute l’étendue de sa palette d’expression.

Fabrice Todaro campe un Poupoutzoff plus fou que jamais. Il reprend le rôle qu’il avait déjà incarné en 2019 avec tout autant de fougue et de tics…

Arnaud Hervé interprète la farandole du deuxième acte avec fantaisie et conviction, entraînant le chœur et le public dans l’atmosphère festive de la Provence.

Enfin, le rôle principal était tenu par Kaëlig Boché, magnifique ténor di grazia, dont la voix à la fois riche et légère, au timbre chaud, menée avec beaucoup de justesse et de souplesse semble avoir été créée pour le personnage de Jean-Pierre. La musicalité de l’interprète, ses aigus tantôt puissants, tantôt tout en douceur, en voix mixte comme en voix de tête (le final de la sérénade « Mimi » donne des frissons), transcende un public déjà conquis par son jeu de scène. N’ayant pu l’entendre dans Dialogues des Carmélites à Marseille le mois dernier, ce fut une belle découverte cet après-midi.

L’opérette s’achève sur une reprise de la célèbre chanson qui lui donne son nom, bissée plusieurs fois. Le public, à la moyenne d’âge assez élevée comme souvent pour ce type de spectacle pourtant très grand public, s’en retourne avec, sur les lèvres, un refrain entêtant et un sourire qui restera longtemps.

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Les artistes

Mimi : Amélie Tatti
Rita Florida : Laurence Janot
Lorette : Laura Tardino
1ère femme de chambre : Éléna Le Fur
2ème femme de chambre : Alexia Macbeth
Jean-Pierre : Kaëlig Boché
Raphaël : Jean-François Novelli
Poupoutzoff : Fabrice Todaro
Gustave : Philippe Béranger
Bonnardel : Didier Clusel
Paul le restaurateur : Cédric Brignone
Le jardinier : Rémi Chiorboli
Le chanteur de farandole : Arnaud Hervé
Le valet de chambre : Jean-Michel Muscat

Co-direction musicale : Christian et André Mornet
Pianiste répétiteur : Christian Mornet
Chœur de l’Opéra de Marseille, dir. Florent Mayet
Musiciens d’orchestre : Fabrice Coussoux, Gilles David, André Gobbato, Christian Mornet, Philippe Perathoner
Mise en scène : Carole Clin
Décors : Loran Martinel / Théâtre de l’Odéon
Costumes : Opéra de Marseille

Le programme

La Route fleurie

Opérette de Francis Lopez, livret de Raymond Vincy, créée le 9 décembre 1952 au Théâtre des Célestins à Lyon.
Marseille, Théâtre de l’Odéon, représentation du samedi 18 avril 2026

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Kaëlig BochéJean-François NovelliFabrice Todaroamelie tattiCarole ClinLaura TardinoLaurence Janot
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Laure Chauvris

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