À la une
Entretien – Pier Luigi Pizzi : « Verdi est le paradigme de...
Intervista – Pier Luigi Pizzi : « Verdi è il paradigma...
Livre – Le Voyage dans la Lune, d’après l’œuvre de...
Les brèves de janvier –
Maggio Musicale Fiorentino : une belle réussite pour Tosca avec...
Maggio Musicale Fiorentino: un buon successo per Tosca con Chiara...
Se préparer à La Passagère, Opéra national Capitole de Toulouse,...
CD – Fra l’ombre e gl’orrori : un siècle de musique...
Spectacle Bernstein à Massy Anatomies de l’amour : Lenny Tender
La bouleversante Butterfly d’Asmik Grigorian à Berlin
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduConcertVu pour vous

Les frères PATI et Golda SCHULTZ en concert au Théâtre des Champs-Élysées

par Camillo Faverzani 10 janvier 2024
par Camillo Faverzani 10 janvier 2024
Pene Pati © Simon Fowler - Amitai Pati © D.R. - Golda Schultz © Dario Acosta
0 commentaires 3FacebookTwitterPinterestEmail
1,9K

Premier concert parisien de trois « Grandes Voix » d’exception

C’est par l’Ouverture de Dinorah que débute ce premier concert parisien donné par Golda Schultz et Amitai et Pene Pati au Théâtre des Champs-Élysées dans le cadre du cycle « Les Grandes Voix ». Joviale à souhait, ce n’est probablement pas la pièce la plus réussie de Meyerbeer. Quentin Hindley dirige Les Frivolités Parisiennes avec compétence, sachant juguler sans faille les dissonances d’une partition servant ce soir de mise en bouche aux prestations des chanteurs dont il soutient également l’interprétation de la manière la plus efficace. De Meyerbeer à Puccini, l’écart n’est pas des moindres.
C’est donc à Pene Pati de briser la glace par le premier air de Mario Cavaradossi, un personnage qu’il n’a pas encore abordé à la scène. Malgré la belle réussite secondée par un timbre toujours éclatant, le ténor samoan ne se montre pas entièrement à l’aise dans ce répertoire, butant notamment sur les doubles consonnes, impitoyables en italien, alors que dans d’autres contextes il maîtrise à la perfection la langue de Dante. Et si l’amant de Tosca est pour le moment prématuré, Don José l’est encore davantage, dans un duo de l’acte I où il sert surtout d’appoint à la Micaëla bien chantante de Golda Schultz. Ce n’est sûrement pas un défaut de vouloir élargir la palette de ses personnages et le concert est sans doute le lieu le plus idoine pour s’y essayer. Ainsi de la prière de l’acte II de Robert le Diable où nous retrouvons le Pene Pati que nous aimons, à l’aisance naturelle et à l’aigu bien placé, le rôle de Robert convenant vraisemblablement mieux aux moyens actuels de l’artiste. Le temps viendra pour Cavaradossi et peut-être pour Don José aussi. L’important étant de ne pas brûler les étapes.

© D.R.

Le public français connaît bien le Roméo de Pene Pati, pour l’avoir entendu à l’Opéra de Bordeaux en mars 2020 puis à l’Opéra-Comique en décembre 2021. Il retrouve ce soir le sens de la nuance, le diminuendo prodigieux, le rayonnement solaire de l’air de l’acte II, précédé d’un madrigal du I, où lui donne la réplique la Juliette enjouée de Golda Schultz ; il est à son tour introduit par les prouesses de l’air de présentation de l’héroïne shakespearienne, un enchantement dans les variations à la fois des teintes et des sonorités. Après un air de Magda dans La rondine puccinienne, gracieusement chanté, la cantatrice sud-africaine se distingue par une Micaëla que  le spectateur parisien a déjà eu l’occasion d’apprécier, très intense et tout particulièrement remarquable dans les passages de transition. 

Si son Adina paraît quelque peu surjouée, un rien trop vériste dans des éclats de rire assez triviaux, sa ligne est soignée et elle déploie une belle complicité avec le Nemorino d’Amitai Pati, au jeu scénique engagé.

Jusqu’à présent, le jeune frère Pati a peu chanté à Paris. On se souvient néanmoins de ses débuts marquants, en concert à la Philharmonie, en mars 2020, quelques jours avant le premier confinement, dans le rôle de Nadir des Pêcheurs de perles. Le phrasé soigné d’« Una furtiva lagrima » fait revivre un personnage qu’il partage au répertoire avec son aîné, tout comme Alfredo Germont dont ils abordent à deux voix l’air de l’acte II, avec cabalette, en guise de conclusion de la première partie du concert, un brin granguignolesque néanmoins, malgré les jolies rondeurs des intonations de Pene. Légèrement maniéré, l’Ernesto d’Amitai ouvre le second volet, dans une sérénade qui se singularise à la fois par une bonne élocution et un legato exemplaire.

Après un alerte Charleston de Reynaldo Hahn dont on relève l’effet heureux des vents, nous sommes déjà dans le domaine des bis : « Be my love », joliment interprété par Amitai Pati ; « The Glamorous Life », rendu par la seule voix de Golda Schultz, manquant quand même d’un zeste d’entrain ; « Dein ist mein ganzes herz », proposé encore à deux par les frères Pati, bien que Pene soit prépondérant au début, créant un beau contraste entre la tonalité claironnante de ce dernier et les résonnances plus graves de son cadet ; les deux chansons de Charles Trenet, entonnées à trois, mettant de l’ambiance et réjouissant les spectateurs. Entre rythmes et chansons traditionnelles, accompagnées à la guitare hawaïenne – Juan Diego Flórez docet –, la soirée se conclut dans une atmosphère quelque peu exotique, planant entre la méditation d’un amoureux transi des îles Samoa et les cris guerriers de Nouvelle Zélande, récupérés par le monde du rugby. Le public est aux anges !!!

Nous retrouverons bientôt les frère Pati à l’Opéra Bastille où il partageront l’affiche de Beatrice di Tenda de Bellini dans les rôles d’Orombello (Pene) et d’Anichino (Amitai). Des artistes à qui la scène sied sans doute mieux que le concert. Cela dit, nos trois interprètes de ce soir ont aussi su donner beaucoup de verve et d’humain.

Les artistes

Amitai Pati, ténor
Pene Pati, ténor
Golda Schultz, soprano

Les Frivolités Parisiennes, dir. Quentin Hindley

Le programme

Giacomo Meyerbeer – Le Pardon de Ploërmel, Ouverture

Giacomo Puccini – Tosca, « Recondita armonia » (Mario Cavaradossi) Pene Pati

Giacomo Puccini – La Rondine, « Chi il bel sogno di Doretta » (Magda) Golda Schultz

Gaetano Donizetti – L’elisir d’amore, « Lallarallara… Chi è mai quel matto? » (Adina, Nemorino) Golda Schultz, Amitai Pati

Gaetano Donizetti – L’elisir d’amore, « Una furtiva lagrima » (Nemorino) Amitai Pati

Georges Bizet – Carmen, « Parle-moi de ma mère » (Don José, Micaëla) Golda Schultz, Pene Pati

Georges Bizet – Carmen, « Je dis que rien ne m’épouvante » (Micaëla) Golda Schultz

Giacomo Meyerbeer – Robert le Diable, « Oh ! ma mère, ombre si tendre » (Robert) Pene Pati

Giuseppe Verdi – La Traviata, « De’ miei bollenti spititi » (Alfredo) Amitai Pati, Pene Pati

Gaetano Donizetti – Don Pasquale, « Com’e gentil » (Ernesto) Amitai Pati

Charles Gounod – Roméo et Juliette, « Je veux vivre » (Juliette) Golda Schultz

Charles Gounod – Roméo et Juliette, « Ange adorable » (Roméo, Juliette) Golda Schultz, Pene Pati

Charles Gounod – Roméo et Juliette, « Ah ! Lève-toi soleil » (Roméo) Pene Pati

Reynaldo Hahn – Le Temps d’aimer, Charleston

 Nicholas Brodszky, « Be my love » Amitai Pati

Stephen Sondheim – A little Night Music, « The Glamorous Life » (Fredrika Armfeldt, Desiree Armfeldt, Madam Armfeldt and Quintet) Golda Schultz

Franz Lehár – Das Land des Lächelns, « Dein ist mein ganzes herz » (Prinz Sou-Chong) Amitai Pati, Pene Pati

Charles Trenet, « La Mer » Amitai Pati, Pene Pati, Golda Schultz

Charles Trenet, « Boom » Amitai Pati, Pene Pati, Golda Schultz

 

Paris, Théâtre des Champs-Élysées, concert du lundi 8 janvier 2024

 

image_printImprimer
Pene PatiGolda SchultzAmitai PatiQuentin Hindley
0 commentaires 3 FacebookTwitterPinterestEmail
Camillo Faverzani

Professeur de littérature italienne à l’Université Paris 8, il anime le séminaire de recherche « L’Opéra narrateur » et dirige la collection « Sediziose voci. Studi sul melodramma » aux éditions LIM-Libreria musicale italiana de Lucques (Italie). Il est l’auteur de plusieurs essais sur l’histoire de l’opéra. Il collabore également avec des revues et des maisons d’opéra (« L’Avant-scène Opéra », Opéra National de Paris).

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Florent SIAUD
prochain post
PIERRE DUMOUSSAUD

Vous allez aussi aimer...

Maggio Musicale Fiorentino : une belle réussite pour...

14 janvier 2026

Maggio Musicale Fiorentino: un buon successo per Tosca...

14 janvier 2026

Spectacle Bernstein à Massy Anatomies de l’amour :...

12 janvier 2026

La bouleversante Butterfly d’Asmik Grigorian à Berlin

12 janvier 2026

« Héroïnes de l’Opéra français » : nouveau triomphe de l’Orchestre...

12 janvier 2026

Au Théâtre des Champs-Élysées, les débuts parisiens de...

10 janvier 2026

Glamour, gloire et beauté : Sonya Yoncheva au TCE

9 janvier 2026

Falstaff à Montpellier. Les femmes s’inventent.

9 janvier 2026

L’Oratorio de Noël à Athènes : Noël à...

9 janvier 2026

Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Evelyn Lear

8 janvier 2026

Humeurs

  • À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant

    3 janvier 2026

En bref

  • Les brèves de janvier –

    14 janvier 2026
  • Ça s’est passé il y a 200 ans
    Création d’ALAHOR IN GRANATA de Donizetti

    7 janvier 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Bonne année 2026 !

    1 janvier 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Lelievre Stephane dans À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant
  • Pasquale de rosa dans Libro – Marina Mayrhofer : Ombre in scena. Drammaturgia delle scene d’ombra nel teatro musicale europeo tra Sette e Ottocento
  • Boudou Frederic dans À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant
  • Marquis Lionel dans CRISE À LA FENICE : L’OPÉRA ITALIEN SOUS TENSION POLITIQUE
  • Fabrice del Dongo dans Glamour, gloire et beauté : Sonya Yoncheva au TCE

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Maggio Musicale Fiorentino : une belle...

14 janvier 2026

Maggio Musicale Fiorentino: un buon successo...

14 janvier 2026

Spectacle Bernstein à Massy Anatomies de...

12 janvier 2026