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Reggio Emilia – De Henry Purcell à Kurt Weill : théâtre musical, fort impact visuel… et critique sociale incisive !

par Ivonne Begotti 9 avril 2024
par Ivonne Begotti 9 avril 2024
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Dido and Aeneas / Die sieben Todsünden, Teatro Municipale Romolo Valli, Reggio Emilia, 7 avril 2024

Daniele Abbado revient à Reggio Emilia avec un diptyque inédit que le public accueille très chaleureusement !

Un diptyque inédit dirigé par Marco Angius et mis en scène par Daniele Abbado a été présenté au Teatro Municipale Valli les vendredi 5 et dimanche 7 avril. L’opéra baroque Dido and Aeneas a d’abord été donné, suivi du ballet chanté Die sieben Todsünden (Les sept péchés capitaux). Le spectacle est une coproduction entre le Teatro Comunale de Bologna, la Fondazione I Teatri de Reggio Emilia et la Fondazione Haydn de Bolzano et Trente.

Marco Angius a tenté de réduire la distance entre les deux parties du spectacle en incluant dans la partition incomplète de Dido and Aeneas les Cori di Didone composés par Luigi Nono sur des textes de Giuseppe Ungaretti (1958), et une pièce orchestrale de l’Okanagon (1968) de Giacinto Scelsi. L’orchestre du Teatro Comunale de Bologne l’a suivi dans ce cheminement aux styles si différents, avec un résultat tout à fait satisfaisant.

Daniele Abbado, qui a reçu l’Oscar du meilleur metteur en scène en 2012, a créé un spectacle très original centré sur le thème de la ville. Il a juxtaposé « la ville mythologique de Didon à la prophétie de Brecht-Weill sur l’avenir des villes ». Selon le musicologue Enrico Girardi, dans les deux œuvres, « la politique est une composante essentielle non seulement du contenu dramatique […] mais aussi des circonstances qui en caractérisent la genèse ». En effet, la première représentation de Dido and Aeneas remonte à 1689 : une période de vifs conflits politico-religieux pour la monarchie anglaise. En février 1689, Marie Stuart et Guillaume d’Orange montent sur le trône, restaurant le pouvoir de l’Église anglicane. Le librettiste Nahum Tate relit l’Enéide de Virgile et interprète librement le quatrième livre : le héros (traditionnellement célébré en tant que symbole de la pietas et fondateur de la ville de Rome) passe au second plan par rapport à la reine et apparaît surtout comme un homme volage, qui profite momentanément du fait que Didon soit tombée amoureuse, mais l’abandonne aussitôt : trompé par des esprits maléfiques, il reprend son voyage pour fonder une ville où règnent la superstition et la corruption, conformément aux images de Rome diffusées par les protestants.

Les interprètes sont très convaincants : Danielle De Niese (qui fait ses débuts dans cet opéra) a un port hiératique et royal, une voix ferme dont les moments de dureté expriment bien l’angoisse de la reine. Enea est interprété par Francesco Salvadori, un jeune baryton s’imposant tant scéniquement que vocalement, d’une voix puissante, aux couleurs sombres et sonore. Belinda est Patricia Daniela Fodor : une très jeune soprano aux manières élégantes et au timbre gracieux. Paola Valentina Molinari incarne l’Esprit avec aisance, tandis que les forces du mal (à l’origine interprétées par des femmes) ont des voix masculines : Bruno Taddia est la Sorcière, Marco Miglietta et Andrea Giovannini sont ses comparses ; tous semblent bien assortis et se déplacent en chantant avec fluidité. Les interventions du Chœur du Teatro Comunale de Bologne (dirigé par Gea Garatti Ansini) sont très bien équilibrées.

Die sieben Todsünden, créée à Paris le 12 juin 1933, est le dernier fruit de la collaboration entre Kurt Weill et Bertolt Brecht qui, après avoir fui l’Allemagne nazie, ont créé une satire incisive de la civilisation américaine, imaginant deux sœurs voyageant dans sept villes des États-Unis dans le but de gagner de l’argent pour l’envoyer à leur famille en Louisiane. Les deux sœurs sont interprétées par Danielle De Niese et Irene Ferrara ; leur famille par Marco Miglietta et Andrea Giovannini, Nicolò Ceriani et Andrea Concetti. Dans cette partie, les costumes (créés par Giada Masi) sont flamboyants et passent du monde du cabaret à celui du cinéma ou du cirque, tandis que les décors (conçus par Angelo Linzalata) restent essentiels.

Le diptyque est agréable à regarder et à écouter, mais il est aussi intéressant parce qu’il « nous introduit dans la réalité contemporaine » (D. Abbado), où la falsification de l’information et la corruption sont terriblement d’actualité.

Les artistes

Dido and Aeneas

Dido : Danielle de Niese
Æneas : Francesco Salvadori
Belinda : Mariam Battistelli
Second woman : Patricia Daniela Fodor
The sorceress : Bruno Taddia
First witch : Marco Miglietta
Second witch/A sailor : Andrea Giovannini
A spirit : Paola Valentina Molinari

Die sieben Todsünden

Anna I : Danielle de Niese
Anna II : Irene Ferrara
La famille : Marco Miglietta, Andrea Giovannini, Nicolò Ceriani, Andrea Concetti

Danseurs : Matilde Bignamini, Luca Campanella, Lucia Cinquegrana, Lucas Delfino, Erika Rombaldoni, Danilo Smedile

Orchestra et Coro del Teatro Comunale di Bologna, dir. Marco Angius et Gea Garatti Ansini

Mise en scène : Daniele Abbado
Lumières : Angelo Linzalata
Costumes : Giada Masi
Chorégraphie : Simona Bucci

Le programme

Dido and Aeneas
Opéra en un prologue et trois actes de Henry Purcell, livret de Nahum Tate, créée à Chelsea (Londres) probablement le 11 avril 1689.

Die sieben Todsünden
Ballet avec chant en neuf tableaux de Kurt Weill, livret de Bertolt Brecht, créé à Paris au Théâtre des Champs-Élysées le 12 juin 1933.

Reggio Emilia, Teatro Municipale Romolo Valli, 7 avril 2024

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Francesco SalvadoriDaniele AbbadoDanielle De NieseMariam BattistelliMarco Angius
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Ivonne Begotti

2 commentaires

fausto mantovi 10 avril 2024 - 7 h 55 min

👏👏👏👏👏👏

Répondre
Alberto Sgarbi 13 avril 2024 - 9 h 53 min

« la falsification de l’information et la corruption sont terriblement d’actualité. » : purtroppo questo è il mondo in cui ci troviamo a vivere. Chiunque possa accendere una luce lo faccia!
Grazie Ivonne!

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