À la une
Il aurait 100 ans aujourd’hui : JON VICKERS
Se préparer à MANON LESCAUT, Puccini (1893) – Théâtre des...
Oliver Mears : « Il est bon de susciter des...
CD – Une parade sauvage : Cyrille Dubois enchante Britten
CD – Il Signor Lulli : la joyeuse réussite d’un...
Les brèves d’octobre –
CD – Vivaldi sottosopra : Vivaldi pour une fête en...
Florence, Romanzo criminale de Nicola Piovani : le difficile équilibre entre...
La Cenerentola au San Carlo : Rossini entre virtuosité, ironie...
Elle aurait 100 ans aujourd’hui : GALINA VICHNEVSKAÏA
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

TénorArtistesHommages

Il aurait 100 ans aujourd’hui : JON VICKERS

par Stéphane Lelièvre 29 octobre 2026
par Stéphane Lelièvre 29 octobre 2026
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
33

Il y a cent ans naissait le ténor Canadien Jon Vickers, sans aucun doute l’un des plus importants chanteurs de sa génération. Il fut notamment le Jason de la Médée de Callas en 1958.

Vickers naît le le 29 octobre 1926 à Prince Albert en Saskatchewan (Canada). Ses débuts ont lieu en 1954 à Toronto (il chante alors le Duc de Mantoue dans Rigoletto). Deux ans plus tard, les engagements internationaux pleuvent : le Covent Garden de Londres, les festivals de Bayreuth ou de Salzbourg, la Scala de Milan, le Metropolitan Opera de New York, l’Opéra de Paris le réclament. Sa voix ample, puissante, semble le destiner aux emplois de ténor héroïque. Il n’excellera cependant jamais autant que dans les rôles où, derrière une solidité, une virilité de façade, transparaissent certaines fêlures et une forme de fragilité. Ce n’est donc pas un hasard si, au nombre de ses très grands succès, il faut compter les rôles de Tristan, Siegmund, Florestan, Ricardo du Ballo in maschera, Don Carlo, Otello ou  Peter Grimes. Vickers fut aussi un José ou un Énée des Troyens très appréciés, et il interpréta également Giasone dans Medea à Dallas en 1958 aux côtés de Callas et Berganza (quelle affiche !…).

Il légua fort heureusement de nombreux témoignages discographiques de son art : son Florestan (Klemperer/Ludwig, 1962), son José (De Burgos/Bumbry, 1969), son Énée (Davis/Veasy, 1969), son Siegmund (Karajan/Janowitz, 1966), son Tristan (Karajan/Dernesch, 1971), son Radames (Solti/Price, 1962), son Otello (Serafin/Rysanek, 1960) sont entrés dans la légende. Pour apprécier le talent de Vickers dans le répertoire italien, ne manquez pas son récital enregistré sous la direction de Serafin en 1961.

Plusieurs captations vidéos existent également, dont les deux films de studio réalisés par Karajan à la suite de représentations données à Salzbourg : Otello (avec Freni) et Carmen (avec Bumbry), toutes deux publiées chez Deutsche Grammophon.

D’une longévité vocale étonnante, Vickers étonna le public en délivrant à Covent Garden, lors de l’hommage international à Maria Callas donné en 1983, une interprétation vibrante de Siegmund. Trois ans plus tard, il chantait encore Samson au Metropolitan Opera de New York pour célébrer le tricentenaire de Händel.

Pour rendre hommage à cette voix unique et à ce chanteur atypique, géant aux pieds d’argile, voix d’airain cachant de secrètes fêlures, nous avons choisi sa Winterreise, gravée en 1984 avec Geoffrey Parson. Ce n’est certainement pas l’enregistrement le plus célèbre de Vickers ; il s’agit par ailleurs d’une version controversée du chef-d’œuvre de Schubert, mais, selon nous, l’une des plus bouleversantes qui soient. Écoutez le onzième lied, « Frühlingstraum » (36:27) : rien de plus saisissant que le contraste entre la véhémence du « Und als die Hähne krähten » et l’ineffable tendresse de « Doch an den Fensterscheiben ». Quant à la question désabusée : « Wann halt’ ich mein Liebchen im Arm ? » (« Quand tiendrai-je ma bien-aimé dans mes bras? »), elle referme délicatement le lied, avec une douceur et une tristesse infinies… Incomparable !

image_printImprimer
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Se préparer à MANON LESCAUT, Puccini (1893) – Théâtre des Champs-Elysées, 02-15 novembre 2026

Vous allez aussi aimer...

Oliver Mears : « Il est bon de...

28 octobre 2026

Elle aurait 100 ans aujourd’hui : GALINA VICHNEVSKAÏA

25 octobre 2026

Nabucco à Parme : rencontre avec le metteur...

15 octobre 2026

In memoriam – MARTINA ARROYO (1937-2026), la voix...

14 octobre 2026

Intervista a Pier Luigi Pizzi, regista, scenografo e...

14 octobre 2026

Résurrection d’un oublié de la musique française : Louis-Joseph-Ferdinand...

10 octobre 2026

WILLIAM THOMAS

3 octobre 2026

Il aurait 100 ans aujourd’hui : Gerhard Stolze

1 octobre 2026

FRANCESCO LANZILLOTTA

28 septembre 2026

RICARDA MERBETH : « Les metteurs en scène ne...

26 septembre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE

    7 octobre 2026

En bref

  • Les brèves d’octobre –

    27 octobre 2026
  • Ça s’est passé il y a 100 ans : création de Háry János de Zoltán Kodály

    16 octobre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

    7 octobre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • CHRISTINE FRANCEZON dans Roméo et Juliette à la Philharmonie : Klaus Mäkelä et l’Orchestre de Paris au cœur du drame berliozien
  • Hugues Rameau dans Oliver Mears : « Il est bon de susciter des opinions différentes »
  • Marie Louise dans Oliver Mears : « Il est bon de susciter des opinions différentes »
  • Stéphane Lelièvre dans TRISTAN UND ISOLDE, Wagner (1865) – dossier
  • CACOTONj. dans TRISTAN UND ISOLDE, Wagner (1865) – dossier

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Oliver Mears : « Il est...

28 octobre 2026

Elle aurait 100 ans aujourd’hui :...

25 octobre 2026

Nabucco à Parme : rencontre avec...

15 octobre 2026