À la une
Il vecchio avaro à l’Athénée : quand Harpagon devient Pancrazio
Programme 2026 du Festival d’Opéra de Munich
Se préparer à LE VILLI, Puccini (1884) – Opéra de...
Se préparer à LUCIE DE LAMMERMOOR, Opéra Comique, 30 avril-10...
Teatro Regio de Turin – Peur, foi et révolution :...
Les opéras du monde –L’Opéra de Bordeaux, l’un des plus...
Se préparer à ROBINSON CRUSOÉ, Opéras de Nantes, Angers, Rennes, 10...
Entretien – Massimo Pizzi Gasparon Contarini : “L’émerveillement est fondamental...
Les brèves d’avril –
Toujours Tosca à l’Opéra Bastille : quatrième distribution de la saison
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Concert

Theodora au Théâtre des Champs-Élysées – Martyre de première classe

par Romaric HUBERT 25 novembre 2021
par Romaric HUBERT 25 novembre 2021

© Jason Homa

Joyce DiDonato ©Simon Pauly

Michael Spyres ©DR

Paul-Antoine Bénos-Djian ©DR

John Chest ©Andrey Stoycher

Il Pomo d'Oro ©DR

Maxim Emelyanychev ©Emil Matveev

0 commentaires 2FacebookTwitterPinterestEmail
2,3K

La Theodora de Haendel posait ses valises au Théâtre des Champs-Élysées. Richement doté vocalement, le pénultième oratorio du Caro Sassone brille par l’incroyable prestation de Joyce DiDonato et l’incarnation tout en émotion de Paul-Antoine Bénos-Djian.

Les concerts se suivent et se ressemblent. Comme nous en rendait compte notre confrère Antonio Samson (à lire ici), l’interprétation de Theodora à la Scala de Milan a été un moment exceptionnel d’émotions et de splendeurs vocales. Il en aura été de même ce lundi soir au Théâtre des Champs-Élysées.

Chef-d’œuvre sous-estimé écrit en 1749, Haendel, alors au crépuscule de sa carrière, considérait cet oratorio comme l’une des créations favorites. Riche en intensité dramatique, la scène a su donner vie à la martyre chrétienne, deux fois notamment sous la direction de William Christie, en 1996 à Glyndebourne (à voir ici) dans une mise en scène de Peter Sellars avec Dawn Upshaw et David Daniel, et en 2015 avec Katherin Watson et Philippe Jaroussky (à voir ici) déjà au Théâtre des Champs-Élysées.

Même lieu mais sans mise en scène cette fois-ci. L’affiche de rêve aura suffi à nous plonger au cœur de ce drame à la musique inventive touchant souvent au sublime.
Il faut des chanteurs à la technique aguerrie pour servir le Caro Sassone et réussir à faire naître l’émotion derrière l’exploit vocal. Le rôle-titre est endossé par la talentueuse Lisette Oropesa. La soprano à la voix claire et à l’interprétation tout en retenue sait à merveille rendre poignants les affres de ce personnage partagé entre amour et religion. Michael Spyres, dans le rôle de Septime, est le fin interprète qu’on connait et la technique, toujours souveraine, lui permet de survoler avec brio les mesures de vocalises écrites par Haendel. John Chest est un Valens, plus baryton que basse, à la projection ferme, à la vaillance sans faille et à l’autorité affirmée.

Paul-Antoine Bénos-Djian est un Dydime admirable. Rinaldo magnifique il y a peu à l’Opéra de Rennes, le contre-ténor apporte au rôle du jeune converti par amour un surplus d’émotions qui touche immédiatement. La technique et la projection sont incomparables et la musicalité infaillible est en permanence mise au service du drame. Paul-Antoine Bénos-Djian ajoute ainsi une nouvelle réussite à sa galerie de portraits de héros haendelien.

Last but not least, cette représentation en version concert est surtout l’occasion pour  Joyce DiDonato de briller, encore une fois, de mille feux dans le rôle d’Irene. La technique est superlative et la mezzo-soprano en use toujours à bon escient. Même si le portait vocal est infiniment travaillé, rien ne semble gratuit. Si on devait chercher un modèle pour savoir comment chanter et interpréter Haendel aujourd’hui, nous citerions sans hésitation possible le nom de Joyce DiDonato.

Il Pomo d’Oro, dans son interprétation historiquement informée, sous la direction de Maxim Emelyanychev, s’est montré à la hauteur de cette distribution de première classe même si parfois un peu avare de couleurs et sacrifiant par moment l’expression à l’agitation. Le choeur, à l’implication de tous les instants, n’est pas à oublier dans le succès de cette soirée.

Nul doute que le disque issu de cette production de Theodora, enregistrée par Erato/Warner Classics et dont la sortie est prévue à l’automne 2022, sera l’occasion de revivre l’intensité musicale et émotionnelle de ce concert.

En attendant, ne manquez pas la diffusion de ce concert sur medici.tv.

Les artistes

Lisette Oropesa Theodora
Joyce DiDonato  Irene
Michael Spyres  Septimius
John Chest  Valens
Paul-Antoine Bénos-Djian  Didymus
Massimo Lombardi Le Messager

Orchestre et chœur Il Pomo d’Oro 
Maxim Emelyanychev
 direction

Le programme

Theodora (1750)
Georg Friedrich Händel

Oratorio en trois actes pour solistes, choeur et orchestre

Théâtre des Champs-Élysées, version de concert du lundi 22 novembre 2021, 19h30

image_printImprimer
Lisette OropesaMichael SpyresMaxim EmelyanychevJohn ChestIl Pomo d'OroJoyce DiDonato
0 commentaires 2 FacebookTwitterPinterestEmail
Romaric HUBERT

Licencié en musicologie, Romaric Hubert a suivi des études d’orgue, de piano, de saxophone et de chant. Il a chanté dans plusieurs chœurs réputés, ou encore en tant que soliste. Il est titulaire d’une certification qualifiante professionnelle d’animateur radio délivrée par l’Institut National de l’Audiovisuel, et a fait ses premiers pas au micro sur France Musique. Il a fondé la compagnie Les Papillons Electriques avec sa complice Jeanne-Sarah Deledicq et est co-créateur du site Première loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
AUDE EXTRÉMO : « Ma carrière est assez impressionniste… »
prochain post
Salle Gaveau – Cassandre Berthon et Ludovic Tézier – Vive la France !

Vous allez aussi aimer...

Aux Bouffes du Nord, Paul Lay et Les...

2 avril 2026

Le Prophète enfin de retour à Paris !

2 avril 2026

Versailles : Des Ténèbres au Paradis

1 avril 2026

Philharmonie : un Rigoletto aux sonorités très pures

31 mars 2026

Ascanio in Alba au TCE : l’éclat de...

28 mars 2026

Un somptueux Orlando au Théâtre des Champs-Elysées devenu...

22 mars 2026

Golda Schultz en concert avec l’Orchestre national de...

14 mars 2026

À Versailles, un Roland en demi-teinte

14 mars 2026

Au Maggio Musicale Fiorentino, première reprise moderne du...

8 mars 2026

Rouen : une Iolanta lumineuse qui fera date

7 mars 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : six mois déjà

    2 avril 2026

En bref

  • Les brèves d’avril –

    4 avril 2026
  • La vidéo du mois – Bizet, Chanson d’avril par Felicity Lott

    3 avril 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’authenticité en musique : un idéal introuvable ?

    3 avril 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Sabine Teulon Lardic dans À Montpellier, La traviata mise en abime sur sa scène de théâtre
  • Catherine Dutrieux dans Toujours Tosca à l’Opéra Bastille : quatrième distribution de la saison
  • Stéphane Lelièvre dans In memoriam : ROBERT FORTUNE (1942-2024)
  • Stéphane Lelièvre dans In memoriam : ROBERT FORTUNE (1942-2024)
  • Marie-José Ganahl dans In memoriam : ROBERT FORTUNE (1942-2024)

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Aux Bouffes du Nord, Paul Lay...

2 avril 2026

Le Prophète enfin de retour à...

2 avril 2026

Versailles : Des Ténèbres au Paradis

1 avril 2026