À la une
Édition 2027 du FESTIVAL PUCCINI de Torre del Lago :...
Le Chevalier de Saint-George enfin de retour en son royaume,...
Se préparer à LA CLÉMENCE DE TITUS, Opéra de Paris,...
Ça s’est passé il y a 100 ans : création de...
Chronique d’un féminicide annoncé : l’Opéra de Nancy ouvre sa saison...
Nabucco à Parme : rencontre avec le metteur en scène...
In memoriam – MARTINA ARROYO (1937-2026), la voix verdienne…
Les brèves d’octobre –
Intervista a Pier Luigi Pizzi, regista, scenografo e costumista di...
Roméo et Juliette à La Monnaie : le lyrisme en...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

ProductionCompte renduVu pour vous

Les festivals de l’été –
Bayreuth, Le Vaisseau fantôme : Nicholas Brownlee et Asmik Grigorian au sommet

par Frédéric Meyer 8 août 2026
par Frédéric Meyer 8 août 2026

© Bayreuther Festspiele

© Bayreuther Festspiele

© Bayreuther Festspiele

© Bayreuther Festspiele

© Bayreuther Festspiele

© Bayreuther Festspiele

0 commentaires 19FacebookTwitterPinterestEmail
1,2K

Der fliegende Holländer, Festival de Bayreuth, jeudi 6 août 2026

Reprise de la production dorénavant bien connue de Tcherniakov – qui ne suscite plus guère d’émoi dans le public, lequel fait fête aux interprètes musicaux, tout paticulièrement Nicholas Brownlee et Asmik Grigorian.

Dans cette reprise de la mise en scène de Dmitri Tcherniakov de 2021, ce qui continue à interroger, c’ est qu’il n’y a plus de mer, plus de vaisseau et plus de fantôme. L’action se situe vaguement dans une banlieue quelconque d’une ville d’Europe du Nord, dont les immeubles sont à peine éclairés par des lampadaires blafards. Force est d’avouer que pour celui qui n’aurait jamais vu cet opéra sur scène, on n’y comprend plus grand-chose, la mise en scène étant déconnectée du livret imaginé par Wagner. D’autant qu’à Bayreuth, il n’y a jamais de sous-titres…

Le Vaisseau fantôme est par excellence l’opéra dans lequel est porté au plus haut un des thèmes les plus chers à Wagner : la rédemption, en l’occurrence celle d’un homme maudit, condamné à errer et voguer sans fin. Seule une femme qui pourrait lui jurer fidélité au-delà de la mort le libérerait de cette malédiction. Or dans la mise en scène de  Tcherniakov il n’y a plus de malédiction, simplement la vengeance d’un homme contre un groupe qui poussa une mère au suicide devant ses yeux d’enfant. C’est ce que nous voyons pendant l’ouverture : une femme qui faute avec un homme en pleine rue, et qui se pend en se jetant du premier étage sous les yeux de son fils. Il faut comprendre que c’est cet enfant devenu adulte qui revient bien des années plus tard pour se venger. On peut alors être circonspect quant à la fin du troisième acte : la population semble massacrée par les hommes du Hollandais, avant que ce dernier ne soit lui-même abattu par Mary d’un coup de carabine. Senta ne se jette plus dans la mer, mais s’effondre sur une chaise en éclatant de rire.
Même si l’on peut considérer que cette « vision » n’est pas loin d’une « trahison », le public de Bayreuth, plutôt enclin à manifester facilement son mécontentement, semble s’être accommodé de cette reprise pour se concentrer sur la musique et les voix.

Et à ce titre, la soirée fut vocalement et orchestralement somptueuse.

Cinq ans après sa première apparition dans le rôle de Senta, Asmik Grigorian fait, pour notre plus grand bonheur, son retour à Bayreuth. La puissance de la voix et la beauté du timbre sont devenues telles qu’elles confinent à l’insolence, et nous transportent à chaque moment. On peut certes regretter que la gestuelle dans la ballade de l’acte 2, celle qui est censée porter malheur et que Mary refuse de chanter, soit hors de propos, entre outrance et hystérie. La soprano arrive à conserver malgré tout une intensité dramatique des plus soutenues grâce à la beauté absolue de son chant. Cela se confirmera lors de ses scènes de confrontation avec le Hollandais. Lorsqu’on sait qu’Asmik Grigorian chante également cet été des rôles on ne peut plus différents techniquement et stylistiquement (Lady Macbeth à Munich, Carmen à Salzbourg), la performance n’en apparaît que plus remarquable !

Nicholas Brownlee, très apprécié par notre collègue Stéphane Lelièvre en Wotan à Munich le mois dernier, est extraordinaire en Hollandais. On est totalement émerveillé par la présence scénique tellement naturelle de ce personnage qu’on pourrait presque croire créé pour lui. Ce qui contribue aussi au charme hypnotique du personnage, c’est cet art parfait de la déclamation si nécessaire au rôle. Le caractère noir du chant « Die Frist ist um » de l’acte I donne des frissons, surtout quand, prenant la mer à témoin, il déclare que « [S]on orgueil peut être dompté » (« Dein Trotz ist beugsam »). La maîtrise de son vibrato, notamment dans les graves, une gestuelle lente et précise parfaitement adaptée au chant, l’expressivité de chaque phrase chantée contribueront au triomphe qui lui sera réservé lors des saluts. Dans ces conditions, on ne sera guère surpris que le duo avec Senta qui clôt l’acte II constitue l’un des plus grands moments de la soirée !

Benjamin Bruns, en Erik, fait par moments entendre une prononciation un peu hasardeuse. Mais son chant est couronné d’aigus de toute beauté, et est soutenu par un jeu de scène tout en retenue.
La basse finlandaise Mika Kares est un Daland très convaincant, même si on ne le sent pas complètement à l’aise dans cette mise en scène. Le chanteur déploie dans son chant un timbre des plus clairs et fait preuve d’une remarquable présence scénique. La projection de la voix est parfaite, qu’il s’agisse de faire preuve de puissance ou de respecter le caractère intimiste de certaines scènes.
Nadine Weissmann, en Mary, bénéficie d’un timbre large, mais on a du mal à être convaincu par son jeu de scène. Cela est sans doute dû au costume vulgaire dont elle est affublée.
Kieran Carrel, en timonier décontracté, déploie un chant des plus mélodieux à la scène 2 de l’acte I. Sa voix puissante s’accompagne d’un vibrato particulièrement maîtrisé. Très à l’aise, il arrive à transformer par sa fraîcheur ce rôle trop court en pur moment de plaisir.

Thomas Eitler-de Lint succéda en 2024 à Eberhard Friedrich à la tête du chœur du Festival de Bayreuth, qui était resté à ce poste près de  trente ans. Il prit ses fonctions dans un contexte particulier, le chœur étant contraint à des réductions drastiques d’effectifs, tout en devant maintenir la même qualité. Un regret est alors de n’avoir pas eu droit au chœur derrière la scène pour les hommes du Hollandais à la scène finale, les choristes restant présents sur le plateau. Les chœurs masculins restent cependant d’une remarquable puissance – malgré un effet un peu « brouillon » à la fin de l’opéra, sans doute causé par leur dispersion sur toute la largeur de scène et les mouvements imposés qui n’ont pas grand-chose à voir avec l’action… Le chœur des fileuses qui ouvre l’acte II est de toute beauté, en parfaite fusion avec l’orchestre.

Oksana Lyniv, qui fut la première femme à diriger à Bayreuth (cette année, Nathalie Stutzmann y dirige la première production de Rienzi donnée au festival), est une nouvelle fois en place au pupitre. L’ouverture semble souffrir de quelques approximations et d’un certain manque de nuances – mais on sent que l’expérience immense des musiciens vient pallier ces légères insuffisances – une impression qui se confirmera au fil de la soirée. La direction de la cheffe, très énergique, rend cependant pleinement justice aux moments plus violents de l’opéra.

Tonnerre d’applaudissements mérités pour tous à la fin de l’opéra, et rappels sans nombre : un très beau Hollandais volant – dont on peut espérer un jour ou l’autre une nouvelle approche au Festival de Bayreuth…

  • Si vous souhaitez publier un commentaire (dans l’encadré ci-dessous, en bas de page), merci de prendre connaissance auparavant de la « Charte des commentaires » ! / If you wish to post a comment (in the box below, at the bottom of the page), please read the “Comment Policy” first!
Les artistes

Der Holländer : Nicholas Brownlee
Senta : Asmik Grigorian
Daland : Mika Kares
Erik : Benjamin Bruns
Mary : Nadine Weissmann
Timonier : Kieran Carrel

Orchestre et Chœur du Festival de Bayreuth, dir. Oksana Lyniv
Chef des chœurs : Thomas Eitlerf-de -Lindt

Mise en scène : Dmitri Tcherniakov
Costumes : Elena Zaytseva
Lumières : Gleb Filshtinsky

Le programme

Der fliegende Holländer (Le Vaisseau fantôme)

Opéra romantique en 3 actes de Richard Wagner (1813-1883), créé à Dresde, Königliches Hoftheater, le 2 janvier 1843.

Festival de Bayreuth, représentation du jeudi 6 août 2026.

image_printImprimer
Nicholas BrownleeBenjamin BrunsAsmik GrigorianOksana LynivDmitri Tcherniakov
0 commentaires 19 FacebookTwitterPinterestEmail
Frédéric Meyer

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
TORRE DE LAGO – 72e Festival Puccini 2026 : de passionnantes publications
prochain post
Les festivals de l’été –
Le Ring des 150 ans à Bayreuth, ou quand l’IA oublie le théâtre

Vous allez aussi aimer...

Le Chevalier de Saint-George enfin de retour en...

16 octobre 2026

Chronique d’un féminicide annoncé : l’Opéra de Nancy ouvre...

16 octobre 2026

Roméo et Juliette à La Monnaie : le...

14 octobre 2026

Même sans mariage, de charmantes Noces de Figaro...

14 octobre 2026

Opéra de Rome : un Falstaff milanais, mental et...

13 octobre 2026

Tarare de Salieri (1787) : un cas rare...

13 octobre 2026

Le Requiem de Verdi selon Jérémie Rhorer :...

11 octobre 2026

Gala de l’Opéra royal de Versailles aux Concerts...

11 octobre 2026

Le Crépuscule des dieux de Wagner à Bastille...

10 octobre 2026

« Faute et Pardon » au Festival Verdi 2027 de...

10 octobre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE

    7 octobre 2026

En bref

  • Ça s’est passé il y a 100 ans : création de Háry János de Zoltán Kodály

    16 octobre 2026
  • Les brèves d’octobre –

    14 octobre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

    7 octobre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Dorian dans Le Chevalier de Saint-George enfin de retour en son royaume, à Versailles
  • Erwann Beracourt dans À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans la confusion des genres
  • Hugues Rameau dans Le Chevalier de Saint-George enfin de retour en son royaume, à Versailles
  • Stéphane Lelièvre dans Le Chevalier de Saint-George enfin de retour en son royaume, à Versailles
  • Dorian dans Le Chevalier de Saint-George enfin de retour en son royaume, à Versailles

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Le Chevalier de Saint-George enfin de...

16 octobre 2026

Chronique d’un féminicide annoncé : l’Opéra de...

16 octobre 2026

Roméo et Juliette à La Monnaie...

14 octobre 2026