À la une
Entretien – Pier Luigi Pizzi : « Verdi est le paradigme de...
Intervista – Pier Luigi Pizzi : « Verdi è il paradigma...
Livre – Le Voyage dans la Lune, d’après l’œuvre de...
Les brèves de janvier –
Maggio Musicale Fiorentino : une belle réussite pour Tosca avec...
Maggio Musicale Fiorentino: un buon successo per Tosca con Chiara...
Se préparer à La Passagère, Opéra national Capitole de Toulouse,...
CD – Fra l’ombre e gl’orrori : un siècle de musique...
Spectacle Bernstein à Massy Anatomies de l’amour : Lenny Tender
La bouleversante Butterfly d’Asmik Grigorian à Berlin
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduVu pour vousConcert

Seine Musicale – Fascinant Requiem de Mozart !

par Marc Dumont 22 novembre 2024
par Marc Dumont 22 novembre 2024
Photo : La Seine Musicale
0 commentaires 2FacebookTwitterPinterestEmail
1,1K

La Seine Musicale aime le Requiem de Mozart et l’accueille fréquemment, de la vision onirique de Bartabas dirigée par Marc Minkowski à celle, chorégraphiée sur la partition inachevée, de Laurence Equilbey. Ce dimanche, c’est le chef tchèque Vaclav Luks qui était l’officiant inspiré. En France, on le sait depuis une vingtaine d’années, son Collegium 1704 est un ensemble baroque qui compte en Europe. Il va d’ailleurs fêter l’an prochain ses trente-cinq années d’existence. Avec un engagement de tous les instants et une attention à chaque départ, chaque inflexion, Vaclav Luks a électrisé les deux œuvres au programme.

 Son idée de faire débuter le concert par le Miserere en ut mineur de Zelenka fait mouche. Composé en 1738, dans le bouillonnement musical de la ville de Dresde, ce Miserere étonne par son écriture. La tension extrême qui habite le début de la partition est d’une force dramatique d’une rare modernité, menée avec une urgence dont le chef ne se départira pas durant toute la soirée. Il y a de la violence dans cet appel désespéré, avec ces cordes graves jouant col legno et ce chœur investi, attentif aux mots qu’il projette avec une force impressionnante. Cela fait des années que Vaclav Luks creuse les œuvres de Zelenka, compositeur avec lequel il a de multiples affinités – cela s’entend dans ses fugues brillantes menées avec fougue, comme dans le tendre Gloria chanté subtilement par le joli timbre d’une soprano soliste sortie du chœur. Les deux hautboïstes et le bassoniste ajoutaient au plaisir musical. Puis ce fut le temps pour l’orchestre de s’accorder – ce qui était nécessaire – et pour quelques autres instruments de le rejoindre, à l’étonnement de nombreux spectateurs qui s’interrogeaient sur ces étranges clarinettes recourbées, ces deux clarinettes de basset que Mozart réclame pour son Requiem.

 Bénéficiant d’un orchestre excellent (mention spéciale pour les cuivres, les vents, les cordes graves, le timbalier) et d’un chœur où l’on souhaiterait un peu plus de puissance chez les différents pupitres, Vaclav Luks dirigeait un quatuor de solistes inégal. Le ténor Krystian Adam s’imposait avec vaillance et nuances. La basse Krešimir Stražanac nuançait aussi beaucoup avec une parfaite articulation du texte, cachant ainsi un certain manque d’ampleur dans la voix. Musical, le beau timbre d’alto de Margherita Sala, manquait toutefois de profondeur. Enfin la voix blanche de la soprano Veronika Rovná s’accordait peu avec les trois autres solistes. Mais la direction du chef inspirait à tous les musiciens une écoute mutuelle entre chacun des pupitres.

D’emblée, un climat s’installe, fait de recueillement et de plénitude. Le chef empoigne la partition, enflamme le Dies Irae, exalte la violence du Rex tremendae. Le Recordare est pris dans un tempo rapide, le Confutatis, voyant se succéder les limites de la brutalité et la recherche du diaphane, de l’aérien, malgré un certain manque de mystère. Mais le Lacrymosa fut de toute beauté, au son des clarinettes idoines, avant un Libera me où la mise en valeur des contrebasses donnait un relief saisissant. Un Hostias en demi-teinte, un Agnus dei à la tension palpable et ces derniers mots, admirablement fugués, du Cum sanctis tuis… C’est un vrai souffle qui portait cette interprétation de haut vol, creusant tous les aspects de ce fascinant Requiem.

Photo Marc Dumont
Les artistes

Veronika Rovná, soprano
Margherita Sala, alto
Krystian Adam, ténor
Krešimir Stražanac, basse

Collegium 1704, dir. Vaclav Luks

Le programme

Zelenka, Miserere en ut mineur
Mozart,
Requiem

Seine Musicale (Paris) concert du 17 novembre 2024.

image_printImprimer
0 commentaires 2 FacebookTwitterPinterestEmail
Marc Dumont

Passionné par l’Histoire et la Musique, Marc Dumont a présenté des centaines de concerts et animé de multiples émissions à Radio France de 1985 à 2014. Il se consacre à des conférences et animations, rédige actuellement un livre où Musiques et Histoire se croisent sans cesse, et propose des « Invitations aux Voyages », qui sont des rencontres autour de deux invités, en vidéo.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
CD –  « Testamento » de Monteverdi : Vespro della Madonna par Vincent Dumestre et le Poème harmonique
prochain post
Chorégies d’Orange 2025 : Il trovatore et La forza del destino en version de concert – avec « les deux Anna » dans les deux Leonora !

Vous allez aussi aimer...

Maggio Musicale Fiorentino : une belle réussite pour...

14 janvier 2026

Maggio Musicale Fiorentino: un buon successo per Tosca...

14 janvier 2026

Spectacle Bernstein à Massy Anatomies de l’amour :...

12 janvier 2026

La bouleversante Butterfly d’Asmik Grigorian à Berlin

12 janvier 2026

« Héroïnes de l’Opéra français » : nouveau triomphe de l’Orchestre...

12 janvier 2026

Au Théâtre des Champs-Élysées, les débuts parisiens de...

10 janvier 2026

Glamour, gloire et beauté : Sonya Yoncheva au TCE

9 janvier 2026

Falstaff à Montpellier. Les femmes s’inventent.

9 janvier 2026

L’Oratorio de Noël à Athènes : Noël à...

9 janvier 2026

Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Evelyn Lear

8 janvier 2026

Humeurs

  • À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant

    3 janvier 2026

En bref

  • Les brèves de janvier –

    14 janvier 2026
  • Ça s’est passé il y a 200 ans
    Création d’ALAHOR IN GRANATA de Donizetti

    7 janvier 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Bonne année 2026 !

    1 janvier 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Lelievre Stephane dans À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant
  • Pasquale de rosa dans Libro – Marina Mayrhofer : Ombre in scena. Drammaturgia delle scene d’ombra nel teatro musicale europeo tra Sette e Ottocento
  • Boudou Frederic dans À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant
  • Marquis Lionel dans CRISE À LA FENICE : L’OPÉRA ITALIEN SOUS TENSION POLITIQUE
  • Fabrice del Dongo dans Glamour, gloire et beauté : Sonya Yoncheva au TCE

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Maggio Musicale Fiorentino : une belle...

14 janvier 2026

Maggio Musicale Fiorentino: un buon successo...

14 janvier 2026

Spectacle Bernstein à Massy Anatomies de...

12 janvier 2026