À la une
PAATA BURCHULADZE : quatre mois déjà
SIMON BOCCANEGRA revient dans les lieux de sa création dans...
Bon sang ne saurait mentir – Les Dessay-Naouri, un Broadway Family...
Les brèves de février –
Les opéras du monde –Sydney, un opéra toutes voiles dehors !
Se préparer à Benvenuto Cellini, Monnaie de Bruxelles, 28 janvier...
La Clémence de Titus à Nice, une sacrée salade
8ᵉ Concours Voix des Outre-mer : le talent et l’enthousiasme en...
Sur la scène de l’Opéra de Nancy, les Carmélites de...
Parme, Orfeo ed Euridice – Humain, trop humain : un...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Vu pour vousConcert

CARMEN au Théâtre des Champs-Élysées. Elle a tout d’une grande

par Romaric HUBERT 24 octobre 2023
par Romaric HUBERT 24 octobre 2023
Marina Viotti © David Ruanoquer
Marina Viotti © David Ruanoquer
0 commentaires 3FacebookTwitterPinterestEmail
3,3K

Carmen, en version de concert, un dimanche après-midi, on ne savait à quoi s’attendre. Avouons tout de même que nous spéculions sur un joli, un bon, un charmant moment de musique en compagnie des tubes de Bizet. Le spéculateur mal averti en aura pris pour son grade. Ce fut un grand moment de théâtre, de chant et de vérité des mots et, surtout, la naissance d’une grande Carmen, Marina Viotti.

Récente Cenerentola un rien bridée dans ce même Théâtre des Champs-Élysées, Marina Viotti est déjà une magnifique Carmen. Pourquoi déjà ? Parce que les conditions de cette prise de rôle n‘étaient pas forcément idéales. La mezzo-soprano remplace Marianne Crebassa initialement prévue mais aussi Deepa Johnny, la Carmen des représentations en version scénique à l’Opéra de Rouen en septembre dernier avec la même équipe musicale présente ici. Peu de répétitions donc pour une œuvre qui réclame plus que quelques réglages même pour une version de concert, des partenaires nouveaux avec qui échanger, jouer, vivre et mourir et une partition qu’on devine encore un peu « fraiche » et pourtant, Carmen est là, naturelle, charmeuse, sensible, spirituelle et fine. Rien de vulgaire, juste un savant mélange de pudeur et de volonté qui ne laisse de trotter dans votre esprit bien après la fin du concert.
Ajoutons à cela une science des mots, des couleurs et du texte alliée à une voix claire, précise et nuancée et le portait semble presque exemplaire et unique. Presque puisque Marina Viotti devrait gagner en liberté lorsque la partition lui sera plus totalement familière. On lui souhaite surtout de garder cette fraîcheur qui fait tout le charme de sa Carmen. Ajoutons que c’est toujours un plaisir pour les oreilles quand une chanteuse aguerrie à Rossini s’empare des notes de Bizet et rend justice aux rythmes, appogiatures et vocalises écrites par le compositeur. Marina Viotti, fine musicienne, n’hésite pas non plus à imposer à l’orchestre sa vision des tempi, ce qui nous vaudra une Chanson bohème fort bien construite et enlevée.

A ses côtés, Stanislas de Barbeyrac est un Don José du feu de Dieu. Dès sa première entrée, on sent que son brigadier n’a pas l’amour facile et que tomber sous son charme n’augure pas vraiment du meilleur. Le ténor partage avec Marina Viotti ce talent de diseur qui fait que chaque mot porte son juste poids. Sa voix sombre et puissante, n’hésitant jamais devant quelques allègements de la ligne, se joue avec talent des difficultés de ce rôle redoutable. Y a-t-il eu quelques tensions vocales ? Nous n’y avons vu que du théâtre. Son air de la fleur soulève les applaudissements. Pour une grande Carmen, il fallait bien un grand Don José et, ce soir, il était bien là, immensément là.

Jérôme Boutillier est un Escamillo à la hauteur de ce duo unique. Son toréador aux phrasés variés n’oublie jamais de « faire » de la musique. Le charme opère ici autant par la voix que par l’esprit et c’est une réussite. En Frasquita et Mercédès, Faustine de Monès et Floriane Hasler sont piquantes et émouvantes juste ce qu’il faut, les aigus rayonnants de la première rivalisant avec bonheur avec la rondeur de voix de la seconde. Florent Karrer et Thomas Morris sont des Dancaïre et Remendado sympathiques et efficaces. Nicolas Brooymans  est un Zuniga bien présent mais un rien monolithique face au Moralès séduisant et nuancé de Yoann Dubruque.  La Micaëla de Iulia Maria Dan, quant à elle, interroge quelque peu. La voix de la soprano, puissante et projetée, ne manque pas d’attraits, mais son beau travail sur la longueur de souffle éclipse parfois les mots et le sens du texte. Les habits de la jeune villageoise semblent un rien étroits pour elle, même si sa prestation rencontre un beau succès à l’applaudimètre.

L’Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie s’est révélé en grande forme, précis et nuancé. A sa tête, Ben Glassberg a fait montre de choix de tempi judicieux même si des phrasés un peu plus longs et chantants n’auraient pas été pour nous déplaire. Quelques transitions sur des œufs n’entachent en rien la qualité de la réalisation musicale. Le Chœur Accentus / Opéra de Rouen Normandie préparé par Christophe Grapperon est toujours exemplaire de diction et de nuances. Seule sa disposition scénique étonne et nuit à la puissance de la masse chorale. La douzaine de membres de la Maîtrise du Conservatoire à rayonnement régional de Rouen  est précise et gouailleuse même si un petit passage par l’avant-scène aurait pu les mettre plus en valeur.

Qui dit version de concert aurait pu dire mise en espace. Que nenni ce soir. Juste quelques entrées bien réglées, une fleur rouge dans les cheveux de Carmen, un manteau sur sa robe, des Mercédès et Frasquita joliment colorées, un Escamillo en frac et un Don José jouant de sa veste de smoking. Rien de plus et c’était bien suffisant pour faire de cette version de concert une grande Carmen.

 

Retrouvez les interprètes de cette Carmen en interview !

  • Marina Viotti
  • Stanislas de Barbeyrac
  • Jérôme Boutillier

A lire :
Gabrielle Halpern, Marina Viotti : Et si le monde était un opéra ? La philosophe et la chanteuse (Editions de l’Aube)

France Musique diffuse ce concert le 04 novembre à 20h (Samedi à l’Opéra présenté par Judith Chaine).

Les artistes

Carmen :  Marina Viotti 
Don José :  Stanislas de Barbeyrac 
Micaëla :  Iulia Maria Dan
Escamillo : Jérôme Boutillier 
Frasquita :  Faustine de Monès
Mercédès :  Floriane Hasler
Le Remendado : Thomas Morris
Le Dancaïre :  Florent Karrer
Zuniga :  Nicolas Brooymans
Moralès :  Yoann Dubruque

Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie, Chœur accentus / Opéra de Rouen et Maîtrise du Conservatoire à rayonnement régional de Rouen, dir. Ben Glassberg

Le programme

Carmen
Opéra-comique en quatre actes de Georges Bizet, livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy d’après le roman de Prosper Mérimée. Créé le 3 mars 1875 à l’Opéra-Comique, à Paris.

Théâtre des Champs-Élysées, dimanche 22 octobre 2023 – 17h00

image_printImprimer
Marina ViottiBizetCarmenJérome BoutillierStanislas de Barbeyrac
0 commentaires 3 FacebookTwitterPinterestEmail
Romaric HUBERT

Licencié en musicologie, Romaric Hubert a suivi des études d’orgue, de piano, de saxophone et de chant. Il a chanté dans plusieurs chœurs réputés, ou encore en tant que soliste. Il est titulaire d’une certification qualifiante professionnelle d’animateur radio délivrée par l’Institut National de l’Audiovisuel, et a fait ses premiers pas au micro sur France Musique. Il a fondé la compagnie Les Papillons Electriques avec sa complice Jeanne-Sarah Deledicq et est co-créateur du site Première loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
L’impérial Giulietta e Romeo de Zingarelli à Versailles
prochain post
HAMLET de Faccio (1865) : « Entrer ou ne pas entrer au répertoire ? » Telle est la question…

Vous allez aussi aimer...

SIMON BOCCANEGRA revient dans les lieux de sa...

2 février 2026

Bon sang ne saurait mentir – Les Dessay-Naouri, un...

2 février 2026

Les brèves de février –

1 février 2026

La Clémence de Titus à Nice, une sacrée...

31 janvier 2026

8ᵉ Concours Voix des Outre-mer : le talent et...

31 janvier 2026

Sur la scène de l’Opéra de Nancy, les...

31 janvier 2026

Parme, Orfeo ed Euridice – Humain, trop humain...

31 janvier 2026

Le Vaisseau fantôme à Rouen : de l’errance à...

30 janvier 2026

Philharmonie : Le Paradis et la Péri par Philippe...

29 janvier 2026

Sabine Devieilhe et Mathieu Pordoy à Bordeaux, un...

28 janvier 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : quatre mois déjà

    2 février 2026

En bref

  • Les brèves de janvier –

    28 janvier 2026
  • Ça s’est passé il y a 200 ans
    Création d’ALAHOR IN GRANATA de Donizetti

    7 janvier 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Bonne année 2026 !

    1 janvier 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Bennett dans La Clémence de Titus à Nice, une sacrée salade
  • Stéphane Lelièvre dans ERMIONE, Rossini (1819) – dossier
  • Stéphane Lelièvre dans In memoriam – JEAN-PIERRE MARTY (1932-2024)
  • LAVIGNE Jean-François dans Le Miracle d’Héliane à Strasbourg : le miracle et l’épure
  • Vinson dans ERMIONE, Rossini (1819) – dossier

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

SIMON BOCCANEGRA revient dans les lieux...

2 février 2026

Bon sang ne saurait mentir – Les...

2 février 2026

Les brèves de février –

1 février 2026