À la une
Ça s’est passé il y a 100 ans : création de...
CD – O weh ! La terreur et la beauté
« Il était une fois… » SIEGFRIED par Yannick Nézet-Séguin
CD – Charles Silver ou le charme retrouvé de la...
In memoriam : Michael Tilson Thomas
CD Reines, un opéra imaginaire aux multiples découvertes
Samuel Hasselhorn chante Schubert et l’Espoir salle Cortot
Roberto Devereux à Bologne : Et j’ai vu pleurer l’enfant de...
In memoriam – Pierre Strosser (1943-2026)
Il aurait 100 ans aujourd’hui : XAVIER DEPRAZ
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduVu pour vousConcert

Les festivals de l’été –
Au Nouveau Festival Radio-France Occitanie, dernier concert de Michael Schonwandt à la tête de l’Orchestre national de Montpellier

par Sabine Teulon Lardic 23 juillet 2023
par Sabine Teulon Lardic 23 juillet 2023

© Marc Ginot

© Marc Ginot

© Marc Ginot

© Marc Ginot

© Marc Ginot

© Marc Ginot

0 commentaires 7FacebookTwitterPinterestEmail
3,K

Au Nouveau festival Radio-France Occitanie, le public manifeste son émotion aux applaudissements de Pelléas et Mélisande de Schönberg, conduit par Michael Schønwandt, chef principal de l’Orchestre national de Montpellier. C’est son dernier concert en tant que chef principal de la formation languedocienne. Entre temps, Les Nuits d’été avec Karine Deshayes ont conquis l’auditoire.

Le programme Hornemann, Berlioz, Schönberg

« Sous le signe de la jeunesse », thématique 2023 du Festival, ce programme juxtapose des pièces de jeunes compositeurs … du XIXe siècle ! Depuis le romantisme danois de Christian Frederik Emil Horneman jusqu’au postromantisme viennois d’A. Schönberg, la fougue est palpable bien que les langages diffèrent. Créée en 1866, l’ouverture de concert Aladdin surprend par le fractionnement de sections contrastées, frémissantes ou bien somptueuses, propres à éveiller l’imaginaire par le titre allusif aux Mille et une nuits. Elle deviendra celle de l’opéra danois Aladdin en 1888 (voir la critique du CD, distingué par l’Appassionato Première Loge). Les textures de l’orchestre sont plutôt chambristes dans l’interprétation des Nuits d’été de Berlioz, ménageant ainsi la poésie de Théophile Gautier.

Quant au poème symphonique Pelléas et Mélisande (1905) de Schönberg, son infinitude évoque le symbolisme du drame de Maurice Materlinck. En 1905, ce poème clôture le cycle d’œuvres musicales qu’il a inspiré : le drame de Debussy, les musiques de Sibelius, de Fauré. Ici, ce sont les atouts post-wagnériens (on entend des effluves tristanesques) et straussiens qui affleurent sous la direction fouillée de Michael Schønwandt : tensions harmoniques, densification du tissu orchestral, paroxysme des éclats. Si le continuum sonore est conduit sans répit, l’enchainement des mouvements laisse rêver l’auditeur qui connaitrait les étapes du drame. Notamment la 3e partie qui suggère le crime de Golaud (frère de Pelléas) dans les souterrains, ou encore la réexposition qui scelle l’apaisement passionnel avec la mort de la douce Mélisande. Pour tout autre auditeur, ce rassemblement d’une centaine de musiciens sur le plateau de l’Opéra Berlioz est une fête des sens. La prédilection pour le sombre registre grave – soli des 8 cors, des 5 trombones et tuba, du contrebasson, enfin des contrebasses (avec quelques soucis de justesse) – est éloquente.

Karine Deshayes et les couleurs berlioziennes

En fin de première partie, Les Nuits d’été de Berlioz forment la parenthèse du raffinement français tant la quintessence poétique est subtilement distillée par la mezzo soprano Karine Deshayes. La version avec orchestre (1856) amplifie les coloris du cycle de six mélodies, conçu pour voix et piano par le jeune Hector à 27 ans. Aussi, le parti pris du chef d’orchestre et de la mezzo semble d’unir les couleurs vocales à celles que Berlioz sélectionne pour chacune. La flûte solo préfigure la juvénile élégance vocale de la Villanelle, les cors bercent douloureusement le lamento Sur les lagunes, avant l’exclamation douloureuse («  Ah sans amour s’en aller sur la mer ») que l’artiste lyrique conduit avec un lyrisme contenu, elle qui a travaillé jeune auprès de Régine Crespin. La diction de Karine Deshayes est un modèle de naturel et de pureté, magnifiée lors de la dernière mélodie, L’Île inconnue. La souplesse vocale y paraît libérée des contraintes (quelques graves incertains dans Absence) et enchante l’auditoire qui acclame l’artiste.

À l’issue du concert, Michael Schønwandt est gratifié de la médaille de citoyen d’honneur de la Ville de Montpellier, offerte par le maire de la métropole (M. Delafosse), en présence des tutelles respectives de l’OOnM et du Nouveau festival Radio-France Occitanie (V. Chevalier, M. Orier). Le public est debout !

Pour aller plus loin …

  • Portrait de Michael Schønwandt ;
  • Interview de Michael Schønwandt et de Cyrielle Ndjiki Nya sur France Musique ce 21 juillet 2023 ;
  • Notre recension de l’album cd de l’opéra Aladdin d’Hornemann.
Les artistes

Karine Deshayes, mezzo soprano
Orchestre national de Montpellier, dir. Michael Schønwandt

Le programme

C. F. E. Hornemann, Aladdin, ouverture de concert
Hector Berlioz, Nuits d’été sur les poésies de Théophile Gautier 
Arnold Schönberg, Pelléas et Mélisande, poème symphonique op. 5.

Montpellier, Le Corum, Opéra Berlioz, concert du vendredi 21 juillet 2023.

image_printImprimer
Karine DeshayesMichael Schønwandt
0 commentaires 7 FacebookTwitterPinterestEmail
Sabine Teulon Lardic

Sabine Teulon Lardic est chercheure à l'université de Montpellier 3. Spécialiste de l'opéra-comique du XIXe siècle et des spectacles lyriques dans les Théâtres de plein air (XIXe-XXIe siècles), elle a collaboré aux volumes collectifs de Carmen Abroad (Cambridge Press), The Oxford Handbook of the Operatic Canon (Oxford Press), Histoire de l'opéra français, t.3 (Fayard, 2022). Elle signe également des articles pour les programmes de salle (Opéra-Comique, Opéra de Montpellier) ou la collection CD du Palazzetto Bru Zane.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Un danois à Montpellier : Michael Schønwandt
prochain post
75e FESTIVAL D’AIX-EN-PROVENCE : un bilan plus que positif

Vous allez aussi aimer...

« Il était une fois… » SIEGFRIED par Yannick Nézet-Séguin

24 avril 2026

Samuel Hasselhorn chante Schubert et l’Espoir salle Cortot

22 avril 2026

Roberto Devereux à Bologne : Et j’ai vu pleurer...

22 avril 2026

Heaven ! I mean heaven… avec Top Hat au...

21 avril 2026

The Death of Klinghoffer  : une œuvre contemporaine...

20 avril 2026

Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »

20 avril 2026

La Route fleurie, une nouvelle production pétillante à...

19 avril 2026

Versailles : dans la lumière de Castor et Pollux

18 avril 2026

Arènes de Vérone : l’été lyrique 2026

18 avril 2026

Les rares Béatitudes de César Franck à la...

15 avril 2026

Humeurs

  • Découverte vocale : la contralto ukrainienne VANDA KOZUB

    17 avril 2026

En bref

  • Ça s’est passé il y a 100 ans : création de la TURANDOT de Puccini

    25 avril 2026
  • Les brèves d’avril – Tempête au San Carlo de Naples !

    17 avril 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’authenticité en musique : un idéal introuvable ?

    3 avril 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • François Desbouvries dans Roberto Devereux à Bologne : Et j’ai vu pleurer l’enfant de Bergame
  • A. Gautier dans Roberto Devereux à Bologne : Et j’ai vu pleurer l’enfant de Bergame
  • Un nouveau fruit discographique de l’année-anniversaire 2025 d’Alessandro Scarlatti (1660 – 1725) : le CD Aparté AP428 « Vieni, O Notte » de Francesca Aspromonte, Boris Begelman et l’ensemble Arsenale Sonoro… - En cherchant bien dans CD – Francesca Aspromonte, reine de la nuit
  • Stéphane Lelièvre dans Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »
  • Yajure Jonas dans Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

« Il était une fois… » SIEGFRIED par...

24 avril 2026

Samuel Hasselhorn chante Schubert et l’Espoir...

22 avril 2026

Roberto Devereux à Bologne : Et j’ai...

22 avril 2026