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Se préparer à LA RONDINE, Théâtre des Champs-Élysées, 19 novembre 2026

par Stéphane Lelièvre 15 juillet 2026
par Stéphane Lelièvre 15 juillet 2026
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Commedia lirica en 3 tableaux de Puccini, livret de Giuseppe Adami, créée le 27 mars 1917 à l'Opéra de Monte-Carlo

Théâtre des Champs-Élysées , jeudi 19 novembre 2026

Les auteurs

Le compositeur

Giacomo Puccini , 08 avril 1908

Giacomo Puccini (1858-1924)

Giacomo Puccini naît à Lucques dans une famille de musiciens en 1858. Élève de Ponchielli, il connaît son premier grand succès avec Manon Lescaut (1893), et se consacre dès lors presque exclusivement à l’opéra. Après Manon Lescaut, il compose La Bohème (1896), Tosca (1900) et Madama Butterfly (1904) qui remportent un immense succès et jouissent toujours aujourd’hui d’une très grande popularité. Outre ces ouvrages, il fait aussi représenter La Fanciulla del West (1910), et Il trittico (1918). Atteint d’un cancer de la gorge, il s’éteint à Bruxelles en 1924 avant d’avoir pu achever son ultime chef-d’œuvre : Turandot, créé de façon posthume en 1926. 

Malgré d’évidentes affinités avec d’autres compositeurs italiens du tournant du siècle, les musicologues refusent le plus souvent de le considérer comme appartenant au mouvement dit vériste, en raison des thèmes de ses livrets mais aussi d’une esthétique musicale très personnelle. Si l’on reproche parfois au musicien une certaine facilité, on oublie souvent qu’il suscita l’admiration de musicologues, musiciens ou compositeurs aussi aguerris et talentueux qu’Arnold Schoenberg (qui le considérait comme le plus grand harmoniste de son temps) ou René Leibowitz.

Le librettiste

Giuseppe Adami (1878-1946)

Écrivain mais aussi critique musical (pour La Sera), Giuseppe Adami est surtout connu en tant que librettiste : s’il écrivit des livrets pour Zandonai, Milè ou encore Caltabiano, c’est sa collaboration avec Puccini qui lui apporta la notoriété. Pour le compositeur lucquois, Adami écrivit les livrets de La rondine, Il tabarro et Turandot, en collaboration avec Renato Simoni. Sa grande proximité avec le musicien lui permit de publier un recueil de trente lettres inédites en 1928, de même que deux biographies : Puccini (1935) et Il Romanzo della vita di Giacomo Puccini (1942).

L’œuvre

La création

La création de La rondine, à l’Opéra de Monte-Carlo le 27 mars 1917, connaît un succès éclatant. L’œuvre était interprétée par une distribution prestigieuse (Gilda dalla Rizza en Magda, Tito Schipa en Ruggero), sous la direction de Gino Marinuzzi. À Milan en revanche (au Teatro del Verne en octobre 1917), c’est un échec, qui poussera Puccini à retravailler son œuvre et à en proposer une seconde version – suivie d’autres révisions. Si la démarche avait réussi à Madame Butterfly, elle ne parviendra pas à donner à La rondine la même notoriété que celle des grands chefs-d’œuvre pucciniens : La rondine reste rarement jouée (quelques reprises eurent lieu en 2017 pour célébrer les 100 ans de la création, à Toulouse ou à la Deutsche Oper de Berlin notamment). À Paris, elle fut donnée en 2005 au Théâtre du Châtelet, mais attend toujours d’être créée à l’Opéra. 

Le livret

Le livret, finalisé par Giuseppe Adami, fut imaginé par Alfred Maria Willner (librettiste du Comte du Luxembourg, Amour Tzigane et Frasquita pour Franz Lehár) et Heinz Reichert.

Nous sommes à Paris, sous le Second Empire.

Acte I
Magda de Civry (soprano) est une femme célèbre pour sa beauté et l’argent qu’elle obtient d’un riche protecteur : le banquier Rambaldo (baryton). Dans le salon de Magda, le poète Prunier (ténor) chante le nouvel amour à la mode : l’ « amour romantique », dans une chanson , « Chi il bel sogno di Doretta » (l’histoire d’une jeune fille préférant un amour sincère à tout l’or offert par un roi) dont la fin lui échappe mais que Magda termine elle-même. Prunier lit dans les lignes de la main de Magda, et lui prédit qu’elle s’apprête elle aussi à vivre un amour romantique : elle « volera comme une hirondelle jusqu’à la mer », avant de revenir au nid…
Alors que Prunier fait la cour à Lisette, la femme de chambre (soprano), entre un étudiant de province désargenté, Ruggero (ténor). Venu s’étourdir à Paris , il demande aux invités une adresse où il lui serait agréable de passer la soirée. Tous lui recommandent le Bullier, une salle de danse à la mode. Magda s’éprend aussitôt du jeune homme : elle décide de se rendre elle-même au Bullier, déguisée en grisette.

Acte II
Au Bullier, Magda retrouve Ruggero, mais aussi Prunier et Lisette qui ont également décidé d’y passer la soirée. Magda et le jeune homme valsent ensemble et s’éprennent très vite l’un de l’autre : la jeune femme décide de rompre avec le banquier Rambaldo.

Acte III
Le couple d’amoureux se rend sur la Côte d’Azur, où Magda essaie d’oublier son ancienne vie de femme entretenue et de vivre pleinement la passion romantique que le poète Prunier lui avait prédite. Mais Ruggero, follement épris de la jeune femme, la demande en mariage et va jusqu’à écrire à sa mère pour obtenir son consentement. Magda prend peur : elle se rappelle son passé… Lisette, qui a un temps caressé l’espoir de devenir cantatrice à l’Opéra de Nice, revient auprès de Magda en tant que femme de chambre ; et Magda reçoit un message du banquier Rambaldo qui se dit prêt à pardonner à la jeune femme… Magda révèle alors son passé à Ruggero et préfère le quitter pour retourner aux plaisirs faciles de son ancienne vie, laissant le jeune homme désespéré.

La partition

La rondine est parfois  considérée comme une œuvre assez mineure du compositeur, y compris par les pucciniens les plus convaincus. Si l’œuvre devait être à l’origine une opérette, elle présente in fine une alternance de moments légers et badins et de scènes plus dramatiques, liées au statut de l’héroïne, une courtisane qui, à l’instar de Violetta, caresse un moment l’espoir de vivre un amour sincère. Mais contrairement à l’héroïne verdienne, elle renonce à l’amour qui se présente à elle sous les traits du beau Ruggero, et décide de retourner à sa vie passée. L’image idéalisée de cet amour pur et « romantique » est évoquée dans le très célèbre « Chi il bel sogno di Doretta » du premier acte, air entonné par le poète Prunier au premier acte et repris par l’héroïne.

« Chi il bel sogno di Doretta », version "Prunier" (Pavel Petrov) - Latvian National Opera and Ballet (2018)...
... et version "Magda" (Angela Gheorghiu) - Paolo Olmi · Radio Filharmonisch Orkest, Amsterdam (2021)

Si le « Songe de Doretta » est le morceau de l’œuvre resté le plus célèbre, La rondine n’en comporte pas moins d’autres pages intéressantes : l’air de Ruggero au premier acte dans lequel le ténor vante les charmes de Paris (« Parigi! È la città dei desideri ») ;  le duo entre Prunier et Lisette au premier acte (« T’amo! – Menti! ») ; la rencontre entre Magda et Ruggero au Bullier (« Scusatemi… Scusate… ma fu per liberarmi di loro, »), finement décrite et qui culmine dans le séduisant « Bevo al tuo fresco sorriso » ; leur séparation à la fin du troisième acte : « Ma come puoi lasciarmi se mi struggo in pianto… »

Parigi! È la città dei desideri" (Leonardo Capalbo, Minnesota Opera)
"Ma come puoi lasciarmi" (Celine Byrne & Leonardo Capalbo, Minnesota Opera)

Notre sélection pour voir et écouter l'œuvre

LP et CD

Francesco Molinari-Pradelli  / Anna Moffo, Daniele Barioni – RCA (1966)

Gianluigi Gelmetti / Cecilia Gasdia, Alberto Cupido – Fonit Cetra Records (1981)

Lorin Maazel / Kiri Te Kanawa, Placido Domingo – CBS Masterworks (1983)

Antonio Pappano   / Angela Gheorghiu, Roberto Alagna – EMI Classics (1997)

Ivan Repusic / Elena Mosuc, Yosep Kang – CPO (2017)

DVD et Blu-ray

Carlo Rizzi ; Graham Vick / Fedora Cedolins, Fernando Portari – Venise (Arthaus, 2008)

Emmanuel Villaume ; Marta Domingo / Ainhoa Arteta, Marcus Haddock – Washington (Decca, 2009)

Nicolas Joël ; Marco Armiliato / Angela Gheorghiu, Roberto Alagna – New York (Warner Classics, 2010)

Streaming

Vincenzo Bellezza ; Enrico Colosimo / Rosanna Carteri, Giuseppe Gismondo - Naples (1958) - sous-titres italiens
Emmanuel Villaume ; Marta Domingo / Ainhoa Arteta, Marcus Haddock - Washington (2009) - sous-titres anglais
Marco Armiliato ; Nicolas Joël / Angela Gheorghiu, Roberto Alagna - San Francisco (2009) sous-titres espagnols
Valerio Galli ; Denis Krief / Ekaterina Bakanova, Matteo Desole - Florence (2017) - sous-titres italiens

Les artistes de la production du T.C.E.

Le chef

Roberto KALB

Né au Mexique, Roberto Kalb s’est formé à l’Université du Michigan ainsi qu’au Conservatoire de musique de San Francisco. Il occupe aujourd’hui le poste de directeur musical du Detroit Opera.
Il a déjà dirigé au Metropolitan Opera de New York (La bohème), au Lyric Opera of Chicago (El Último Sueño de Frida y Diego), à Kansas City (Madama Butterfly), à l’Atlanta Opera (Siegfried, Götterdämmerung), au Houston Grand Opera (West Side Story), au Detroit Opera (La traviata, Rinaldo). 

En Europe, on a pu notamment l’applaudit à Stuttgart (Carmen). En 2026, le Théâtre des Champs-Élysées (Paris) l’engage pour La rondine.
En 2021, Roberto Kalb a reçu le Solti Foundation U.S. Career Assistance Award.

Roberto Kalb dirige l'Orchestre Symphonique de Chicago dans le Prélude de Tristan un Isolde

Les chanteurs

© Simon Fowler and Parlophone records Ltd

PENE PATI,  Ruggero Lastouc (ténor)

En quelques années, Pene Pati est devenu l’un des ténors les plus recherchés de la scène lyrique. Natif de l’archipel de Samoa, Pene Pati remporte le deuxième prix et le prix du public du Concours Operalia-Placido Domingo 2015, le deuxième prix du Concours Neue Stimmen et le prestigieux prix Bel Canto Joan Sutherland et Richard Bonynge.

Il débute en 2017 dans le rôle du Duc de Mantoue (Rigoletto). Il fait ensuite très forte impression à l’Opéra de Bordeaux, d’abord en Lord Percy (Anna Bolena) puis dans le rôle-titre de Roméo et Juliette aux côtés de Nadine Sierra, un rôle qu’il reprend triomphalement  à l’Opéra-Comique en 2022. Lors de la même saison, il remporte également un énorme succès en Nemorino de L’Elixir d’amour à l’Opéra Bastille. Il chante Rodolfo de La bohème à Paris au TCE en juin 2023, et l’Opéra de Paris l’invite à participer à la nouvelle production de Beatrice di Tenda en février 2024. En 2025, il fait ses débuts au Festival de Salzbourg, dans Elias puis Mitridate. 
Pene Pati a fait paraître un premier album paru en 2022 (avec l’Orchestre National de Bordeaux-Aquitaine dirigé par Emmanuel Villaume) chez Warner Classics, très favorablement accueilli par la critique.

Retrouvez Pene Pati en interview ici !

L’Elisir d’amore, "Una furtiva lagrima"
© Simon Pauly

Mané GALOYAN, Magda (soprano)

D’origine arménienne, Mané Galoyan est lauréate de nombreux concours internationaux : elle a notamment remporté le second prix du concours Operalia 2021.
Son répertoire comporte des rôles belcantistes (Adina de L’elisir d’amore, Corinna du Viaggio a Reims) ou plus généralement italiens, avec en particulier Gilda et Violetta, deux rôles qui lui ont valu de grands succès. 

De Verdi, Mané Galoyan chante également Luisa Miller, abordé au Festival de Glyndebourne.  Mané Galoyan aborde également le répertoire russe avec La Dame de Pique (chantée au Metropolitan Opera de New York), français (le festival d’Aix-en-Provence l’engage en 2023 pour chanter Berthe dans Le Prophète de Meyerbeer) et allemand, avec Pamina de Die Zauberflöte (Deutsche Oper de Berlin).

La traviata, "Addio, del passato...", Dutch National Opera (2021)

Léo VERMOT-DESROCHES, Prunier (ténor)

Léo Vermot-Desroches se forme au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. En 2023, il reçoit le Deuxième Prix du concours Voix Nouvelles à l’Opéra Comique.
Son répertoire s’étend principalement de la période baroque aux romantismes français et italien. Il interprète ainsi les rôles de Manto dans Les Paladins, Lycas, Phérès, Alecton, Apollon dans Alceste de Lully, Tamino dans La Flûte Enchantée,  Don Ottavio dans Don Giovanni, Hoffmann dans Les Contes d’Hoffmann, Des Grieux dans Manon, Peppe dans Rita ou le Mari Battu, Malcolm dans Macbeth, Rodolfo dans La Bohème, Edgard dans Lucie de Lammermoor. I

l s’est notamment produit au Festival d’Aix-en-Provence, aux opéras de Nancy, Marseille, Tours, Avignon, à l’Opéra Comique ou encore au Festival de Salzbourg où il remplace à deux reprises Benjamin Bernheim dans le rôle-titre des Contes d’Hoffmann. En 2027, l’Opéra de Paris l’engage pour chanter le rôle-titre de Werther.

Les Contes d'Hoffmann, la Chanson de Kleinzach (demi-finale Voix Nouvelles 2023)

Déborah SALAZAR, Lisette (soprano)

D’origine franco-mexicaine, Déborah Salazar a obteunu son Artist Diploma à l’École Normale de Musique de Paris en 2017, puis son Postgraduate Diploma à l’International Opera Academy de Gand en 2019. Elle a fait partie des jeunes talents de l’Académie Jaroussky, au sein de la promotion Nadia et Lili Boulanger 2024/25 et de l’Académie de l’Opéra-Comique (promotion 2025/2026).

Son parcours est jalonné de distinctions internationales : trois prix spéciaux aux MET Council Auditions, le 3e Prix du Concours Bellan,  Premier Grand Prix du Concours International Vincenzo Bellini,… 

Sur scène, elle a incarné Violetta à l’Opéra de Bordeaux, Gretel à l’Opéra d’Avignon, Clarice dans Il Mondo della Luna à Metz, Alcina avec Opéra Nomade, ou encore le rôle-titre de Chimène ou le Cid de Sacchini avec la compagnie ARCAL. Elle s’est produite en concert à Vichy, Massy, Lille, Anvers, Gand, ainsi qu’au Armel Festival de Budapest et à la Folle Journée de Nantes, collaborant notamment avec l’Orchestre de la Suisse Romande.

La bohème, "Donde Lieta" (piano : Juliette Journaux) - 2022

Comptes rendus de spectacles

  • Festival de Gattières, juillet 2024
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pucciniPene PatiLéo Vermot-DesrochesMané GaloyanRoberto Kalb
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Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

2 commentaires

Repetto Robert 29 août 2025 - 15 h 47 min

Je ne cherche pas du tout à me démarquer de l’opinion courante, mais je trouve que « La Rondine » est un pur chef-d’œuvre, qui commence comme une comédie légère, presque un vaudeville, et finit en tragédie. La musique est toujours très belle, novatrice, follement séduisante, et certains airs airs n’ont rien à envier aux grands « tubes » pucciniens. Le personnage de Magda est particulièrement attachant. Il faut absolument découvrir « La Rondine », et lui rendre le rang qui lui convient.

Répondre
Stéphane Lelièvre 3 septembre 2025 - 9 h 57 min

Merci pour ce plaidoyer en faveur d’une oeuvre qui, quoi qu’il en soit, mériterait d’être bien plus présente sur nos scènes. S.L.

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