À la une
Ça s’est passé il y a 200 ans : mort Carl...
Alasdair Kent : « Le meilleur conseil pour un chanteur reste...
Alasdair Kent : « The best advice for a singer is...
Les brèves de juin –
La Cenerentola au Palais Garnier, ou comment s’enflammer encore pour...
Rencontre avec ANDREA SANGUINETI, maestro entre tradition et modernité
L’été des festivals : la parenthèse enchantée qu’attendent tous les...
ENFANCE : un concert du Chœur du COSU Obtenez des invitations...
CD – Carl Maria von Weber, l’esprit du romantisme allemand
Découvrir le pansori coréen à l’Opéra de Montpellier
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

En bref

UN GALA PUCCINI DU CENTENAIRE TRÈS MOUVEMENTÉ À LA SCALA !

par Hervé Casini 30 novembre 2024
par Hervé Casini 30 novembre 2024
Photo : Marco Brescia © Teatro alla Scala
5 commentaires 6FacebookTwitterPinterestEmail
3,K

La soirée de gala scaligère qui se jouait à guichet fermé, le 29 novembre, à l’occasion de l’anniversaire, le jour même, de la disparition de Giacomo Puccini, aura été largement empêchée par une grève surprise de l’orchestre et du chœur quelques minutes avant le lever de rideau… mais aura donné au directeur des lieux Dominique Meyer l’occasion d’une initiative dont on se souviendra dans les annales du théâtre pour sauver la soirée, et la mémoire du compositeur fêté !

C’est à vingt heures et quelques minutes, alors que la baguette du maestro Riccardo Chailly devait s’élever dans un théâtre Piermarini plein à craquer, que le surintendant général Dominique Meyer a dû se résigner à paraitre devant le rideau rouge mythique pour prendre la parole et expliquer au public – qui comptait nombre d’étrangers venus d’un peu partout dans le monde pour célébrer l’évènement – que le concert initialement prévu avec les forces scaligères au grand complet – chœur et orchestre – ne pourrait avoir lieu, compte tenu d’une grève dont, quelques minutes auparavant, personne a priori n’avait pu mesurer l’ampleur ni le suivi[i] ! On imagine la réaction du public et l’embarras du surintendant qui, pourtant, dans un italien parfait, prend alors ses responsabilités : « Si vous me laissez quelques instants, pendant que la Scala vous offrira un verre de Bellavista, nous allons vous proposer un autre concert ! Nous respectons le droit de grève mais nous avons pensé que cette autre forme du concert était indispensable par respect pour le public, venu ce soir en particulier de très loin, et également par respect pour Puccini ! ».

Brouhaha, applaudissements et puis, soudain, un cri : « Vergogna ! », parti de la salle sans que l’on sache bien à qui cette « Honte ! » s’adressait… avant qu’une partie des spectateurs ne s’achemine vers le Foyer et les coupettes de spumante offertes par le théâtre.

Ainsi soit-il. Quelques instants après, c’est devant un public survolté pour lequel le sens de la soirée ne changeait finalement guère – on était venu après tout pour célébrer Puccini… ! – que font leur apparition sur la scène les chanteurs initialement prévus, Anna Netrebko, Mariangela Sicilia et Jonas Kaufmann mais aussi Luciano Ganci – qui sera l’un des Alvaro dans quelques semaines dans La Forza del destino d’ouverture de la Scala – accompagnés au piano par le chef de chant répétiteur du théâtre James Vaughan.

Composé, pour partie, d’airs et duos incontournables extraits de Manon Lescaut, La bohème, Madama Butterfly, Tosca, La fanciulla del West, Gianni Schicchi, Turandot mais aussi, bienheureusement, de pages plus rares extraites de Le Villi, Edgar et La rondine, la soirée aura, pour beaucoup, permis d’entendre des voix glorieuses et consacrées au détriment de ce qui, pour partie, constitue l’une des caractéristiques propres au génie puccinien : la force de l’orchestre !

Pauvre cher Giacomo… qui, depuis la mauvaise surprise que lui avait réservée le public milanais le soir de la Première de Madama Butterfly, avait toujours gardé la dent dure contre la Scala…

——————————————————————-

[i] Il s’agissait d’une grève nationale pour le pouvoir d’achat et contre le « budget de rigueur » mis en place par le gouvernement de Giorgia Meloni. Quelques jours plus tôt (le 20 novembre), c’est la première de l’Otello qui devait ouvrir la saison de la Fenice qui avait dû être elee aussi annulée en raison d’une grève.

image_printImprimer
5 commentaires 6 FacebookTwitterPinterestEmail
Hervé Casini

Hervé Casini est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence, docteur en littérature française à Aix-Marseille Université et Secrétaire Général du Museon Arlaten (Musée d’ethnographie provençale). Collaborateur de diverses revues (Revue Marseille, Opérette-Théâtre Musical, Résonances Lyriques…), il anime un séminaire consacré au « Voyage lyrique à travers l’Europe (XIXe-XXe siècle) à l’Université d’Aix-Marseille et est régulièrement amené à collaborer avec des théâtres et associations lyriques dans le cadre de conférences et colloques.

5 commentaires

Marc Dumont 30 novembre 2024 - 19 h 26 min

Quelles étaient les raisons de cette grève ?

Répondre
Stéphane Lelièvre 1 décembre 2024 - 10 h 19 min

Il s’agissait d’une grève générale ayant affecté tout le pays, pour le pouvoir d’achat et contre le « budget de rigueur » du gouvernement de Giorgia Meloni.

Répondre
Hervé Casini 1 décembre 2024 - 10 h 25 min

A en lire la presse généraliste italienne, les deux organisations syndicales CGIL et UIL protestaient contre le tournant de plus en plus sensible de politique culturelle en Italie…mais c’est effectivement peu précis.
Par contre, a priori, depuis la veille où une grève nationale avait été particulièrement suivie en Italie, il était clair que la soirée scaligère était compromise ! D’ où la colère des organisations syndicales à constater la partie de bras de fer dans laquelle le surintendant général de la Scala a souhaité entrer…. jusqu’au dernier moment.

Répondre
AUGUSTE-CROUZILHAC 1 décembre 2024 - 10 h 10 min

Merci pour ce commentaire trés éclairant et bravo au surintendant qui a sû réagir devant un public , justement déçu , afin de leur offrir une soirée à la hauteur de leurs attentes .

Répondre
Hervé Casini 1 décembre 2024 - 10 h 31 min

…. effectivement, le plus triste est selon moi le CHOIX du moment pour ce préavis ( a priori bien déposé par les deux organisations syndicales) : le soir DU jour du centenaire du compositeur parmi ceux qui ont dû le plus permettre à l’ art lyrique d’ être popularisé à travers le monde et en Italie tout particulièrement, c’est contre productif !….
Celà ne remet pas en cause, loin de là, la légitimité d’une revendication dont nous constatons hélas de plus en plus, ici ou là, l’ impérieuse nécessité.

Répondre

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
NOËL ENCHANTÉ ! Une itinérance musicale solidaire par l’Ensemble Aedes et Mathieu Romano
prochain post
Les QUATRE DERNIERS LIEDER de Maria Agresta : une rencontre entre lumière et crépuscule de la plus belle intensité

Vous allez aussi aimer...

Les brèves de juin –

5 juin 2026

La vidéo du mois : Felicity Lott et...

1 juin 2026

Les brèves de mai –

29 mai 2026

Quand WHOOPI GOLDBERG affiche sa passion pour l’art...

15 mai 2026

Felicity Lott donne des nouvelles de sa santé

12 mai 2026

Sept ans de prison pour la basse Paata...

11 mai 2026

DEFIANT REQUIEM : Un Requiem de Verdi très particulier...

9 mai 2026

Les brèves d’avril – Rupture consommée entre la...

26 avril 2026

Ça s’est passé il y a 100 ans :...

25 avril 2026

Ça s’est passé il y a 200 ans...

12 avril 2026

Humeurs

  • Covent Garden et la Monnaie de Bruxelles solidaires de Paata Burchuladze

    14 mai 2026

En bref

  • Les brèves de juin –

    5 juin 2026
  • La vidéo du mois : Felicity Lott et Hermann Prey chantent Intermezzo

    1 juin 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’été des festivals : la parenthèse enchantée qu’attendent tous les lyricophiles !

    3 juin 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • André Dion dans In memoriam : Jean-Philippe COURTIS (1951-2026)
  • Sabine Teulon Lardic dans In memoriam : Jean-Philippe COURTIS (1951-2026)
  • George Brummell dans In memoriam : Jean-Philippe COURTIS (1951-2026)
  • Rossi dans Timothée Chalamet, ou la médiocrité tranquille
  • Marc Dumont dans Grand Amphithéâtre de la Sorbonne – Defiant Requiem, Verdi à Terezín : la bouleversante conclusion de l’hommage aux musiciens de Terezín

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Les brèves de juin –

5 juin 2026

La vidéo du mois : Felicity...

1 juin 2026

Les brèves de mai –

29 mai 2026