Bientôt l’été… et déjà s’ouvre cette parenthèse enchantée que les mélomanes attendent chaque année avec la même impatience : la saison des festivals d’opéra. Durant trois – voire quatre – mois, l’Europe entière devient une immense scène à ciel ouvert où se croisent toutes les esthétiques, tous les répertoires, toutes les visions du spectacle lyrique.
Bientôt l’été… et déjà s’ouvre cette parenthèse enchantée que les mélomanes attendent chaque année avec la même impatience : la saison des festivals d’opéra. Deux mois durant (au moins), l’Europe entière devient une immense scène à ciel ouvert où se croisent toutes les esthétiques, tous les répertoires, toutes les visions du spectacle lyrique.
Car il y en aura, cette année encore, pour tous les goûts — et (presque…) pour tous les budgets. Les amateurs de musique sacrée trouveront naturellement leur bonheur dans les grandes manifestations spirituelles de Saint-Denis ou de Vézelay, où le patrimoine musical dialogue avec la beauté des lieux. Les passionnés de bel canto du premier Ottocento devront comme souvent franchir les frontières hexagonales pour entendre les œuvres qui leur sont chères – même si la France offrira une escale belcantiste à Gattières avec L’Italienne à Alger. Les festivals demeurent aussi ces laboratoires précieux où l’on ose les raretés et les créations. À Aix-en-Provence, la curiosité est particulièrement vive autour d’El Cimarrón de Henze et d’Accabadora de Francesco Filidei, tandis que certaines œuvres injustement négligées retrouvent enfin la lumière qu’elles méritent : Les Vêpres siciliennes, toujours à Aix, ou encore Le Siège de Corinthe à Pesaro, deux œuvres superbement ignorées par l’Opéra de paris qui les a vues naître – et rappelant combien le répertoire lyrique conserve de trésors encore trop rarement programmés.
Comme toujours, les grandes voix constitueront l’un des événements majeurs de l’été. Les attentes sont particulièrement fortes autour de la première Norma de Lisette Oropesa à Savonlinna, de l’Abigaille d’Anastasia Bartoli à Macerata, de la Carmen d’Asmik Grigorian à Salzbourg ou encore de la Pamyra de Vasilisa Berzhanskaya à Pesaro. Les festivals restent ces lieux uniques où peuvent naître les prises de rôle marquantes et les soirées de légende.
Du côté des mises en scène, chacun pourra également trouver son bonheur. Certains privilégieront les relectures audacieuses, conceptuelles, parfois intellectualisantes ; d’autres rechercheront avant tout la magie immédiate du grand spectacle populaire. Car l’opéra est aussi une fête collective, un art du rassemblement et de l’émotion partagée, comme le rappellent chaque été les Arènes de Vérone ou le théâtre antique d’Orange. L’arrivée de Daminao Michieletto à Bregenz (La traviata) permettra-t-elle de (ré)concilier ces deux conceptions de l’opéra, qu’on oppose de façon un peu trop systématique et sans doute vaine ?
Entre programmations resserrées et exigeantes, propositions plus aventureuses ou saisons presque vertigineuses par leur abondance — Salzbourg et Munich demeurent à cet égard des cas uniques —, les festivals composent un paysage extraordinairement vivant : cette nouvelle saison estivale s’annonce à l’image de l’art lyrique lui-même : foisonnante, diverse, passionnée. Souhaitons que cette richesse continue de répondre aux attentes les plus variées des spectateurs, des néophytes comme des passionnés, et qu’elle contribue encore longtemps à faire vivre, découvrir, rayonner et aimer l’opéra !
————————————————————————

