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Les festivals de l’été –
La fanciulla del West avec Valerio Galli comme « atout secret » du Festival de Pesaro 2026.

par Roberta Manetti 31 août 2026
par Roberta Manetti 31 août 2026
© Giorgio Andreuccetti
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La fanciulla del West, Festival Puccini Torre del Lago, samedi 29 août 2026

Le Festival Puccini ayant dû renoncer à sa nouvelle production de Turandot (qui devait être mise en scène par Jackie Chan), c’est peut-être cette nouvelle Fanciulla del West qui restera comme l’événement marquant de ce 72e festival. En ce samedi 29 août, le spectacle a en effet remporté un vif succès. Daniel Oren devait diriger l’Orchestre et le Chœur du Festival Puccini, mais il a été remplacé au dernier moment par Valerio Galli. Un atout précieux pour cette production : le chef fut l’artiste le plus acclamé de la soirée, aux côtés de la soprano Anna Pirozzi.

Parmi les opéras de la maturité Puccini, La fanciulla del West est peut-être le moins joué, du moins en Italie, et pour cause : l’écriture des deux rôles vocaux principaux représente un véritable défi. Celui de Minnie, dont la voix doit avoir la puissance d’une soprano dramatique, tout en étant souple et nuancée, et surtout celui de Dick Johnson/Ramerrez. « Ci vuole un tenore ch’abbia gola [Il nous faut un ténor avec une voix] », disait Puccini lui-même, et l’on pourrait ajouter que l’interprète doit avoir le registre aigu du ténor lyrico-spinto, mais aussi être capable de mezza voce et de nuances, dans une tessiture qui, surtout au premier acte, atteint souvent des notes de passage.

Peu de mélodies faciles à mémoriser et une orchestration riche, aux accents vaguement straussiens (comme chacun sait, Puccini était très attentif à la production musicale contemporaine, même à l’étranger, et écoutait Strauss et Debussy), font que les chanteurs sont facilement couverts par l’orchestre, à moins d’un chef d’orchestre maîtrisant parfaitement cette partition. Dès les premières mesures, Valerio Galli s’est révélé être le chef idéal et a conquis le public par son respect absolu de la dynamique et des nuances de la partition ; l’orchestre, au sommet de sa forme (à l’instar de Galli lui-même), l’a suivi comme s’il était son directeur musical attitré. Il serait souhaitable que la direction artistique du festival fasse davantage appel à lui, car rares sont ceux qui comprennent Puccini aussi profondément que lui, ni ceux qui savent tirer le meilleur parti, dans ce type de répertoire, de n’importe quel orchestre : imaginez alors ce qu’il peut faire avec un orchestre qui joue exclusivement du Puccini ! Après ses magnifiques Villi à l’Opéra de Nice en avril dernier, il s’agit dans tous les cas d’un chef dont nous suivrons la carrière avec la plus grande attention !

Galli dirigera également la représentation de La fanciulla del West qui conclura le festival le samedi 5 septembre, et sa présence, ainsi que celle d’Anna Pirozzi dans le rôle de Minnie (il n’y a pas de changement de distribution entre les représentations de cet opéra, contrairement aux autres opéras au programme cette année), serait déjà une bonne raison de ne pas le manquer.

Anna Pirozzi, également acclamée par le public à la fin de la représentation, possède assurément les qualités vocales et théâtrales requises pour incarner une Minnie convaincante : une voix puissante, mais aussi capable de délicatesse et de lyrisme dans « Laggiù nel Soledad » (où elle atteint le do avec une grande aisance) ou dans la scène d’amour du deuxième acte. Claudio Sgura campe un Jack Rance chevronné, parfaitement adapté au rôle ; il a fait ses débuts dans ce rôle en 2008 et l’a ensuite interprété dans de grands théâtres, notamment à La Scala en 2016 avec Roberto Aronica dans le rôle de Dick. Aronica a été appelé assez tardivement dans cette procuction de Torre del Lago pour remplacer Yusif Eyvazov, mais grâce au passé, l’harmonie entre les interprètes des trois rôles principaux ne fait pas défaut, même si, notamment dans le premier acte très délicat, le ténor semblait un peu moins à l’aise que les autres. L’ensemble, en revanche, fonctionne à merveille, avec de bons interprètes même dans les rôles secondaires, notamment l’excellent Paolo Antognetti dans le rôle de Nick.

La mise en scène, traditionnelle (elle est signée Angelo Bertini), respecte scrupuleusement le livret, sans y ajouter d’idées étrangères à l’original. Parmi les quelques éléments supplémentaires qui s’ajoutent à ceux des didascalies, une grande croix émergeant de derrière les troncs d’arbres au troisième acte est probablement destinée à souligner l’importance du thème de la rédemption présent du début à la fin de cet opéra.

Les personnages et l’action dramatique sont bien construits, même si, comme chacun sait, les festivals d’été sont souvent caractérisés par un manque de répétitions (dans ce cas précis, quelques-unes supplémentaires ont été effectuées). Anna Pirozzi, Claudio Sgura et Roberto Aronica se distinguent également par leur jeu d’acteur, créant des moments de tension dramatique palpable dans plusieurs scènes, et ce, pendant presque tout le deuxième acte (véritablement haletant), qui a tenu le public en haleine, comme s’il assistait à la projection d’un film dont il ignorait tout.

L’une des particularités de cet opéra est, en effet, son caractère très précurseur du « western » bien avant l’émergence du genre cinématographique correspondant, mais un western où l’on tire beaucoup sans tuer, car chacun, même le plus cynique comme Rance, a une chance de rédemption.

Parmi les spectateurs du premier rang, Plácido Domingo, vedette du gala d’opéra du dimanche 30 août au Festival et qui donna, en son temps, une remarquable interprétation de Dick (il y un enregistrement de 1977 pour Deutsche Grammophon, sous la direction de Zubin Mehta) ; il a manifesté son appréciation pour la performance en applaudissant chaleureusement les interprètes et le chef d’orchestre, se levant à l’instar de nombreux autres spectateurs parmi les quelque 2 100 présents.

La soirée s’est ouverte sur un hommage émouvant au Maestro Antonino Fogliani, décédé prématurément quelques heures auparavant, avec l’interprétation de la version orchestrale de Crisantemi de Giacomo Puccini ; cette représentation de La fanciulla del West lui était dédiée.

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Les artistes

Minnie : Anna Pirozzi 
Jack Rance : Claudio Sgura
Dick Johnson : Roberto Aronica
Nick : Paolo Antognetti
Ashby : Volodymyr Morozov
Sonora : Sergio Vitale
Trin : Andrea Galli
Sid : Paolo Ingrasciotta
Bello : David Costa Garcia
Harry : Nicola Pamio
Joe : Cristiano Olivieri
Happy : Matteo Mollica
Larkens : Hayk Tigranyan
Billy Jackrabbit : Adriano Gramigni
Wowkle : Alessandra Della Croce
Jake Wallace : Min Kim
José Castro : Diego Maffezzoni
Un postiglione : Murat Can Güvem

Orchestre et choeur du Festival Puccini, Maestro del coro: Marco Faelli 
Direction : Valerio Galli.

Mise en scène et décors : Angelo Bertini
Costumes : Bianca Bertini
Lumières : Valerio Alfieri

Nouvelle production du Festival Puccini

Le programme

La fanciulla del West

Opéra en trois actes de Giacomo Puccini, livret de Guelfo Civinini et Carlo Zangarini d’après The Girl of the Golden West de David Belasco, créé à New York, Metropolitan Opera, 10 décembre 1910.

Festival Puccini de Torre del Lago, représentation du samedi 29 août 2026, 

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Anna PirozziValerio GalliClaudio SguraRoberto AronicaAngelo Bertini
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Roberta Manetti

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