À la une
Trois visions de l’Amérique au Théâtre des Champs-Élysées
Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther de Leoncavallo
L’amour des trois oranges à Lyon : une ouverture de saison survitaminée
Tours, Concerts d’automne : la merveille du Livre Vermeil portée...
WERTHER à Rennes : Charlotte embrasse la première
A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie avec Orlando...
Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme – arrangement...
Festival Verdi 2026 2/3 – Aïda à Busseto : le...
Festival Verdi 2026 1/3 – Parme réveille ALZIRA, belle endormie...
La vidéo du mois : Gala aus dem Festspielhaus Baden-Baden...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

Compte renduVu pour vousConcert

Trois visions de l’Amérique au Théâtre des Champs-Élysées

par Pierre Brévignon 6 octobre 2026
par Pierre Brévignon 6 octobre 2026

© Théâtre des Champs-Élysées (Page Facebook)

© Théâtre des Champs-Élysées (Page Facebook)

© Théâtre des Champs-Élysées (Page Facebook)

© Théâtre des Champs-Élysées (Page Facebook)

© Théâtre des Champs-Élysées (Page Facebook)

0 commentaires 0FacebookTwitterPinterestEmail
15

Concert Arancio/Bernstein/Bernstein, Théâtre des Champs-Élysées, jeudi 1er octobre 2026

XIXe siècle, XXe siècle et XXIe siècle : du folklore imaginaire à l’abstraction bruitiste en passant par la tradition juive, la bannière étoilée flottait avenue Montaigne, ce 1er octobre 2026.

Chouchou des orchestres du monde entier pour quelques partitions solidement inscrites au répertoire – les danses symphoniques de West Side Story, l’ouverture de Candide, la Serenade pour violon et la suite de ballet Un Américain à Paris -, Leonard Bernstein n’a jamais connu le même succès avec ses autres compositions orchestrales. Pour nous en tenir au registre de la musique dite « pure », ses trois symphonies et son Concerto pour orchestre demeurent des raretés, y compris sur le territoire étasunien. Autant dire que le concert du 1er octobre au Théâtre des Champs-Élysées avait des airs d’événement, par son programme savamment composé comme par le volume impressionnant des masses en présence : grand orchestre, récitantes, soprano, chœur mixte et chœur pour enfants. L’événement a hélas peu convaincu.

Hommage au Soleil, courte pièce en deux mouvements de la jeune compositrice Elise Arancio (25 ans) se présente comme un diptyque bruitiste faisant la part belle aux effets de couleur orchestrale et de rythmique. Pendant dix minutes, les différents pupitres font entendre des alliances sonores procédant par éruptions soudaines, alanguissements, glissandi et déflagrations, qui séduisent d’abord l’oreille puis finissent par l’égarer. Comme un ballet d’Aaron Copland qu’on aurait dépouillé de sa mélodie. La disproportion entre la ténuité du propos musical et le grand orchestre interroge également…

La question ne se pose pas, en revanche, avec la pièce de Bernstein, pléthorique dans son effectif (notamment de percussions), généreuse en motifs mélodiques, en messages (chantés, récités) et en styles d’écriture, du dodécaphonisme au lyrisme hollywoodien. C’est du reste cette évolution dans l’écriture, de l’atonal au tonal, qui définit le parcours d’écoute de l’œuvre. À chacun de trois mouvements de cette symphonie dédiée à la mémoire de J.F Kennedy correspondent trois Kaddish (prière hébraïque de louange à dieu, traditionnellement utilisée lors des rites funéraires), abordés tour à tour avec accablement, puis une virulence railleuse, enfin de façon apaisée et chargée d’espoir. Entre chacune de ces prières, confiées aux chœurs ou à la soprano, s’intercalent les interventions du récitant. Initialement rédigées par Bernstein lui-même, elles ont été dans un premier temps raccourcies car le compositeur les trouvait trop bavardes, avant que leur texte soit remplacé en 2003 par celui de Samuel Pisar, ami de Bernstein et rescapé d’Auschwitz. L’interrogation métaphysique sur le Bien et le Mal, le dialogue entre Dieu et l’Homme et la mise en accusation du premier par le second prennent, sous sa plume, un poids autrement plus. Et le poids symbolique redoublait lors de ce concert puisque ce sont l’épouse et la fille de Samuel Pisar qui assumaient les rôles de récitantes. Malheureusement, l’insertion de ces textes dans la trame musicale – forme difficile à maîtriser et même un peu datée – l’interrompt plus qu’elles ne l’accompagnent et, malgré les efforts de leur auteur, ils continuent de sonner avec une certaine grandiloquence. L’émotion, dès lors, surgit de façon sporadique, par exemple lors de la berceuse (deuxième kaddish) assurée par le soprano vibrant de Rachel Willis-Sørensen ou durant l’apothéose finale, grande fugue chorale où Bernstein renoue avec la foi puissante de son Candide et où les voix du Philharmonia Chorus et de la Maîtrise de Radio France s’unissent en une radieuse « profession de doute ».

Cette écriture à base de collage trouvait dans l’orchestre Les Siècles et son chef Pierre Bleuse des interprètes d’une justesse et d’une virtuosité sans failles, qualités également mises à profit dans la pièce contemporaine d’Elise Garancio. Dommage que le concert se soit achevé par une Symphonie du Nouveau Monde de Dvořák sans relief marquant, où l’orchestre sonnait avec plus d’acidité que de poésie…

  • Si vous souhaitez publier un commentaire (dans l’encadré ci-dessous, en bas de page), merci de prendre connaissance auparavant de la « Charte des commentaires » ! / If you wish to post a comment (in the box below, at the bottom of the page), please read the “Comment Policy” first!
Les artistes

Rachel Willis-Sørensen soprano
Judith Pisar, Leah Pisar, récitantes

Philharmonia Chorus, direction Gavin Carr
Maîtrise de Radio France, direction Marie-Noëlle Maerten

Les Siècles, direction Pierre Bleuse

Le programme

Elise Arancio
Hommage au soleil (lauréate du prix Pisar 2026, création mondiale)

Leonard Bernstein
Symphonie n° 3 « Kaddish », pour orchestre, chœur mixte, chœur d’enfants, récitant(e) et soprano (1963), sur le texte Un dialogue avec Dieu de Samuel Pisar (2003) créée le 10 décembre 1963 à l’Auditorium Mann, Tel-Aviv. Version révisée en 1977. Nouveau texte de récitants de 2003 signé Samuel Pisar.

Antonin Bernstein
Symphonie n° 9 « Du Nouveau monde » créée le 16 décembre 1893 à Carnegie Hall, New York

image_printImprimer
Rachel Willis-SørensenBernsteinPierre Bleuse
0 commentaires 0 FacebookTwitterPinterestEmail
Pierre Brévignon

Pierre Brévignon jongle avec les mots et les notes, tour à tour dans les programmes de l'Opéra de Paris, de la Cité de la Musique, du Théâtre du Châtelet, dans les livrets de CD, dans les salles de conférence de la Philharmonie, au sein de l'Association Capricorn (www.samuelbarber.fr) ou dans les livres qu'il consacre à sa passion : la première biographie française de Samuel Barber ("Samuel Barber, un nostalgique entre deux mondes", éditions Hermann, 2012), le "Dictionnaire superflu de la musique classique" (avec Olivier Philipponnat, Castor Astral, 2015) et "Le Groupe des Six, une histoire des années folles" (Actes Sud, 2020).

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther de Leoncavallo

Vous allez aussi aimer...

Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther...

5 octobre 2026

L’amour des trois oranges à Lyon : une ouverture de...

5 octobre 2026

Tours, Concerts d’automne : la merveille du Livre...

5 octobre 2026

WERTHER à Rennes : Charlotte embrasse la première

5 octobre 2026

A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie...

4 octobre 2026

Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme...

4 octobre 2026

Festival Verdi 2026 2/3 – Aïda à Busseto...

3 octobre 2026

Festival Verdi 2026 1/3 – Parme réveille ALZIRA,...

2 octobre 2026

Comique hors les murs : L’éternelle Carmen dans l’arène...

30 septembre 2026

Les Vêpres de la Vierge à la Philharmonie...

30 septembre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : onze mois déjà

    5 septembre 2026

En bref

  • La vidéo du mois : Gala aus dem Festspielhaus Baden-Baden – Anja Harteros, Ekaterina Gubanova, Jonas Kaufmann, Bryn Terfel et Marco Armiliato

    1 octobre 2026
  • Les brèves de septembre

    26 septembre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    Fin des festivals, début des festivités… avec la nouvelle saison lyrique 26-27 !

    1 septembre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Teulon Lardic Sabine dans Festival Verdi 2026 3/3 – Nabucco à Parme – arrangement à l’amiable : Nabucco a le titre, Abigaïlle la couronne !
  • Vuillemin dans Rusalka au Capitole, quatre ans après, la magie de Poda demeure
  • Boeuf dans Manon des Sources, Pagnol à l’Odéon de Marseille
  • COIC dans À Bastille, un Hamlet d’Ambroise Thomas porté par une distribution d’exception
  • Senarmont dans À Bastille, un Hamlet d’Ambroise Thomas porté par une distribution d’exception

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Milan – Redécouverte de CHATTERTON :...

5 octobre 2026

L’amour des trois oranges à Lyon : une...

5 octobre 2026

Tours, Concerts d’automne : la merveille...

5 octobre 2026