À la une
Livre – Le Voyage dans la Lune, d’après l’œuvre de...
Les brèves de janvier –
Maggio Musicale Fiorentino : une belle réussite pour Tosca avec...
Maggio Musicale Fiorentino: un buon successo per Tosca con Chiara...
Se préparer à La Passagère, Opéra national Capitole de Toulouse,...
CD – Fra l’ombre e gl’orrori : un siècle de musique...
Spectacle Bernstein à Massy Anatomies de l’amour : Lenny Tender
La bouleversante Butterfly d’Asmik Grigorian à Berlin
« Héroïnes de l’Opéra français » : nouveau triomphe de l’Orchestre de Paris...
Au Théâtre des Champs-Élysées, les débuts parisiens de Karine Deshayes...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduConcert

L’ensemble Sollazzo à l’auditorium du Louvre

par Stéphane Lelièvre 21 novembre 2019
par Stéphane Lelièvre 21 novembre 2019
0 commentaires 0FacebookTwitterPinterestEmail
1,2K

Dans l’atelier de Léonard

Concert de l’ensemble Sollazzo donné dans la cadre du cycle Voyage en Italie, donné le jeudi 21 novembre 2019 à l’auditorium du Louvre

Le cycle musical Voyage en Italie se poursuit à l’auditorium du Louvre (Première Loge a déjà rendu compte du très beau concert inaugural : Symphonie italienne). Jeudi 21 novembre, c’était à l’ensemble Sollazzo de proposer un programme rendant hommage à la musique italienne, avec un programme intitulé Dans l’atelier de Léonard. Le concert se présente comme un hommage à Atalante Migliorotti (1466 – 1532), assistant de Léonard de Vinci qui lui enseigna la musique. Atalante Migliorotti était, comme son maître, un génie polyvalent, puisqu’il fut chanteur mais aussi luthier, et il coordonna par ailleurs également les travaux de construction de la Basilique Saint-Pierre.

L’ensemble Sollazzo, fondé en 2014 par la vièliste Anna Danilevskaia, s’intéresse particulièrement aux musiques de la fin du Moyen Âge et du début de la Renaissance, et c’est précisément cette période charnière qui a été mise à l’honneur avec des compositeurs tels que Bartolomeo Trombocino, Marchetto Cara, Johannes Tinctoris, Francesco Spinacino,…

L’ensemble Sollazzo

Les airs proposés, tous composés sur des textes se présentant comme des discours ornés (métaphores, hyperboles, oxymores y sont légion !) sur la frustration, la contrariété, le désespoir amoureux (à l’exception de l’air final : « Tart ara », de Jehan Molinet), n’engendrent cependant dans leur succession aucune monotonie : les plaintes mélancoliques ou désespérées (« Vostre regard très fort m’a feru » de Johannes Tinctoris) y alternent avec des pièces plus vives, plus énergiques (« Vale diva » de Bartolomeo Tromboncino), ce à quoi il faut ajouter également la variété des interprétations, les morceaux étant assumés par un seul chanteur, interprétés en duo (« Amore, paura e sdegno » de Bartolomeo degli Organi), ou encore parfois chantés en trio (« Vale diva », « Tart ara »).

Quelques pages instrumentales (« La Spagna », extrait du Codex Bologna Q18, « J’ay pris amour » et « Tart ara » de Heinrich Isaac) permettent d’apprécier l’extrême raffinement et la grande pureté de style de Francisco Manhalich (vihuela de arco mais aussi…ténor), Christoph Sommer (qui a proposé, au luth, une très belle interprétation, pleine de délicatesse et de concentration, du Recercare de Francesco Spinacino) et Anna Danilevskaia (vihuela de arco et direction). Lorsque les instrumentistes accompagnent les chanteurs, c’est encore la grande délicatesse de leurs interventions que l’on admire, l’équilibre entre les voix et les instruments étant constamment préservé. L’excellente acoustique de l’auditorium permet en outre de ne rien perdre des nombreux raffinements interprétatifs offerts par les musiciens.

Cette qualité d’écoute entre les musiciens, instrumentistes et chanteurs, a fait merveille notamment dans « Amours amours » de Hayne van Ghyzeghem et Alexander Agricola, qui a donné à entendre une exceptionnelle variété de couleurs et d’intensités sonores. De même, la façon dont le « Amore, paura e sdegno » s’éteint progressivement et très délicatement (on entend d’abord les trois chanteurs, puis le seul ténor, puis la seule vihuela…) est particulièrement remarquable.

Les pièces vocales sont défendues par des chanteurs de grand talent. Le timbre de Perrine Devillers est d’une très grande pureté (belles attaques a capella, longues phrases mélancoliques et touchantes dans le « D’ung aultre amer »  de Johannes Ockeghem), et se pare immédiatement de la juste émotion requise par l’air interprété. On ne perd rien des plus subtiles nuances qu’offre le chant du ténor Francisco Manhalich, voix claire et émouvante, capable d’aigus lumineux et très tendres.

Romain Bockler

Quant au baryton Romain Bockler, qui vient tout juste de remporter le prix « Teatro San Cassiano » de la meilleure interprétation d’une pièce du XVIIe siècle au concours Voci Olimpiche de Vicence, il fait entendre un timbre d’une rondeur exceptionnelle, chaud et velouté sur l’ensemble de la tessiture, ainsi qu’un art de la nuance et du phrasé remarquable.

Le concert a été accueilli avec enthousiasme par un amphithéâtre bondé ! Nous attendons la suite du cycle avec impatience, notamment le « Rossini à quatre voix » du Jeudi 6 février où nous pourrons applaudir Mariamielle Lamagat, Adèle Charvet, Mathys Lagier et Edwin Fardini.

Les artistes

Perrine Devillers, soprano
Francisco Mañalich, ténor et vihuela de arco
Romain Bockler, baryton
Christoph Sommer, luth
Anna Danilevskaia, vihuela de arco et direction

Le programme

Airs de Bartolomeo Trombocino, Marchetto Cara, Johannes Tinctoris, Alexander Agricola, Hayne van Ghyzeghem, Bartolomeo degli Organi, Johannes Ockeghem, Marbrianus de Orto, Jehan Molinet.

image_printImprimer
Perrine DevillersFrancisco MañalichRomain BocklerAnna DanilevskaiaEnsemble Sollazzo
0 commentaires 0 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Ambroisine Bré et Guilhem Worms aux Invalides : une exquise heure de musique…
prochain post
Au Grand Théâtre d’Angers, Hamlet ou le drame de l’intériorité

Vous allez aussi aimer...

Maggio Musicale Fiorentino : une belle réussite pour...

14 janvier 2026

Maggio Musicale Fiorentino: un buon successo per Tosca...

14 janvier 2026

Spectacle Bernstein à Massy Anatomies de l’amour :...

12 janvier 2026

La bouleversante Butterfly d’Asmik Grigorian à Berlin

12 janvier 2026

« Héroïnes de l’Opéra français » : nouveau triomphe de l’Orchestre...

12 janvier 2026

Au Théâtre des Champs-Élysées, les débuts parisiens de...

10 janvier 2026

Glamour, gloire et beauté : Sonya Yoncheva au TCE

9 janvier 2026

Falstaff à Montpellier. Les femmes s’inventent.

9 janvier 2026

L’Oratorio de Noël à Athènes : Noël à...

9 janvier 2026

La Périchole à Saint-Étienne – Que la vie...

3 janvier 2026

Humeurs

  • À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant

    3 janvier 2026

En bref

  • Les brèves de janvier –

    14 janvier 2026
  • Ça s’est passé il y a 200 ans
    Création d’ALAHOR IN GRANATA de Donizetti

    7 janvier 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Bonne année 2026 !

    1 janvier 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Lelievre Stephane dans À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant
  • Pasquale de rosa dans Libro – Marina Mayrhofer : Ombre in scena. Drammaturgia delle scene d’ombra nel teatro musicale europeo tra Sette e Ottocento
  • Boudou Frederic dans À la Fenice de Venise, un concert du Nouvel An sous le signe d’un silence assourdissant
  • Marquis Lionel dans CRISE À LA FENICE : L’OPÉRA ITALIEN SOUS TENSION POLITIQUE
  • Fabrice del Dongo dans Glamour, gloire et beauté : Sonya Yoncheva au TCE

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Maggio Musicale Fiorentino : une belle...

14 janvier 2026

Maggio Musicale Fiorentino: un buon successo...

14 janvier 2026

Spectacle Bernstein à Massy Anatomies de...

12 janvier 2026