À la une
“Un grande spettacolo a ventitré ore!” Grand succès pour Pagliacci...
Les brèves de février –
“Un grande spettacolo a ventitré ore!” Gran successo per Pagliacci...
CD — Mélodies avec orchestre, volume 2 de Jules Massenet
Cohérence ou prudence ? Le Ring de McVicar à l’épreuve...
Se préparer à Ermione, Opéra de Marseille, 22 et 24...
Se préparer à MACBETH – Teatro Regio Torino, 24 février...
Roméo et Juliette au Théâtre des Champs-Élysées en guise d’hommage...
In memoriam – JOSÉ VAN DAM : L’ÉLÉGANCE FAITE CHANT
Livre – Jean-Philippe Thiellay, En finir avec les idées fausses...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

ProductionCompte renduVu pour vous

Une TOSCA nantaise moderne et dépouillée

par Marc Dumont 26 mai 2024
par Marc Dumont 26 mai 2024

© Bastien Capela

© Bastien Capela

© Bastien Capela

© Bastien Capela

© Bastien Capela

© Bastien Capela

© Bastien Capela

0 commentaires 5FacebookTwitterPinterestEmail
2,8K

Tosca est un des opéras les plus joués au monde[1]. Ces derniers mois, trois visions françaises en étaient proposées aux publics avignonnais puis dijonnais et en ce moment par Angers-Nantes Opéra[2], dans une version co-produite en 2022 avec l’Opéra National de Lorraine, celui de Rennes et celui de Toulon.

Ce qui surprend d’abord, c’est ce plateau nu, blanc, occupé au premier acte par un échafaudage tournant, au second par une seule grande table à nappe blanche et qui voit, au troisième, les murs se resserrer en prison étouffante. La scénogaphie d’Andrea Belli  permet de subtils jeux de lumières dus à Fiametta Baldisserri, en nous propulsant à des années lumières des ors baroques de Sant’Andrea della Valle comme des somptueuses fresques du Palais Farnèse. Les costumes de Valeria Donata Bettella placent l’action dans un moment contemporain indéterminé où le sacristain en complet veston interroge, alors que la voix de Marc Scoffoni convainc.

 La mise en scène de Silvia Paoli est simple, efficace, axée sur les corps – amoureux, passionnés, violentés. Elle créé quelques fortes images, comme la joie des enfants de chœur à l’annonce de la défaite de Bonaparte, le Te Deum transformé en crucifixion baroque, le Vissi d’arte de Tosca enfermée dans un seul halo de lumière, son combat avec Scarpia, dont les sbires, tout en noir, semblent des araignées prêtes à attraper les victimes dans une implacable toile invisible. Et le prélude orchestral du troisième acte surprend par l’arrivée hiératique de personnages statufiés qui s’effondrent en tas de corps mortifiés, avant d’être remplacés par un amas de squelettes. Toujours, le théâtre repose sur quelques images fortes : Silvia Paoli le sait et réussi à nous frapper[1].

Alors ? Ce qui déçoit dans cette Tosca, c’est avant tout l’orchestre dont la texture manque de trame, d’épaisseur, voire de justesse. Les passages lyriques, les forte, ne sauraient cacher un manque de cohésion dans les moments plus délicats et subtils. Des solistes, seule la clarinette de Sabrina Moulai, introduisant le célébrissime « Lucevan le stelle » de Mario, distilla le moment le plus poétique de la soirée.

Pour autant, la direction attentive, fluide, et efficace de Clelia Cafiero n’est pas en cause, bien au contraire. Car le geste et les intentions de la cheffe font entendre, mais souvent en filigrane, une vraie conception lyrique et personnelle. Son attention de tous les instants aux chanteurs leur assure une sécurité totale.

La soprano Izabela Matula incarne une belle Tosca, en lionne amoureuse, aux aigus incisifs, au Vissi d’arte plus musical que touchant. Le Mario Cavaradossi d’Andeka Gorrotxategi en impose lui aussi par sa puissance vocale, ses forte impressionnants mais par trop démonstratifs. C’est pourtant le chanteur qui, par moment, arrive à faire naitre une émotion – ce qui a d’ailleurs le plus manqué à cette production de Tosca, dans laquelle le Scarpia du baryton Stefano Meo impose sa présence et sa carrure plus encore que son incarnation vocale, pour laquelle on attend davantage de noirceur en écho du personnage pervers dessiné par Silvia Paoli. Alors que le petit pâtre ouvrant le dernier acte est attribué non à un enfant mais à une soprano chantant dans la fosse, paradoxalement, c’est le court rôle d’Angelotti, chanté par Jean-Vincent Blot, qui marque le plus cette distribution. Profondeur de la voix, musicalité, présence scénique, tout donne envie de l’entendre en Scarpia.

Le public nantais a réservé un long triomphe à cette Tosca moderne et dépouillée.

———————————————————–

[1] Tout sur Tosca via le dossier de Première Loge.

[2] Après Angers, les 5 et 7 mai, avant Rennes, du 6 au 13 juin, Nantes propose donc, dans deux distributions différentes, quatre représentations jusqu’au 29 mai , avant que la soirée du 8 juin ne soit retransmise sur écran géant dans 25 villes de la région Pays de Loire, et en simultané sur les télévisions locales, France Musique et France Bleue Loire Océan. Toutes les informations se trouvent sur https://www.angers-nantes-opera.com/opera-sur-ecrans-tosca

Les artistes

Tosca:  Izabela Matula :
 Mario Cavaradossi: – Andeka Gorrotxategi
Scarpia : Stefano Meo
 Le Sacristain : Marc Scoffoni
Cesare Angelotti : Marc Larcher
Spoletta : Jean-Vincent Blot
Sciarrone : Pierrick Boisseau
Le Pâtre : Hélène Lecourt

Chœur d’Angers Nantes Opéra, Orchestre National des Pays de la Loire, dir.  Clelia Cafiero

Mise en scène : Silvia Paoli 
Scénographie : Andrea Belli 
Costumes : Valeria Donata Bettella
Lumières : Fiammetta Baldiserri

 

Le programme

Tosca

Opéra en trois actes de Giacomo Puccini, livret de Giuseppe Giacosa et Luigi Illica d’après la pièce de Victorien Sardou, créé au Teatro Constanzi à Rome le 14 janvier 1900.

Théâtre Graslin (Nantes), représentation du 23 mai 2024.

image_printImprimer
Clelia CafieroJean-Vincent BlotSilvia PaoliIzabela MatulaAndeka GorrotxategiStefano Meo
0 commentaires 5 FacebookTwitterPinterestEmail
Marc Dumont

Passionné par l’Histoire et la Musique, Marc Dumont a présenté des centaines de concerts et animé de multiples émissions à Radio France de 1985 à 2014. Il se consacre à des conférences et animations, rédige actuellement un livre où Musiques et Histoire se croisent sans cesse, et propose des « Invitations aux Voyages », qui sont des rencontres autour de deux invités, en vidéo.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
In memoriam : Hugues GALL (1940-2024)
prochain post
TREEMONISHA de Scott Joplin à l’Opéra de Bordeaux. De grandes espérances.

Vous allez aussi aimer...

“Un grande spettacolo a ventitré ore!” Grand succès...

24 février 2026

“Un grande spettacolo a ventitré ore!” Gran successo...

24 février 2026

Cohérence ou prudence ? Le Ring de McVicar...

22 février 2026

Roméo et Juliette au Théâtre des Champs-Élysées en...

20 février 2026

Le bal du Mardi Gras : seconde distribution d’Un...

18 février 2026

Entre moquerie et mélancolie : Le Falstaff de...

17 février 2026

Fenice : Traviata, anatomie d’un drame

17 février 2026

Versailles – Pigmalion était une femme…

17 février 2026

Ariane et Barbe-Bleue au Teatro Real de Madrid :...

16 février 2026

Après Marseille, Les Brigands (I masnadieri) assiègent Madrid...

15 février 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : quatre mois déjà

    2 février 2026

En bref

  • Les brèves de février –

    24 février 2026
  • La vidéo du mois – Anne Sofie von Otter chante Göttingen de Barbara

    5 février 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Quand l’audace lyrique se joue loin de Paris…

    6 février 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • LAVIGNE Jean-François dans In memoriam – JOSÉ VAN DAM : L’ÉLÉGANCE FAITE CHANT
  • Frederique dans Le Temps de la Gitane : reprise de la Carmen de Calixto Bieito à l’Opéra Bastille
  • Camillo Faverzani dans Roméo et Juliette au Théâtre des Champs-Élysées en guise d’hommage à la disparition de José van Dam
  • Henri dans Roméo et Juliette au Théâtre des Champs-Élysées en guise d’hommage à la disparition de José van Dam
  • felix dans SCALA DE MILAN : découvrez la richissime saison 2025-2026 !

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

“Un grande spettacolo a ventitré ore!”...

24 février 2026

“Un grande spettacolo a ventitré ore!”...

24 février 2026

Cohérence ou prudence ? Le Ring...

22 février 2026