À la une
Le Requiem de Verdi selon Jérémie Rhorer : entre terreur...
Gala de l’Opéra royal de Versailles aux Concerts d’automne –...
Le Crépuscule des dieux de Wagner à Bastille : pour...
« Faute et Pardon » au Festival Verdi 2027 de Parme
À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans...
Brèves d’octobre –
Découvrez le programme 2027 du Festival de Pâques d’Aix-en-Provence
Ça s’est passé il y a 200 ans : création du...
Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena
PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

Compte renduVu pour vousConcert

Rachel Willis-Sørensen et les Quatre derniers lieder de Strauss au Théâtre des Champs-Élysées. Aux portes du drame…

par Romaric HUBERT 16 octobre 2021
par Romaric HUBERT 16 octobre 2021
Rachel Willis-Sørensen - Photo : Simon Pauly
0 commentaires 3FacebookTwitterPinterestEmail
1,8K

Le Théâtre des Champs-Élysées accueillait, ce jeudi soir, un concert « miroir » réunissant les forces de l’Orchestre National de France et la soprano américaine Rachel Willis-Sørensen sous la direction du chef roumain Cristian Măcelaru. Une rencontre internationale autour de Strauss et Beethoven où la théâtralité de l’intime l’emporte sur l’émotion de l’introspection.

Curieux et passionnant programme en miroir que ces deux ouvertures de Beethoven encadrant les Quatre derniers lieder et la scène finale du Capriccio de Richard Strauss. De chaque côté, la lutte contre le despotisme et le combat pour la liberté. Au centre, deux grandes interrogations sur la mort et l’art. Comme trait d’union, une forme de résistance intellectuelle et artistique face aux assauts du destin. Le tout par le regard et surtout la voix d’un personnage féminin aux multiples reflets. 

Cristian Măcelaru - Photo : Christophe Abramowitz

Pour ce concert, Cristian Măcelaru remplaçait James Gaffigan initialement prévu. Le directeur musical de l’Orchestre National de France a fait le choix d’aborder ces grandes questions existentielles plus par la théâtralisation du discours musical que par l’émotion de l’exécution.

Ce qui fonctionne parfaitement dans les ouvertures d’Egmont, Leonore II et dans Capriccio nous laisse sur notre faim dans les Quatre derniers lieder. Il faut dire qu’on les attendait avec impatience ces lieder crépusculaires au climat romantique grisant, couronnement de la production vocale de Richard Strauss. On y attendait surtout Rachel Willis-Sørensen. La soprano, qui nous dévoilait n’être jamais en manque d’idées pour faire vivre les passions de l’âme (interview à lire ici), nous a semblé ici quelque peu contrainte dans son expression. Nulle difficulté vocale dans l’exécution de cet Everest technique que sont ces lieder mais comme un léger embarras à tisser des liens avec l’Orchestre National de France et son directeur musical.

La direction de Cristian Măcelaru est majestueuse et démonstrative mais manque d’éloquence, de sensualité et d’abandon. La pâte orchestrale est ample, brillante mais un peu épaisse et les lignes instrumentales et vocale ne se rencontrent pas vraiment. Les musiciens de l’Orchestre National sont pourtant d’une solidité sans faille et c’est d’ailleurs de ses cornistes et de son premier violon, Luc Héry, que viendra le seul vrai moment d’émotion de l’interprétation de ces Quatre derniers lieder avec leurs magnifiques solos intimes et chambristes dans « Beim Schlafengehen ».

Orchestre National de France - Photo : Christophe Abramowitz

Rachel Willis-Sørensen impressionne, elle, par la projection et la souplesse de son soprano au timbre crémeux et charnu et son sens de la courbe mélodique. On admire le naturel de cette voix qu’on devine très travaillée mais où nulle affectation, nul maniérisme ne viennent troubler la ligne. Le souffle est long et le travail technique bien visible alors qu’on aurait souhaité parfois pouvoir l’oublier et se laisser entrainer par la fragilité et les flottements de l’âme humaine.

La soprano se montrera à son meilleur dans la scène finale de Capriccio. La chanteuse fait preuve d’une sincérité touchante et troublante. La voix gagne en homogénéité et se déploie avec encore plus d’aisance. Rachel Willis-Sørensen possède également un très beau sens de la prosodie et, alors qu’on l’avait trouvée presque neutralisée dans l’expression lors des Quatre derniers lieder, elle nous révèle un talent théâtral certain. Le chef Cristian Măcelaru la rejoint sur ce terrain et l’orchestre captive alors par une transparence et une lumière retrouvées.

L’Orchestre National de France ajoutera à son tableau d’honneur des trésors de nuances et d’expressivité dans les deux ouvertures de Beethoven où la direction intense, précise et tragique de Cristian Măcelaru nous entraine alors aux portes du drame à venir.

Ce soir, Rachel Willis-Sørensen, Cristian Măcelaru et l’Orchestre National de France se sont trouvés dans un théâtralité musicale spectaculaire et généreuse. Le public, galvanisé par cette énergie,  leur aura rendu la pareille avec des applaudissements vifs et nourris.

Les artistes

RACHEL WILLIS-SØRENSEN soprano
ORCHESTRE NATIONAL DE FRANCE
CRISTIAN MĂCELARU
 direction

Coproduction Radio France/Théâtre des Champs-Élysées

Le programme

LUDWIG VAN BEETHOVEN
Leonore II, ouverture

RICHARD STRAUSS
Quatre derniers Lieder
Capriccio, scène finale


LUDWIG VAN BEETHOVEN
Egmont, ouverture

Théâtre des Champs-Élysées, concert du jeudi 14 octobre 2021, 20h00

image_printImprimer
Orchestre National de FranceRachel Willis-SørensenCristian Măcelaru
0 commentaires 3 FacebookTwitterPinterestEmail
Romaric HUBERT

Licencié en musicologie, Romaric Hubert a suivi des études d’orgue, de piano, de saxophone et de chant. Il a chanté dans plusieurs chœurs réputés, ou encore en tant que soliste. Il est titulaire d’une certification qualifiante professionnelle d’animateur radio délivrée par l’Institut National de l’Audiovisuel, et a fait ses premiers pas au micro sur France Musique. Il a fondé la compagnie Les Papillons Electriques avec sa complice Jeanne-Sarah Deledicq et est co-créateur du site Première loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Ça s’est passé il y a 200 ans : NAISSANCE D’HENRY BOISSEAUX
prochain post
Concerts d’automne (1/3) : L’Orfeo de Monteverdi, ou quand le fils de Calliope fait escale en Touraine

Vous allez aussi aimer...

Le Requiem de Verdi selon Jérémie Rhorer :...

11 octobre 2026

Gala de l’Opéra royal de Versailles aux Concerts...

11 octobre 2026

Le Crépuscule des dieux de Wagner à Bastille...

10 octobre 2026

« Faute et Pardon » au Festival Verdi 2027 de...

10 octobre 2026

À Lille, les voix de la magicienne Alcina...

9 octobre 2026

Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena

8 octobre 2026

Trois visions de l’Amérique au Théâtre des Champs-Élysées

6 octobre 2026

Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther...

5 octobre 2026

L’amour des trois oranges à Lyon : une ouverture de...

5 octobre 2026

Tours, Concerts d’automne : la merveille du Livre...

5 octobre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE

    7 octobre 2026

En bref

  • Brèves d’octobre –

    9 octobre 2026
  • La vidéo du mois : Gala aus dem Festspielhaus Baden-Baden – Anja Harteros, Ekaterina Gubanova, Jonas Kaufmann, Bryn Terfel et Marco Armiliato

    1 octobre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

    7 octobre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Hugues Rameau dans A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie avec Orlando de Haendel
  • Hugues Rameau dans À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans la confusion des genres
  • Erwann Beracourt dans A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie avec Orlando de Haendel
  • Erwann Beracourt dans À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans la confusion des genres
  • Virginie dans Les Vêpres de la Vierge à la Philharmonie : une relecture raffinée.  

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Le Requiem de Verdi selon Jérémie...

11 octobre 2026

Gala de l’Opéra royal de Versailles...

11 octobre 2026

Le Crépuscule des dieux de Wagner...

10 octobre 2026