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La Dame de pique est de retour à l’opéra de Liège après 24 ans d’absence

par Nicolas Le Clerre 14 mars 2026
par Nicolas Le Clerre 14 mars 2026

©J. Berger-ORW Liège

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La Dame de Pique, Opéra Royal de Wallonie-Liège, vendredi 27 février 2026

Si le bel canto italien continue d’être très présent dans les saisons lyriques présentées chaque année au public liégeois, il est manifeste que l’opéra royal de Wallonie a aussi le souci d’élargir sa programmation en direction des répertoires français, allemand et russe. Moins souvent joué qu’Eugène Onéguine, La Dame de pique faisait fin février son grand retour à Liège après un quart de siècle d’absence.

Tu me fends le cœur

Depuis l’offensive en Ukraine décrétée par Vladimir Poutine en février 2022, il est de bon ton de dénigrer la culture russe et de la mettre sciemment à distance, comme si Tolstoï ou Moussorgski pouvaient être tenus pour responsables de la dérive autoritaire de l’actuel maitre du Kremlin. En programmant un titre de Tchaïkovski à la date anniversaire du début du conflit, le Directeur général et artistique Stefano Pace adresse pourtant un pied de nez aux auteurs d’amalgames et accomplit un véritable geste politique en conviant La Dame de pique à réapparaitre sur la scène de l’opéra de Liège 24 ans après sa dernière représentation à l’ORW.

Sur le papier, confier ces retrouvailles à la metteuse en scène Marie Lambert-Le Bihan pouvait sembler une idée intéressante. À Liège il y deux ans et demi, cheville ouvrière d’une équipe artistique essentiellement féminine, elle avait crânement relevé le défi de Dialogues des carmélites et Première loge en avaient rendu compte avec une certaine bienveillance. C’est peu dire que sa proposition pour La Dame de pique nous a paru moins convaincante.

Poser des images sur une musique aussi subtile et élégante que celle de Piotr Ilitch Tchaïkovski est une gageure et c’est précisément là – dans le hiatus entre la beauté angélique de la musique et les boursouflures de la mise en scène – que le bât blesse. Le minimalisme du lever de rideau est un parti pris respectable, quoique la silhouette de blockhaus et les coiffes de dentelle des nyanyas russes évoquent davantage les quais du port de Brest que ceux de Saint-Pétersbourg, mais c’est surtout à partir du deuxième tableau que le spectacle se fourvoie dans une esthétique grandiloquente hors de propos.

Traitée comme une maison de poupée, la chambre de Liza dégage une atmosphère malaisante qu’accentuent encore les maquillages blafards des choristes et leurs gestes mécaniques, parodies cringes de film d’horreur pour adolescents en mal de sensations fortes… Quant au tableau du grand bal aristocratique pour lequel Tchaïkovski a composé une musique d’une élégance toute mozartienne, il se noie dans une débauche de rubans, de perruques et de colifichets qui frôlent l’overdose dans l’apparition de la tsarine réduite à la silhouette d’une enfant hiératique, travestie à la manière d’une Turandot moscovite.

Passé l’entracte, c’est un nouveau spectacle qui commence, plus sobre, plus intériorisé et autrement réussi que les trois premiers tableaux. Pour évoquer la chambre de la comtesse et les quais de la Neva, un dispositif de boites imbriquées les unes dans les autres permet de créer sur le plateau des espaces intimes et angoissants où se cristallise la dimension surnaturelle du drame. Les projections d’arbres décharnés empruntés à l’esthétique de Caspar David Friedrich – exact contemporain de Pouchkine – aussi bien que la lourde silhouette fantomatique de la comtesse font alors basculer la mise en scène de Marie Lambert-Le Bihan du côté d’une sorte d’expressionnisme qui sied bien à la violence des passions qui consument les principaux protagonistes.

Traité à la manière d’un fight club où pèse une poisseuse atmosphère masculiniste, le dernier tableau de cette Dame de pique conclut la représentation par des images fortes. Mais pour que les corps nus et trempés de sueur des soldats produisent l’effet de sidération recherché par la metteuse en scène, encore aurait-il fallu qu’elle règle plus minutieusement les placements des figurants et leurs interactions qui, observés de la salle, paraissent brouillons et inopérants.

Au tomber de rideau, le sentiment qui domine chez le spectateur est celui d’avoir assisté à un spectacle grandiloquent, saturé de détails pas toujours essentiels, et malhabile à illustrer avec l’efficacité nécessaire la complexité d’une intrigue qu’on aurait souhaité plus resserrée autour de la folie destructrice d’Hermann et de l’innocence trahie de Liza.

Dans la grande tradition russe

La qualité des forces musicales de l’opéra de Liège sont connues ; c’est donc de la fosse et du plateau que naissent les plus jolies surprises de cette nouvelle production de La Dame de pique.

À la tête de “son” orchestre de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège, Giampaolo Bisanti confirme sa capacité à diriger tous les répertoires et fait la démonstration que les chefs italiens peuvent eux aussi exceller dans la direction des épanchements de la grande musique russe du XIXe siècle. Les trois minutes du prélude du premier acte sont une véritable masterclass durant laquelle le Maestro varie les tempi, multiplie les nuances, laisse enfler le volume de l’orchestre, déferler les décibels et finalement s’apaiser une masse sonore qui sonne à la manière des meilleures phalanges russes. Qu’il s’agisse des tableaux de foule où le chœur joue un rôle presqu’aussi essentiel que chez Verdi et Moussorgski ou dans les scènes plus intimistes qui confrontent les passions des protagonistes, Giampaolo Bisanti excelle à équilibrer la fosse et le plateau avec la virtuosité d’un équilibriste qui ménage à la fois le confort de ses chanteurs et l’opulence du son de son orchestre dont aucun pupitre n’est jamais pris en défaut.

Abondamment sollicités, le Chœur et la Maîtrise de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège prennent toute leur part à la réussite musicale de la soirée : la prononciation du russe est idiomatique – y compris pour les enfants solistes du premier tableau – et le dynamisme des grandes scènes chorales confère au spectacle le souffle épique qui fait souvent défaut à la mise en scène.

Mais le véritable trésor de cette Dame de pique, c’est un plateau de solistes dont l’immense majorité est russe et qui donne à cette production liégeoise un parfum de soirée au Bolchoï.

D’Hermann, Arsen Soghomonyan possède la voix large et passionnée qui lui permet, dès son entrée en scène, d’incarner avec évidence ce soldat veule, dévoré par le démon du jeu et consumé d’amour pour une jeune femme dont il ignore à peu près tout. Dès son premier air « Ya imeni yeyo ne znaiou », le ténor arménien fait valoir les qualités qui lui permettent de tenir son personnage jusqu’au tableau final : un chant fiévreux, un legato de velours et des aigus solaires, puissamment tenus, qu’il parvient à ombrer d’une mélancolie caractéristique d’une psyché tourmentée. Les duos qu’il partage avec Liza et la scène où il affronte la comtesse pour lui arracher le secret des trois cartes sont tous des moments d’intensité musicale où l’artiste abandonne une part importante de ses forces, mais sans jamais mettre son chant en danger.

Olga Maslova est à ses côtés une Liza de grand style, dans la plus pure tradition russe. La rondeur du timbre et l’opulence des aigus impressionnent dès sa première apparition mais c’est évidemment dans le tableau du quai du canal d’Hiver qu’elle démontre l’étoffe d’une diva : « Akh! Istomilas ya gorem » est murmuré sur le fil de la voix, l’âme russe au bord des lèvres, et vise droit au cœur du spectateur. L’ampleur du soprano et la palette de ses intonations donnent singulièrement envie de l’entendre à nouveau et Stefano Pace serait inspiré de rapidement la réinviter pour découvrir ses interprétations des personnages d’Elsa (Lohengrin) ou de Norma qu’elle a déjà inscrits à son répertoire.

Le personnage de la comtesse se limite à quelques pages de musique mais il est la pierre d’angle du livret que Modest Tchaïkovski a tiré de la nouvelle d’Alexandre Pouchkine. Olesya Petrova l’incarne en lui prêtant une silhouette de vieillarde acariâtre, voûtée sous le poids des ans, ne se déplaçant jamais sans s’appuyer sur une canne dont elle frappe le sol au gré de ses humeurs tristes. La caricature manque de nuance mais se révèle efficace, notamment dans le quatrième tableau au cours duquel elle interprète une mélodie empruntée à la plume de l’enfant chéri de Liège, André Grétry : « Je crains de lui parler la nuit ». Sur un air de berceuse accompagné pianissimo par l’orchestre, la mezzo-soprano pose sa voix comme une délicate arabesque et crée dans la salle une qualité d’écoute inouïe.

Quoique distribué dans le rôle secondaire du prince Yeletski, Nikolai Zemlianskikh est la découverte de ce plateau vocal de haut vol. Dès son duo avec Hermann au premier tableau, la richesse des harmoniques de son beau timbre de baryton éveille la curiosité mais c’est l’aria « Ya vas lioubliou, lioubliou bezmerno » qui fait courir parmi les spectateurs un frémissement comme n’en réservent que les grandes soirées d’opéra. Souverain par la beauté de son instrument et par la manière dont il conduit la longueur de sa ligne de chant, ce jeune baryton russe mérite incontestablement d’être suivi : après qu’il a déjà chanté à Munich, Palerme, Valence et Catane, ce bel artiste mériterait à présent que le Directeur d’une grande maison d’opéra fasse le pari de lui confier un rôle important. À Paris dans la belle production de Ralph Fiennes, il serait un Eugène Onéguine proche de l’idéal.

Parmi les belles voix masculines de la soirée, celle d’Alexey Bogdanchikov ne démérite pas non plus. Que ce soit dans la ballade du premier acte « Odnajdy v Versalye au Jeu de la Reine » ou dans la chanson du dernier tableau « Yeslib miliyé diévitsy », son interprétation du comte Tomsky se caractérise par un timbre de baryton aux éclats d’airain, des aigus brillants et une maitrise du souffle rigoureuse apprise au conservatoire d’État Tchaïkovski de Moscou.

Le personnage de Polina est essentiellement présent au deuxième tableau : Judit Kutasi lui prête son timbre de mezzo-soprano aux graves profonds et au medium délicieusement velouté. Que ce soit dans le duo « Ouj vietcher » qu’elle interprète avec Olga Maslova, ou dans la romance « Podrougi milié », la chanteuse roumano-hongroise démontre une musicalité subtile mais fait entendre un large vibrato qui, lorsqu’il échappe à son contrôle, n’exclut pas quelques faussetés.

La distribution de cette Dame de pique est complétée de nombreux comprimari bien en voix parmi lesquels on remarque notamment la basse serbe Mark Kurmanbayev dont chacune des interventions impressionne par le volume de l’instrument et la clarté de l’émission. Le programme de scène précise que le prince Gremin (Eugène Onéguine) figure à son répertoire : on ne peut que déplorer que Tchaïkovski n’ait pas composé pour le personnage de Surin un air de la même eau…

Au rideau final, le public liégeois fait un triomphe tonitruant à cette Dame de pique perdue de vue depuis un quart de siècle et associe dans le même enthousiasme le plateau vocal et l’équipe artistique de la production scénique. Vox populi vox dei : en dépit des quelques réserves que nous avons émises concernant la mise en scène, force est de reconnaître que l’opéra de Wallonie-Liège excelle à réunir des distributions vocales de très haut vol et qu’il possède en Giampaolo Bisanti un directeur musical de tout premier plan. La prochaine Lucrezia Borgia qu’il doit diriger in loco en avril ne devrait pas manquer de sel ; Première Loge a d’ores et déjà pris date pour en rendre compte dans ces pages.

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Les artistes

Liza : Olga Maslova 
Hermann : Arsen Soghomonyan
La comtesse: Olesya Petrova
Polina: Judit Kutasi
Le comte Tomsky / Zlatogor : Alexey Bogdanchikov
Le prince Yeletski : Nikolai Zemlianskikh
Tchekalinsky : Alexey Dolgov
Surin : Mark Kurmanbayev
Une gouvernante : Elena Manistina
Milovzor : Aurore Daubrun
Chaplitsky / Rasporyaditel : Alexander Fedorov
Masha / Prilepa : Elena Galitskaya
Narumov : Bruno Silva Resende
Le capitaine : Amani Aty Monga del Rio
La tsarine : Nour Gioe

Danseuses et danseurs: Victor Bouaziz-Viallet, Antoine Coppi, Kevin Franc, Chloé Lendormy, Juliette Malala Tardif, Guillaume Rabain, Jordi Socias Font, Lucas Viallefond

Orchestre, Choeur et Maîtrise de l’Opéra royal de Wallonie-Liège, dir Giampaolo Bisanti

Mise en scène : Marie Lambert-Le Bihan
Décors et costumes : Cécile Trémolières
Lumières : Fiammetta Baldiserri
Chorégraphie : Danilo Rubeca
Chef du chœur : Denis Segond
Responsable de la Maîtrise : Véronique Tollet

Le programme

La Dame de pique

Drame en trois actes de Piotr Ilitch Tchaïkovski. Livret de Modest Tchaïkovski d’après la nouvelle d’Alexandre Pouchkine. Créé au Théâtre Mariinski, à Saint-Pétersbourg, le 19 décembre 1890.

Opéra royal de Wallonie-Liège, représentation du vendredi 27 février 2026

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Nicolas Le Clerre

C’est un Barbier de Séville donné à l’Opéra National de Lorraine qui décida de la passion de Nicolas Le Clerre pour l’art lyrique, alors qu’il était élève en khâgne à Nancy. Son goût du beau chant le conduisit depuis à fréquenter les maisons d'Opéra en Région et à Paris, le San Carlo de Naples, la Semperoper de Dresde ou encore le Metropolitan Opera de New-York. Collectionneur compulsif de disques, admirateur idolâtre de l’art de Maria Callas, Nicolas Le Clerre est par ailleurs professeur d’Histoire-Géographie, Président de la Société philomathique de Verdun, membre de l'Académie nationale de Metz et Conservateur des Antiquités et Objets d'Art de la Meuse.

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