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CD – Lucia di Lammermoor : la confirmation de Lisette Oropesa

par Camillo Faverzani 18 décembre 2025
par Camillo Faverzani 18 décembre 2025
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1,1K
Les artistes

Lord Enrico Ashton : Mattia Olivieri
Lucia di Lammermoor : Lisette Oropesa
Sir Edgardo di Ravenswood : Ştefan Pop
Lord Arturo Bucklaw : Didier Pieri
Raimondo Bidebent : Riccardo Zanellato
Alisa : Irene Savignano
Normanno : Dean Power

Orchestra e Coro del Teatro Massimo “Bellini” di Catania, dir. Fabrizio Maria Carminati et Luigi Petrozziello

Le programme

Lucia di Lammermoor

Dramma tragico en deux parties et trois actes de Gaetano Donizetti, livret de Salvatore Cammarano, créé au Teatro di San Carlo de Naples le 26 septembre 1835.

2 CD EuroArts. Enregistré en août 2024 au Teatro Sangiorgi de Catane. Notice de présentation en anglais et en allemand. Durée totale : 141:43

Un enregistrement digne du plus grand respect, ne serait-ce que par le trio de tête. Une pierre précieuse, en tout cas, à ne pas manquer !!!

Un trio de tête éblouissant

Quelques mois après l’enregistrement des Puritani, EuroArts promouvait cette nouvelle gravure de son pendant de 1835 : Lucia di Lammermoor. Sans doute moins urgente, cette nouvelle édition du chef-d’œuvre de Donizetti vient enrichir une discographie déjà pléthorique, beaucoup plus étoffée que celle du testament de Bellini. On peut donc se poser la question de la pertinence d’une telle livraison, si ce n’est que pour réunir des interprètes d’exception. Force est de constater que la maison berlinoise réussit encore une fois son coup de maître.

Pour Lisette Oropesa il ne s’agit que d’une confirmation et il est très appréciable que cette grande interprète puisse nous laisser un témoignage en studio de sa conception d’une héroïne qu’elle défend aux quatre coins de la planète depuis une quinzaine d’années. Nous en avons rendu compte dans ces colonnes à plusieurs reprises, depuis le Teatro Real de Madrid ou à la Scala de Milan. Dès sa sortita, sa colorature légendaire s’impose dans la cavatine grâce à la virtuosité de vocalises qui planent ensuite, dans la cabalette, dans des stratosphères aériennes. Cependant que, dans la scène de la folie, elle échafaude un récitatif en tout point impressionnant, avant de nourrir le maestoso d’un accent très chaleureux, non dépourvu néanmoins de coloris enfantins, pour illustrer le retour à l’enfance dans la démence, lors de l’évocation du mariage ; un admirable crescendo vient les couronner dans le dialogue avec la flûte ; le tempo di mezzo dépeint alors l’innocence désarmée, préparant les écarts du moderato du sacrifice, aux variations ascendantes qui relaient des notes filées à couper le souffle et se consument enfin dans le climax vertigineux de l’aigu de la mort. La cantatrice américaine donne par ailleurs une réplique ductile à l’Edgardo de Ştefan Pop, dans un duo d’amour qui se singularise par une expressivité dramatique adéquate à la situation et par un engagement corps et âme sur le plan vocal, dans une fougue sans hésitations, nous rappelant que nous sommes toujours dans le monde du théâtre. Lors du contentieux avec son frère, la déraison fait déjà son chemin, nous conviant, avec Mattia Olivieri, à une leçon exemplaire de belcanto, la richesse de la palette dans la peinture des sentiments corroborant une entente musicale sans faille, soutenue par une ligne remarquable que viennent embellir des ornementations rayonnantes atteignant, dans la strette, des notes cristallines lors de la montée vers la partie la plus haute du registre.

Le ténor roumain constitue du reste la bonne surprise de cette publication. Peu coutumier de Ravenswood – que, si nos sources ne se méprennent pas, il n’a abordé qu’une seule fois en 2017 –, il campe déjà un personnage extrêmement abouti. Caractérisant le héros d’une élocution très avantageuse dès le duo avec sa bien-aimée, il aborde le tableau final de manière très intériorisée, dans le récitatif, forme de repli sur soi-même qui n’exclut nullement une noblesse certaine dans le désarroi ; très articulé, le larghetto se distingue par la maîtrise des transitions, notamment vers le haut, un tempo di mezzo très dialogué, avec le chœur, débouchant sur un moderato conclusif aux clairs-obscurs uniques, afin de rendre l’évolution du sentiment.

Lors de l’affrontement de la tour de Wolferag, il s’engage avec le baryton italien dans une joute vocale aux demi-teintes saisissantes, la strette parachevant dans l’appel à la vengeance une vaillance qui nous ramène encore à la scène. Lumineux dans le moderato, Mattia Olivieri rejoint son rival dans le recours à un phrasé tout particulièrement soigné, ce qui ressort dès le récitatif de son air de présentation ; marmoréen dans la cavatine, son Ashton paraît presque trop poli pour un malfrat, menaçant sans méchanceté dans une cabalette dont la longueur du souffle relaie l’exactitude de la ligne. Le spectateur parisien connaît bien l’ampleur de son incarnation que nous avions chroniquée ici même en février 2023. Dans le duo avec sa sœur, la détermination impitoyable de son Enrico, volontairement autoritaire, s’épanouit dans un crescendo auquel répondent les trilles ascendants de la colorature de sa victime, dans un investissement total qui les voit se rejoindre dans un vivace singulier de par la clarté du propos.

Chez les comprimari, Riccardo Zanellato dessine un Raimondo bien chantant, malgré un timbre par moments un peu terni ; affichant la sobriété qui sied au religieux, il obscurcit à l’extrême son rôle. Didier Pieri n’inscrit pas son Arturo dans la tradition des ténors essoufflés, respectant les dynamiques d’une caractérisation qui se veut malgré tout héroïque. Irene Savignano donne du corps à Alisa, tandis que Dean Power est un Normanno bien projeté. Dès lors, le fameux sextuor du finale central est très bien mené, évitant tout excès déplacé, l’étonnement justifié laissant alors la place à la déception et au trouble ; la frénésie du concertato souligne encore la virtuosité de Lucia et la volume d’Edgardo dans un unisson au crescendo inouï.

Fabrizio Maria Carminati dirige consciencieusement les forces du Teatro Massimo “Bellini” de Catane pour une version très exhaustive, incluant même le récitatif de transition entre Enrico, Normanno et Raimondo, séparant la folie de Lucia du suicide d’Edgardo. Et si, dans le prélude, l’on perçoit une légère lourdeur des vents, on est aussitôt subjugué par la transparence de la harpe introduisant l’apparition de l’héroïne, par la richesse des cordes, des cuivres et des vents simulant l’orage, ou encore par la clarinette et par la flûte accompagnant la folie, voire par le tutti de l’épilogue. Très idiomatiques, les chœurs du théâtre sicilien savent scrupuleusement adapter leur intonation aux différentes situations : impétueux dans l’introduction, ils sont très enjoués dans l’éclat des préparatifs du mariage et enfin somptueux lors de la découverte de l’issue sanglante.

Une pierre vient donc s’ajouter à cette grande bâtisse qu’est la discographie de Lucia di Lammermoor où il est toujours difficile de se frayer un chemin parmi les versions de référence. Sans vouloir forcément rivaliser avec les meilleures, cette dernière contribution est digne du plus grand respect, ne serait-ce que par le trio de tête. Une pierre précieuse, en tout cas, à ne pas manquer !!!

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stefan popLisette OropesaMattia OlivieriFabrizio Maria Carminati
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Camillo Faverzani

Professeur de littérature italienne à l’Université Paris 8, il anime le séminaire de recherche « L’Opéra narrateur » et dirige la collection « Sediziose voci. Studi sul melodramma » aux éditions LIM-Libreria musicale italiana de Lucques (Italie). Il est l’auteur de plusieurs essais sur l’histoire de l’opéra. Il collabore également avec des revues et des maisons d’opéra (« L’Avant-scène Opéra », Opéra National de Paris).

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