À la une
In memoriam – MARTINA ARROYO (1937-2026), la voix verdienne…
Les brèves d’octobre –
Roméo et Juliette à La Monnaie : le lyrisme en...
Même sans mariage, de charmantes Noces de Figaro au Théâtre...
Opéra de Rome : un Falstaff milanais, mental et onirique
Tarare de Salieri (1787) : un cas rare à Versailles
Le Requiem de Verdi selon Jérémie Rhorer : entre terreur...
Gala de l’Opéra royal de Versailles aux Concerts d’automne –...
Le Crépuscule des dieux de Wagner à Bastille : pour...
« Faute et Pardon » au Festival Verdi 2027 de Parme
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

ArtistesBaryton-basseHommages

In memoriam : Hartmut Welker (1941-2026)

par Stéphane Lelièvre 17 septembre 2026
par Stéphane Lelièvre 17 septembre 2026
Photo : capture d'écran YouTube
0 commentaires 2FacebookTwitterPinterestEmail
553

Nous avons appris la disparition, le 12 septembre dernier, du baryton allemand Hartmut Welker, à l’âge de 84 ans. Né le 27 octobre 1941 à Velbert, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Welker aura marqué pendant plusieurs décennies les scènes lyriques internationales par une voix puissante et sombre, et une forte présence scénique qui, avec les années, devaient le conduire vers les grands personnages de l’univers de Richard Wagner.

Son parcours n’avait pourtant rien de celui d’un enfant prodige. Avant de devenir chanteur, Hartmut Welker avait appris le métier de mécanicien-outilleur. Ce n’est qu’à l’âge de 28 ans qu’il entreprit des études de chant, auprès d’Else Bischof à la Hochschule für Musik d’Aix-la-Chapelle. Il y fit ses débuts en 1974, presque par hasard, en remplaçant au pied levé un chanteur malade dans le rôle de Monterone de Rigoletto. Trois ans plus tard, toujours à Aix-la-Chapelle, il effectuait ses véritables débuts officiels dans le rôle de Renato dans Un ballo in maschera de Verdi.

Ces rôles italiens méritent d’être rappelés, car ils permettent de nuancer l’image d’un Welker exclusivement wagnérien. Il aborda en effet un répertoire considérable, et Verdi occupa une place importante dans ses premières années : après Monterone et Renato, il chanta notamment Macbeth, Amonasro dans Aida et Don Carlos dans La forza del destino. Son répertoire comprit également des ouvrages de Puccini, Strauss, Berg, Mussorgski, Ponchielli, Beethoven, Weber, Schubert ou Zemlinsky.

Mais c’est progressivement vers le répertoire allemand, et plus particulièrement vers Wagner, que sa voix et sa personnalité artistique allaient le porter. Membre de la Staatsoper de Hambourg à partir de 1982, de la Staatsoper de Vienne à partir de 1985 et de la Deutsche Oper de Berlin à partir de 1987, il se produisit dans les plus grandes maisons internationales : La Scala de Milan, Covent Garden à Londres, le Metropolitan Opera de New York, Chicago, San Francisco, Santiago du Chili, ainsi que sur de nombreuses scènes françaises et européennes. Paris ne fut pas absent de cette carrière internationale. Hartmut Welker y fut notamment le Telramund de Lohengrin en novembre 1996, à l’Opéra Bastille, dans la production de Robert Carsen dirigée par James Conlon, aux côtés de Gösta Winbergh, Karita Mattila et Gwyneth Jones. Il avait également été invité auparavant par l’Opéra de Paris, notamment en 1983 dans L’Or du Rhin, où il chantait Donner.
Il se produisit également avec un grand succès à l’Opéra de Marseille : en avril 1996, il y incarnait Amfortas dans Parsifal, aux côtés de Lisbeth Balslev, Heikki Siukola et Matthias Hölle, sous la direction de Friedrich Pleyer. Il y fut alors particulièrement remarqué, son Amfortas étant décrit comme l’un des sommets de la distribution. Toujours à Marseille, il fut un Alberich de L’Or du Rhin très applaudi.

Son nom reste indissociablement lié à Wagner. Il fut le Hollandais, Wotan, Alberich, Telramund, Amfortas, Klingsor et Kurwenal, autant de figures qui exigeaient non seulement des moyens vocaux considérables mais aussi une véritable autorité dramatique. Il aborda également le rôle du Wanderer dans Siegfried. Chez Wagner, Welker trouvait manifestement un répertoire à la mesure de son tempérament : des personnages tourmentés, violents, autoritaires ou déchirés, qui réclamaient une voix capable de s’imposer dans les grandes masses orchestrales tout en donnant aux mots leur poids dramatique.

image_printImprimer
Hartmut Welker
0 commentaires 2 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Porgy and Bess à la Philharmonie : Paris, à l’orée d’un autre rivage
prochain post
In memoriam : Pierre Constant (1933-2026)

Vous allez aussi aimer...

In memoriam – MARTINA ARROYO (1937-2026), la voix...

14 octobre 2026

Résurrection d’un oublié de la musique française : Louis-Joseph-Ferdinand...

10 octobre 2026

WILLIAM THOMAS

3 octobre 2026

Il aurait 100 ans aujourd’hui : Gerhard Stolze

1 octobre 2026

FRANCESCO LANZILLOTTA

28 septembre 2026

RICARDA MERBETH : « Les metteurs en scène ne...

26 septembre 2026

In memoriam : Pierre Constant (1933-2026)

17 septembre 2026

Vincenzo MILLETARÌ : « Certaines partitions ne doivent pas...

11 septembre 2026

Rencontre avec le metteur en scène FABIO CERESA...

9 septembre 2026

Antonino Fogliani, l’adieu prématuré à un chef de...

29 août 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE

    7 octobre 2026

En bref

  • Les brèves d’octobre –

    14 octobre 2026
  • La vidéo du mois : Gala aus dem Festspielhaus Baden-Baden – Anja Harteros, Ekaterina Gubanova, Jonas Kaufmann, Bryn Terfel et Marco Armiliato

    1 octobre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

    7 octobre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Hugues Rameau dans Le Crépuscule des dieux de Wagner à Bastille : pour les voix et la musique
  • Jean-Jacques van Weinan dans PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE
  • Jean-Jacques van Weinan dans À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans la confusion des genres
  • Marylise Ty dans Le Crépuscule des dieux de Wagner à Bastille : pour les voix et la musique
  • Hugues Rameau dans A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie avec Orlando de Haendel

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

In memoriam – MARTINA ARROYO (1937-2026),...

14 octobre 2026

Résurrection d’un oublié de la musique...

10 octobre 2026

WILLIAM THOMAS

3 octobre 2026