À la une
Saison 2026-2027 de l’Opéra de Hambourg
Étienne Dupuis à Lyon : du grand, du beau, du...
Covent Garden et la Monnaie de Bruxelles solidaires de Paata...
Théâtre des Champs-Élysées : Mozart et Rossini marquent la rencontre entre...
Un ballo in maschera à Florence : applaudissements nourris pour les...
Festival del Maggio Musicale Fiorentino: debutta Un ballo in maschera...
En chasse à Versailles !
Felicity Lott donne des nouvelles de sa santé
I PURITANI à Turin : entre bel canto et psychanalyse
Sept ans de prison pour la basse Paata Burchuladze !
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduVu pour vousConcert

LES GÉNÉRATIONS DU FESTIVAL D’AMBRONAY –
Carnet de bord 2/3 : W. Christie, T. Langlois de Swarte, O. Gaillard et E. Zaïcik enchantent l’Abbatiale

par Sabine Teulon Lardic 8 octobre 2023
par Sabine Teulon Lardic 8 octobre 2023

© Bertrand Pichène

© Bertrand Pichène

© Bertrand Pichène

© Première Loge

© Alberto Crespo

0 commentaires 4FacebookTwitterPinterestEmail
1,8K

La collaboration intergénérationnelle marque cette journée du 7 octobre à Ambronay. Le duo constitué par William Christie et le jeune violoniste Théotime Langlois de Swarte constitue le premier opus. Le programme Viva Napoli de l’orchestre Pulcinella, dirigé par Ophélie Gaillard, en est le second, en compagnie de la jeune mezzo-soprano Eva Zaïcik.

Le duo issu des Arts Florissants

Le récital de William Christie et Théotime Langlois de Swarte est à la croisée des écoles françaises, allemandes et italiennes du baroque tardif. D’un côté, les sonates de Jean-Marie Leclair et de Jean-Baptiste Senaillé, compositeur révélé par les artistes depuis les fonds de la Bibliothèque nationale de France.  De l’autre, Georg Friedrich Haendel. Après l’enregistrement de l’album Générations Leclair Senaillé (Harmonia Mundi, 2021), leur plaisir de jouer ensemble demeure. En direct de l’Abbatiale, ce programme généreux magnifie tant la souplesse que l’énergie de danses dynamiques (la Gavotte de Senaillé) ou de mouvements virtuoses. L’aisance raffinée des préludes, sarabandes (celle poignante de la Sonate en sol m de J-B. Senaillé) et autres pages modérées séduit par une expressivité sans pathos (et si peu de vibrato au violon). Selon le contraste cher au baroque, la virtuosité fuse de quelques corrente fluides et anime la gigue endiablée de la Sonate en la majeur de J-M. Leclair, si irish avec d’audacieux interprètes. Leur complicité devient surenchère lors de La Follia d’Arcangelo Corelli qui clôture ce marathon olympique de huit sonates. Les double cordes et bariolages surgissent sous l’archet du fougueux prodige du violon, les basses galopent sur le clavecin. Et la surenchère se métamorphose en duel humoristique lors des bis qui s’enchainent, dont le Coucou de Senaillé. Si quelques omissions se sont furtivement glissées pendant ce parcours, le public enthousiaste exprime son bonheur d’écoute en se levant pour un vibrant hommage aux artistes. Leur duo personnifie le geste de transmission dans le foyer incubateur d’Ambronay où le jeune Théotime confie avoir joué dès l’âge de 14 ans !

Napoli avec Ophélie Gaillard et Eva Zaïcik

Grâce au remplacement de la mezzo Eva Zaïcik (le contreténor C. Dumaux étant souffrant), la programmation Viva Napoli de l’ensemble Pulcinella est maintenue ce 7 octobre. Conséquence des changements de dernière minute, une coloration vénitienne s’ajoute avec la présence de Vivaldi, sans omettre celle européenne avec il Caro Sassone (G. F. Haendel). Véritable manteau d’Arlecchino, le concert assemble des pièces orchestrales, deux concerti pour violoncelle et trois airs d’opera seria, dont ceux du maître incontesté de l’école napolitaine, Nicola Porpora.  Dans la première catégorie, l’entrée pulsée de La Trattado de Glosas de Diego Ortiz (espagnol installé à Naples sous domination ibérique) fait la promotion des cordes graves et de la guitare, plus loin suivie d’une Tarentelle (anonyme) qui procède par crescendo de l’instrumentarium. Au fil des pièces, le jeu du psaltérion ou d’autres percussions (castagnettes) fait aussi diversion.

Dans les concerti pour violoncelle, Ophélie Gaillard multiplie les prouesses, elle qui dirige l’ensemble Pulcinella depuis son archet fougueux. Cependant, la pauvreté harmonique du Concerto n° 2 de Leonardo Leo devient lassante, en dépit de cadenza inventive au violoncelle (avec harmoniques). Il faut attendre le Concerto n° 1 de Nicola Fiorenza pour goûter à quelques ritournelles expressives (justesse approximative chez les violons), dont la fameuse « sixte napolitaine » ! Enfin, l’auditeur savoure une écriture polyphonique (à 4 voix) dans le Concerto pour cordes de Francesco Durante, un aspect qui fait défaut aux autres pièces instrumentales sélectionnées. Si le bis du concert enchante le public – le Scaramuccia de la commedia dell’arte napolitaine sous la gestuelle de la percussionniste (Michèle Claude) –, les moments forts de la soirée sont dévolus au chant. Naples est bien le foyer du seria et du buffa dans l’Europe du Settecento. L’expressivité d’une aria extraite du Farnace de Vivaldi et celle issue du Meride e Selinunte de Nicola Porpora font valoir le legato suave d’Eva Zaïcik, conduit sur le souffle. Dans le balancement de mouvements lents, la jeune mezzo française (2e Prix du concours Reine Elisabeth 2018) imprime chaque affetto du da capo, l’un avec une tendre noblesse (Vivaldi), l’autre emplie de « la mia costanza » (Porpora). La mezzo réserve ses feux impérieux pour l’allegro de fureur qui conclut le concert. « Crude furie degli orridi abbisi » (Serse) d’Haendel fait vibrer l’Abbatiale avec l’aisance requise pour affronter l’ambitus vertigineux (du si grave jusqu’au contre-si) : molto brava !

Pour aller plus loin …

  • Plusieurs concerts chroniqués dans ce carnet de bord d’Ambronay sont disponibles sur Culture box (france.tv) : ici et là.
  • Napoli ! album avec Pulcinella Orchestra, Ophélie Gaillard, Sandrine Piau, Marina Viotti, Luan Goes (cd Aparté Ap326, sortie d’octobre 2023).
Les artistes

Récital violon clavecin : William Christie, Théotime Langlois de Swarte.

Concert Viva Napoli : Ophélie Gaillard, Eva Zaïcik, Pulcinella Orchestra.

Le programme

Récital violon clavecin

Sonate HWV 371 de G. F. Handel ; Sonates n° 5 et 6 (Livre I) de J.-B. Senaillé ; Sonates n° 2 et n° 5 (Livre I) de J.-M. Leclair ; Sonate op. 5 n° 12 La Follia d’A. Corelli.

Viva Napoli

La Trattado de Glosas de Diego Ortiz ; Suave melodia (Primo libro di canzone e sinfonie) d’Andrea Falconieri ; Concerto n° 2 pour cello de Leonardo Leo ; Concerto n° 1 pour cello de Nicola Fiorenzo ; Concerto pour cordes de Francesco Durante. « Gelido in ogni vena (Farnace) d’Antonio Vivaldi ; « Torbido intorno al core” (Meride e Selinunte) de Nicola Porpora; “Crude furie” (Serse) de G. F. Haendel.

Concerts du samedi 07 octobre 2023, Festival d’Ambronay.

image_printImprimer
Ophélie GaillardThéotime Langlois de SwartePulcinella OrchestraWilliam ChristieEva Zaïcik
0 commentaires 4 FacebookTwitterPinterestEmail
Sabine Teulon Lardic

Sabine Teulon Lardic est chercheure à l'université de Montpellier 3. Spécialiste de l'opéra-comique du XIXe siècle et des spectacles lyriques dans les Théâtres de plein air (XIXe-XXIe siècles), elle a collaboré aux volumes collectifs de Carmen Abroad (Cambridge Press), The Oxford Handbook of the Operatic Canon (Oxford Press), Histoire de l'opéra français, t.3 (Fayard, 2022). Elle signe également des articles pour les programmes de salle (Opéra-Comique, Opéra de Montpellier) ou la collection CD du Palazzetto Bru Zane.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
LES GÉNÉRATIONS DU FESTIVAL D’AMBRONAY – Carnet de bord 1/3 : Atout Mozart avec le Concert de la Loge
prochain post
BEATRICE DI TENDA, Bellini (1833) – dossier

Vous allez aussi aimer...

Étienne Dupuis à Lyon : du grand, du...

14 mai 2026

Théâtre des Champs-Élysées : Mozart et Rossini marquent la...

14 mai 2026

Un ballo in maschera à Florence : applaudissements nourris...

13 mai 2026

Festival del Maggio Musicale Fiorentino: debutta Un ballo...

13 mai 2026

En chasse à Versailles !

13 mai 2026

I PURITANI à Turin : entre bel canto...

11 mai 2026

SOLARIS, une odyssée sonore entre mémoire musicale et...

9 mai 2026

La vidéo du mois : les KING’S SINGERS...

9 mai 2026

La saison lyrique messine s’achève par un monumental...

9 mai 2026

Genève 26-27 : en route pour de « Nouveaux...

8 mai 2026

Humeurs

  • Covent Garden et la Monnaie de Bruxelles solidaires de Paata Burchuladze

    14 mai 2026

En bref

  • Felicity Lott donne des nouvelles de sa santé

    12 mai 2026
  • Sept ans de prison pour la basse Paata Burchuladze !

    11 mai 2026

La vidéo du mois

*

Édito

  • Édito de mai – L’artiste peut-il ne pas être politique ?

    1 mai 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Dembreville dans Découvrez la saison 26-27 de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen
  • LIN dans La saison lyrique messine s’achève par un monumental Requiem de Verdi
  • Silcho dans Elle aurait 100 ans aujourd’hui : HUGUETTE RIVIÈRE
  • Madar dans L’Or du Rhin brille de nouveau à Marseille
  • BAUDIERE dans Hello Dolly ! enthousiasme l’Odéon de Marseille

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Étienne Dupuis à Lyon : du...

14 mai 2026

Théâtre des Champs-Élysées : Mozart et Rossini...

14 mai 2026

Un ballo in maschera à Florence :...

13 mai 2026