À la une
On ira tous au paradis : l’Opéra de Nancy confie à...
Le navire de Robinson Crusoé fait escale à Nantes avec...
Scala de Milan 2026-2027 : une saison qui marque pleinement...
Saison 26-27 de l’Opéra de Nice
La saison lyrique 2027 du Teatro Regio di Parma
La Femme silencieuse à Berlin : Morosus grogne encore ; Strauss,...
Les brèves de mai –
ENFANCE : un concert du Chœur du COSU Obtenez des invitations...
Découvrez la saison 26-27 de l’Opéra national grec
Opéra de Toulon : une saison 26-27 ambitieuse malgré les...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduVu pour vousConcert

Glory to God – Spiritualité festive au TCE : un concert investi par l’esprit de Noël !

par Ivar kjellberg 21 décembre 2024
par Ivar kjellberg 21 décembre 2024
0 commentaires 5FacebookTwitterPinterestEmail
1,5K

De prime abord, difficile d’imaginer que la musique sacrée puisse constituer un terreau fertile à l’amusement ou à la fantaisie. Mais c’était sans compter sur Jean-Christophe Spinosi, bien décidé à secouer un public pas toujours enclin à sortir des sentiers battus, surtout sur un programme intitulé « Glory to God » (Gloire à Dieu).

© Jean-Baptiste Millot

Il tape du pied en rythme avec la musique, il trépigne, élargit les bras comme pour étreindre les musiciens, il saute à pied joint en marquant le rythme. Ce n’est pas une rock star, mais c’est tout comme. Le charismatique chef d’orchestre « blagueur » comme on entend dans le public, Jean-Christophe Spinosi, avait promis des surprises dans son programme de la soirée. Et le moins que l’on puisse dire c’est que les promesses furent tenues !

Dans la musique sacrée, plus que dans des opéras, la fusion orchestre-chœur constitue la clef de voûte de l’exécution de l’œuvre, les partitions des deux étant souvent difficilement dissociables car superposant leurs lignes musicales au même moment, dans une dualité quasi parfaite. Si cette fusion ne s’opère pas, le charme est définitivement rompu. Ici, aucun retard des musiciens, aucun souffle mal placé de la part de choristes, aucune erreur liée à un défaut d’attention : l’exécution se fait au cordeau devant un public conquis par la générosité des artistes.  L’orchestre de l’Ensemble Matheus est attentif, les chœurs de l’Ensemble vocal Mélismes précis.

Constituée un peu comme un « best of » de diverses messes de Noël, la soirée commence avec le Dixit Dominus de Baldassare Galuppi. Enthousiaste, ce premier mouvement réjouissant introduit parfaitement l’œuvre du même nom écrite par Haendel. Dans ces deux « Paroles de l’Eternel », l’ensemble Matheus répond avec énergie et attention à la baguette du chef dont la précision, dans la direction des musiciens et du formidable Ensemble Vocal Mélismes, ne faiblira pas du début à la fin. Cette messe catholique, écrite par Haendel, protestant allemand pour les vêpres d’une fête religieuse romaine, établit des alternances surprenantes entre des passages énergiques et d’autres plus lents et proches du style opératique, dans la manière qu’ils ont de mettre en valeur les chanteurs solistes.

L’extrait de l’Oratorio de Noël de Bach « Flöβt, mein Helland… » devient un morceau participatif où Spinosi, le violon en main descend parmi les spectateurs pour les faire chanter en léger écho à la partie de la soprano, joliment assurée par Nina Maestracci, voix toute en souplesse et légèreté, dialoguant avec le flûtiste. Le chœur enchaîne avec un Glory to God à la fois enjoué et imposant. La juvénilité du chœur n’est pas pour rien dans le rayonnement du son, rendu très homogène et conférant tout sa gloire au morceau.

Le Gloria de Vivaldi est quant à lui entonné avec de nouveau un grand souci de précision et une mise en valeur de chaque pupitre dans une fusion avec l’orchestre et dont on retiendra le « Cum sancto spiritu » éclatant.

Les morceaux sont entrecoupés d’interventions du chef d’orchestre, celui-ci venant rappeler au public que derrière le propos religieux de ces œuvres, c’est essentiellement la célébration des fêtes et de l’année s’achevant dont il est question, rappelant ainsi que pour que la musique sacrée perdure, celle-ci doit dépasser le contexte religieux dans lequel elle s’inscrit historiquement, pour mieux traverser les âges et toucher un public qui ne demande peut-être qu’à la découvrir.

Malena Ernmann dans le « virgam virtutis tuae » fait jaillir des aigus un peu abrupts, qu’elle fait suivre de graves agiles et frémissants, la versatilité de la chanteuse faisant des merveilles dans la suite du programme, avec son improvisation jazzy sur « Douce Nuit, sainte nuit » et son gospel endiablé au sein du chœur pour l’Hallelujah final. Tandis que Nina Maestracci, soprano au fil de voix très pur et au souffle long parvient à rendre toute la solennité des parties lui incombant, sa voix s’accordant harmonieusement avec celle de Marlène Assayag – notamment dans le « Laudamus te » du Gloria -, soprano à la voix légèrement plus ronde et incarnée que celle de sa consœur. Les deux voix forment une combinaison vocale légère et tout à fait complémentaire sur leurs airs, avec des timbres doucement acidulés et un beau contrôle du souffle. Côté hommes, Joseph Pernoo (dans une trop brève intervention) et Matthieu Toulouse viennent apporter leur talentueuse contribution au Dixit Dominus de Haendel, la basse faisant preuve de graves profonds d’une belle ampleur.

Après un rappel final du Gloria, des impros jazz et gospel sur « O douce nuit » et sur le « Hallelujah » de Haendel, le public a pu repartir sereinement, envahi par l’esprit des fêtes de Noël.

Les artistes

Nina Maestracci : soprano
Marlène Assayag : soprano
Malena Ernman : mezzo-soprano
Joseph Pernoo : ténor
Matthieu Toulouse : basse

Ensemble Matheus
Académie Haendel Hendrix
Ensemble Vocal Mélismes (direction : Gildas Pungier), dir. Jean-Christophe Spinosi

Le programme

Glory to God

Galuppi Dixit Dominus (1er mouvement)
Haendel 
Dixit Dominus, HWV 232
Bach Oratorio de Noël, BWV 248 (Air « Flößt, mein Heiland, flößt dein Namen »)
Haendel
 Le Messie (Glory to God)
Vivaldi Gloria RV 589
Haendel
 Le Messie (Alleluia)

Théâtre des Champs-Elysées (Paris), concert du 18 décembre 2024.

image_printImprimer
Jean-Christophe SpinosiEnsemble Matheusnina maestraccimalena ernman
0 commentaires 5 FacebookTwitterPinterestEmail
Ivar kjellberg

Habitué de longue date du TCE et pianiste amateur, Ivar Kjellberg est venu à l'art lyrique grâce à ses parents, qui faisaient sonner Wagner dans tout l'immeuble pour l'amuser. Grand fan des interprètes des années 70 et de l'opéra allemand, Ivar peut écouter en boucle les disques d'Edda Moser et d'Hermann Prey avant d'enchaîner... sur un bon Offenbach !

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Il aurait 100 ans aujourd’hui : Giangiacomo GUELFI
prochain post
NICOLA ALAIMO

Vous allez aussi aimer...

On ira tous au paradis : l’Opéra de Nancy...

31 mai 2026

Le navire de Robinson Crusoé fait escale à...

30 mai 2026

Scala de Milan 2026-2027 : une saison qui...

29 mai 2026

La Femme silencieuse à Berlin : Morosus grogne encore...

29 mai 2026

Don Giovanni à Montpellier – Une nuit mozartienne...

25 mai 2026

La Grande Duchesse de Gérolstein de nouveau à...

25 mai 2026

Grand Amphithéâtre de la Sorbonne – Defiant Requiem,...

25 mai 2026

Ermonela Jaho à Gaveau, humble servante… des Arts...

25 mai 2026

À l’auditorium de Lyon, Francis Poulenc trouve son...

24 mai 2026

Seconde distribution d’Un ballo in maschera à Florence

23 mai 2026

Humeurs

  • Covent Garden et la Monnaie de Bruxelles solidaires de Paata Burchuladze

    14 mai 2026

En bref

  • Les brèves de mai –

    29 mai 2026
  • Quand WHOOPI GOLDBERG affiche sa passion pour l’art lyrique !

    15 mai 2026

La vidéo du mois

*

Édito

  • Édito de mai – L’artiste peut-il ne pas être politique ?

    1 mai 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Rossi dans Timothée Chalamet, ou la médiocrité tranquille
  • Marc Dumont dans Grand Amphithéâtre de la Sorbonne – Defiant Requiem, Verdi à Terezín : la bouleversante conclusion de l’hommage aux musiciens de Terezín
  • Sabine Teulon Lardic dans Grand Amphithéâtre de la Sorbonne – Defiant Requiem, Verdi à Terezín : la bouleversante conclusion de l’hommage aux musiciens de Terezín
  • Hayden dans Ermonela Jaho à Gaveau, humble servante… des Arts et des Lettres
  • AnoNîmes dans Timothée Chalamet, ou la médiocrité tranquille

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

On ira tous au paradis : l’Opéra...

31 mai 2026

Le navire de Robinson Crusoé fait...

30 mai 2026

Scala de Milan 2026-2027 : une...

29 mai 2026