À la une
Versailles : Des Ténèbres au Paradis
TOSCA FOR EVER – une version inédite de Tosca , telle...
CD – Les mondes de Médée
Les brèves d’avril
Philharmonie : un Rigoletto aux sonorités très pures
Marseille : Luc et Lucette d’Offenbach, une renaissance réussie
Ça s’est passé il y a 400 ans : naissance...
Un ballo in maschera à la Staatsoper de Berlin : le...
Un Ballo in maschera alla Staatsoper di Berlino : la...
Comment pourrait-on réellement croire qu’il est possible de séparer l’art...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduRécitalVu pour vous

Splendeur et majesté de Sonya Yoncheva Salle Gaveau

par Nicolas Mathieu 23 octobre 2021
par Nicolas Mathieu 23 octobre 2021
Sonya Yoncheva - Salle Gaveau ©Nicolas Mathieu
0 commentaires 7FacebookTwitterPinterestEmail
1,5K

La soprano superstar a fait frissonner la Salle Gaveau avec un programme alliant mélodie, chansons et airs d’opéra des répertoires français (Duparc, Chausson, Bizet) et italiens (Puccini, Martucci, Tosti, Verdi), accompagnée du piano complice de Malcolm Martineau.

C’est un bouquet fleuri de courtes pièces que nous présente ce soir Sonya Yoncheva à la Salle Gaveau, aux côtés du pianiste Malcolm Martineau. Au programme, Duparc, Chausson, Donizetti, Bizet, Puccini, Martucci, Verdi… de quoi faire tourner la tête de l’âme lyricomane en quête de sensations face à sa superstar préférée. Rigoureusement structuré en deux parties (la première en français, la seconde en italien), ce récital bilingue est introduit par la mélodie avec Duparc et son Invitation au voyage.

Avec Sonya Yoncheva, nous n’entendons pas de la mélodie dans son aspect intimiste et à demi teinte. Nichée au creux du piano, l’interprète fait contraster l’immobilisme de sa posture avec un sens de l’emphase vocale, les sentiments poussés à leur paroxysme. En somme, la verve opératique d’un Verdi appliquée à la mélodie. L’invitation au voyage arbore dès lors une teinte profondément solennelle et métaphysique, corroborée par un tempo pris lentement qui donne à la voix une amplitude parfois marquée de lourdeur. Ceci malgré un phrasé et une virtuosité dans le contrôle de la voix très appréciée, avec des graves magnifiques, puisés au fond de la gorge (« La vie antérieure ») jusqu’à l’aigu diaphane. L’enrobé opératique dans la voix fait par ailleurs pâtir la diction de l’interprète, rarement compréhensible, une donnée sensible par comparaison à ce que nous proposent certains interprètes en la matière aujourd’hui (Sabine Devieilhe, Fatma Saïd…). Au demeurant, « l’effet Yoncheva » fonctionne, et les premiers bravi fusent dès la fin du cycle Duparc. Le public est déjà conquis !

Sans forcer, l’interprète poursuit dans cet élan avec la mélodie « Hai Luli » de Pauline Viardot et sa ritournelle entêtante, alliant simplicité et expressivité du geste vocal, avec toujours une profonde intensité émotionnelle (« S’il doit un jour m’abandonner » au vibrato serré). Un mouvement retrouvé dans Le Charme de Chausson où la voix file lentement de longues volutes sur les accords au ton de choral du piano, au contraire d’un Temps des lilas puissamment théâtral, où elle offre un bal de nuances, passant sur une note tenue du fortissimo au pianissimo en un decrescendo à couper le souffle. Dans ce territoire de solennité, les Filles de Cadiz viendraient presque surprendre. La soprano joue toutefois le jeu les bras croisés, la voix nonchalante, le visage mimant le geste du mordant.

Malcolm Martineau et Sonya Yoncheva - Salle Gaveau ©Nicolas Mathieu

La seconde partie laisse apprécier une Sonya Yoncheva visiblement plus à l’aise sur le répertoire italien. L’immobilisme de la pose se décoince, l’interprète investit davantage la scène, et la voix embrasse ses lignes avec plus de justesse. Elle « raconte » davantage et le corps raconte avec elle. Le quatuor Puccini – Martucci – Tosti – Verdi se trouve ainsi bien servi. On retiendra particulièrement la fluidité aquatique du « Terra e mare », l’apogée poitriné du contre-si triomphant du « Canto d’anime » de Puccini, le port de voix si contrôlé dans « L’ultimo bacio » de Tosti, ou la poésie subtile de la « Solitaria stanza » de Verdi.

Il faut saluer la contribution essentielle du pianiste Malcolm Martineau, dont le jeu sur le Yamaha de la soirée est d’une écoute absolument louable. Les yeux autant rivés sur l’interprète que sur son clavier, guettant chaque respiration, ralenti, accélération, il tire de son instrument un cadre harmonique, rythmique et mélodique propice à l’éclosion de la plus grande liberté vocale.  À cela s’ajoute une finesse de jeu très appréciée, avec un art subtil des registres sonores. Et que dire de ces piani soudains embrassés ensemble, précieux témoignages de la complicité entre les interprètes que confirment les sourires mutuellement lancés…

Et finalement, c’est lorsqu’ adviennent les trois bis finaux que Sonya Yoncheva, libérée de son pupitre, semble pouvoir pleinement s’adonner au geste opératique avec un « Donde Lieta usci »  de Mimi de Puccini à donner le frisson, le tube lyrique « L’amour est un oiseau rebelle«  de Bizet dans un sulfureux jeu de séduction avec le pianiste, avant de retourner à la solennité première avec l’« Adieu à notre petite table » de Manon de Massenet. Le récital s’achève, et l’interprète vient à peine de se dévoiler.

Les artistes

Sonya Yoncheva, soprano
Malcom Martineau, piano

Le programme

Henri Duparc 
L’invitation au voyage
Au pays où se fait la guerre
La vie antérieure
Chanson triste

Pauline Viardot
Hai Luli

Ernest Chausson
Le temps des lilas
Le charme
Sérénade italienne

Gaetano Donizetti
Depuis qu’une autre

Leo Delibes
Les Filles de Cadix

Giacomo Puccini
Sole e Amore
Terra e Mare
Mentia l’avviso
Canto d’anime

Giuseppe Martucci
Al folto bosco

Francesco Paolo Tosti
L’ultimo bacio
L’ideale

Giuseppe Verdi
In solitaria stanza
Ad una stella
L’esule

Bis
Donde Lieta usci (La Bohème, Puccini)
Habanera (Carmen, Bizet) 
Adieu notre petite table (Manon, Massenet) 

Récital du jeudi 21 Octobre 2021, 20h30
Salle Gaveau, Paris

En découvrir plus…

image_printImprimer
Sonya YonchevaMalcolm Martineau
0 commentaires 7 FacebookTwitterPinterestEmail
Nicolas Mathieu

Après des études de philosophie à l'ENS de Lyon et de politiques culturelles à l'Université de Paris, Nicolas se tourne vers la gestion culturelle à HEC Paris. Formé aux conservatoires de Lille et de Lyon en piano et en écriture, il consacre ses projets personnels au dialogue entre la musique et les autres arts comme organisateur de ciné-concerts (S'émanciné), de lectures performées (Compagnie 44) et autres formats pluridisciplinaires.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Elle aurait 100 ans aujourd’hui : DENISE DUVAL
prochain post
Lumières sur Sophie Koch et Bertrand Chamayou au Capitole

Vous allez aussi aimer...

Versailles : Des Ténèbres au Paradis

1 avril 2026

Philharmonie : un Rigoletto aux sonorités très pures

31 mars 2026

Marseille : Luc et Lucette d’Offenbach, une renaissance réussie

31 mars 2026

Un ballo in maschera à la Staatsoper de...

30 mars 2026

Un Ballo in maschera alla Staatsoper di Berlino...

30 mars 2026

Piacenza : création de Cronaca di un amore...

29 mars 2026

À Bordeaux, la Flûte enchantée choisit la fable

29 mars 2026

Ascanio in Alba au TCE : l’éclat de...

28 mars 2026

Et Marseille porta au pinacle des Dialogues des...

28 mars 2026

Il Trovatore à Monte-Carlo, un opéra de chef…...

25 mars 2026

Humeurs

  • Comment pourrait-on réellement croire qu’il est possible de séparer l’art de la politique ?

    30 mars 2026

En bref

  • Les brèves d’avril

    31 mars 2026
  • Les brèves de mars –

    27 mars 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Transposer un mythe dans la contemporanéité : mettre à jour… ou mettre à plat ?

    1 mars 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Stéphane Lelièvre dans TOSCA FOR EVER – une version inédite de Tosca , telle que Puccini en rêvait !
  • meyer frederic dans TOSCA FOR EVER – une version inédite de Tosca , telle que Puccini en rêvait !
  • Guermantes dans TOSCA FOR EVER – une version inédite de Tosca , telle que Puccini en rêvait !
  • antonio meneghello dans Philharmonie : un Rigoletto aux sonorités très pures
  • Teulon Lardic sabine dans TOSCA FOR EVER – une version inédite de Tosca , telle que Puccini en rêvait !

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Versailles : Des Ténèbres au Paradis

1 avril 2026

Philharmonie : un Rigoletto aux sonorités très...

31 mars 2026

Marseille : Luc et Lucette d’Offenbach, une...

31 mars 2026