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Artistes

Daniel-François-Esprit AUBER : un maître de l’opéra romantique à redécouvrir

par Jean-François Lavigne 22 juin 2026
par Jean-François Lavigne 22 juin 2026
Daniel Fransois Auber
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Pour beaucoup de Français, et à plus forte raison, de Parisiens, « Auber », aujourd’hui, c’est une station de RER. Mais le grand public ignore parfois que ce Daniel-François-Esprit, à la longévité peu commune pour son époque (1782-1871), fut l’une des gloires incontestées du théâtre lyrique français du XIXe siècle.

Pourquoi évoquer aujourd’hui ce quidam méconnu de beaucoup, dont Stendhal disait « qu’il était un homme à envier » ? Un point précis : si l’on excepte les révélations discographiques instaurées par Michel Plasson, Antonio de Almeida, Marc Minkowski, ou plus près de nous, Hervé Niquet, François-Xavier Roth, Guillaume Tourniaire ou Nicolas Chalvin, force est de reconnaître que ce sont souvent les chefs d’orchestres étrangers qui s’intéressent aux raretés de notre répertoire du XIXe siècle. Témoins Richard Bonynge, John Eliot Gardiner, Thomas Fulton, Ryan Brown, Paul McCreesh, Andrew Mogrelia, et, dans le cas présent, Dario Salvi.

Mais si nous faisions d’abord connaissance avec Auber ?

Éléments biographiques

Gravure de Jean-Baptiste-Adolphe Lafosse, d'après une photograhie de Cremière, 1865.

Le père d’Auber, marchand d’estampes de Caen, fut aussi maître des chasses de Louis XVI, recevant chez lui musiciens et artistes. En dépit d’une initiation au négoce, notamment en Angleterre, Daniel-François-Esprit se tourna très vite et définitivement vers la musique. Ses premiers ouvrages, donnés à Paris dès 1806, attirèrent sur lui l’attention de Luigi Cherubini, qui lui prodigua ses conseils. Auber écrivit d’abord des œuvres religieuses (O salutaris Hostia [1854], de nombreux « hymnes » (Stabat Mater, Veni creator, Ecce panis angelorum…) pour la Chapelle du Louvre…) et plusieurs concertos (4 pour Violoncelle, 5 pour Violon). Puis très vite, il composa exclusivement pour la scène. 

Les débuts furent laborieux, mais La Bergère châtelaine (1820) remporta un net succès, qui s’attacha à Auber jusqu’à la fin de sa vie ! Dès lors, il composa environ un opéra ou un opéra-comique par an ; près de 40 opéras-comiques (dont Fra Diavolo, Les Diamants de la couronne, Le Domino noir), des opéras (dont Gustave III), un opéra-ballet (La Muette de Portici), un ballet (Marco Spada)…

En 1823, sa grande chance fut sa rencontre (qui se mua vite en amitié) avec le librettiste très recherché, Eugène Scribe. Tous deux devinrent très vite les meilleurs fournisseurs de l’Opéra et de l’Opéra-Comique. Auber demeura fermé aux influences allemande et italienne, exception faite au début, de Gioacchino Rossini : spectateur amusé des fluctuations de la mode musicale, et ennemi des excès en tout, Auber comprit que la méthode rossinienne pouvait rendre à un compositeur français de précieux services.

Eugène Scribe par C.E.H. Lecomte-Vernet (Musée Carnavalet)

Auber entra à l’Institut en 1829 sous le règne de Charles X. L’année suivante, au début du règne de Louis-Philippe, il fut nommé directeur des concerts de la Cour, succéda à Cherubini comme directeur du Conservatoire en 1842 et fut maître de chapelle de la Cour Impériale de Napoléon III à partir de 1857. 

Auber disposait d’une loge privée à l’Opéra, où il passait la plupart de ses soirées. Détail original : ce personnage énigmatique, hors du commun, ne vit jamais ses propres œuvres, déclarant simplement que, s’il y allait, il n’écrirait plus une note de sa vie !… Ce musicien modeste vécut une vie assez simple à Paris et ne se maria jamais, même s’il s’entichait régulièrement de ses élèves féminines…

Il mourut pendant la Commune, à l’âge de quatre-vingt-neuf ans.

L'art d'Auber - Le regard de ses contemporains sur son œuvre

 Auber avait un métier très sûr, une plume féconde, une invention mélodique claire et un sens avisé du théâtre de son temps.

Dans le domaine de l’opéra-comique, son inspiration est très caractéristique : élégante, pétulante, nuancée, recourant à des thèmes très spécifiques, qui se gravent dans la mémoire, et à une écriture extrêmement sûre. Auber est considéré comme l’un des fondateurs de l’opéra-comique français du XIXe siècle, avec Boieldieu, Adam et Hérold. Malgré l’influence de Rossini à ses débuts, la musique d’Auber conserve dans l’ensemble une qualité personnelle. Rossini lui-même déclarait : “Bien que la musique d’Auber soit légère, son art est profond !”
Dans ses opéras-comiques, Auber marie la romance dans le style de Grétry et une virtuosité vocale ornée à la manière de Rossini, ce qui, selon Berlioz, donne « de la musique de marchande chantée par des grisettes et des commis voyageurs. » Ses opéras-comiques rencontrèrent pour beaucoup un succès immense : Fra Diavolo fut donné 900 fois à Paris entre 1830 et 1911 ; et Le Domino noir, de 1837, fut donné 1200 fois…

Après Le Siège de Corinthe de Rossini (1826), La Muette de Portici (1828), qui précède d’un an Guillaume Tell de Rossini et de trois ans Robert le Diable de Meyerbeer, ouvre l’ère du grand opéra historique, à mise en scène spectaculaire. Cette œuvre, chaleureusement louée par Wagner, est d’une puissance et d’une passion surprenantes et convaincantes : lors de son exécution à Bruxelles en 1830, le duo « Amour sacré de la patrie » donna le signal des troubles révolutionnaires, qui entraînèrent la séparation de la Belgique et de la Hollande. Cette fois encore, Auber répondait au goût de son public, le devançait, le magnétisait. Ce faisant, il provoquait à nouveau cet amour dont Paris le combla pendant cinquante ans.

Reprise de La Muette de Portici à l’Opéra. Dessin de M. Adrien Marie, Le Théâtre illustré, 1879. (© BnF / Gallica) Le Monde illustré, 27 septembre 1879.

Dans La Muette de Portici, Auber utilise toutes les ressources combinées de la puissance vocale des solistes, de la richesse chorale, du mouvement des ensembles, vocaux ou de danses, et des pouvoirs expressifs de l’orchestration. Son rôle est également essentiel dans l’évolution de l’opéra-comique, genre qu’il contribua à détacher de l’influence rossinienne, pour lui donner cette allure de « demi-caractère » enjouée et colorée qui fit identifier le genre avec l’esprit parisien.

La Muette de Portici. Le théâtre en images (1863)

Le Paris qu’incarnait Auber était une société polie, se complaisant en des thèmes enjoués et faciles à retenir. Auber imposa son élégance, son tact, son bon goût, une clarté parfaite, une abondance de rythmes, une limpidité de motifs, bref un excellent ton de « comédie en musique », qui scella d’un cachet spécial la moindre de ses mélodies.

Les pages composées par Auber savaient rappeler avec distinction et panache au public mondain, qu’il était là avant tout… pour écouter. Difficile en effet, de faire cesser à l’époque d’Auber, dans les salles de théâtre, les discussions de promenoirs, les comparaisons grivoises sur les galbes des danseuses, les échanges feutrés de billets doux, cerclés d’œillades assassines laissant présager de torrides joutes amoureuses, mais se souciant le moins du monde de l’expression musicale.
Les succès d’Auber furent aussi dus à l’amélioration de la qualité musicale des représentations. Directeur de la salle Favart depuis 1834, Crosnier sut entendre les admonestations de Berlioz, qui souhaitait voir en l’Opéra-Comique, « enfin un véritable théâtre lyrique » !

Quelques réactions de contemporains d’Auber à l’œuvre du compositeur :

Camille Saint-Saëns : Directeur du Conservatoire, qui eut sous son règne un éclat qu’il n’a jamais retrouvé depuis, facilement accessible à tous, se montrant en public, souvent au théâtre, entouré de nymphes légères, comment Auber trouvait-il le temps d’écrire tant d’ouvrages ? Il faut que sa facilité, sa fertilité d’invention aient été extraordinaires. C’est en entendant les couplets de la Corvette, dans Haydée, que Verdi eut l’idée de l’effet du chœur à bouches fermées qui donne tant de caractère au dernier acte de Rigoletto.

 

Théophile Gautier : M. Auber que l’on a vivement contesté ces dernières années, comme manquant de science et de profondeur, est un compositeur d’un mérite hors ligne. Il a son style à lui, ce qui est à notre avis, la première qualité de tout artiste.

 

Blaze de Bury : La musique d’Auber est si réellement parisienne, elle a tant de charme, qu’elle enivre plus doucement que le champagne et son regard lumineux et vif, coulant à la dérobée, évoque constamment orchestre et parterre.

 

Richard Wagner (sur La Muette de Portici) : Auber sut donner à sa musique les contrastes les plus frappants, les couleurs les plus vives, et ces différences étaient accusées d’un dessin si net et si ferme qu’il semblait qu’en écoutant son opéra, on voyait se dérouler toute une série de tableaux peints avec des sons.

 

Gérard de Nerval : M. Scribe a créé un genre d’opéra-comique qui n’est qu’à lui. M. Auber sait appliquer à cette sorte de littérature une musique idoine également sûre de plaire à tous, et de cet ensemble spirituel et harmonieux, il résulte une foule de succès aimables, qui ne s’arrêteront qu’à la mort de l’un ou de l’autre d’iceux. Puisse le dieu des vers et de la musique en retarder longtemps l’événement. Car ce jour-là, l’on commencerait à se demander de nouveau : Qu’est-ce donc qu’un opéra-comique ? (…) Aujourd’hui, il suffit de dire : c’est de l’Auber, c’est du Scribe, c’est ce qu’ils voudront ! C’est charmant !

 

Charles Malherbe : L’œuvre d’Auber est un jardin à la française où tout est ordonné avec soin, où les allées sont tirées au cordeau.

 

Adolphe Adam : Les qualités d’Auber : la finesse, l’esprit, la couleur locale et la richesse d’instrumentation, la recherche et la coquetterie de l’harmonie. Auber est un homme que je regarde comme le premier musicien du siècle après Rossini.

Auber aux XXe et XXIe siècles

Force est de constater qu’Auber se fit extrêmement rare sur les cènes françaises et internationales au XXe siècle. En 1968 cependant, un hommage (bien peu musical)  lui fut rendu par la construction d’une gare parisienne sous la houlette de l’architecte André Wogenscky, avec l’aide des architectes d’intérieurs Alain Richard et André Monpoix. Cette gare fut inaugurée en novembre 1971, mise en service par la Régie Autonome des Transports Parisiens. Il s’agit d’une une gare ferroviaire française de la ligne A du RER, située sous la rue Auber, dans le 9e arrondissement de Paris. 

En janvier 1982, pour célébrer le Bicentenaire de la naissance d’Auber, la Délégation à l’Action Artistique de la Ville de Paris organisa une formidable exposition, AUBER et l’opéra romantique, présentée conjointement à la station Auber, justement, et dans les salons des Mairies annexes des XIIIe et IIIe arrondissements. Son but était clairement de réhabiliter un musicien qui joua un rôle prépondérant dans la vie artistique et mondaine de son époque. Le Paris qu’incarnait Auber était une société polie, se complaisant en des thèmes enjoués et faciles à retenir. Auber imposa son élégance, son tact, son bon goût, une clarté parfaite, une abondance de rythmes, une limpidité de motifs, bref un excellent ton de comédie en musique, qui scella d’un cachet spécial la moindre de ses mélodies.

Suite à cette exposition, quelques enregistrements furent réédités pour l’occasion : Manon Lescaut, Le Cheval de bronze et le ballet Marco Spada. D’autres en découlèrent : Fra Diavolo, La Muette de Portici, Gustave III ou Le Bal masqué, Le Domino noir. Plus près de nous : La Sirène, Le Philtre. (voir discographie ci-dessous).

Puis, de nouveau, l’oubli : Auber fut rarement joué sur les scènes parisiennes, dont il fut pourtant un emblème musical, et encore moins en concert… Pourtant les Couplets de la Bourbonnaise ou Air de l’éclat de rire de Manon Lescaut, « C’est l’histoire amoureuse… » renaît régulièrement aux concours d’entrées des Conservatoires…
Fort heureusement, au début du XXIe siècle, le musicien fait un retour en force sur les planches de l’Opéra-Comique, avec deux productions marquantes ayant rencontré un très grand succès : La Muette de Portici en 2012 , et Le Domino noir en 2018 (repris en 2024).

Dario Salvi conduisant l'Orchestre Philharmonique de Sofia - © V. Balevska

Enfin, un chef d’orchestre étranger réveille aujourd’hui l’intérêt discographique sur ce compositeur mal connu, l’Italo-Ecossais, Dario Salvi. Ce chef pugnace et racé nous concocte avec amour, depuis 2018, une passionnante anthologie des plus belles pages orchestrales extraites des opéras et opéras-comiques d’Auber, courageusement éditée par Naxos.

À ce jour, 9 volumes sont parus (voir détail ci-dessous), et le 10e clôturera en octobre prochain cette entreprise, qui mériterait d’être beaucoup plus saluée par la presse spécialisée. Assurant en quelque sorte le relai de Richard Bonynge, Jean Martinon et Paul Paray, qui se spécialisèrent dans ce répertoire, Dario Salvi, exprime toute la saveur et le punch qui pétillent de ces musiques.

Le « génie » n’explose pas à chaque page de ce compositeur lucide quant à son talent, mais avant tout aimable, raffiné, élégant et très spirituel. Auber n’était en rien un révolutionnaire novateur comme son contemporain Berlioz. Mais cette anthologie permet de réévaluer certains jugements hâtifs et de nous replonger dans une époque révolue, celle des kiosques à musique : nos arrières-arrières-grands-parents se délectaient, lors de leurs promenades, de prestations musicales en plein air, où jaillissaient des ouvertures et des entr’actes d’Auber, Adam, Hérold, Boieldieu, Offenbach, Lecocq et autres…

Pour cette opération fort originale, sur les 9 premiers volumes, Dario Salvi s’adjoint le concours de 5 orchestres différents, tous se livrant avec un plaisir communicatif à ce challenge surprenant. D’ailleurs, une écoute attentive de bien des morceaux permet d’évaluer ce que Delibes, Offenbach, Lecocq, Chabrier, Massenet et quelques confrères devront à Auber…

Le choix des pages par Dario Salvi est judicieux, mêlant des ouvrages (relativement) connus (Fra Diavolo, La Muette de Portici) à de très nombreuses découvertes, pour ne pas dire exhumations. L’enthousiasme des interprétations, autant que la direction incisive et charmeuse de Dario Salvi, stimulent notre curiosité !

Anthologie AUBER par Dario Salvi (Naxos)

Volume 1 (2018), avec le Czech Chamber Philharmonic Orchestra Pardubice : Le Maçon (1825 = ouverture, entracte Acte III, Musique de dialogue Acte II), Le Timide ou Le Nouveau Séducteur (1826 = Ouverture), Leicester, ou Le Château de Kenilworth (1823 = Ouverture et Entracte Acte III), Le Séjour militaire (1813 = Ouverture), Emma, ou La Promesse imprudente (1821 = Ouverture, Entr’actes des Actes II et III), La Neige, ou Le Nouvel Eginard (1823 = Ouverture, Entr’acte Acte III), Le Testament et les Billets doux (1819 = Ouverture), La Bergère châtelaine (1820 = Ouverture, Entr’actes Actes II et III).

Nous vous recommandons notamment La Bergère châtelaine, histoire de découvrir les débuts d’Auber, mais les pages du Maçon, de Leicester ou de La Neige, ne manquent ni d’élan, ni de poésie.

Volume 2 (2019), avec Marketa Cepicka (violon), Czech Chamber Philharmonic Orchestra Pardubice : Le Concert à la Cour ou La Débutante (1824 = Ouverture), Concerto pour Violon et orchestre (1805), Fiorella (1826 : Ouverture, Entracte Acte III), Julie, ou L’Erreur d’un moment (1805 = Ouverture, Finale)=, Lestocq, ou L’Intrigue et l’Amour (1834 = Entracte Acte III), Léocadie (1824 = Ouverture, Enr’actes Actes II et III), Couvin, ou Jean de Chimay (1812 = Introductions Actes I et II), La Fiancée (1829 = Entracte Acte III).

La violoniste Marketa Cepicka joue tout en délicatesse une œuvre de jeunesse, certes, mais déjà fort prometteuse. Un violoniste se risquera-t-il (elle) dans l’intégrale des 5 Concertos ? Toutefois, Lestocq et Léocadie restent les pages majeures de ce cd.

Volume 3 (2019), avec le Moravian Philharmonic Orchestra : Grande Ouverture pour l’inauguration de l’Exposition à Londres (1862), La Barcarolle, ou L’Amour et la Musique (1845 = Ouverture, Entracte Acte II, Air de danse Acte III), Les Chaperons blancs (1836 = Ouverture, Entr’actes Actes II et III), Lestocq, ou L’Intrigue et l’Amour (1834 =  Ouverture, Entracte Acte II), La Muette de Portici (1828 = Ouverture), Rêve d’amour (1869 = Ouverture, Entracte Acte III), Le Serment, ou Les Faux monnayeurs (1832 = Ouverture)

Pour les œuvres « connues », on nous propose ici des pages de Lestocq et surtout de La Muette de Portici, encore que… C’est surprenant, pour cet opéra-ballet (titré parfois Masaniello), sur les deux intégrales existantes, les pages de ballet sont absentes ou escamotées (Fulton/EMI, Hermus/CPO), et Dario Salvi, pour l’instant, ne les a pas enregistrées non plus… Pour les découvrir, il faudra vous tourner vers Tommy Andersson (STERLING/2000). Par contre, l’ouverture de Rêve d’amour comporte de bien jolies pages, de même que Les Chaperons blancs… Quant à La Grande Ouverture pour l’inauguration de l’Exposition à Londres, elle demeure… une curiosité.

Volume 4 (2019), avec le Moravian Philharmonic Orchestra : Le Duc d’Ollone (1842 = Ouverture, Entracte & Introduction Acte II, Entracte Acte III), Fra Diavolo, ou L’Hôtellerie de Terracine (1830 = Ouverture, Entracte Acte III), Le Philtre (1831 = Ouverture, Entracte Acte II), La Fête de Versailles « Divertissement de Versailles » (1837), La Fiancée du Roi de Garbe (1864 = Ouverture, Danse Finale Acte I, Entracte Acte II, Mélodrame Acte III), Actéon (1836 = Ouverture)

L’orchestre aborde l’inusable Fra Diavolo. Souvenez-vous : le succès se prolongea jusque sur un film éponyme de Hal Roach et Charley Rogers (1933) avec en vedettes… Laurel et Hardy, utilisant toujours la musique d’Auber ! Plus près de nous, Joan Sutherland chantait volontiers le grand aria « Ne craignez rien, Milord… Quel bonheur, je respire » (voir discographie). Puis voici une belle découverte avec La Fiancée du roi de Garbe, et une surprise de taille : La Fête de Versailles, délivrant de malicieuses allusions à Lully, Haëndel, Beethoven, Mozart, Rossini et même Rouget de L’Isle ! Ceci démontre qu’Auber pouvait être champion du pastiche, le cas échéant !

Volume 5 (2020), avec le Janacek Philharmonic Orchestra : Zanetta (1840 = Ouverture, Entr’actes Actes II et III), Zerline (Ouverture, Entracte Acte II, Introduction Acte III, Ballet Acte III), Philippe MUSARD (1792-1859) : Quadrille n°2 sur « Zanetta » d’Auber

Ce volume aborde deux ouvrages importants d’Auber, Zanetta et Zerline. Zanetta remporta un tel succès que Philippe Musard (chef d’orchestre et spécialiste de la musique festive de danse, oublié aujourd’hui) composa plusieurs quadrilles sur des motifs de l’ouvrage (plage 4). Quant à Zerline, Marilyn Horne ne dédaigna pas d’enregistrer le grand aria « Ô Palerme ! Ô Sicile ! » (voir discographie).

Volume 6 (2022), avec le Karlovy Vary Symphony Orchestra : L’Ambassadrice (1836 = Ouverture), La Part du Diable, ou Carlo Broschi (1843 = Ouverture), Haydée, ou Le Secret (1847 + Ouverture), Don Juan (1866 = Divertissement de l’Acte II), La Fiancée du Roi de Garbe (1864 = Ballet final Acte II), Le Premier Jour de bonheur (1868 = Ouverture), Le Dieu et La Bayadère ou La Courtisane amoureuse (1830 = Ouverture, Air de danse & Ballet de l’Acte I, Airs de danse et ballets de l’Acte II)

Nous avons ici le plaisir d’entendre la bondissante ouverture de La Part du Diable, mais nous attirons votre attention sur deux pièces maîtresses : le Divertissement de Don Juan et les extraits conséquents de l’opéra-Le Dieu et la Bayadère. Face au charme de plusieurs de ces pages, on se dit que de nombreux arias n’attendent plus que les chanteurs pour les sortir de l’oubli…

Volume 7 (2023), avec le Janacek Philharmonic Ostrava Orchestra : Le Cheval de bronze (1835 = Ouverture et Ballet), Le Lac des fées (1839 = Ouverture, Marche des rois (acte III) et Valse des étudiants (acte III), Marco Spada (1852 = Ouverture, Pas de Mme Rosati (acte III), Jenny Bell (1855 = Ouverture), Le Cheval de bronze (Ouverture, arrangement pour orchestre d’Engelbert Humperdinck, 1889)

Ce cd est consacré à des ouvrages lyriques importants : Le Cheval de bronze eut son heure de gloire et le ballet ici présenté ne figure justement pas dans les deux intégrales de l’œuvre (voir discographie). Quant à Marco Spada, Auber utilisa le sujet deux fois : un opéra-comique en 1852 et un grand ballet (voir discographie) en 1857. Le Lac des fées, pour sa part, entretient la veine féérique de ce compositeur décidément à facettes !

Volume 8 (2024), avec le Janacek Philharmonic Ostrava Orchestra : Vendôme en Espagne (1823 en collaboration avec Louis-Joseph-Ferdinand Hérold : Ouverture + Pas-de-Sept + Deuxième divertissement + Pas de Charge (A & H), Boléro (A), Finale (H), La Fiancée (1829 = Ouverture), Les Diamants de la couronne (1841 = Ouverture et Sarabande), L’Enfant prodigue (1850 = Ouverture & 5 Airs de ballet), Partant pour la Syrie (date inconnue, pièce de Hortense de Beauharnais, arrangée par Auber)

Ce cd présente d’abord un ouvrage oublié, composé en collaboration avec Hérold, « Vendôme en Espagne », qui ne fut joué que sept fois : certains morceaux sont composés en duo, d’autres par l’un ou l’autre de ces compositeurs. L’ouvrage fait la part belle aux pages de danse, tout comme, en fin de cd, les extraits de L’Enfant prodigue. Dans le Finale, Hérold ajouta une difficile partie de harpe, avec des cadences particulièrement belles (ce qui n’est guère surprenant si l’on connaît ses belles Sonates pour Harpe et Alto). Nous avons le plaisir de retrouver l’ouverture des Diamants de la couronne, qui fut longtemps un cheval de bataille de Paul Paray et Richard Bonynge. Enfin une (courte) curiosité : l’hymne officiel du Second Empire, « Partant pour la Syrie », composé par… Hortense de Beauharnais, fut arrangé par Auber pour grand orchestre de cérémonie, avec cuivres et percussions additionnels !

Volume 9 (2026), avec le Janacek Philharmonic Ostrava Orchestra : ouvertures du Domino noir, de La Gitana, La Sirène, Gustave III ; Marche funèbre pour la translation des cendres de Napoléon. 

Ce cd permet d’entendre certains des plus grands succès d’Auber (Le Domino noir, Gustave III – dont le livret fut repris par Verdi pour son Bal masqué), mais aussi des oeuvres plus rares, telle la Marche funèbre pour la translation des cendres de Napoléon. 

Vous souhaitez dépasser le cadre des ouvertures, entr’actes et autres extraits orchestraux ? Voici quelques suggestions discographiques d’intégrales d’œuvres lyriques d’Auber. 

Le Maçon, opéra-comique en 3 actes, de 1825 :

1 cd Orfeo de 2019, dirigé par Kurt Tenner (avec Jenny Colon, Walter Anton Dotzer, Franz Fuchs, Hilde Rössel-Majdan, Hilde Rychling, Maria Salten… Chœurs et Orchestre Tonkünstler / en allemand)

La Muette de Portici, opéra-ballet historique en 5 actes, de 1828 :

2 cd EMI, de 1986, dirigé par Thomas Fulton (avec Alfredo Kraus, June Anderson, John Aller, Jean-Philippe Lafont, Ensemble Choral Jean Laforge, Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo)

La Muette de Portici

2 cd CPO de 2011, dirigé par Antony Hermus (avec Oscar de la Torre, Angelina Ruzzafante, Angus Wood, Ulf Paulsen, Diego Torre, Chœurs du Théâtre Anhaltischen, Philharmonie d’Anhaltische)

Fra Diavolo, opéra en 3 actes, de 1830 :

2 cd EMI de 1983/84, dirigé par Marc Soustrot (avec : Nicolaï Gedda, Mady Mesplé, Thierry Dran, Jane Berbié, Rémi Corazza, Jules Bastin, Ensemble Choral Jean Laforge, Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo)

Le Philtre, opéra en 2 actes, de 1831 :

1 cd Naxos de 2021, dirigé par Luciano Acocella (avec Patrick Kabongo, Emmanuel Franco, Eugenio Di Lieto, Luiza Fatyol, Adina Vilichi, Chœur & Orchestre Philharmonique de Cracovie)

Gustave III ou Le Bal masqué, opéra historique en 5 actes, de 1833 :

3 cd Arion de 1993, dirigé par Michel Swierczewski (avec Laurence Dale, Rima Tawil, Christian Tréguier, Brigitte Lafon, Valérie Marestin, Robert Pujol, Gilles Dubernet, Patrick Foucher, Franck Leguérinel, Ensemble vocal Intermezzo, Orchestre Lyrique Français)

Le Cheval de bronze, opéra en 3 actes, de 1835 :

2 cd Orfeo de 1953, dirigé par Kurt Richter (avec Tino di Costa, Kurt Equiluz, Franz Fuchs, Leo Heppe, Wilma Jung, Edith Kermer, Herta Maria Schmidt, chœurs Tonkünstler, Great Vienna Radio Orchestra / en allemand)

Le Cheval de bronze

2 cd On Stage de 1979, dirigé par Jean-Pierre Marty (avec Sonia Nigoghossian, Anne-Marie Rodde, Isabel Garcisanz, Anthony Roden, Léonard Pezzino, Armand Arapian, Ulrik Cold, Chœur et Nouvel Orchestre de Radio-France / enregistrement en public en français)

Le Domino Noir, opéra-comique en 3 actes, de 1837 :

2 cd Decca de 1995, dirigé par Richard Bonynge (avec Sumi Jo, Isabelle Vernet, Bruce Ford, Patrick Power, Martine Olmeda, Jules Bastin, Doris Lamprecht, Jocelyne Taillon, Gilles Cachemaille, Chœur London Voices, English Chamber Orchestra) (complément : Gustave III ou Le Bal masqué : ouverture et musique de ballet)

Les Diamants de la Couronne, opéra-comique en 3 actes, de 1841 :

3 cd Mandala de 1999, dirigé par Edmon Colomer (avec Ghislaine Raphanel, Mylène Mornet, Christophe Einhorn, Armand Arapian, Dominique Ploteau, Paul Medioni, Nicolas Gambotti, Sébastien Lemoine, Chœurs Cori Spezzati, Orchestre de Picardie)

La Part du Diable ou Carlo Broschi, opéra-comique en 3 actes, de 1843 :

2 cd Sterling de 2023, dirigé par Georg Hermansdorfer (avec Sieglinde Zehetbauer, Kayo Hashimoto, Michael Doumas, Veronika Burger, Simon Hermansdorfer, Andreas Agler, George Vincent Humphrey, Chœurs & Orchestre de l’Opéra Erlesene e.v. Halfing / en allemand)

La Sirène, opéra-comique en 3 actes, de 1844 :

1 cd Naxos de 2018, dirigé par David Reiland (avec Jeanne Crousaud, Dorothée Lorthiois, Xavier Flabat, Jean-Noël Teyssier, Jean-Fernand Setti, Benjamin Mayenobe, Jacques Calatayud, Chœurs Les Métaboles, Orchestre des Frivolités Parisiennes)

Manon Lescaut, opéra-comique en 3 actes, de 1856 :

2 cd EMI de 1974, dirigé par Jean-Pierre Marty (avec Mady Mesplé, Peter-Christoph Runge, Jean-Claude Orliac, Yves Bisson, Emmy Greger, Gérard Friedmann, Ghislaine Victorius, Chœurs et Orchestre Lyrique de Radio-France)

Compléments variés 

 . Coffret de 2 cd Decca, dirigé par Richard Bonynge, contenant : Marco Spada, ballet en 3 actes, de 1857 ; Concerto n°1 pour violoncelle et orchestre (avec Jascha Silberstein) ; le Grand Pas Classique et extraits du ballet Les Rendez-vous (adaptation de Constant Lambert sur des thèmes d’Auber) ; 3 Ouvertures d’opéras : Marco Spada, Lestocq, La Neige ; divers arias extraits de : Le Cheval de bronze, La Muette de Portici, Manon Lescaut, Fra Diavolo, L’Ambassadrice (Artistes divers dont Joan Sutherland, Huguette Tourangeau et orchestres variés)

. Zerline ou la Corbeille d’orange : Aria de Zerline, acte I scène 4 « Ô Palerme ! Ô Sicile ! » », par Marilyn Horne (mezzo-soprano), Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo dirigé par Lawrence Foster (Erato 1984) ; compléments : airs de Cherubini, Donizetti, Godard, Gounod, Massenet, Offenbach, Saint-Saëns.

. La Muette de Portici : Aria de Masaniello, acte IV, « Du pauvre seul ami fidèle », par Nicolaï Gedda (ténor), Philharmonia Orchestra dirigé par Alceo Galliera (EMI 1954, coffret 3 cd « Great Moments of Nicolaï Gedda »)

. Manon Lescaut : Couplets de la Bourbonnaise dit Air de l’Eclat de rire, par Mado Robin (soprano), orchestre et chef non précisés, enregistrement des années 1940 (cd Marianne Mélodie « Les Voix d’or »)

 

Bibliographie

Il n’existe aucune biographie disponible de ce compositeur…

  • N°265 le l’Avant-Scène Opéra (novembre-décembre 2011) : La Muette de Portici
  • Auber et l’Opéra romantique, catalogue de l’exposition de 1982 / 29 janvier 1782 – 29 janvier 1982 – Mairie de Paris
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Jean-François Lavigne

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