À la une
Les cadeaux de Parpignol pour les fêtes de Noël
Festival d’Aix 2026 : entre classicisme et modernité
Les brèves de décembre –
Crémone, I puritani  : la jeunesse à l’assaut d’un chef-d’œuvre !
Ça s’est passé il y a 200 ans : création...
« Gala lyrique à la française » salle Gaveau – Comme au...
CD – Sisters – Karine Deshayes et Delphine Haidan rendent...
CD – Mademoiselle Hilaire. Lully – Lambert – Cavalli –...
Au Maggio Musicale Fiorentino, la Passion selon saint Matthieu de...
Al Maggio Musicale Fiorentino la Matthäus-Passion di Bach con la...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduRécital

Marie-Laure Garnier et Célia Oneto-Bensaid en concert salle Cortot : Soleil d’hiver !

par Stéphane Lelièvre 30 novembre 2025
par Stéphane Lelièvre 30 novembre 2025
0 commentaires 4FacebookTwitterPinterestEmail
395

Songs of Winter – Marie-Laure Garnier et Célia Oneto-Bensaid, Paris, salle Cortot, dimanche 30 novembre 2025

Nous avons déjà eu plusieurs fois l’occasion d’apprécier les talents de récitaliste de Marie-Laure Garnier, notamment  lors d’un remarquable concert consacré à Jeanne Leleu donné à la Bibliothèque Nationale de France. La chanteuse y était déjà accompagnée de sa complice Célia Oneto-Bensaid. Les deux artistes retrouvent leur public en ce dimanche 30 novembre, mais avec un programme radicalement différent : quatre lieder de Schubert, le cycle des Zigeunermelodien de Dvorak, l’Ave Maria de William Gomez, et un florilège de Spirituals. Un programme éclectique dans lequel Célia Oneto-Bensaid, au jeu précis et nuancé, montre une nouvelle fois la belle complicité qui la lie à sa partenaire. 

Les qualités vocales de Marie-Laure Garnier sont bien connues : une voix puissante, un timbre extrêmement chaleureux, qui trouve tout particulièrement à s’épanouir dans un médium velouté  et des graves somptueux (ce qui nous vaut notamment une superbe « Junge Nonne »). Le registre aigu, en début de concert (dans les Schubert) a paru légèrement plus tendu, comme si la chanteuse avait besoin de chauffer quelque peu sa voix, avant qu’il ne se libère pleinement, avec beaucoup plus d’aisance, dans le cycle de Dvorak, et surtout dans les Spirituals donnés en dernière partie.

Dans les mélodies de Schubert et Dvorak, Marie-Laure Garnier fait preuve d’une belle rigueur stylistique et d’une excellente prononciation de l’allemand : la diction reste claire et précise, aussi bien dans le legato du « Ständchen » que dans la déclamation plus hachée de l’ « Abschied ». L’Ave Maria de William Gomez sert en quelque sorte de transition vers une dernière partie dans laquelle la soprano interprète cinq  spirituals. Cette dernière partie est précédée d’un petit discours explicatif de Marie-Laure Garnier elle-même dans lequel la chanteuse explique les conditions dans lesquelles ces spirituals furent composés, et insiste sur les valeurs de liberté et de fraternité qui devraient prévaloir en ce monde… Galvaudé, trop entendu, ce discours à visée humaniste ? Certainement pas ! À l’heure où la haine, l’intolérance, le racisme s’expriment avec de moins en moins de retenue, y compris au plus haut sommet de certains états, ces propos font chaud au cœur et ont dans tous les cas séduit le public qui les a  accueillis chaleureusement. Ce n’est rien en comparaison de l’enthousiasme déchaîné par l’interprétation des spirituals eux-mêmes, une interprétation d’un naturel confondant et d’un entrain irrésistible, notamment dans De Gospel Train, véritable invitation pour les spectateurs à monter en voiture. Destination : la liberté, la tolérance et la fraternité !

Le concert se poursuit par la Cantata de John Carter dont chaque mouvement est basé précisément sur un spiritual, et dont la pianiste nous rappelle que Jessye Norman la mettait parfois à son programme en récital – puis s’achève avec le « O Holy Night » d’Adam. Devant l’insistance du public, la chanteuse et sa pianiste proposeront « My soul’s been anchored in the Lord » et « Wade in the water » où, l’espace d’un instant, la salle Cortot semble se transformer en une église de Harlem : Marie-Laure Garnier invite en effet les spectateurs à l’accompagner vocalement. Après une mini répétition, le public accepte avec enthousiasme… et un talent certain !

Les températures glaciales de la semaine dernière ont fait entrer l’hiver en plein Paris avec presque trois semaines d’avance… Pourtant, avec ce récital jubilatoire, Marie-Laure Garnier et Célia Oneto-Bensaid auront fait rayonner un grand soleil, prodiguant lumière et chaleur en pleine saison des frimas !

Les artistes

Marie-Laure GARNIER, soprano

Célia ONETO-BENSAID, piano

Le programme

F. Schubert – An die Musik, D.547

F. Schubert – Schwanengesang, D.957
 - Ständchen
 - Abschied

F. Schubert – Die junge Nonne, D.828

A. Dvořák – Zigeunermelodien, Op.55
 - Mein Lied ertönt
 - Ei! Wie mein Triangle
 - Rings ist le Wald so stumm und still
 - Als die alte Mutter
 - Reigestimmt die Saiten
 - In dem weiten, breiten, luft’gen Leinenkleide
 - Darf es Falken Schwinge Tatrahöh’n umrauschen

W. Gomez – Ave Maria

Spirituals
 - Walk Together
 - My Good Lord’s Done Been Here
 - Deep River
 - He’s Got the Whole World
 - De Gospel Train

J. Carter – Cantata
 - Prelude
 - Rondo
 - Recitative
 - Air
 - Toccata

A. Adam – « Oh Holy Night »

Bis : « My soul’s been anchored in the Lord » et « Wade in the water »

image_printImprimer
Marie-Laure Garnier
0 commentaires 4 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
CONFIDENZE : Nicolò Balducci et Anna Paradiso redonnent vie aux mélodies de Mozart, Haydn et Beethoven
prochain post
Nuit napolitaine à Dijon : la tournée d’automne du Concert d’Astrée fait étape en Bourgogne avec le Stabat Mater de Pergolèse

Vous allez aussi aimer...

Crémone, I puritani  : la jeunesse à l’assaut...

10 décembre 2025

« Gala lyrique à la française » salle Gaveau –...

9 décembre 2025

Au Maggio Musicale Fiorentino, la Passion selon saint...

8 décembre 2025

Al Maggio Musicale Fiorentino la Matthäus-Passion di Bach...

8 décembre 2025

Rome – Lohengrin, l’œuf et l’argent : la...

7 décembre 2025

Robinson, enfin !

5 décembre 2025

Cinéma – LUDOVIC – Le film évènement !

5 décembre 2025

Nice : en – bonne – Company de...

5 décembre 2025

Tous sur le podium : les virtuoses de l’ADAMI...

5 décembre 2025

Nuit napolitaine à Dijon : la tournée d’automne du...

1 décembre 2025

En bref

  • Les brèves de décembre –

    11 décembre 2025
  • Les brèves de novembre –

    20 novembre 2025

Humeurs

  • Les années 2020 : sombre époque pour les arts, la culture, l’humanisme…

    5 mars 2025

La vidéo du mois

Édito


  • Édito d’octobre –
    « O, mia musica, si bella e perduta… » : quand le cas Venezi révèle un malaise plus profond concernant les arts et la musique en Italie

    2 octobre 2025

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Don Giovanni, de Mozart – À Dom e-mots dans KOSTAS SMORIGINAS
  • Josy Santos dans L’Opéra de Liège inscrit le CHAPEAU DE PAILLE DE FLORENCE à son répertoire
  • STEFANI dans Le Chœur de Paris chante Schubert et Pergolesi
  • G.ad. dans Démission de Jean-Louis Grinda, un seul opéra programmé cet été en version de concert… : AVIS DE TEMPÊTE SUR LES CHORÉGIES D’ORANGE
  • Simon De Salmans dans LA WALKYRIE à l’Opéra Bastille : un plateau vocal triomphant !

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Crémone, I puritani  : la jeunesse...

10 décembre 2025

« Gala lyrique à la française » salle...

9 décembre 2025

Au Maggio Musicale Fiorentino, la Passion...

8 décembre 2025