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Récital de TED BLACK à l’auditorium du musée d’Orsay – Le mariage du ciel et de l’enfer

par Laurent Bury 13 octobre 2023
par Laurent Bury 13 octobre 2023
© Musée d'Orsay / Sophie Crépy
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Parmi les promotions de jeunes chanteurs et instrumentistes distingués par l’Académie Orsay-Royaumont, certains tandems semblent immédiatement promis à un bel avenir. On avait déjà remarqué, lors d’un concert en forme de déambulation dans les salles du musée, le ténor britannique Ted Black, pour l’originalité de ses choix de répertoire (non, il n’y a pas que Duparc et son « Invitation au voyage » !) et pour la grande qualité de son français. Il faut d’ailleurs souligner que, parmi les pensionnaires étrangers de la susdite Académie, tous n’ont pas le courage de se jeter à l’eau, beaucoup préférant s’en tenir à chanter dans leur langue natale, ou dans un idiome moins complexe que le français – surtout lorsqu’il s’agit de se produire devant un public majoritairement francophone.

Au contraire, le Londonien Ted Black est l’un de ces Anglais auxquels le répertoire français sied admirablement. Un autre exemple récent est Lawrence Kilsby, passé par l’Académie de l’Opéra de Paris, qui fut une véritable révélation ce printemps dans un concert dédié aux compositrices, et qu’on a pu réentendre depuis dans Les Troyens qu’aurait dû diriger Sir John Eliot Gardiner. Mais Ted Black possède une voix plus centrale, un peu plus corsée, qui lui vaut d’incarner sur scène les ténors mozartiens. On a aussi pu l’entendre, aux Pays-Bas, en Lysandre du Songe d’une nuit d’été de Britten, mais son timbre a heureusement peu en commun avec celui d’un Peter Pears. Et une fois de plus, c’est la curiosité de l’interprète et son intelligence du texte qui suscitent d’abord l’admiration.

Les lauréants Orsay-Royaumont étant invités à choisir une œuvre du musée comme source d’inspiration, Ted Black et son fidèle accompagnateur Dylan Perez ont retenu une étonnante toile de Bouguereau, une scène de cannibalisme intitulée Dante et Virgile aux enfers. Le prétexte était ainsi tout trouvé pour construire un programme autour de Rimbaud, auteur d’Une saison en enfer, sous-titre donné au récital qui en reprend le découpage en chapitres. Mais c’est bien plutôt vers le paradis que les deux artistes entraînent le mélomane, comblé par toutes les belles découvertes qui lui sont offertes.

Le programme est construit autour des Illuminations que Britten conçut pour la soprano suisse Sophie Wyss en 1940, les différentes sections – il en manque quelques-unes – étant distillées tout au long du concert et associées à d’autres mises en musique de textes de Rimbaud (l’étonnant « Dormeur du val » de Louis Bessières, à mi-chemin entre la chanson et la mélodie), mais surtout de Verlaine et un peu de Baudelaire ; Paul Eluard et Apollinaire choisis par Poulenc échappent au mouvement symboliste. De Verlaine, on n’entend pas ici les habituels Fauré ou Debussy, mais des versions bien moins fréquentées : André Caplet, Charles Bordes, Charles Koechlin, Jean Cras ou Déodat de Séverac. Il y a même deux compositeurs polonais : la formidable Régine Wieniawski, sous le pseudonyme de Poldowski, et Józef Zygmunt Szulc.

Ce parcours émaillé de raretés est chanté dans un français parfaitement maîtrisé, jusque dans ces sons qui donnent toujours du fil à retordre à bien des interprètes étrangers, les nasales et les e muets. Tout est ici impeccablement dosé, sans la moindre surarticulation, le ténor trouvant toujours le ton juste et les nuances les plus adéquates (tout en chantant l’intégralité du programme par cœur), tandis que son pianiste affronte avec une suprême aisance les difficultés de la partie pianistique des Illuminations.

Applaudis et acclamés, les deux artistes accordent un bis à l’ineffable beauté : « L’Heure exquise » de Reynaldo Hahn.

Les artistes

Ted Black, ténor 
Dylan Perez, piano

Le programme
  • Déodat de Séverac, Paysages tristes ;
  • Louis Bessières, Le dormeur du val [Arthur Rimbaud] ;
  • Benjamin Britten, Villes, op. 18 n°2 [Arthur Rimbaud] extrait de Les Illuminations ;
  • André Caplet, Green [Paul Verlaine] ;
  • Benjamin Britten, Phrase, op. 18 n°3a [Arthur Rimbaud] extrait de Les Illuminations ;
  • Benjamin Britten, Antique, op.18 n°3b [Arthur Rimbaud] extrait de Les Illuminations ;
  • Claude Debussy, Le jet d’eau, FL 70, n° 3 [Charles Baudelaire] extrait de Cinq poèmes de Charles Baudelaire ; 
  • Józef Zygmunt Szulc, Claire de lune [Paul Verlaine] ;
  • Benjamin Britten, Being beauteous, op. 18 n°7 [Arthur Rimbaud] extrait de Les Illuminations ;
  • Francis Poulenc, Je nommerai ton front, FP 98, no 2 [Paul Eluard] extrait de Miroirs brûlants ;
  • Charles Bordes, Chanson d’automne [Paul Verlaine] ;
  • Charles Koechlin, Mon rêve familier, op. 22, n° 3 ;
  • Poldowski, Spleen [Paul Verlaine] ;
  • Jean Cras, Sagesse, n°4 [Paul Verlaine] extrait de 7 mélodies ;
  • Benjamin Britten, Parade, op. 18 n°1 [Arthur Rimbaud] extrait de Les Illuminations ;
  • Francis Poulenc, Voyage, FP 140, no 7 extrait de Calligrammes ;
  • Déodat de Séverac, Le ciel est par-dessus le toit ;
  • Claude Debussy, La mort des amants, FL 70 n° 5 [Charles Baudelaire] extrait de Cinq poèmes de Charles Baudelaire ; 
  • Benjamin Britten, Départ, op. 18 n°9 [Arthur Rimbaud] extrait de Les Illuminations

Concert du 10 octobre 2023, Paris, Musée d’Orsay

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Ted Black
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Laurent Bury

Une fois hors d'un charnier natal assez septentrional, Laurent Bury a longtemps habité sous les vastes portiques du 123, rue Saint-Jacques, du 45, rue d'Ulm et du 1, rue Victor Cousin (et même ensuite du 86, rue Pasteur, 60007). Longtemps, il s'est couché de bonne heure aussitôt après les spectacles que, de 2011 à 2020, il allait voir pour un autre site opératique. Papillon inconstant, farfallone amoroso, il vole désormais entre divers sites, et a même parfois l'honneur de prêter sa plume aux volumes de L'Avant-Scène Opéra.

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