À la une
Il aurait 100 ans aujourd’hui : XAVIER DEPRAZ
Se préparer à LE VILLI, Puccini (1884) – Opéra de...
Heaven ! I mean heaven… avec Top Hat au Châtelet !
The Death of Klinghoffer  : une œuvre contemporaine percutante ouvre...
Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »
La Route fleurie, une nouvelle production pétillante à l’Odéon de...
TOUS LES FESTIVALS DU MONDE (ou presque) en un clic...
Versailles : dans la lumière de Castor et Pollux
Arènes de Vérone : l’été lyrique 2026
Les brèves d’avril – Tempête au San Carlo de Naples...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

ProductionCompte renduVu pour vous

Traviata revisitée à l’Opéra de Bordeaux. De l’habitus operaticus…

par Romaric HUBERT 5 février 2024
par Romaric HUBERT 5 février 2024

© Pierre Planchenault

© Pierre Planchenault

© Pierre Planchenault

© Pierre Planchenault

© Pierre Planchenault

0 commentaires 2FacebookTwitterPinterestEmail
1,9K

Revisiter La Traviata,  il fallait oser. Et quelle vaste entreprise !!! Donner un éclairage nouveau au chef-d’œuvre de Verdi même quand on prétend revenir aux sources littéraires et à Dumas fils n’est pas chose aisée, surtout quand le spectateur a ses petites habitudes musicales bien ancrées.

A l’opéra, le spectateur a ses bonnes ou mauvaises habitudes, quitte à ce que la routine s’installe dans ses yeux et ses esgourdes. Dérogez à l’habitus operaticus et ce sont les repères qui s’effondrent et la contrariété qui pointe le bout de son nez. Avouons-le, cette Traviata revisited présentée à l’Opéra de Bordeaux nous a bien bousculé. Pour une fois, ce n’est pas la mise en scène, intelligemment illustrative d’Eddy Garaudel, qui aura été  à l’origine de nos doutes. Moderne, contemporaine, mêlant efficacement chant et dialogues parlés, l’histoire de la dame aux camélias se raconte sans effets superflus. Nonobstant la difficulté à comprendre et parfois à entendre la langue française de la bouche des chanteurs non-francophones, la narration se déroule sans accroc. Le recyclage des costumes et des décors de l’Opéra National de Bordeaux permet de faire du neuf avec du vieux. Politiquement dans l’air du temps, la contrainte n’oblitère pas le résultat.  Georgia Tavares signe la scénographie mais également des lumières inspirées et perspicaces.

Là où le spectateur trépigne, c’est à l’écoute de la rencontre musicale entre Verdi et la compositrice Lise Borel. Verdi est pourtant bien présent, dans la splendeur de ces lignes vocales souvent entendues, parfois fredonnées et si viscéralement inhérente à La Traviata. Les mélodies sont là mais les harmonies n’y sont plus et c’est un nouvel univers sonore qui s’ouvre à nous. En choisissant un instrumentarium inattendu (piano, vibraphone, harpe, accordéon, percussions), Lise Borel nous embarque dans un monde auditif puissant, mordant et imprégnant où la polyphonie instrumentale substitue la verticalité à l’horizontalité de la ligne. Berg, Stravinsky ou Villa-Lobos pointent le bout de leurs nez et nos oreilles perdues cherchent des repères auxquels se raccrocher. Les lignes vocales de Verdi semblent parfois à la lutte avec les notes de la compositrice. Peut-être justement parce qu’elles sont chantées comme du Verdi et non pas comme du Verdi/Borel avec une recherche nouvelle sur les phrasés, la scansion ou la vocalité.

Entre Verdi et Borel, on se perd un peu mais n’est-ce pas l’intérêt de la revisite ? Revenir, redécouvrir et s’interroger. L’œuvre est bousculée, le spectateur aussi, la représentation est un succès.

Les interprètes sont à la hauteur de l’enjeu. Déborah Salazar est une Violetta Valéry jeune et volontaire aussi à l’aise dans la légèreté que dans le drame. Davide Tuscano est un magnifique Alfredo Germont à la ligne bien conduite et aux aigus assurés. Le Giorgio Germont de Yosif Slavov à la couleur et la patte des grands titulaires du rôle.
Xinhui Wang au piano, Mathilde Vervliet à harpe, Jan Myslikovjan à l’accordéon et Louise Jégou aux percussions sont aussi investis musicalement que théâtralement.

Au final, cette Traviata revisited met à mal les habitus opératicus du spectateur. Il en avait peut-être bien besoin…

Les artistes

Violetta Valéry : Déborah Salazar
Alfredo Germont : Davide Tuscano
Giorgio Germont : Yosif Slavov

Xinhui Wang, piano
Mathilde Vervliet, harpe
Jan Myslikovjan, accordéon
Louise Jégou, percussions

Eddy Garaudel, mise en scène et costumes
Georgia Tavares, scénographie et lumières
Marie-Lys Navarro, régie générale

Le programme

La Traviata revisited , d’après l’opéra de Verdi. 

Lise Borel, composition et arrangements

Opéra national de Bordeaux, représentation du samedi 3 février 2024.

image_printImprimer
Yosif SlavovEddy GaraudelDéborah SalazarDavide Tuscano
0 commentaires 2 FacebookTwitterPinterestEmail
Romaric HUBERT

Licencié en musicologie, Romaric Hubert a suivi des études d’orgue, de piano, de saxophone et de chant. Il a chanté dans plusieurs chœurs réputés, ou encore en tant que soliste. Il est titulaire d’une certification qualifiante professionnelle d’animateur radio délivrée par l’Institut National de l’Audiovisuel, et a fait ses premiers pas au micro sur France Musique. Il a fondé la compagnie Les Papillons Electriques avec sa complice Jeanne-Sarah Deledicq et est co-créateur du site Première loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Une Petite Flûte
Essayez la « Cure de jouvence Mozart » du Théâtre des Champs-Élysées !
prochain post
CD – Voyager en hiver hors des sentiers battus grâce à Victoire Bunel, Jean-Christophe Lanièce et Romain Nouveau

Vous allez aussi aimer...

Heaven ! I mean heaven… avec Top Hat au...

21 avril 2026

The Death of Klinghoffer  : une œuvre contemporaine...

20 avril 2026

Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »

20 avril 2026

La Route fleurie, une nouvelle production pétillante à...

19 avril 2026

Versailles : dans la lumière de Castor et Pollux

18 avril 2026

Arènes de Vérone : l’été lyrique 2026

18 avril 2026

Les rares Béatitudes de César Franck à la...

15 avril 2026

Lucrezia Borgia enfin en version scénique à l’Opéra royal...

13 avril 2026

Euridice à Versailles : retour aux sources de...

12 avril 2026

Satyagraha entre en triomphe au répertoire de l’Opéra...

11 avril 2026

Humeurs

  • Découverte vocale : la contralto ukrainienne VANDA KOZUB

    17 avril 2026

En bref

  • Les brèves d’avril – Tempête au San Carlo de Naples !

    17 avril 2026
  • Ça s’est passé il y a 200 ans : création d’OBERON de Weber

    12 avril 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’authenticité en musique : un idéal introuvable ?

    3 avril 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Un nouveau fruit discographique de l’année-anniversaire 2025 d’Alessandro Scarlatti (1660 – 1725) : le CD Aparté AP428 « Vieni, O Notte » de Francesca Aspromonte, Boris Begelman et l’ensemble Arsenale Sonoro… - En cherchant bien dans CD – Francesca Aspromonte, reine de la nuit
  • Stéphane Lelièvre dans Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »
  • Yajure Jonas dans Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »
  • Catherine Marchi dans Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »
  • Stéphane Lelièvre dans Les brèves d’avril – Tempête au San Carlo de Naples !

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Heaven ! I mean heaven… avec Top...

21 avril 2026

The Death of Klinghoffer  : une...

20 avril 2026

Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »

20 avril 2026