À la une
PAATA BURCHULADZE : onze mois déjà
Strauss et Mahler en majesté pour l’ouverture de saison de...
Les festivals de l’été –« Tout est accompli » (Jean, XIX, 30)...
Se préparer à DER STURM (LA TEMPÊTE, 1956) – Genève, 16-26...
Les opéras du monde – Palerme :  Teatro Massimo, le plus...
La vidéo du mois –Hommage à Ileana Cotrubas : La traviata,...
Les brèves de septembre
Édito de septembre –Fin des festivals, début des festivités… avec...
Se préparer à MACBETH – Opéra Royal de Wallonie-Liège, 18-26...
Les festivals de l’été –Leçon de chant de Stéphane Degout...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

ProductionCompte renduVu pour vous

Traviata revisitée à l’Opéra de Bordeaux. De l’habitus operaticus…

par Romaric HUBERT 5 février 2024
par Romaric HUBERT 5 février 2024

© Pierre Planchenault

© Pierre Planchenault

© Pierre Planchenault

© Pierre Planchenault

© Pierre Planchenault

0 commentaires 2FacebookTwitterPinterestEmail
2,1K

Revisiter La Traviata,  il fallait oser. Et quelle vaste entreprise !!! Donner un éclairage nouveau au chef-d’œuvre de Verdi même quand on prétend revenir aux sources littéraires et à Dumas fils n’est pas chose aisée, surtout quand le spectateur a ses petites habitudes musicales bien ancrées.

A l’opéra, le spectateur a ses bonnes ou mauvaises habitudes, quitte à ce que la routine s’installe dans ses yeux et ses esgourdes. Dérogez à l’habitus operaticus et ce sont les repères qui s’effondrent et la contrariété qui pointe le bout de son nez. Avouons-le, cette Traviata revisited présentée à l’Opéra de Bordeaux nous a bien bousculé. Pour une fois, ce n’est pas la mise en scène, intelligemment illustrative d’Eddy Garaudel, qui aura été  à l’origine de nos doutes. Moderne, contemporaine, mêlant efficacement chant et dialogues parlés, l’histoire de la dame aux camélias se raconte sans effets superflus. Nonobstant la difficulté à comprendre et parfois à entendre la langue française de la bouche des chanteurs non-francophones, la narration se déroule sans accroc. Le recyclage des costumes et des décors de l’Opéra National de Bordeaux permet de faire du neuf avec du vieux. Politiquement dans l’air du temps, la contrainte n’oblitère pas le résultat.  Georgia Tavares signe la scénographie mais également des lumières inspirées et perspicaces.

Là où le spectateur trépigne, c’est à l’écoute de la rencontre musicale entre Verdi et la compositrice Lise Borel. Verdi est pourtant bien présent, dans la splendeur de ces lignes vocales souvent entendues, parfois fredonnées et si viscéralement inhérente à La Traviata. Les mélodies sont là mais les harmonies n’y sont plus et c’est un nouvel univers sonore qui s’ouvre à nous. En choisissant un instrumentarium inattendu (piano, vibraphone, harpe, accordéon, percussions), Lise Borel nous embarque dans un monde auditif puissant, mordant et imprégnant où la polyphonie instrumentale substitue la verticalité à l’horizontalité de la ligne. Berg, Stravinsky ou Villa-Lobos pointent le bout de leurs nez et nos oreilles perdues cherchent des repères auxquels se raccrocher. Les lignes vocales de Verdi semblent parfois à la lutte avec les notes de la compositrice. Peut-être justement parce qu’elles sont chantées comme du Verdi et non pas comme du Verdi/Borel avec une recherche nouvelle sur les phrasés, la scansion ou la vocalité.

Entre Verdi et Borel, on se perd un peu mais n’est-ce pas l’intérêt de la revisite ? Revenir, redécouvrir et s’interroger. L’œuvre est bousculée, le spectateur aussi, la représentation est un succès.

Les interprètes sont à la hauteur de l’enjeu. Déborah Salazar est une Violetta Valéry jeune et volontaire aussi à l’aise dans la légèreté que dans le drame. Davide Tuscano est un magnifique Alfredo Germont à la ligne bien conduite et aux aigus assurés. Le Giorgio Germont de Yosif Slavov à la couleur et la patte des grands titulaires du rôle.
Xinhui Wang au piano, Mathilde Vervliet à harpe, Jan Myslikovjan à l’accordéon et Louise Jégou aux percussions sont aussi investis musicalement que théâtralement.

Au final, cette Traviata revisited met à mal les habitus opératicus du spectateur. Il en avait peut-être bien besoin…

Les artistes

Violetta Valéry : Déborah Salazar
Alfredo Germont : Davide Tuscano
Giorgio Germont : Yosif Slavov

Xinhui Wang, piano
Mathilde Vervliet, harpe
Jan Myslikovjan, accordéon
Louise Jégou, percussions

Eddy Garaudel, mise en scène et costumes
Georgia Tavares, scénographie et lumières
Marie-Lys Navarro, régie générale

Le programme

La Traviata revisited , d’après l’opéra de Verdi. 

Lise Borel, composition et arrangements

Opéra national de Bordeaux, représentation du samedi 3 février 2024.

image_printImprimer
Déborah SalazarDavide TuscanoYosif SlavovEddy Garaudel
0 commentaires 2 FacebookTwitterPinterestEmail
Romaric HUBERT

Licencié en musicologie, Romaric Hubert a suivi des études d’orgue, de piano, de saxophone et de chant. Il a chanté dans plusieurs chœurs réputés, ou encore en tant que soliste. Il est titulaire d’une certification qualifiante professionnelle d’animateur radio délivrée par l’Institut National de l’Audiovisuel, et a fait ses premiers pas au micro sur France Musique. Il a fondé la compagnie Les Papillons Electriques avec sa complice Jeanne-Sarah Deledicq et est co-créateur du site Première loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Une Petite Flûte
Essayez la « Cure de jouvence Mozart » du Théâtre des Champs-Élysées !
prochain post
CD – Voyager en hiver hors des sentiers battus grâce à Victoire Bunel, Jean-Christophe Lanièce et Romain Nouveau

Vous allez aussi aimer...

Strauss et Mahler en majesté pour l’ouverture de...

4 septembre 2026

Les festivals de l’été –« Tout est accompli » (Jean,...

3 septembre 2026

Les festivals de l’été –Leçon de chant de...

31 août 2026

Les festivals de l’été –La fanciulla del West...

31 août 2026

Al Festival Puccini di Torre del Lago La...

31 août 2026

Les quatre opéras programmés au Festival de Bayreuth...

28 août 2026

Les festivals de l’été –Une création mondiale d’Éric...

27 août 2026

Les festivals de l’été –Benjamin Bernheim au sommet...

26 août 2026

Les festivals de l’été –À Souillac, une immersion...

26 août 2026

Les festivals de l’été – Salzbourg, Carmen :...

23 août 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : onze mois déjà

    5 septembre 2026

En bref

  • La vidéo du mois –
    Hommage à Ileana Cotrubas : La traviata, « Parigi, o cara »

    2 septembre 2026
  • Les brèves de septembre

    1 septembre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    Fin des festivals, début des festivités… avec la nouvelle saison lyrique 26-27 !

    1 septembre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Francoise Prax dans Les brèves de septembre
  • Stéphane Lelièvre dans Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Liliane BERTON
  • meyer frédéric dans Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Liliane BERTON
  • Stéphane Lelièvre dans Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Liliane BERTON
  • Lacour dans Elle aurait 100 ans aujourd’hui : Liliane BERTON

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Strauss et Mahler en majesté pour...

4 septembre 2026

Les festivals de l’été –« Tout est...

3 septembre 2026

Les festivals de l’été –Leçon de...

31 août 2026