À la une
Jules César en Égypte de Haendel : un début triomphal...
Giulio Cesare in Egitto di Händel: un debutto trionfale al...
La Vie parisienne au Châtelet, ou la joyeuse basse-cour ! 
Les brèves de juin –
Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve la production...
Découvrez la future saison lyrique de la FENICE de Venise
FESTIVAL D’AMBRONAY 2026
Bach (Cantates II : Actus tragicus) à Versailles : le souffle...
Teatro Regio de Turin – Tosca, ou la Rome des...
La spiritualité des Quattro pezzi de Verdi à l’Orchestre national...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

ProductionCompte rendu

Richard Cœur de Lion à Versailles, un Grétry à en perdre la tête…

par Romaric HUBERT 10 octobre 2019
par Romaric HUBERT 10 octobre 2019
0 commentaires 0FacebookTwitterPinterestEmail
1,8K

Photos : Copyright Agathe Poupeney

Pour fêter les 250 ans de l’Opéra Royal, Laurent Brunner, le directeur artistique de l’institution versaillaise, redonne vie à l’opéra-comique le plus célèbre de son siècle.

 

Il y a dix ans déjà et après deux ans de travaux, Laurent Brunner rouvrait la salle, édifiée en 1770 par Ange-Jacques Gabriel, avec Grétry et son Amant jaloux. Aujourd’hui, c’est avec le  Richard Cœur de Lion du même Grétry  que nous sommes à la fête. Un beau clin d’œil à l’histoire puisque c’est cette même musique qui a été entendue pour la dernière fois à Versailles en octobre 1789. Et on s’y croirait presque, ambiance fin de règne en moins.

Rémy Mathieu

Décors sur toiles peintes, costumes d’époque et chorégraphie tourbillonnantes, les codes esthétiques de l’époque sont bien là mais mâtinés de l’énergie et de l’immédiateté sensorielle contemporaines et parsemé d’un soupçon de romantisme et de Sturm und Drang. Ce Richard Cœur de Lion versaillais catalyse les idées dans l’air du temps des époques qu’il traverse. Le metteur en scène Marshall Pynkoski évite aussi toute relecture hasardeuse tirant sur le coté bouffe de l’œuvre de Grétry et conserve à cet opéra-comique ce qui fait le charme et la spécificité du genre : le ton léger non dépourvu d’humour, l’exacerbation romancé du sentiment et un suspense, léger, soutenu par la belle construction dramatique de l’œuvre.

Les performances des acteurs-chanteurs, très physiques, portent avec énergie et conviction la musique de Grétry et le livret de Sedaine. Ils s’amusent manifestement à habiter la scène et incarnent avec générosité les nombreux dialogues.

Rémy Mathieu et Marie Perbost

Musicalement et vocalement, les oreilles sont également à la fête. Même si les ténors se taillent la part du lion, les sopranos ne sont pas en reste. Marie Perbost fait valoir la souplesse de sa ligne de chant et les couleurs chatoyantes de son timbre, particulièrement mises en valeur dans les couplets d’Antonio : «La danse n’est pas ce que j’aime ». Melody Louledjian interprète Laurette et donc l’air expressif et amoureux « Je crains de lui parler la nuit », que Tchaïkovski fera chanter à sa vieille Comtesse dans La Dame de pique de 1890, lorsqu’il s’agira pour elle d’évoquer son passé galant à la cour de France, peu avant de mourir. La voix de la soprano d’origine arménienne, ronde sur toute la tessiture et rompue à des répertoires d’essence plus lyrique, fait de cet air un moment particulièrement émouvant.

Reinoud Van Mechelen

Comme souligné précédemment, les ténors sont à l’honneur dans ce Richard Cœur de Lion et Rémy Mathieu et Reinoud Van Mechelen ont ce qu’il faut de contrastes en timbre et en couleurs pour caractériser avec variété et élégance les personnages de Richard et de Blondel. Leur duo « Une fièvre brûlante » met particulièrement en valeur la souplesse vocale et la diction du premier idéalement soutenu par la science du souffle du second. Une qualité que Reinoud Van Mechelen met habilement en avant dans son air de la prison : « Si l’univers entier m’oublie ». Les autres rôles ne sont pas en reste et mériteraient tous d’être cités, tant par leurs qualités de diction et de projection mais, après les sopranos et les ténors, faisons honneur aux barytons-basses Geoffroy Buffière et Jean-Gabriel Saint-Martin, ce dernier apportant une caractérisation des plus soignée à ses personnages.

Hervé Niquet, à la tête de l’orchestre et des chœurs du Concert Spirituel prouve une fois encore ses qualités de meneur de jeu variant les dynamiques et les ambiances avec efficacité et précision. Solistes, orchestre et chœur ne font qu’une bouchée de ce Richard Cœur de Lion tourbillonnant. Le public ne s’y est pas trompé, saluant chaleureusement une œuvre et son interprétation qui, nous l’espérons, feront tourner les têtes encore longtemps.

Les artistes

Rémy Mathieu : Blondel
Reinoud Van Mechelen : Richard
Melody Louledjian : Laurette
Marie Perbost : Antonio, La Comtesse
Geoffroy Buffière : Sir Williams
Jean-Gabriel Saint-Martin : Urbain, Florestan, Mathurin
François Pardailhé : Guillot, Charles
Cécile Achille : Madame Mathurin
Charles Barbier : Sénéchal
Agathe Boudet : Colette
Virginie Lefèvre : Béatrix

Le Ballet de l’Opéra Royal
Le Concert Spirituel Choeur et orchestre
Hervé Niquet, Direction musicale

Marshall Pynkoski, Mise en scène
Jeannette Lajeunesse Zingg, Chorégraphe
Antoine Fontaine, Décors
Camille Assaf, Costumes
Hervé Gary, Lumières
Géraldine Moreau-Geoffrey, Régleuse de combats
Charles Di Meglio, Assistant chorégraphique

Le programme

Opéra Royal de Versailles, représentation du jeudi 10 octobre 2019

image_printImprimer
Marie PerbostHervé NiquetReinoud van MechelenRémy MathieuMelody Louledjian
0 commentaires 0 FacebookTwitterPinterestEmail
Romaric HUBERT

Licencié en musicologie, Romaric Hubert a suivi des études d’orgue, de piano, de saxophone et de chant. Il a chanté dans plusieurs chœurs réputés, ou encore en tant que soliste. Il est titulaire d’une certification qualifiante professionnelle d’animateur radio délivrée par l’Institut National de l’Audiovisuel, et a fait ses premiers pas au micro sur France Musique. Il a fondé la compagnie Les Papillons Electriques avec sa complice Jeanne-Sarah Deledicq et est co-créateur du site Première loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Timothée Varon, chanteur ET acteur !
prochain post
Gala Mozart & Friends aux Concerts d’automne de Tours

Vous allez aussi aimer...

Jules César en Égypte de Haendel : un...

16 juin 2026

Giulio Cesare in Egitto di Händel: un debutto...

16 juin 2026

La Vie parisienne au Châtelet, ou la joyeuse basse-cour ! 

16 juin 2026

Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve...

14 juin 2026

Bach (Cantates II : Actus tragicus) à Versailles :...

14 juin 2026

Teatro Regio de Turin – Tosca, ou la...

14 juin 2026

La spiritualité des Quattro pezzi de Verdi à...

14 juin 2026

Théâtre des Champs-Élysées : Marc Minkowski a-t-il du...

14 juin 2026

Philharmonie de Paris : sous la baguette de Mirga...

13 juin 2026

CONCOURS DE CHANT SUMI JO – Les lauréats...

11 juin 2026

Humeurs

  • Covent Garden et la Monnaie de Bruxelles solidaires de Paata Burchuladze

    14 mai 2026

En bref

  • Les brèves de juin –

    15 juin 2026
  • Ça s’est passé il ya 200 ans : création de Don Gregorio de Gaetano Donizetti

    11 juin 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’été des festivals : la parenthèse enchantée qu’attendent tous les lyricophiles !

    3 juin 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Amandine FK dans Opéra Bastille, La traviata toujours : Pretty Yende retrouve la production de ses débuts dans le rôle de Violetta
  • Teulon Lardic sabine dans Les brèves de juin –
  • Marc Dumont dans Philharmonie de Paris : sous la baguette de Mirga Gražinytė-Tyla, un War Requiem d’exception
  • Didier Beauvois dans Bach (Cantates II : Actus tragicus) à Versailles : le souffle profond de Gardiner
  • Maurice Dinard dans Bach (Cantates II : Actus tragicus) à Versailles : le souffle profond de Gardiner

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Jules César en Égypte de Haendel...

16 juin 2026

Giulio Cesare in Egitto di Händel:...

16 juin 2026

La Vie parisienne au Châtelet, ou la joyeuse basse-cour...

16 juin 2026