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Concert voix/orchestre à Bordeaux, avec un Florian Sempey au mieux de sa forme !

par George Markogiannopoulos 27 novembre 2024
par George Markogiannopoulos 27 novembre 2024
© Cyril Cosson
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1,5K

Le jeudi 21 novembre, l’Opéra de Bordeaux accueillait (dans son Auditorium) un concert au programme particulièrement varié, comportant une partie vocale et une partie symphonique. Pour la partie vocale, il s’agissait du récital du baryton Florian Sempey, né à Bordeaux mais ayant acquis maintenant une renommée internationale. Il a interprété, accompagné par l’orchestre, des airs célèbres d’opéras, principalement du répertoire romantique. Après l’entracte, l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine, sous la direction de la Bulgare Delyana Lazarova, a proposé la si particulière  Symphonie n° 9 en mi bémol majeur de Dimitri Chostakovitch.

La soirée s’est ouverte avec l’ouverture Othello d’Antonín Dvořák, dans laquelle la finesse des contrebasses s’est habilement liée aux sonorités de l’orchestre pour former la base solide de l’architecture musicale. Les interventions de la flûte, belles et aériennes, ont particulièrement attiré l’attention, tout comme celles des violoncelles, très justes de ton et parfaits quant à l’expressivité. Pourtant, le caractère typiquement tchèque de la page et les couleurs orageuses de cette page ont été insuffisamment mises en valeur, de même que les explosions finales du morceau, bien tièdes dans cette lecture somme toute un peu indifférente de Delyana Lazarova.

© Cyril Cosson

Après cette introduction, Florian Sempey a fait son apparition sur scène pour chanter le premier air du programme, « O du mein holder Abendstern », extrait du Tannhäuser de Richard Wagner. 

Florian Sempey ne semble pas, à ce stade de sa carrière, se spécialiser dans les rôles allemands, et il ne possède peut-être pas (encore) le poids et la profondeur vocale qui sont habituellement ceux d’un Heldenbariton. Il interprète cependant l’aria de Wolfram avec une habileté technique et un métal vocal remarquables, son articulation et sa prononciation de la langue allemande se révélant être tout à fait satisfaisantes.

Mais c’est dans le répertoire français, qui lui est plus familier, que le chanteur a vraiment brillé : ainsi, le timbre velouté du baryton français a non seulement servi l’expressivité chaleureuse de l’aria « Ô Richard, ô mon Roi » (tirée de l’opéra-comique Richard Cœur de Lion d’André Grétry), mais il a également dialogué harmonieusement avec l’orchestre et ses excellents bassons. Florian Sempey a fait preuve de la même aisance dans les airs « Comme une pâle fleur », « Ô vin, dissipe ma tristesse » d’Hamlet d’Ambroise Thomas, où sa présence scénique très expressive et théâtrale ainsi que l’emprise de sa voix, emplissant toute la salle, étaient impressionnantes. Puis, pour permettre au chanteur de souffler, l’orchestre, sous la direction de Delyana Lazarova, a interprété l’ouverture de Roberto Devereux de Donizetti avec une plasticité remarquable, des tempi vertigineux aux violons et des pulsations rythmiques impressionnantes aux percussions, soulignant avec succès le sens sous-jacent de la tragédie et l’urgence à l’œuvre dans cette page. Les interventions de la flûte notamment furent absolument superbes, chantant le thème de l’hymne anglais avec un son clair et pénétrant, puis conversant magnifiquement avec le premier violon et accompagnant les pizzicati des cordes parfaitement synchronisés rythmiquement. Florian Sempey, de retour après cette courte pause, reçut des applaudissements triomphaux et justifiés du public pour son interprétation contrastée, pimpante et vocalement très fraîche de la ballade « Mab, la reine des mensonges » extraite du  Roméo et Juliette de Gounod. Puis le baryton bordelais a proposé le si populaire « Largo al factotum » du Barbier de Séville (faut-il rappeler qu’il interprète régulièrement avec succès le rôle de Figaro ?) La vélocité du chant ne l’a pas privé un seul instant d’une grande clarté dans l’articulation, tandis que son sens de l’éloquence et un tempérament italien plus vrai que nature ont irradié son chant on ne peut plus enjoué, suscitant à nouveau des applaudissements frénétiques.

© Nicolas Joubard

La deuxième partie de la soirée a été consacrée à la Neuvième Symphonie de Chostakovitch, une œuvre particulière dans l’univers des « neuvièmes symphonies » du répertoire, et peut-être même tout le contraire d’une Neuvième universelle « standard », comme celles de Beethoven, Mahler ou Bruckner. Composée pour célébrer la victoire de l’Armée rouge, elle a dû susciter une grande surprise de l’establishment soviétique lors de sa création en novembre 1945 à Leningrad, sous la direction musicale d’Eugène Mravinsky. En effet, cette farce symphonique d’une demi-heure commence par une parodie de marche, dont le thème a été joué avec le sarcasme requis par les violons habiles de l’orchestre, puis développé par la flûte piccolo extrêmement claire, sur un tempo presque dansant, à la Haydn. Relevons également la performance des percussions et des cuivres, donnant une impression de marche et d’injonctions autoritaires comiques, tandis que les épaisses sonorités des cors et des trombones ont largement investi l’espace sonore de l’orchestre. Les interventions des bois dans le deuxième mouvement lent furent également appréciées, faisant ressortir le ton plus mélancolique de cette composition intensément mozartienne. Les interventions correctes de la flûte, accompagnées par celles des trompettes assez peu vigoureuses et du tuba, qui ont apporté à la page le ton héroïque douteux requis. L’excellent solo de basson leur a volé la vedette, dans une intervention empreinte de mystère, semblant émerger d’une forêt enchantée et fournissant, comme issu de nulle part, le thème final, rapidement reproduit par les violons en passant du quatrième au cinquième mouvement conclusif. Le motif de la danse passe rapidement du hautbois à la clarinette, tandis que tous les instruments entrent progressivement et parfois un peu maladroitement dans la fête musicale, la percussion apportant la pulsation appropriée et scellant avec vigueur la fin abrupte du morceau.

Les artistes

Florian Sempey, baryton

Orchestre National Bordeaux Aquitaine, dir. Delyana Lazarova

Le programme

1ère partie 
Anton Dvořák, Ouverture d’Othello
Richard Wagner, Tannhäuser Air de Wolfram « O du mein holder Abendstern »
André-Ernest-Modeste Grétry, Richard Cœur de Lion Air « Ô Richard, ô mon Roi »
Ambroise Thomas, Hamlet « comme une pâle fleur »
Donizetti, Ouverture Roberto Devereux
Charles Gounod, Roméo et Juliette Mercutio « Mab, La reine des mensonges »
Ambroise Thomas, Hamlet « ô vin dissipe ma tristesse »
Bis : Gioacchino Rossini, Il barbiere di Siviglia

2ème partie
Dmitri Chostakovitch, Symphonie n° 9

Auditorium de Bordeaux, concert du jeudi 21 novembre 2024

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Florian SempeyDelyana Lazarova
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George Markogiannopoulos

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