À la une
Fenice : Traviata, anatomie d’un drame
Versailles – Pigmalion était une femme…
Ariane et Barbe-Bleue au Teatro Real de Madrid : après l’avoir...
Après Marseille, Les Brigands (I masnadieri) assiègent Madrid !
TCE : La tempête ravageuse d’une Médée ressuscitée
Création à Milan de la Marina du jeune Giordano
Nadine Sierra à la Salle Gaveau, « J’adore »
De l’eau aux assoiffés ! Tristan et Isolde à Gênes
Acqua agli assetati! Tristan und Isolde a Genova
Amour et mariage à l’opéra paraît chez Classiques Garnier
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduVu pour vousConcert

Jeunes talents de l’Académie Jaroussky : la promotion Debussy

par Sabine Teulon Lardic 24 février 2023
par Sabine Teulon Lardic 24 février 2023
© Opéra Orchestre de Montpellier
0 commentaires 6FacebookTwitterPinterestEmail
1,5K

Suite à la seconde année de résidence de Philippe Jaroussky à l’Opéra national de Montpellier (2021-2023), les publics peuvent chaque année suivre la classe de maître publique du contreténor, et écouter les premiers pas des Jeunes talents de l’Académie Jaroussky. Ce 21 février, la promotion « Debussy » de cinq musiciens fait salle comble dans la coquette salle Molière (Opéra-Comédie).

Deux sopranos, un pianiste, un violoniste et un violoncelliste se partagent l’estrade au fil d’un récital au programme forcément éclectique. Pour contourner les limites de l’exercice démonstratif, l’astuce est de réaliser des arrangements instrumentaux pour ne pas laisser le seul pianiste accompagner les jeunes chanteuses. Aussi, le violoniste introduit et paraphrase le Lied Morgen de R. Strauss avec une sobre émotion (en se calquant sur la version orchestrale), ou bien le violoncelle déroule les arpèges qui enrobent l’air de Zerline amoureuse (« Batti, batti o bel Masetto ») dans Don Giovanni. Ces arrangements présidaient également au programme de la précédente promotion (2022), dont Première Loge se faisait l’écho à Montpellier.

Côté chanteuses, le timbre rempli d’harmoniques de Judith Ankoué s’allie à une belle sensibilité dans tout ce qu’elle aborde, en solo ou en duo  (la Comtesse dans « Sull’aria » des Nozze di Figaro) avec sa consœur. Elle excelle dans la mélodie française (Le Colibri de Chausson) finement prosodiée et tire son épingle du jeu du redoutable « Casta diva » (Bellini) par une conduite du souffle qui englobe les appogiatures avec douceur. Si l’air célèbre de Giordano – « La mamma morta » d’Andrea Chénier – n’est pas encore dans ses cordes (vocales), graves et aigus s’avèrent prometteurs. Le clair soprano de Michèle Bréant est un atout pour le rôle de soubrette (Susanna du duo « Sull’aria ») et les franches vocalises de Zerlina de Don Giovanni (la seconde section en 6/8 de « Batti, batti o bel Masetto »). En revanche, l’éventail restreint de nuances et le manque de modelé du son sont préjudiciables au Lied romantique et à La Ricordanza de Bellini. Une suggestion pour les chanteuses : esquisser quelques mouvements de jeu ou adresser quelques mots de bienvenue sur scène serait bienvenu !

Si le pianiste a déclenché l’enthousiasme de l’auditoire en martelant L’Isle joyeuse de manière plus mécanique que Debussyste, les meilleurs moments (stylistiques) de la soirée se sont concentrés d’une part sur la mélodie fauréenne (Puisqu’ici bas toute âme, opus 10 n° 1) en duo vocal et sur le contrepoint vigoureux et dansant de la Sonate pour violon et violoncelle de J. Jongen. Quentin Vogel (violon) et Pierre Fontenelle (violoncelle) sont de fougueux complices, déjà expérimentés.

Le public montpelliérain, de tout âge, se réjouit de découvrir de jeunes personnalités musicales et, à la sortie, se hâte de prendre en photo le programme affiché sur un cartel (aucun programme papier en salle). Pour les plus jeunes auditeurs auditrices, gageons que de telles prestation susciteront des envies, des projets. Et pour des musiciens âgés de 18 à 30 ans,  le courage de présenter leur candidature au recrutement de la future promotion Jeunes talents de l’Académie Jaroussky  pour la saison 2023-2024 : https://academiejaroussky.org/inscriptions/ 

Les artistes

Michèle Bréant, Judith Ankoué, sopranos

Quentin Vogel (violon), Pierre Fontenelle (violoncelle), Gabriel Durliat (piano)

Le programme

Extraits des Nozze di Figaro, de Cosi fan tutte, de Don Giovanni de W.A. Mozart, « Casta Diva » de G. Bellini, « La mamma morta » d’U. Giordano, Lieder de J. Brahms, de R. Strauss, mélodies d’E. Chausson, de G. Fauré, L’isle joyeuse de C. Debussy, Sonate op. 109 de J. Jongen

Concert du 22 février 2023, Opéra-Comédie de Montpellier

image_printImprimer
0 commentaires 6 FacebookTwitterPinterestEmail
Sabine Teulon Lardic

Sabine Teulon Lardic est chercheure à l'université de Montpellier 3. Spécialiste de l'opéra-comique du XIXe siècle et des spectacles lyriques dans les Théâtres de plein air (XIXe-XXIe siècles), elle a collaboré aux volumes collectifs de Carmen Abroad (Cambridge Press), The Oxford Handbook of the Operatic Canon (Oxford Press), Histoire de l'opéra français, t.3 (Fayard, 2022). Elle signe également des articles pour les programmes de salle (Opéra-Comique, Opéra de Montpellier) ou la collection CD du Palazzetto Bru Zane.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Les brèves de février
prochain post
À voir en mars

Vous allez aussi aimer...

Fenice : Traviata, anatomie d’un drame

17 février 2026

Versailles – Pigmalion était une femme…

17 février 2026

Ariane et Barbe-Bleue au Teatro Real de Madrid :...

16 février 2026

Après Marseille, Les Brigands (I masnadieri) assiègent Madrid...

15 février 2026

TCE : La tempête ravageuse d’une Médée ressuscitée

15 février 2026

Création à Milan de la Marina du jeune...

15 février 2026

Nadine Sierra à la Salle Gaveau, « J’adore...

14 février 2026

De l’eau aux assoiffés ! Tristan et Isolde à...

14 février 2026

Acqua agli assetati! Tristan und Isolde a Genova

14 février 2026

Verdi, enfin ! I MASNADIERI entrent en triomphe...

12 février 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : quatre mois déjà

    2 février 2026

En bref

  • Les brèves de février –

    11 février 2026
  • La vidéo du mois – Anne Sofie von Otter chante Göttingen de Barbara

    5 février 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Quand l’audace lyrique se joue loin de Paris…

    6 février 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Marc Dumont dans TCE : La tempête ravageuse d’une Médée ressuscitée
  • Fabrice del Dongo dans TCE : La tempête ravageuse d’une Médée ressuscitée
  • Marc Dumont dans TCE : La tempête ravageuse d’une Médée ressuscitée
  • F Valentin dans TCE : La tempête ravageuse d’une Médée ressuscitée
  • Claudine Shafa dans TCE : La tempête ravageuse d’une Médée ressuscitée

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Fenice : Traviata, anatomie d’un drame

17 février 2026

Versailles – Pigmalion était une femme…

17 février 2026

Ariane et Barbe-Bleue au Teatro Real...

16 février 2026