À la une
In memoriam – MARTINA ARROYO (1937-2026), la voix verdienne…
Les brèves d’octobre –
Roméo et Juliette à La Monnaie : le lyrisme en...
Même sans mariage, de charmantes Noces de Figaro au Théâtre...
Opéra de Rome : un Falstaff milanais, mental et onirique
Tarare de Salieri (1787) : un cas rare à Versailles
Le Requiem de Verdi selon Jérémie Rhorer : entre terreur...
Gala de l’Opéra royal de Versailles aux Concerts d’automne –...
Le Crépuscule des dieux de Wagner à Bastille : pour...
« Faute et Pardon » au Festival Verdi 2027 de Parme
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

Compte renduVu pour vousConcert

MEIN TRAUM à la Philharmonie de Paris  – Entre splendeur et émotion, tout simplement

par Romaric HUBERT 26 octobre 2022
par Romaric HUBERT 26 octobre 2022
©D.R.
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
2,3K

Onirique et mystérieux, le programme que nous ont offert Raphaël Pichon et Stéphane Degout à la Philharmonie de Paris  alterne chœurs, lieder et extraits orchestraux. Weber, Schumann mais surtout Schubert et la figure du Wanderer nous entrainent dans une recherche métaphysique abyssale où le pessimisme semblerait emporter tout sur son passage si ne subsistait pourtant l’espoir d’une inaccessible étoile, paisible et réconfortante. La mort rôde, l’au-delà interroge, mais quelques ilots de lumière et de paix existent encore.

Si chacun aura vécu ce vagabondage introspectif à la mesure de ses états d’âme, nul n’aura pu échapper à la grandeur, à la beauté et à l’intensité subjuguantes de ce voyage musical tout en couleurs et en transparences. Savamment construit, le programme concocté par Raphaël Pichon et Stéphane Degout nous embarque dès les premières notes dévolues au chœur (de femmes et de contre-ténors) de l’ensemble Pygmalion. Avec ce Coronach introductif, l’émotion nous étreint et ne nous quittera plus.  Le chœur fait preuve d’un équilibre et d’une homogénéité rares. Le lyrisme schubertien se déploie ici avec une économie de moyens qui touche à l’épure, loin de toute emphase pseudo-romantique. Une sobriété et une simplicité dont fera également preuve Raphaël Pichon tout au long de la soirée et en particulier dans son interprétation des deux mouvements de la Symphonie n°8 dite Inachevée. Le Schubert de Raphaël Pichon, c’est un Schubert dégraissé, aux lignes nettes et aux phrasés longs et chantants. Des choix interprétatifs tout personnels magnifiquement rendus par un orchestre attentif et précis, aux bois et cuivres éminemment poétiques d’où  se détache un pupitre de cors impressionnant de maîtrise et de tenue (Zur Jagd). La Harpe d’Anaïs Gaudemard est également à citer  pour sa présence et sa finesse jusqu’à un Gott ist mein Hirt final, lumineux et apaisant.

Raphaël Pichon et Stéphane Degout se connaissent bien et partagent un talent dramatique certain associé à un sens du récit qui n’est plus à démontrer. Le baryton atteste encore une fois de l’immensité de ses moyens mais confirme surtout  la congruence indéniable de son tempérament avec le romantisme allemand. Weber ne lui échappe pas mais c’est surtout chez Schubert et ses drames miniatures où il excelle et nous envoûte par son art de la demi-teinte et sa science du mots et du phrasé. La puissance n’est jamais prise en défaut et les tessitures les plus extrêmes sont plus que crânement assumées. Si nous ne devions retenir qu’un seul moment de cette soirée inoubliable, ce serait sûrement l’interprétation de Stéphane Degout de Der Doppelgänger. Par sa voix, les vers de Heine sonnent d’une vérité saisissante confinant à la folie auxquels l’orchestration de Liszt  du piano schubertien procure, s’il en était besoin avec un tel interprète, une intensité supplémentaire.

Face aux incarnations sombres et habitées du baryton, les interventions du soprano lumineux de Judith Fa apportent un contrepoint touchant et juvénile bienvenu.

Les lumières sobres et inspirées de Bertrand Couderc finissent de nous plonger dans cet univers onirique emprunt de mystères, de peurs et d’espérances.

Triomphe pour ce Mein Traum à la Philharmonie de Paris où plus qu’un concert, c’était surtout l’occasion de vivre un moment unique et rare où l’égrégore du collectif devant tant de beauté se joint à l’introspection personnelle face à la mort, à l’amour et à la vie, tout simplement.

Les artistes

Pygmalion – chœur & orchestre
Raphaël Pichon, direction
Stéphane Degout, baryton
Judith Fa, soprano

Bertrand Couderc, lumière

 

Le programme

PREMIÈRE PARTIE : THRÈNES
Franz Schubert
Coronach D 836 – orchestration Robert Percival
«Wo bin ich… O könnt’ ich » – extrait de Lazarus D 689
«Zur Jagd» – extrait d’Alfonso und Estrella D 732
«O sing’ mir Vater… Der Jäger» – extrait d’Alfonso und Estrella D 732

DEUXIÈME PARTIE : MIRAGES
Franz Schubert / Franz Liszt Der Doppelgänger D 957 – orchestration Franz Liszt
Franz Schubert Allegro moderato – Symphonie no 8 D 759 «Inachevée», mouvement I
Carl Maria von Weber «O wie wogt es sich schön auf der Flut» – extrait d’Oberon J 306
Franz Schubert Andante con moto – Symphonie no 8 D 759 «Inachevée», mouvement II
Robert Schumann Meerfey op. 69 no 5
Carl Maria von Weber «Wo berg’ ich mich… So weih’ ich mich » – extrait d’Euryanthe J 291

TROISIÈME PARTIE : MORT ET TRANSFIGURATION
Franz Schubert Introduction – extrait de l’acte III d’Alfonso und Estrella D 732
Franz Schubert / Johannes Brahms Gruppe aus dem Tartarus D 583 – orchestration Johannes Brahms
Franz Schubert «Sanft und still» – extrait de Lazarus D 689
Robert Schumann «Hier ist die Aussicht frei» – extrait de Szenen aus Goethes Faust
Franz Schubert Gott ist mein Hirt – Psaume 23 D 706

Bis : Richard Wagner, Romance à l’étoile : « Wie Todesahnung… O du mein holder Abendstern » (Wolfram) extrait de Tannhäuser / Acte 3

image_printImprimer
Stéphane DegoutRaphaël Pichon
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Romaric HUBERT

Licencié en musicologie, Romaric Hubert a suivi des études d’orgue, de piano, de saxophone et de chant. Il a chanté dans plusieurs chœurs réputés, ou encore en tant que soliste. Il est titulaire d’une certification qualifiante professionnelle d’animateur radio délivrée par l’Institut National de l’Audiovisuel, et a fait ses premiers pas au micro sur France Musique. Il a fondé la compagnie Les Papillons Electriques avec sa complice Jeanne-Sarah Deledicq et est co-créateur du site Première loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
ÇA S’EST PASSÉ IL Y A 200 ANS : création de Chiara e Serafina de Donizetti
prochain post
Nuit magique : Alcina à la Cité des Congrès de Nantes

Vous allez aussi aimer...

Roméo et Juliette à La Monnaie : le...

14 octobre 2026

Même sans mariage, de charmantes Noces de Figaro...

14 octobre 2026

Opéra de Rome : un Falstaff milanais, mental et...

13 octobre 2026

Tarare de Salieri (1787) : un cas rare...

13 octobre 2026

Le Requiem de Verdi selon Jérémie Rhorer :...

11 octobre 2026

Gala de l’Opéra royal de Versailles aux Concerts...

11 octobre 2026

Le Crépuscule des dieux de Wagner à Bastille...

10 octobre 2026

« Faute et Pardon » au Festival Verdi 2027 de...

10 octobre 2026

À Lille, les voix de la magicienne Alcina...

9 octobre 2026

Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena

8 octobre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE

    7 octobre 2026

En bref

  • Les brèves d’octobre –

    14 octobre 2026
  • La vidéo du mois : Gala aus dem Festspielhaus Baden-Baden – Anja Harteros, Ekaterina Gubanova, Jonas Kaufmann, Bryn Terfel et Marco Armiliato

    1 octobre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

    7 octobre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Hugues Rameau dans Le Crépuscule des dieux de Wagner à Bastille : pour les voix et la musique
  • Jean-Jacques van Weinan dans PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE
  • Jean-Jacques van Weinan dans À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans la confusion des genres
  • Marylise Ty dans Le Crépuscule des dieux de Wagner à Bastille : pour les voix et la musique
  • Hugues Rameau dans A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie avec Orlando de Haendel

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Roméo et Juliette à La Monnaie...

14 octobre 2026

Même sans mariage, de charmantes Noces...

14 octobre 2026

Opéra de Rome : un Falstaff milanais,...

13 octobre 2026