À la une
Un ballo in maschera à Florence : applaudissements nourris aux interprètes...
Festival del Maggio Musicale Fiorentino: debutta Un ballo in maschera...
En chasse à Versailles !
Felicity Lott donne des nouvelles de sa santé
I PURITANI à Turin : entre bel canto et psychanalyse
Sept ans de prison pour la basse Paata Burchuladze !
SOLARIS, une odyssée sonore entre mémoire musicale et vertige cosmique
La vidéo du mois : les KING’S SINGERS chantent le...
La saison lyrique messine s’achève par un monumental Requiem de...
Les brèves de mai –
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduVu pour vousConcert

MEIN TRAUM à la Philharmonie de Paris  – Entre splendeur et émotion, tout simplement

par Romaric HUBERT 26 octobre 2022
par Romaric HUBERT 26 octobre 2022
©D.R.
0 commentaires 1FacebookTwitterPinterestEmail
2,1K

Onirique et mystérieux, le programme que nous ont offert Raphaël Pichon et Stéphane Degout à la Philharmonie de Paris  alterne chœurs, lieder et extraits orchestraux. Weber, Schumann mais surtout Schubert et la figure du Wanderer nous entrainent dans une recherche métaphysique abyssale où le pessimisme semblerait emporter tout sur son passage si ne subsistait pourtant l’espoir d’une inaccessible étoile, paisible et réconfortante. La mort rôde, l’au-delà interroge, mais quelques ilots de lumière et de paix existent encore.

Si chacun aura vécu ce vagabondage introspectif à la mesure de ses états d’âme, nul n’aura pu échapper à la grandeur, à la beauté et à l’intensité subjuguantes de ce voyage musical tout en couleurs et en transparences. Savamment construit, le programme concocté par Raphaël Pichon et Stéphane Degout nous embarque dès les premières notes dévolues au chœur (de femmes et de contre-ténors) de l’ensemble Pygmalion. Avec ce Coronach introductif, l’émotion nous étreint et ne nous quittera plus.  Le chœur fait preuve d’un équilibre et d’une homogénéité rares. Le lyrisme schubertien se déploie ici avec une économie de moyens qui touche à l’épure, loin de toute emphase pseudo-romantique. Une sobriété et une simplicité dont fera également preuve Raphaël Pichon tout au long de la soirée et en particulier dans son interprétation des deux mouvements de la Symphonie n°8 dite Inachevée. Le Schubert de Raphaël Pichon, c’est un Schubert dégraissé, aux lignes nettes et aux phrasés longs et chantants. Des choix interprétatifs tout personnels magnifiquement rendus par un orchestre attentif et précis, aux bois et cuivres éminemment poétiques d’où  se détache un pupitre de cors impressionnant de maîtrise et de tenue (Zur Jagd). La Harpe d’Anaïs Gaudemard est également à citer  pour sa présence et sa finesse jusqu’à un Gott ist mein Hirt final, lumineux et apaisant.

Raphaël Pichon et Stéphane Degout se connaissent bien et partagent un talent dramatique certain associé à un sens du récit qui n’est plus à démontrer. Le baryton atteste encore une fois de l’immensité de ses moyens mais confirme surtout  la congruence indéniable de son tempérament avec le romantisme allemand. Weber ne lui échappe pas mais c’est surtout chez Schubert et ses drames miniatures où il excelle et nous envoûte par son art de la demi-teinte et sa science du mots et du phrasé. La puissance n’est jamais prise en défaut et les tessitures les plus extrêmes sont plus que crânement assumées. Si nous ne devions retenir qu’un seul moment de cette soirée inoubliable, ce serait sûrement l’interprétation de Stéphane Degout de Der Doppelgänger. Par sa voix, les vers de Heine sonnent d’une vérité saisissante confinant à la folie auxquels l’orchestration de Liszt  du piano schubertien procure, s’il en était besoin avec un tel interprète, une intensité supplémentaire.

Face aux incarnations sombres et habitées du baryton, les interventions du soprano lumineux de Judith Fa apportent un contrepoint touchant et juvénile bienvenu.

Les lumières sobres et inspirées de Bertrand Couderc finissent de nous plonger dans cet univers onirique emprunt de mystères, de peurs et d’espérances.

Triomphe pour ce Mein Traum à la Philharmonie de Paris où plus qu’un concert, c’était surtout l’occasion de vivre un moment unique et rare où l’égrégore du collectif devant tant de beauté se joint à l’introspection personnelle face à la mort, à l’amour et à la vie, tout simplement.

Les artistes

Pygmalion – chœur & orchestre
Raphaël Pichon, direction
Stéphane Degout, baryton
Judith Fa, soprano

Bertrand Couderc, lumière

 

Le programme

PREMIÈRE PARTIE : THRÈNES
Franz Schubert
Coronach D 836 – orchestration Robert Percival
«Wo bin ich… O könnt’ ich » – extrait de Lazarus D 689
«Zur Jagd» – extrait d’Alfonso und Estrella D 732
«O sing’ mir Vater… Der Jäger» – extrait d’Alfonso und Estrella D 732

DEUXIÈME PARTIE : MIRAGES
Franz Schubert / Franz Liszt Der Doppelgänger D 957 – orchestration Franz Liszt
Franz Schubert Allegro moderato – Symphonie no 8 D 759 «Inachevée», mouvement I
Carl Maria von Weber «O wie wogt es sich schön auf der Flut» – extrait d’Oberon J 306
Franz Schubert Andante con moto – Symphonie no 8 D 759 «Inachevée», mouvement II
Robert Schumann Meerfey op. 69 no 5
Carl Maria von Weber «Wo berg’ ich mich… So weih’ ich mich » – extrait d’Euryanthe J 291

TROISIÈME PARTIE : MORT ET TRANSFIGURATION
Franz Schubert Introduction – extrait de l’acte III d’Alfonso und Estrella D 732
Franz Schubert / Johannes Brahms Gruppe aus dem Tartarus D 583 – orchestration Johannes Brahms
Franz Schubert «Sanft und still» – extrait de Lazarus D 689
Robert Schumann «Hier ist die Aussicht frei» – extrait de Szenen aus Goethes Faust
Franz Schubert Gott ist mein Hirt – Psaume 23 D 706

Bis : Richard Wagner, Romance à l’étoile : « Wie Todesahnung… O du mein holder Abendstern » (Wolfram) extrait de Tannhäuser / Acte 3

image_printImprimer
Stéphane DegoutRaphaël Pichon
0 commentaires 1 FacebookTwitterPinterestEmail
Romaric HUBERT

Licencié en musicologie, Romaric Hubert a suivi des études d’orgue, de piano, de saxophone et de chant. Il a chanté dans plusieurs chœurs réputés, ou encore en tant que soliste. Il est titulaire d’une certification qualifiante professionnelle d’animateur radio délivrée par l’Institut National de l’Audiovisuel, et a fait ses premiers pas au micro sur France Musique. Il a fondé la compagnie Les Papillons Electriques avec sa complice Jeanne-Sarah Deledicq et est co-créateur du site Première loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
ÇA S’EST PASSÉ IL Y A 200 ANS : création de Chiara e Serafina de Donizetti
prochain post
Nuit magique : Alcina à la Cité des Congrès de Nantes

Vous allez aussi aimer...

Un ballo in maschera à Florence : applaudissements nourris...

13 mai 2026

Festival del Maggio Musicale Fiorentino: debutta Un ballo...

13 mai 2026

En chasse à Versailles !

13 mai 2026

I PURITANI à Turin : entre bel canto...

11 mai 2026

SOLARIS, une odyssée sonore entre mémoire musicale et...

9 mai 2026

La vidéo du mois : les KING’S SINGERS...

9 mai 2026

La saison lyrique messine s’achève par un monumental...

9 mai 2026

Genève 26-27 : en route pour de « Nouveaux...

8 mai 2026

Au Théâtre des Champs-Élysées, La Calisto de Cavalli...

7 mai 2026

L’Or du Rhin brille de nouveau à Marseille

7 mai 2026

Humeurs

  • Découverte vocale : la contralto ukrainienne VANDA KOZUB

    17 avril 2026

En bref

  • Felicity Lott donne des nouvelles de sa santé

    12 mai 2026
  • Sept ans de prison pour la basse Paata Burchuladze !

    11 mai 2026

La vidéo du mois

*

Édito

  • Édito de mai – L’artiste peut-il ne pas être politique ?

    1 mai 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • LIN dans La saison lyrique messine s’achève par un monumental Requiem de Verdi
  • Silcho dans Elle aurait 100 ans aujourd’hui : HUGUETTE RIVIÈRE
  • Madar dans L’Or du Rhin brille de nouveau à Marseille
  • BAUDIERE dans Hello Dolly ! enthousiasme l’Odéon de Marseille
  • BAUDIERE dans Hello Dolly ! enthousiasme l’Odéon de Marseille

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Un ballo in maschera à Florence :...

13 mai 2026

Festival del Maggio Musicale Fiorentino: debutta...

13 mai 2026

En chasse à Versailles !

13 mai 2026