À la une
Berlin, Komische Oper – LEAR, l’arène
Se préparer à LA RONDINE, Opéra de Zurich, 24 septembre-15 octobre...
Rusalka au Capitole, quatre ans après, la magie de Poda...
Médée avec Marie-Nicole Lemieux : le feu retrouvé de Charpentier à...
Macbeth revient à l’Opéra Royal de Wallonie après une absence...
À Bastille, un Hamlet d’Ambroise Thomas porté par une distribution...
Superbe Cavalleria rusticana à Palerme : un opéra vériste, toujours...
Cavalleria rusticana: un opera verista, tuttora attuale e dal valore...
Un Dido and Aeneas trop original ouvre la saison de...
Livre – Écrivains mélomanes, scrittori melomani (direction Camillo Faverzani, Andrea...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

Compte renduVu pour vousConcert

Concerts d’automne (2/3) – les Vêpres de Rachmaninov par l’ensemble La tempête : une immersion dans le Sacré

par Stéphane Lelièvre 17 octobre 2021
par Stéphane Lelièvre 17 octobre 2021
0 commentaires 5FacebookTwitterPinterestEmail
3,4K

Crédit photos : © Rémi Angeli

Bien sûr, il y a la performance musicale et vocale, remarquable : les quelque 30 chanteurs qui composent le chœur de La tempête font preuve d’une versatilité exceptionnelle, capables d’aborder avec le même bonheur la musique baroque, le romantisme allemand, la création contemporaine… ou le répertoire russe du début du XXe siècle, comme en témoigne le concert donné ce samedi 16 octobre en l’église Saint-Julien de Tours. L’exploit n’est pas mince, tant les Vêpres de Rachmaninov sont exigeantes stylistiquement et techniquement : l’écriture y est tantôt simple, limpide voire austère, tantôt ornée de vocalises jubilatoires ; les extrêmes des tessitures (celles des basses notamment, qui doivent impérativement posséder un extrême grave solide !) sont plus d’une fois sollicités ; on y entend des chœurs à 7, 8 voire 11 voix ; l’écriture musicale verticale y alterne avec des formes d’écritures contrapuntiques… Les choristes surmontent ces difficultés avec une aisance d’autant plus étonnante qu’ils sont souvent en mouvement, déambulant dans tout l’espace offert par l’église (disparaissant même parfois de la vue des spectateurs), la partition en mains éclairée par une simple liseuse ! Mais ce ne sont pas les prouesses techniques que l’on retiendra de ce concert, ni même la grande beauté des voix, pourtant réelle (en particulier chez les sopranos, d’une belle homogénéité et dotées de voix pures). En tout cas pas seulement…

« Notre projet vise à recréer un rituel imaginaire, mêlant les Vêpres de Rachmaninov aux chants byzantins orthodoxes, et se déployant aussi dans l’utilisation totale de l’espace par les chanteurs, proposant ainsi un voyage intense dans une des plus grandes œuvres de l’art vocal », déclare Simon-Pierre Bestion sur le site de la compagnie La tempête dont il est le directeur artistique. (Concernant le chant byzantin orthodoxe, il faut signaler les splendides interventions d’Adrian Sîrbu, tantôt pleines de recueillement, tantôt empreintes d’une ferveur communicative).

Et de fait, c’est bien à une sorte de rituel que le public a l’impression d’assister. Un rituel qui transcende de loin la seule musique et qui, au-delà des croyances ou convictions de chacun, donne le sentiment exaltant de tutoyer le Sacré. Pour ce faire, différents procédés sont mis en œuvre, au premier rang desquels figurent certains effets de spatialisation visuelle et sonore. Les choristes déambulent lentement, se regroupent sur ou autour de l’estrade en une sorte de communion spirituelle et musicale, forment des petits groupes dans le chœur, le narthex ou dans les bas-côtés… Cette spatialisation multiplie nécessairement les sources sonores, le chant surprenant l’oreille du spectateur par ses provenances variées, parfois inattendues, sans pour autant créer le moindre effet de théâtralité. Au contraire, l’impression produite est celle d’être cerné par, ou immergé dans le divin. L’éclairage extrêmement tamisé (sauf à la toute fin du concert, où les lumières des projecteurs évoquent l’éclairage vacillant des flammes de bougies) participe du recueillement général dans lequel est plongé le public, d’une attention et d’une qualité d’écoute exceptionnelles.

Un public qui, à la fin du concert, se lève spontanément, conscient d’avoir vécu un moment privilégié, et noie les artistes sous un flot d’applaudissements.

Les artistes

Adrian Sirbu  soliste pour le chant byzantin 
Édouard Monjanel, ténor
Mathilde Gatouillat, alto

La Tempête, dir.  Simon-Pierre Bestion 

Lumières : Marianne Pelcerf  

Le programme

Sergueï Rachmaninov

Vigiles nocturnes op. 37 (Vêpres)
Liturgie de Saint Jean Chrysostome op. 41 (extraits)

Hymnes de la liturgie grecque orthodoxe byzantine 

Église Saint-Julien (Tours) concert du 16 octobre 2021

image_printImprimer
La tempêteRachmaninov
0 commentaires 5 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Concerts d’automne (1/3) : L’Orfeo de Monteverdi, ou quand le fils de Calliope fait escale en Touraine
prochain post
Concerts d’automne (3/3) – Lieder : Le Chant du Cygne de… Haydn !

Vous allez aussi aimer...

Berlin, Komische Oper – LEAR, l’arène

24 septembre 2026

Rusalka au Capitole, quatre ans après, la magie...

23 septembre 2026

Médée avec Marie-Nicole Lemieux : le feu retrouvé de...

23 septembre 2026

Macbeth revient à l’Opéra Royal de Wallonie après...

21 septembre 2026

À Bastille, un Hamlet d’Ambroise Thomas porté par...

21 septembre 2026

Superbe Cavalleria rusticana à Palerme : un opéra...

20 septembre 2026

Cavalleria rusticana: un opera verista, tuttora attuale e...

20 septembre 2026

Un Dido and Aeneas trop original ouvre la...

19 septembre 2026

Genève – LA TEMPÊTE de Franck MartinTempête sur...

18 septembre 2026

Les festivals de l’été – Une fin de...

18 septembre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : onze mois déjà

    5 septembre 2026

En bref

  • Les brèves de septembre

    13 septembre 2026
  • La vidéo du mois –
    Hommage à Ileana Cotrubas : La traviata, « Parigi, o cara »

    2 septembre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    Fin des festivals, début des festivités… avec la nouvelle saison lyrique 26-27 !

    1 septembre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Cathy dans Un Dido and Aeneas trop original ouvre la saison de l’Opéra de Bordeaux
  • meyer dans À Bastille, un Hamlet d’Ambroise Thomas porté par une distribution d’exception
  • Médée de Charpentier ouvre la saison lyrique à Montpellier - Montpellier Évasion dans Médée avec Marie-Nicole Lemieux : le feu retrouvé de Charpentier à Montpellier
  • GUEBOD dans MARIO LANZA
  • Stéphane Lelièvre dans Hommages : Christiane Issartel, Kenneth Montgomery, Ginès Sirera

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Berlin, Komische Oper – LEAR, l’arène

24 septembre 2026

Rusalka au Capitole, quatre ans après,...

23 septembre 2026

Médée avec Marie-Nicole Lemieux : le feu...

23 septembre 2026