À la une
Il aurait 100 ans aujourd’hui : XAVIER DEPRAZ
Se préparer à LE VILLI, Puccini (1884) – Opéra de...
Heaven ! I mean heaven… avec Top Hat au Châtelet !
The Death of Klinghoffer  : une œuvre contemporaine percutante ouvre...
Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »
La Route fleurie, une nouvelle production pétillante à l’Odéon de...
TOUS LES FESTIVALS DU MONDE (ou presque) en un clic...
Versailles : dans la lumière de Castor et Pollux
Arènes de Vérone : l’été lyrique 2026
Les brèves d’avril – Tempête au San Carlo de Naples...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduVu pour vousConcert

Carnet de bord du 42e festival d’Ambronay (2/3)

par Sabine Teulon Lardic 3 octobre 2021
par Sabine Teulon Lardic 3 octobre 2021
0 commentaires 2FacebookTwitterPinterestEmail
1,3K

Crédit photos : © Bertrand Pichène

Découvrir de talentueux ensembles baroques européens au 42e Festival d’Ambronay

Le 42e Festival d’Ambronay s’étale sur 4 week ends dans l’abbatiale de ce bourg du Bugey (Ain). Fondé en 1980 par une association de bénévoles, le festival de musique ancienne s’appuie sur l’engouement du public pour la musique « baroque ». Couvrant la musique instrumentale profane, religieuse et lyrique, il bénéficie avec l’abbatiale bénédictine (Moyen-âge) d’un écrin patrimonial à l’acoustique célébrée par les chefs de toute génération, de William Christie à Leonardo Garcia Alarcon. Il s’est progressivement orienté vers la formation de jeunes ensembles européens (Académie baroque européenne depuis 1993) et leur promotion via le programme européen EEEmerging+, depuis sa labellisation de Centre Culturel de Rencontre en 2003. Si les fêtes populaires dans la rue ne peuvent se dérouler (Covid incompatibles) comme les précédentes éditions, les concerts dans l’abbatiale, les CD sous le label d’Ambronay éditions forment une rampe de lancement pour une pléiade d’ensembles qui ont pu émerger depuis les années 2000 (de Cappella Mediterranea à I Gemelli). L’atout réside également dans la proximité conviviale des artistes, bénévoles, publics (et critiques conviés), source d’échanges fructueux dans la cour ou au cloître.

Carnet de bord n°2 : du vent et du chant dans les cordes

La 2e Journée festivalière du week end poursuit la découverte de jeunes ensembles européens du dispositif EEEmering+. Ce samedi 2 octobre, le public de l’abbatiale d’Ambronay écoute deux ensembles instrumentaux. L’ensemble münichois Caladrius (du nom d’un oiseau qui guérit ses proches) regroupe une flûte à bec et trois instrumentistes à corde (luth, violone et clavecin). Leur projet est de confronter version originelle (J.-S. Bach revisitant S.L. Weiss) et version originale (leur réécriture créative de cette même pièce). Si la flûtiste à bec fait partager son bonheur de jouer (splendide Sonate de F. M. Veracini), l’ensemble de bonne tenue manque de projection, hormis dans la Passacaille de J.-B. Bousset (transcrite par J.-M. Hotteterre) qui amplifie généreusement le processus de variation sur basso ostinato.

L’ensemble Into the Winds fait la promotion des vents : flûtes à bec et hautbois (aigus et graves) en sus d’une trompette droite jouant la saqueboute. Leur programme « Derrière les remparts » embrasse quatre grandes villes de la Renaissance européenne : Bruges (sous Philippe Le Bon), Paris, Florence (sous Machiavel) et Amboise (sous Charles VIII) avec des musiques et des textes ad hoc.

Le soir, le concert Balliamo ! Monteverdi est une production des Cris de Paris (chœur et ensemble instrumental), sous la direction de son chef et fondateur, Geoffroy Jourdain, nommé directeur de l’Académie d’Ambronay pour cette session 2021. Sur la planète baroque, Les Cris de Paris occupent une belle place depuis les années 2000, riches d’une discographie enjambant siècles et traditions. Le programme monteverdien de la soirée s’ouvre par une création : Intrada d’Eva Reiter (gambiste viennoise), commande du CCR d’Ambronay et de l’Ensemble. La spatialisation mystérieuse du son – bouche fermée, bruissements d’air dans des tuyaux de carton maniés par les chanteurs dans les bas-côtés de l’abbatiale – évoque des froissements d’aile, subtilement tuilés à la musique de Monteverdi par une discrète mise en forme du tactus.

Concocté par le chef Geoffroy Jourdain, un ballet imaginaire de Monteverdi se construit peu à peu, foisonnant montage d’extraits de Monteverdi enchaînés au sein de trois plages, comme trois actes. La disposition de l’ensemble donne les clés de l’interprétation : les 9 solistes vocaux sont placés devant le public tandis que la formation instrumentale s’étage depuis les basses en premier plan (3 violes de gambe, 2 théorbes et un clavecin/orgue) vers les flûtes et violons en arrière-plan élevé. En effet, la puissance sonore et expressive du continuo semble la griffe de cette interprétation d’un Monteverdi versus profane. La thématique – Balliamo ! – restitue l’influence du ballet de cour français vers les cours italiennes (Mantoue, Il Ballo delle ingrate, 1608), dynamisée par la frénésie.

Avec l’expressivité cultivée par le compositeur, le gran concertato (polyphonie vocale et instrumentale en dialogue) met toute l’abbatiale en résonance. Cette splendeur est inégalée dans le Beatus vir (recueil Selva morale e spirituale, 1640) et dans Balliamo (Tirsi e Clori, du VIIe Livre de madrigaux). Cette opulence, sonore autant que polyphonique, se conjugue à des extraits de madrigaux à l’effectif vocal restreint : un duo féminin d’une rare préciosité (Zefiro torna, IXe Livre de madrigaux), ou le trio masculin Chi vol che m’inamori d’un humour perceptible ou encore celui d’Alle danze, alle gioe, joyeusement pulsé.

Si la diversité du continuo est d’une redoutable efficacité (Sinfonia du VIIe Livre de madrigaux) dans les nombreuses pièces en basso ostinato, l’expression vocale est tout aussi convaincante. La soprano Adèle Carlier domine les voix féminines par sa projection et sa précision, à l’égal de celle du contre-ténor Branislav Rakic. Toutes les voix masculines (leurs noms figurent à la rubrique Artistes) excellent dans l’expression variée des affetti et la vivacité des échanges. Réunis dans les trois pièces conclusives, les 9 voix solistes resplendissent, soit en stile concitato (Movete al mio bel suon, VIIIe Livre de madrigaux), soit en antiphonie femmes/hommes (Della belezza le dovuto lodi). Le chef remercie la mezzo Marielou Jacquard d’avoir remplacé sans répétition une chanteuse (accidentée). Bel exemple de solidarité musicale !

Les artistes
  • Ensemble Caladrius: Sophia Schambeck (flûtes), Jacopo Sabina (luth), Mariona Mateu Carles (violone), Georg Staudacher (clavecin)
  • Ensemble Into the Winds: Adrien Reboisson, Anabelle Guibeaud, Marion Le Moal, Rémi Lécorché, Yula S.
  • Les Cris de Paris, dir. Geoffroy Jourdain : Adèle Carlier, Judith Derouin, Marielou Jacquard, Branislav, Rakic, Safir Behloul, Alban Dufourt, Constantin Goubet, Virgile Ancely, Renaud Brès (chanteurs).

Marieke Bouche, Yuki Koike, Martin Bauer, Mathias Ferré, Etienne Floutier, Evolène Kiener, Julien Martin, Elodie Peudepièce, Thibaut Roussel, Diego Salamanca, Jean-Miguel Aristizabal (instrumentistes).

Le programme

– « Original vs Original » : Domenico Scarlatti – S. L. Weiss/J.-S. Bach – F.M. Veracini – J.-B. de Bousset/J.-M. de Hotteterre – Andrea Falconieri

– « Derrière les remparts » : Anonyme du XVe siècle – Baude Cordier – Nicolas Grenon – Gilles Binchois – Guillaume Duufay – Heinrich Isaac – Bartolomeo Florentino – Loyset Compère – Jacob Obrecht

– « Balliamo ! » : extraits d’Orfeo, du Ballo delle ingrate, des livres de madrigaux VII, VIII et IX, de la Selva morale e spirituale, de Tirsi e Clori de Claudio Monteverdi – Intrada d’Eva Reiter.

image_printImprimer
Festival d'Ambronay
0 commentaires 2 FacebookTwitterPinterestEmail
Sabine Teulon Lardic

Sabine Teulon Lardic est chercheure à l'université de Montpellier 3. Spécialiste de l'opéra-comique du XIXe siècle et des spectacles lyriques dans les Théâtres de plein air (XIXe-XXIe siècles), elle a collaboré aux volumes collectifs de Carmen Abroad (Cambridge Press), The Oxford Handbook of the Operatic Canon (Oxford Press), Histoire de l'opéra français, t.3 (Fayard, 2022). Elle signe également des articles pour les programmes de salle (Opéra-Comique, Opéra de Montpellier) ou la collection CD du Palazzetto Bru Zane.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Carnet de bord du 42e festival d’Ambronay (1/3)
prochain post
Tartuffe à Wisteria Lane : une rencontre improbable qui fait tout le prix du Comte Ory à l’Opéra-Théâtre de Metz

Vous allez aussi aimer...

Heaven ! I mean heaven… avec Top Hat au...

21 avril 2026

The Death of Klinghoffer  : une œuvre contemporaine...

20 avril 2026

Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »

20 avril 2026

La Route fleurie, une nouvelle production pétillante à...

19 avril 2026

Versailles : dans la lumière de Castor et Pollux

18 avril 2026

Arènes de Vérone : l’été lyrique 2026

18 avril 2026

Les rares Béatitudes de César Franck à la...

15 avril 2026

Lucrezia Borgia enfin en version scénique à l’Opéra royal...

13 avril 2026

Euridice à Versailles : retour aux sources de...

12 avril 2026

Satyagraha entre en triomphe au répertoire de l’Opéra...

11 avril 2026

Humeurs

  • Découverte vocale : la contralto ukrainienne VANDA KOZUB

    17 avril 2026

En bref

  • Les brèves d’avril – Tempête au San Carlo de Naples !

    17 avril 2026
  • Ça s’est passé il y a 200 ans : création d’OBERON de Weber

    12 avril 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’authenticité en musique : un idéal introuvable ?

    3 avril 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Un nouveau fruit discographique de l’année-anniversaire 2025 d’Alessandro Scarlatti (1660 – 1725) : le CD Aparté AP428 « Vieni, O Notte » de Francesca Aspromonte, Boris Begelman et l’ensemble Arsenale Sonoro… - En cherchant bien dans CD – Francesca Aspromonte, reine de la nuit
  • Stéphane Lelièvre dans Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »
  • Yajure Jonas dans Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »
  • Catherine Marchi dans Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »
  • Stéphane Lelièvre dans Les brèves d’avril – Tempête au San Carlo de Naples !

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Heaven ! I mean heaven… avec Top...

21 avril 2026

The Death of Klinghoffer  : une...

20 avril 2026

Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »

20 avril 2026