À la une
Il aurait 100 ans aujourd’hui : XAVIER DEPRAZ
Se préparer à LE VILLI, Puccini (1884) – Opéra de...
Heaven ! I mean heaven… avec Top Hat au Châtelet !
The Death of Klinghoffer  : une œuvre contemporaine percutante ouvre...
Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »
La Route fleurie, une nouvelle production pétillante à l’Odéon de...
TOUS LES FESTIVALS DU MONDE (ou presque) en un clic...
Versailles : dans la lumière de Castor et Pollux
Arènes de Vérone : l’été lyrique 2026
Les brèves d’avril – Tempête au San Carlo de Naples...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduConcert

Concerts d’automne de Tours : grande émotion pour une Petite Messe !

par Stéphane Lelièvre 25 octobre 2019
par Stéphane Lelièvre 25 octobre 2019
© Rémi Angeli
0 commentaires 0FacebookTwitterPinterestEmail
1,4K

Photos : © Rémi Angeli

Le 14 mars 1864, soit 35 ans après Guillaume Tell, la Petite Messe solennelle de Rossini est créée dans la chapelle privée du comte Alexis Pillet-Will. Selon les indications portées par  Rossini lui-même sur sa partition, douze chanteurs seulement suffisent à son exécution, des chanteurs « des trois sexes, hommes, femmes et castrats […], savoir huit pour les chœurs, quatre pour les solos, total douze chérubins ». Certaines versions enregistrées ou proposées en concert, en convoquant une importante masse chorale, sont donc assez éloignées des conditions originelles de la création.

C’est un (presque) retour aux sources que proposent Joël Suhubiette et le chœur Les Éléments, avec 16 choristes (4 par pupitre) et 4 solistes. Le choix de cet effectif réduit confère à l’œuvre, une transparence, une netteté, un caractère incisif qui échappent parfois aux ensembles plus nombreux. La contrepartie, bien sûr, réside dans l’indispensable précision dont doivent faire preuve les choristes, la moindre erreur de rythme, de justesse, d’intensité pouvant s’avérer fatale au délicat équilibre de l’œuvre – et sauter immédiatement aux oreilles de l’auditeur. On pouvait compter sur la musicalité exemplaire des Éléments pour échapper à ces travers : d’une malléabilité et d’une variété de couleurs étonnantes, d’une précision infaillible, ils se sont montrés aussi à l’aise dans le double canon sotto voce du Christe Eleison (qui aura rarement évoqué à ce point le souvenir de l’écriture renaissante) que dans l’écriture virtuosissime de la double fugue du Cum Sancto Spiritu, ou encore dans les épanchements plus lyriques qui concluent le poignant Agnus Dei.

Barbara et Carlotta Marchisio, créatrices de la Petite Messe solennelle

Même si les quatre solistes de la création (les sœurs Marchisio, Italo Gardoni et Luigi Agnesi) étaient des gosiers célèbres rompus au style de l’opéra, le choix des chanteurs pour ce concert tourangeau s’est avéré très pertinent : afin de s’intégrer harmonieusement à la conception d’ensemble sans écraser les chœurs, les voix ne sont pas surdimensionnées et les interprètes évitent tout débordement trop lyrique. Julia Wischniewski (soprano), dont la voix, relativement sombre (elle interprète régulièrement la Didon de Purcell), possède un léger vibrato serré qui la rend immédiatement émouvante, Lise Nougier, au timbre clair contrastant agréablement avec celui de sa partenaire dans le Qui tollis,  Olivier Déjean (basse), à la projection efficace – et qui se sort plus qu’honorablement des difficiles aigus de sa partition – et Riccardo Romeo, ténor à la voix souple et claire élégamment conduite, jouent ainsi le jeu de la rigueur stylistique et de la sobriété. En témoigne leur disposition sur le plateau : intégrés aux choristes, ils font quelques pas en avant pour les pages dans lesquelles ils interviennent en tant que solistes, restant face au chef sans se placer, selon la coutume, à l’avant-scène.

Julia Wischniewski - © Rémi Angeli
Lise Nougier - © Rémi Angeli
Olivier Déjean - © Rémi Angeli
Riccardo Romeo - © Rémi Angeli

Natalie Steinberg et Mary Olivon aux piano-fortes et Emmanuel Mandrin à l’harmonium manifestent la même sincérité, la même ferveur sobre que les choristes et les solistes, sous la direction d’un Joël Suhubiette dont on a peine à croire qu’il interprète l’œuvre pour la première fois tant il en révèle avec maestria la délicate alchimie, faite de rigueur, de subtilité et d’émotion discrète.

À l’issue du concert, tous les artistes sont applaudis avec enthousiasme par un public attentif et reconnaissant !

© Rémi Angeli
Les artistes

Julia Wischniewski, soprano
Lise Nougier, alto
Riccardo Romeo, ténor
Olivier Déjean, basse
Natalie Steinberg & Mary Olivon, piano-forte (Erard 1862, Pleyel 1843)
Emmanuel Mandrin, harmonium (Debain 1880)
Chœur Les Éléments
Joël Suhubiette
, direction

Le programme

Concert du vendredi 25 octobre 2019

image_printImprimer
Julia WischniewskiRiccardo RomeoOlivier DéjeanJoël SuhubietteChœur Les ÉlémentsLise Nougier
0 commentaires 0 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Thomas Bettinger et Nicolas Cavallier à l’Éléphant Paname
prochain post
Didon et Énée referment en beauté la 4e édition des Concerts d’automne

Vous allez aussi aimer...

Heaven ! I mean heaven… avec Top Hat au...

21 avril 2026

The Death of Klinghoffer  : une œuvre contemporaine...

20 avril 2026

Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »

20 avril 2026

La Route fleurie, une nouvelle production pétillante à...

19 avril 2026

Versailles : dans la lumière de Castor et Pollux

18 avril 2026

Les rares Béatitudes de César Franck à la...

15 avril 2026

Euridice à Versailles : retour aux sources de...

12 avril 2026

Satyagraha entre en triomphe au répertoire de l’Opéra...

11 avril 2026

La Création de Haydn au TCE : …et une (humble) lumière fut. 

11 avril 2026

TCE – La violence d’une Passion

11 avril 2026

Humeurs

  • Découverte vocale : la contralto ukrainienne VANDA KOZUB

    17 avril 2026

En bref

  • Les brèves d’avril – Tempête au San Carlo de Naples !

    17 avril 2026
  • Ça s’est passé il y a 200 ans : création d’OBERON de Weber

    12 avril 2026

La vidéo du mois

Édito

  • L’authenticité en musique : un idéal introuvable ?

    3 avril 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Un nouveau fruit discographique de l’année-anniversaire 2025 d’Alessandro Scarlatti (1660 – 1725) : le CD Aparté AP428 « Vieni, O Notte » de Francesca Aspromonte, Boris Begelman et l’ensemble Arsenale Sonoro… - En cherchant bien dans CD – Francesca Aspromonte, reine de la nuit
  • Stéphane Lelièvre dans Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »
  • Yajure Jonas dans Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »
  • Catherine Marchi dans Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »
  • Stéphane Lelièvre dans Les brèves d’avril – Tempête au San Carlo de Naples !

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Heaven ! I mean heaven… avec Top...

21 avril 2026

The Death of Klinghoffer  : une...

20 avril 2026

Dijon : Un Don Giovanni « all’antica »

20 avril 2026