À la une
Le Requiem de Verdi selon Jérémie Rhorer : entre terreur...
Gala de l’Opéra royal de Versailles aux Concerts d’automne –...
Le Crépuscule des dieux de Wagner à Bastille : pour...
« Faute et Pardon » au Festival Verdi 2027 de Parme
À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans...
Brèves d’octobre –
Découvrez le programme 2027 du Festival de Pâques d’Aix-en-Provence
Ça s’est passé il y a 200 ans : création du...
Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena
PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Subscribe our Newsletter for latest news.

Compte renduConcert

Concerts d’automne de Tours : grande émotion pour une Petite Messe !

par Stéphane Lelièvre 25 octobre 2019
par Stéphane Lelièvre 25 octobre 2019
© Rémi Angeli
0 commentaires 0FacebookTwitterPinterestEmail
1,6K

Photos : © Rémi Angeli

Le 14 mars 1864, soit 35 ans après Guillaume Tell, la Petite Messe solennelle de Rossini est créée dans la chapelle privée du comte Alexis Pillet-Will. Selon les indications portées par  Rossini lui-même sur sa partition, douze chanteurs seulement suffisent à son exécution, des chanteurs « des trois sexes, hommes, femmes et castrats […], savoir huit pour les chœurs, quatre pour les solos, total douze chérubins ». Certaines versions enregistrées ou proposées en concert, en convoquant une importante masse chorale, sont donc assez éloignées des conditions originelles de la création.

C’est un (presque) retour aux sources que proposent Joël Suhubiette et le chœur Les Éléments, avec 16 choristes (4 par pupitre) et 4 solistes. Le choix de cet effectif réduit confère à l’œuvre, une transparence, une netteté, un caractère incisif qui échappent parfois aux ensembles plus nombreux. La contrepartie, bien sûr, réside dans l’indispensable précision dont doivent faire preuve les choristes, la moindre erreur de rythme, de justesse, d’intensité pouvant s’avérer fatale au délicat équilibre de l’œuvre – et sauter immédiatement aux oreilles de l’auditeur. On pouvait compter sur la musicalité exemplaire des Éléments pour échapper à ces travers : d’une malléabilité et d’une variété de couleurs étonnantes, d’une précision infaillible, ils se sont montrés aussi à l’aise dans le double canon sotto voce du Christe Eleison (qui aura rarement évoqué à ce point le souvenir de l’écriture renaissante) que dans l’écriture virtuosissime de la double fugue du Cum Sancto Spiritu, ou encore dans les épanchements plus lyriques qui concluent le poignant Agnus Dei.

Barbara et Carlotta Marchisio, créatrices de la Petite Messe solennelle

Même si les quatre solistes de la création (les sœurs Marchisio, Italo Gardoni et Luigi Agnesi) étaient des gosiers célèbres rompus au style de l’opéra, le choix des chanteurs pour ce concert tourangeau s’est avéré très pertinent : afin de s’intégrer harmonieusement à la conception d’ensemble sans écraser les chœurs, les voix ne sont pas surdimensionnées et les interprètes évitent tout débordement trop lyrique. Julia Wischniewski (soprano), dont la voix, relativement sombre (elle interprète régulièrement la Didon de Purcell), possède un léger vibrato serré qui la rend immédiatement émouvante, Lise Nougier, au timbre clair contrastant agréablement avec celui de sa partenaire dans le Qui tollis,  Olivier Déjean (basse), à la projection efficace – et qui se sort plus qu’honorablement des difficiles aigus de sa partition – et Riccardo Romeo, ténor à la voix souple et claire élégamment conduite, jouent ainsi le jeu de la rigueur stylistique et de la sobriété. En témoigne leur disposition sur le plateau : intégrés aux choristes, ils font quelques pas en avant pour les pages dans lesquelles ils interviennent en tant que solistes, restant face au chef sans se placer, selon la coutume, à l’avant-scène.

Julia Wischniewski - © Rémi Angeli
Lise Nougier - © Rémi Angeli
Olivier Déjean - © Rémi Angeli
Riccardo Romeo - © Rémi Angeli

Natalie Steinberg et Mary Olivon aux piano-fortes et Emmanuel Mandrin à l’harmonium manifestent la même sincérité, la même ferveur sobre que les choristes et les solistes, sous la direction d’un Joël Suhubiette dont on a peine à croire qu’il interprète l’œuvre pour la première fois tant il en révèle avec maestria la délicate alchimie, faite de rigueur, de subtilité et d’émotion discrète.

À l’issue du concert, tous les artistes sont applaudis avec enthousiasme par un public attentif et reconnaissant !

© Rémi Angeli
Les artistes

Julia Wischniewski, soprano
Lise Nougier, alto
Riccardo Romeo, ténor
Olivier Déjean, basse
Natalie Steinberg & Mary Olivon, piano-forte (Erard 1862, Pleyel 1843)
Emmanuel Mandrin, harmonium (Debain 1880)
Chœur Les Éléments
Joël Suhubiette
, direction

Le programme

Concert du vendredi 25 octobre 2019

image_printImprimer
Lise NougierJulia WischniewskiRiccardo RomeoOlivier DéjeanJoël SuhubietteChœur Les Éléments
0 commentaires 0 FacebookTwitterPinterestEmail
Stéphane Lelièvre

Stéphane Lelièvre est maître de conférences en littérature comparée, responsable de l’équipe « Littérature et Musique » du Centre de Recherche en Littérature Comparée de la Faculté des Lettres de Sorbonne-Université. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues comparatistes ou musicologiques et collabore fréquemment avec divers opéras pour la rédaction de programmes de salle (Opéra national de Paris, Opéra-Comique, Opéra national du Rhin,...) Il est co-fondateur et rédacteur en chef de Première Loge.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Thomas Bettinger et Nicolas Cavallier à l’Éléphant Paname
prochain post
Didon et Énée referment en beauté la 4e édition des Concerts d’automne

Vous allez aussi aimer...

Le Requiem de Verdi selon Jérémie Rhorer :...

11 octobre 2026

Gala de l’Opéra royal de Versailles aux Concerts...

11 octobre 2026

Le Crépuscule des dieux de Wagner à Bastille...

10 octobre 2026

À Lille, les voix de la magicienne Alcina...

9 octobre 2026

Wozzeck à Florence : Marie, gratia plena

8 octobre 2026

Trois visions de l’Amérique au Théâtre des Champs-Élysées

6 octobre 2026

Milan – Redécouverte de CHATTERTON : le Werther...

5 octobre 2026

L’amour des trois oranges à Lyon : une ouverture de...

5 octobre 2026

Tours, Concerts d’automne : la merveille du Livre...

5 octobre 2026

WERTHER à Rennes : Charlotte embrasse la première

5 octobre 2026

Humeurs

  • PAATA BURCHULADZE : UN AN DE PRISON, ET LE SILENCE ASSOURDISSANT DU MONDE LYRIQUE

    7 octobre 2026

En bref

  • Brèves d’octobre –

    9 octobre 2026
  • La vidéo du mois : Gala aus dem Festspielhaus Baden-Baden – Anja Harteros, Ekaterina Gubanova, Jonas Kaufmann, Bryn Terfel et Marco Armiliato

    1 octobre 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Édito de septembre –
    L’inaltérable modernité des chefs-d’œuvre

    7 octobre 2026

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Hugues Rameau dans A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie avec Orlando de Haendel
  • Hugues Rameau dans À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans la confusion des genres
  • Erwann Beracourt dans A l’Opéra de Nice, une rentrée de folie avec Orlando de Haendel
  • Erwann Beracourt dans À Lille, les voix de la magicienne Alcina enchantent dans la confusion des genres
  • Virginie dans Les Vêpres de la Vierge à la Philharmonie : une relecture raffinée.  

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Le Requiem de Verdi selon Jérémie...

11 octobre 2026

Gala de l’Opéra royal de Versailles...

11 octobre 2026

Le Crépuscule des dieux de Wagner...

10 octobre 2026