À la une
TOSCA FOR EVER – une version inédite de Tosca , telle...
CD – Les mondes de Médée
Les brèves d’avril
Philharmonie : un Rigoletto aux sonorités très pures
Marseille : Luc et Lucette d’Offenbach, une renaissance réussie
Ça s’est passé il y a 400 ans : naissance...
Un ballo in maschera à la Staatsoper de Berlin : le...
Un Ballo in maschera alla Staatsoper di Berlino : la...
Comment pourrait-on réellement croire qu’il est possible de séparer l’art...
Piacenza : création de Cronaca di un amore : Callas...
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Vu pour vous

CD – Jephtha de Maurice Greene chez Chandos – Non, Haendel n’était pas seul

par Laurent Bury 21 avril 2025
par Laurent Bury 21 avril 2025
0 commentaires 2FacebookTwitterPinterestEmail
1,8K
Les artistes

Jephta : Andrew Staples (tenor)
Daughter : Mary Bevan (soprano),
First elder of Gilead : Michael Mofidian (bass-baritone),
Second elder of Gilead : Jeremy Budd (tenor),
Jessica Cale (soprano)

Early Opera Company, dir. Christian Curnyn

Le programme

Jephtha

Oratorio de Maurice Greene, livret de John Hoadly, créé en 1737 à l’Apollo Room de la Taverne du Diable, Fleet Street (Londres).

2 CD Chaconne, avril 2025

Alors que les ensembles spécialisés explorent assidument les contemporains de Purcell et révèlent ainsi la naissance de l’opéra outre-Manche, on ne peut en dire autant de l’époque de Haendel. Au début du XVIIIe siècle, l’Angleterre était pourtant tout sauf un pays sans musique. C’est donc avec un vif intérêt que l’on accueille l’enregistrement que le label Chandos consacre à une œuvre de Maurice Greene (1696-1755), d’une dizaine d’années le cadet de Haendel. Par un hasard qui joue peut-être autant en sa faveur que contre lui, Greene a, comme son aîné teuton, mis en musique l’histoire biblique de Jephté, cet autre Idoménée qui, de retour de la guerre, sacrifia comme il l’avait promis le premier être vivant qu’il croisa : son fils pour le roi de Crète, sa fille pour le général hébreu. C’est en 1751, soit huit ans avant sa mort, que Haendel s’inspira d’un livret de Thomas Morell pour concevoir son ultime oratorio sacré. Maurice Greene se risqua bien plus rarement sur le terrain de l’opéra, et pratiquait surtout le genre religieux, comme organiste et en tant que Master of the King’s Musick depuis 1735. Sa Jephtha est bien antérieure à celle de son illustre rival, puisqu’elle fut créée en 1737. Et si la similitude de titre peut rendre le sujet familier au mélomane, il ne faut surtout pas chercher dans le livret de John Hoadly les qualités dramatiques que sut exploiter Haendel dans son œuvre. Greene a eu à travailler sur un texte bien plus abstrait, bien moins riche en émotions – bien moins théâtral, en un mot.

Greene réussit malgré tout à livrer une partition qui sait associer l’élégance et la sensibilité de son temps à l’austère majesté du récit biblique. S’il n’atteint pas exactement les mêmes sommets que Haendel à son meilleur, si sa musique est moins immédiatement frappante, il ne s’en montre pas moins capable de varier son discours, avec un ultime duo déchirant entre le père et la fille, alors même que celle-ci, animée d’une foi presque surhumaine, manifeste une volonté inébranlable de tenir la promesse faite à Dieu par son père. A la tête des forces sans reproche de son Early Opera Company, chœur et orchestre, Christian Curnyn – auquel on doit plusieurs enregistrements d’opéras haendéliens – sait mettre en valeur les beautés de l’œuvre de Greene. Au rôle-titre, le ténor Andrew Staples prête une voix agile mais non dépourvue de l’autorité qu’appelle le personnage. Basse aux graves pénétrants, Michael Mofidian intervient surtout dans la première partie de l’oratorio, avant que l’œuvre privilégie le dialogue entre le père et la fille. Le timbre de Mary Bevan paraît d’abord manquer de cette pureté que l’on attendrait pour l’interprète de la jeune victime, mais la musique de Greene exige bien davantage que de la candeur, et la soprano s’impose bientôt par l’expressivité de son chant.

image_printImprimer
0 commentaires 2 FacebookTwitterPinterestEmail
Laurent Bury

Une fois hors d'un charnier natal assez septentrional, Laurent Bury a longtemps habité sous les vastes portiques du 123, rue Saint-Jacques, du 45, rue d'Ulm et du 1, rue Victor Cousin (et même ensuite du 86, rue Pasteur, 60007). Longtemps, il s'est couché de bonne heure aussitôt après les spectacles que, de 2011 à 2020, il allait voir pour un autre site opératique. Papillon inconstant, farfallone amoroso, il vole désormais entre divers sites, et a même parfois l'honneur de prêter sa plume aux volumes de L'Avant-Scène Opéra.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Aix-en-Provence : miracle de la Passion selon saint Matthieu
prochain post
Opéra Royal de Wallonie-Liège : une saison remarquablement équilibrée

Vous allez aussi aimer...

Philharmonie : un Rigoletto aux sonorités très pures

31 mars 2026

Marseille : Luc et Lucette d’Offenbach, une renaissance réussie

31 mars 2026

Un ballo in maschera à la Staatsoper de...

30 mars 2026

Un Ballo in maschera alla Staatsoper di Berlino...

30 mars 2026

Piacenza : création de Cronaca di un amore...

29 mars 2026

À Bordeaux, la Flûte enchantée choisit la fable

29 mars 2026

Ascanio in Alba au TCE : l’éclat de...

28 mars 2026

Et Marseille porta au pinacle des Dialogues des...

28 mars 2026

Il Trovatore à Monte-Carlo, un opéra de chef…...

25 mars 2026

Parme – Manon Lescaut : une mise en...

25 mars 2026

Humeurs

  • Comment pourrait-on réellement croire qu’il est possible de séparer l’art de la politique ?

    30 mars 2026

En bref

  • Les brèves d’avril

    31 mars 2026
  • Les brèves de mars –

    27 mars 2026

La vidéo du mois

Édito

  • Transposer un mythe dans la contemporanéité : mettre à jour… ou mettre à plat ?

    1 mars 2026

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Stéphane Lelièvre dans TOSCA FOR EVER – une version inédite de Tosca , telle que Puccini en rêvait !
  • meyer frederic dans TOSCA FOR EVER – une version inédite de Tosca , telle que Puccini en rêvait !
  • Guermantes dans TOSCA FOR EVER – une version inédite de Tosca , telle que Puccini en rêvait !
  • antonio meneghello dans Philharmonie : un Rigoletto aux sonorités très pures
  • Teulon Lardic sabine dans TOSCA FOR EVER – une version inédite de Tosca , telle que Puccini en rêvait !

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

Philharmonie : un Rigoletto aux sonorités très...

31 mars 2026

Marseille : Luc et Lucette d’Offenbach, une...

31 mars 2026

Un ballo in maschera à la...

30 mars 2026