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2024, une année de commémorations musicales : d’Anton Bruckner à Gabriel Fauré, via Giacomo Puccini à Bastiglia

par Ivonne Begotti 22 juillet 2024
par Ivonne Begotti 22 juillet 2024
© D.R.
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Tota pulchra es, Santuario della Beata Vergine delle Grazie di San Clemente (Modena), 18 juillet 2024

« Com-mémorer »: « se souvenir ensemble » de la beauté du passé dans un concert spirituel d’action de grâce

Sur le plan musical, 2024 est une année d’anniversaires : la Neuvième Symphonie de Beethoven a 200 ans, Turandot de Puccini a 100 ans ; c’est le bicentenaire de la naissance d’Anton Bruckner et le centenaire de la mort de Gabriel Fauré et de Giacomo Puccini. Au cours de cette année, des initiatives consacrées à un seul musicien ont été organisées (et sont encore prévues), notamment des interprétations des chefs-d’œuvre les plus connus de Puccini et de Beethoven. Mais un programme très original a été présenté le 18 juillet à Bastiglia (Modène) dans le cadre du cycle ArmoniosaMente : le Chœur « Theodor Adorno » de Reggio Emilia – dirigé par Luigi Pagliarini – et Luana Salvarani (harmonium) ont interprété Os Justi et Tota pulchra es de Bruckner (pour chœur a cappella à 8 voix), une sélection du Requiem op. 48 de Fauré (pour solistes, chœur et harmonium) et une sélection de la Messa de Puccini (pour solistes, chœur et harmonium). L’événement a eu lieu dans le Sanctuaire de la Beata Vergine delle Grazie à San Clemente : un authentique joyau de l’architecture baroque d’Este, avec un intérieur somptueux, riche en stucs et en autels. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet ArmoniosaMente, qui vise à mettre en valeur les nombreux lieux du territoire : de la monumentale cathédrale de Modène (où un festival international de musique est prévue est prévue) aux petites églises des villages de montagne.

Composé de trente-cinq membres, le chœur « Adorno » a su exploiter un répertoire habituellement peu joué et difficile en soi, en chantant l’intégralité du répertoire en latin, en faisant preuve d’une grande recherche de timbres et en parvenant à un souffle collectif harmonieux.

Os Justi (« la bouche du juste ») est un motet sacré composé par Anton Bruckner en 1879. Il est écrit selon le style du chant grégorien et est très complexe à interpréter car, à deux moments, le chœur se divise en huit voix. Le texte fait référence aux versets 30-31 du Psaume 37 et au verset 20 du Psaume 89. La dernière phrase avant l’Alléluia a été chantée par la mezzo-soprano Pamela Ragazzini et était très évocatrice. L’accompagnement à l’harmonium de Luana Salvarani était discret et bien en phase avec les voix. Tota pulchra es est une ancienne prière chrétienne, composée au quatrième siècle à partir de passages bibliques célébrant les louanges de Marie (qui est définie comme « toute belle » parce qu’elle a été conçue sans la tache du péché originel). 

Fauré a écrit le Requiem entre 1886 et 1887, à la mémoire de son père décédé en 1885, mais l’a interprété pour la première fois en 1888, après la mort de sa mère. Par rapport à d’autres compositions romantiques du genre, l’absence du Dies irae (pourtant central dans les œuvres correspondantes de Berlioz et Verdi) est frappante. Luigi Pagliarini a su rendre le caractère intime et mélancolique de l’œuvre, avec une bonne intégration des voix chorales et de l’harmonium, qui met en valeur le timbre opaque et endeuillé.

Giacomo Puccini a écrit la Messa entre 1878 et 1880 comme exercice de fin d’études à l’Istituto Musicale Luigi Boccherini de Lucques, où il l’a interprétée pour la première fois le 12 juillet 1880. Bien que la composition ait été appréciée, le musicien n’a jamais publié le manuscrit complet, mais il a repris certains thèmes musicaux dans des œuvres ultérieures : le Kyrie réapparaît dans Edgar et l’Agnus Dei dans Manon Lescaut (à l’acte II, avec le madrigal Sulla vetta tu del monte). L’interprétation du Chœur Adorno a mis en valeur l’accent pathétique des pièces et la beauté des mélodies.

À la fin, malgré une chaleur record, les demandes répétées de rappels ont été accordées et le Cantique de Racine de Fauré a été interprété. Commémorer les grandes personnalités du passé n’est pas de la rhétorique, mais un témoignage de civilisation et de conscience, ainsi qu’une manière de remercier ceux qui ont le plus contribué à façonner le passé et qui nous permettent, aujourd’hui, de dépasser la finitude humaine pour saisir l’avenir de l’humanité.

Les artistes

Coro Adorno di Reggio Emilia

 

Harmonium : Luana Salvarani

Soliste : Pamela Ragazzini

Dir. : Luigi Pagliarini

 

Le programme

Tota pulchra es

 Concerto spirituale : Os justi e Tota pulchra es di Anton Bruckner; Requiem op. 48 (selezione) di Gabriel Fauré; Missa (selezione) di Giacomo Puccini.

Santuario della Beata Vergine delle Grazie di San Clemente, 18 juillet 2024.

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Ivonne Begotti

7 commentaires

Zini Meris 23 juillet 2024 - 14 h 07 min

Brava e competente come sempre

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Rita Gasparini 23 juillet 2024 - 14 h 11 min

Merci chere Ivonne pour le tres jolie article que Tu as dedie a notte Concert e a notrev choeur! Merci beaucoup!!!!

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Ivonne Begotti 25 juillet 2024 - 14 h 45 min

Chère Rita,
votre chorale mérite d’être valorisée. Vous osez proposer des programmes difficiles et raffinés, vous vous préparez avec diligence et constance et vous obtenez d’excellents résultats. A la prochaine fois !

Répondre
Gabriella 24 juillet 2024 - 12 h 31 min

Grazie infinite Ivonne Begotti per questa suggestiva e puntuale recensione di questo evento! Ricordare, commemorare è meraviglioso non solo per dare lustro a chi nel passato ha dato tanto del proprio essere ma perché in quel dare c’è quanto di piu bello anche questi musicisti hanno goduto dei loro predecessori! Grazie per aver evocato tanta bellezza « muoversi » e arrivare ai nostri sensi dalle calde aeree del tempo e dello spazio …

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Ivonne Begotti 25 juillet 2024 - 14 h 39 min

I tuoi apprezzamenti sono per me molto importanti. Grazie mille, con stima e gratitudine

Répondre
Ivonne Begotti 25 juillet 2024 - 15 h 05 min

Gentilissima Gabriella,
grazie infinite per queste poetiche parole. La bellezza e la memoria vanno coltivate, come anche l’attitudine a donare e a restituire quanto ricevuto e appreso. C’è più gioia, condividendo.

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Roberto 31 juillet 2024 - 18 h 00 min

L’articolo è molto interessante. Non sapevo di tutte queste ricorrenze. Conosco il Coro Adorno e ne apprezzo le sue esecuzioni. L’articolo della dott.ssa Begotti é come sempre una miniera di informazioni.

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