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RÉCITAL DE MARINA REBEKA à l’ambassade de Lettonie – « Formidable, c’est le mot ! »

par Laurent Bury 4 décembre 2022
par Laurent Bury 4 décembre 2022
© Tatyana Vlasova
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Dans Les Sept Boules de Cristal, Tintin et Haddock assistent à une soirée de music-hall au cours de laquelle Bianca Castafiore chante, inévitablement, l’air des Bijoux de Faust : la cravate du jeune reporter est comme balayée par le souffle renversant du Rossignol milanais, et le capitaine en perdrait son monocle. Ce samedi soir, à l’ambassade de Lettonie à Paris, on a également pu entendre Marguerite rire de se voir si belle en ce miroir, mais si la puissance vocale était au rendez-vous, c’est une véritable artiste qui se produisait en petit comité. Accompagnée par Mathieu Pordoy, Marina Rebeka a subjugué l’auditoire par la maîtrise confondante avec laquelle elle peut aujourd’hui aborder les répertoires les plus divers.

Après quelques mots d’accueil prononcés par son excellence Eduards Stiprais, Edgardo Vertanessian a présenté Prima Classic, le label qu’il a cofondé avec la soprano lettone, ce concert privé donné à Paris étant le premier d’une série qui a pour but d’attirer l’attention des mécènes, afin de favoriser la concrétisation de nombreux projets d’enregistrement (deux intégrales sont d’ores et déjà annoncées pour les années à venir, Norma et Anna Bolena).

À ce préambule faisait suite le concert proprement dit, ouvert par une pièce déjà entendue lors du récital donné à Paris en 2019 par Marina Rebeka : une superbe mélodie de son compatriote Jānis Ķepītis (1908-1989), « Burve », dont les courbes post-romantiques permettent à son organe de s’épanouir en toute liberté. Après ce torrent impétueux, on passe au répertoire français, où les exigences sont tout autres, et la soprano montre avec quel art elle peut aussi se faire actrice, incarnant toutes les facettes de Marguerite dans la chanson du roi de Thulé et dans l’air des Bijoux, dosant parfaitement sa voix dans les phrases en récitatif et riant véritablement dans les vocalises qui suivent.

Nouveau changement radical avec Puccini, où Marina Rebeka est successivement Mimì, dont elle chante l’air d’entrée avec pudeur, puis une Musetta pour qui le public a forcément les yeux et les oreilles de Marcello. Le programme officiel se termine dans un autre style encore, avec le boléro d’Hélène extrait des Vêpres siciliennes, exécuté avec un brio à couper le souffle. Un seul regret : lorsque l’on chante aussi bien le français, il est dommage d’avoir préféré la traduction italienne plutôt que la version originale de cet air.

Vient alors le moment des bis. Moment de surprise, car la soprano et son pianiste n’ont en apparence rien prévu, et Marina Rebeka, tout en humant le bouquet de roses rouges qui lui a été remis, demande au public dans quoi il souhaite l’entendre. L’un des auditeurs a l’excellente idée de suggérer Massenet. On s’attend à Thaïs, rôle dans lequel la chanteuse vient de triompher à Monte-Carlo et à Milan, mais non : une petite voix suggère « Pleurez, mes yeux ». Et là, nouvelle surprise : Marina Rebeka se lance dans cet air qu’elle avait gravé pour son disque Elle, mais qui, venant aussitôt après Verdi, sollicite cette fois toutes ses ressources dans le grave de sa tessiture. Et ce n’est pas fini, car l’artiste est prête pour un second bis. Face aux hésitations du public, elle tranche elle-même : retour à Puccini, avec Butterfly, et une interprétation vibrante d’ « Un bel dì vedremo ».

« Formidable, hein ? » dit Haddock dans Les Sept Boules de cristal. « Oui, c’est le mot », répond Tintin, formule que nous reprendrons ici, sans le double-sens d’Hergé, toutefois. Contrairement à la Castafiore, Marina Rebeka n’inspire aucune crainte, mais tous les espoirs.

Retrouvez Marina Rebaka en interview ici !

Les artistes

Marina Rebaka, piano
Mathieu Pordoy, piano

Le programme

 Jānis Ķepītis : « Burve »
Gounod, Faust (Ballade du Roi de Thulé et air des bijoux)
Puccini, La bohème (« Si, mi chiamano Mimi« , « Quando m’en vo« )
Verdi, I vespri siciliani (« Merce dilette amiche »)

Bis :
Massenet, Le Cid (« Pleurez mes yeux »)
Puccini, Madama Butterfly (« Un bel di« )

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Marina Rebeka
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Laurent Bury

Une fois hors d'un charnier natal assez septentrional, Laurent Bury a longtemps habité sous les vastes portiques du 123, rue Saint-Jacques, du 45, rue d'Ulm et du 1, rue Victor Cousin (et même ensuite du 86, rue Pasteur, 60007). Longtemps, il s'est couché de bonne heure aussitôt après les spectacles que, de 2011 à 2020, il allait voir pour un autre site opératique. Papillon inconstant, farfallone amoroso, il vole désormais entre divers sites, et a même parfois l'honneur de prêter sa plume aux volumes de L'Avant-Scène Opéra.

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