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De Kinderen der Zee – Résurrection des Enfants de la mer de Mortelmans à Bruxelles

par Gilles Charlassier 28 octobre 2021
par Gilles Charlassier 28 octobre 2021
De Kinderen der Zee - Répétition - Bruxelles ©Hugo Segers
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La rentrée du Théâtre de la Monnaie, qui coïncide avec le retour du public en salle après un an et demi de fermeture en raison de la pandémie, ne cède pas à la facilité. Après la création de l’opéra de Kris Defoort, The time of our singing, adaptant un roman éponyme de Richard Powers aux allures de traversée transgénérationnelle de l’Amérique ségrégationniste, l’institution bruxelloise plonge dans le largement méconnu répertoire néerlandophone, et ressuscite De Kinderen der Zee (Les enfants de la mer), l’unique opus lyrique de Lodewijk Mortelmans, dont la réputation se résume souvent au « prince du lied flamand ».

Maturé longuement sur une quinzaine d’années, de 1900 à 1915, l’ouvrage met en musique un livret de Rafaël Verhulst qui s’enracine dans l’univers et les légendes des pêcheurs de la mer du Nord, bordant la côte belge et néerlandaise. L’argument s’articule autour d’une malédiction qui frappe les hommes de la famille Mariën, à laquelle ils échapperont s’ils renoncent à la mer. La partition, voire l’intrigue, si l’on songe au Vaisseau fantôme par exemple, porte l’empreinte évidente de l’influence wagnérienne. La maîtrise de l’orchestration, dans la dynamique des textures des cordes ou le nuancier d’éclat des cuivres, esquisse de manière très évocatrice toute une palette marine, des embruns aux tempêtes ou aux teintes humides d’un port.  A l’heure de la création, à Anvers en 1920, différée à cause de la Première Guerre Mondiale, ce métier admirable commençait cependant à appartenir à un Romantisme révolu, alors que Ravel, Milhaud ou Stravinski exploraient d’autres fragrances musicales, ce qui a peut-être contribué, avec l’évolution des paradigmes imaginaires, à l’échec des représentations anversoises, au point que le compositeur, blessé par cet insuccès, a interdit toute production scénique ultérieure – en 1940, il tirera une suite de son opéra.

Alain Altinoglu ©Dirk Leemans

Pourtant, en dépit des rumeurs persistantes dans la psyché lyrique qui dénigrent les livrets des opéras en langue flamande, le drame comme la musique déploient une saisissante efficacité narrative et dramatique, qui tient en haleine l’auditeur. Même sans les choeurs, en raison de cas de contamination au covid, la direction vigoureuse d’Alain Altinoglu sait animer cette fresque et pallier, avec une tension expressive qui ne se relâche jamais, les quelques coupures imposées par ce retrait sanitaire des commentaires du choeur, aux fonctions presque de tragédie antique. Si l’on peut relever quelques brusqueries acoustiques dans les rangs des cuivres, les pupitres de l’Orchestre Symphonique de la Monnaie font vibrer ce bouillonnement de couleurs, dans un bel équilibre entre la densité de la pâte et la lisibilité des motifs structurant de l’oeuvre.

Yves Saelens incarne un Ivo Mariën robuste et attachant dans sa pudeur un peu fruste, face à la Stella sensible de Tineke van Ingelgem. Le lyrisme de la voix condense les méandres de la fraîcheur sentimentale du personnage, qui contraste avec les moires sombres de Geertrui, mère inquiète d’Ivo campée avec une évidente justesse de ton par Christianne Stotjin. Kris Belligh fait valoir l’inconditionnalité et la résignation de l’amour de Bolten, avec une opportune franchise dans les élans. Avec une carrure mûre, Werner van Mechelen assume la veille de Petrus, rappelant l’implacable menace du destin. Gilles van der Linden s’acquitte sans démériter des interventions de Frederik, et complète un plateau qui rend justice à une pièce dépassant la simple curiosité archéologique. On attend un enregistrement pour prolonger cette immersion dans l’univers de Mortelmans.

Les artistes

Direction musicale Alain Altinoglu
Chef des chœurs Jan Schweiger 

Stella Tineke Tineke Van Ingelgem
Geertrui Christianne Stotijn
Ivo Mariën Yves Saelens
Petrus Werner Van Mechelen
Bolten Kris Belligh
Frederik Gilles Van der Linden

Orchestre symphonique et Chœurs de la Monnaie
Chœurs d’enfants et de jeunes & Académie des chœurs de la Monnaie s.l.d. de Benoît Giaux
Octopus Kamerkoor s.l.d. de Bart van Reyn 

Le programme

De Kinderen der Zee – magum opus

Les Enfants de la mer
Drame lyrique en 3 actes

Musique de Lodewijk Mortelmans (1868-1952)
Sur un livret de Raf Verhulst

Théâtre de la Monnaie – Palais des Beaux-arts -Bruxelles
Concert du mercredi 20 octobre 2020, 20h00

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Gilles Charlassier

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