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COVID FAN TUTTE, ou les effets imprévus de la pandémie sur la création lyrique en Finlande

par Cartouche 24 novembre 2020
par Cartouche 24 novembre 2020
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COVID FAN TUTTE à l'Opéra national finlandais, avec Karita Mattila

Sur scène, les chanteurs répètent Die Walküre lorsqu’ils sont soudainement interrompus. La direction ayant été licenciée et la nouvelle d’un virus mondial se répandant rapidement, les Wagnériens sont soudainement invités à interpréter une satire moderne de la situation, sur la musique du Cosi fan tutte de Mozart. Résultat moyennement convaincant…

Après un calamiteux Don Giovanni « d’allégresse et de luxure » précédemment produit par le Finnish National Opera and Ballet, ce n’est pas sans une certaine appréhension qu’on  regardera cette création qui dit s’inspirer de pratiques que la notion, récente et moderne, « d’œuvre d’art authentique » a rejeté aux oubliettes de l’histoire. Elle se situe dans une tradition des XVIIe et XVIIIe siècles, le pasticcio, qui rassemble les airs préférés du public de plusieurs opéras dans un seul,  comme dans le Beggar’s Opera, ou réécrit et détourne une œuvre originale, comme le « Robin des bois, ou Les trois balles, opéra-féerie en trois actes imité du Freischütz du chevalier Weber » que concocte l’inventif Castil- Blaze en 1824, à la grande indignation de Berlioz. Le but de l’opération ici est « de jeter un regard satirique sur la période de pandémie en Finlande », les atermoiements de son gouvernement, les désaccords des scientifiques, les  incertitudes sur le rôle du masque et les conséquences du confinement sur la population ; bref toutes ces choses qui ont font notre quotidien depuis février 2020.

 Das Stück geht so

Sur le modèle de Ce soir on improvise, ou d’Ariadne auf Naxos,  Minna Lindgren a sélectionné les airs et ensembles du Cosi fan tutte de Mozart qui convenaient le mieux à son livret, sans respect de leur ordre original, emprunté à son Don Giovanni comme à sa Flûte enchantée pour son intrigue et éliminé les récitatifs, remplacés par des dialogues. Pourquoi Cosi ? L’œuvre mobilise un petit orchestre et le chœur y joue un rôle limité, ce qui permet le respect des gestes barrières. Or donc, la Gestionnaire d’interface public-Opéra finnois (rôle parlé) interrompt une représentation de La Valkyrie, au grand dam de Wotan et deux Valkyries, pour  leur indiquer un changement de programme. Sur les musiques  de Mozart, et en fonction des textes qu’elle leur fournit ex abrupto, les chanteurs sont tour à tour médecins, membres du gouvernement ou du public dans un opéra dont le sous-titre serait « Scènes d’un printemps pourri par le virus ». Mais de Da Ponte ne reste que les noms des personnages dans la distribution. 

On peut admirer la performance de Lindgren qui a su en six mois inventer de nouveaux personnages et adapter à la musique de Mozart un texte en finnois dont les saillies ne feront mouche qu’à condition de bien choisir les sous-titres en français (en cliquant sur la petite roue dentée en bas à droite de l’écran) – à moins que la langue natale de Paasilinna Arto et Saariaho Kaija n’ait aucun secret pour vous…

Pour assurer le succès d’une telle entreprise et l’adhésion du public, il fallait des stars. D’où la participation complice du chef Esa-Pekka Salonen, auteur de certains arrangements musicaux, et l’intervention de Karita Mattila en Despina, ici soprano wagnérien nymphomane et capricieux. Comme les deux fiancées, d’un gabarit imposant, elle est visiblement à contre-emploi et pas toujours dans la nuance. Mais il s’agit ici d’un Mozart travesti, qui figure ici comme factotum du nom de Mouzart. Malgré le talent du trio vocal masculin, on se lasse peu à peu de tant de dérision savamment organisée et on rêve de robes à panier sur fond de Pausilippe et de mer d’Italie au soleil couchant et du marivaudage cruel de l’école des amants, comme dans la très belle production d’Ivan Alexandre, conçue pour le théâtre baroque de Drottningholm, qu’a présentée le Théâtre du Capitole en octobre dernier. Covid fan tutte ? Un produit à consommer avec modération.

Les artistes

Despina   Karita Mattila                         Fiordiligi   Miina-Liisa Värelä
Dorabella   Johanna Rusanen                        Don Alfonso   Tommi Hakala
Ferrando   Tuomas Katajala                         Guglielmo   Waltteri Torikka
Gestionnaire d’interface   Sanna-Kaisa Palo  
Mouzart   Ylermi Rajamaa
Virus du Covid   Natasha Lommi                  Interprète Langue des signes   Outi Huusko

Choeur et orchestre du Finnish National Opera and Ballet, dir. Esa-Pekka Salonen

Mise en scène   Jussi Nikkilä

Le programme

Covid fan tutte

Opéra-comique en deux actes sur un livret de Minna Lindgren avec des musiques de Wolfgang Amadeus Mozart et Richard Wagner. 

Production de l’Opéra national finlandais, 2020.
Sous-titres en français

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Karita MattilaEsa-Pekka Salonen
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Cartouche

Premier baryton de la troupe Eratori, dédiée à la défense de l’œuvre lyrique de Claude Terrasse, Cartouche est agrégé d’anglais et l’auteur d’une thèse sur les opéras de Benjamin Britten, de nombreux articles sur son oeuvre et celle de Ralph Vaughan Williams et du rapport texte et musique, XIXe-XXe. Il a échappé de peu au supplice de la roue et coule une retraite active après avoir officié à l’université de Caen.

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