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Libuše en 1939, une leçon d’histoire et de résistance

par Laurent Bury 14 janvier 2021
par Laurent Bury 14 janvier 2021
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Les artistes

Chœur et orchestre du Théâtre national de Prague

Le programme

Libuše

Opéra solennel en 3 actes de Bedrich Smetana, livret de Josef Wenzig (traduction tchèque par Ervín Špindler), créé à Prague le 11 juin 1881
Ouverture et extraits de l’acte III

1 CD Supraphon, 53’44 (enregistré le 29 mai 1939)

Ah, si un procédé d’enregistrement avait déjà existé en 1830, pour que l’on puisse entendre la foule bruxelloise galvanisée par La Muette de Portici et partant conquérir l’indépendance de la Belgique ! Ah, si l’on pouvait entendre la réaction du public milanais à la première de Nabucco en 1842, quand le chœur des esclaves sonnait comme un chant politique contre l’oppresseur autrichien ! Si ces deux cas relèvent évidemment du rêve, il existe un moment d’opéra, évidemment bien postérieur, mais presque aussi historique, dont la technique a conservé la trace. Le label Supraphon vient de le commercialiser, sans tambour ni trompettes, mais attention : le document est bien là.

Bien sûr, ce CD n’est pas destiné à qui voudrait découvrir l’œuvre lyrique de Smetana. Il ne s’agit ici que d’extraits, auquel une intégrale de studio sera sans doute préférable pour écouter cet opéra composé entre 1870 et 1872, mais tardivement créé lors de l’inauguration du Théâtre national de Prague en 1881, une fois Smetana devenu sourd. Le CD dont il est ici question n’offre que cinquante minutes d’un live au son précaire, et pour cause : l’enregistrement de la représentation donnée le 29 mai 1939 à Prague, diffusé par la radio nationale, fut préservé sous la forme de galettes métalliques offertes à l’interprète principale pour sa collection personnelle. Autrement dit, il en persiste une dizaine de tronçons du dernier acte, que l’on déconseillera à qui n’est pas habitué au grattement des vieilles cires.

Pourtant, si ces fragments ont un intérêt historique, c’est d’abord parce qu’il s’agit de l’unique trace d’un opéra dirigé en fosse par le grand chef tchèque Václav Talich (1883-1961). Mais ce n’est pas tout. En septembre 1938, la France et la Grande-Bretagne s’étaient couvertes de honte en livrant à Hitler la zone frontalière des Sudètes, et le 15 mars 1939, la Wehrmacht envahissait de reste de la Tchécoslovaquie. Dans ce climat, il y avait une certaine audace à remettre à l’affiche du Théâtre national de Prague une récente production de Libuše, où l’influence wagnérienne se mêle à un thème hautement patriotique, l’héroïne prophétisant dans un monologue final un avenir glorieux pour la nation tchèque. Le 29 mai 1939, le public applaudit très longuement Marie Podvalová dans le rôle-titre, avant d’entonner l’hymne national.

En complément de programme, on entend l’ouverture de Libuše, dirigé par Talich le 30 avril 1940. Peu après, l’opéra en question serait interdit par les Allemands.

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Laurent Bury

Une fois hors d'un charnier natal assez septentrional, Laurent Bury a longtemps habité sous les vastes portiques du 123, rue Saint-Jacques, du 45, rue d'Ulm et du 1, rue Victor Cousin (et même ensuite du 86, rue Pasteur, 60007). Longtemps, il s'est couché de bonne heure aussitôt après les spectacles que, de 2011 à 2020, il allait voir pour un autre site opératique. Papillon inconstant, farfallone amoroso, il vole désormais entre divers sites, et a même parfois l'honneur de prêter sa plume aux volumes de L'Avant-Scène Opéra.

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