À la une
Démission de Jean-Louis Grinda, un seul opéra programmé cet été...
In Search of Youkali, mélodies de Kurt Weill par Katie...
L’Opéra de Liège inscrit le CHAPEAU DE PAILLE DE FLORENCE...
ARTEMISIA, par François Cardey et l’Ensemble Agamemnon – Le patriarcat...
LA CHAUVE-SOURIS  à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège –Entre opéra et Moulin...
Se préparer à ROBINSON CRUSOÉ, Théâtre des Champs-Élysées, 03-14 décembre...
Monte Carlo : Aïda… de nos aïeux !
Hommage à Pierre Audi : reprise à Bastille de Tosca dans...
Le Winterreise du wanderer Ian Bostridge : une expérience bouleversante
Lucrezia et Les Paladins aux Invalides
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs
Première Loge

Pour ne rien manquer de l'actualité lyrique, restons en contact !

Compte renduVu pour vousConcert

Versailles : Des Fêtes de Ramire en demi-teinte

par Marc Dumont 25 mai 2025
par Marc Dumont 25 mai 2025
Photo Marc Dumont
0 commentaires 0FacebookTwitterPinterestEmail
813

L’œuvre au programme étant bien trop courte pour occuper tout le concert, Valentin Tournet a proposé une courte première partie de vingt minutes alignant une suite d’airs de Rameau. Tout commence par l’ouverture du Temple de la gloire qui a brillé de tous les feux de deux cors naturels, deux trompettes et traversos qui, tout au long de la soirée, se sont fait remarquer par leur excellence. Puis, ce furent des airs essentiellement tirés des Boréades, avec deux gavottes, une contredanse et la poétique entrée de Polymnie. Il y eut aussi deux menuets de Zoroastre et, pour terminer, la chaconne finale des Indes Galantes, interprétée sans grande inspiration.  

C’est d’ailleurs ce qui manque à ces Fêtes de Ramire, cet acte de ballet de 1745 à l’histoire singulière. Car voilà « une œuvre à laquelle ont collaboré trois des plus brillants esprits du XVIIIe siècle » comme nous en avertissait le programme. Certes, mais… Il s’agit d’une commande faite à Rameau et Voltaire par une cour qui souhaitait un remaniement de leur Princesse de Navarre, la comédie ballet qui venait de connaitre un vrai succès royal. Sauf que les deux larrons n’avaient pas le temps et qu’ils demandèrent à Rousseau de leur venir en aide.

Les mots de Voltaire sont édifiants : « Vous réunissez, monsieur, deux talents qui ont toujours été séparés jusqu’à présent. Voilà déjà deux bonnes raisons pour moi de vous estimer et de chercher à vous aimer. » Rousseau s’exécute, pour quelques récitatifs et airs, avec un résultat qui ne plut guère. Le fossé musical entre le compositeur du Devin du village et celui des Indes Galantes est… réel. Rameau dut retoucher l’ouverture de Jean-Jacques, qui ne reste pas, de fait, la plus inspirée.

Reste que, le 22 décembre 1745, la cour découvrait une œuvre mettant en scène une princesse espagnole captive à qui l’un de ses geôliers offre de superbes divertissements avant que l’amour ne les réunisse – sorte d’allégorie du mariage du dauphin Louis avec l’infante Marie Thérèse d’Espagne quelques mois plus tôt.

Si l’on retrouve des couleurs ramistes, disons que l’enthousiasme musical n’est pas au rendez-vous, malgré l’engagement des artistes : beaucoup de répétitions dans de multiples reprises, une action diluée par d’innombrables danses, des parties vocales déséquilibrées. C’est ainsi que la suivante de Fatime a plus de place que sa maîtresse.

Cela permet toutefois d’entendre avec plaisir Marie Théoleyre, Isbé à la voie légère et acidulée, aux côtés de la Fatime d’Apolline Raï-Westphal, aux chaudes inflexions – deux sopranos aux timbres bien différenciés. Quant à Ramire, le ténor aigu David Tricou lui a donné une présence et une flamme conquérante, sachant convaincre par une belle et puissante projection avec des aigus triomphants, comme dans son air « Grâces, plaisirs, amour ». Enfin, si le baryton Matthieu Walendzik impressionne tant par le timbre que par la musicalité, les courtes interventions d’Alice Ungerer et Jehanne Amzal ont peiné à convaincre.

Les interventions du chœur ont parfois manqué d’homogénéité, alors que l’orchestre de La Chapelle Harmonique, sans démériter, a manqué d’étoffe, sonnant parfois sec, malgré le travail du premier violon Pablo Valetti. La direction de Valentin Tournet n’y a pas été pour rien, qui demanderait plus de contrastes, de variété dans les reprises (particulièrement dans la vaste chacone finale).

Le disque va suivre, permettant peut-être de réévaluer notre jugement sur cette œuvre oubliée.

Les artistes

Fatime : Apolline Raï-Westphal
Ramire, Premier guerrier : David Tricou
Isbé, Troisième Grâce : Marie Théoleyre   
Un devin, deuxième Guerrier, deuxième suivant : Matthieu Walendzik
Première Grâce : Alice Ungerer
Deuxième Grâce, première suivante de Ramire : Jehanne Amzal

Chœur et Orchestre La Chapelle Harmonique – Valentin Tournet

Le programme

Les Fêtes de Ramire

Acte de ballet de Jean-Philippe Rameau, livret de Voltaire, créé à Versailles le 22 décembre 1745.
Opéra Royal de Versailles, concert du jeudi 22 mai 2025.

image_printImprimer
Matthieu WalendzikApolline Raï-WestphalDavid TricouMarie Théoleyre
0 commentaires 0 FacebookTwitterPinterestEmail
Marc Dumont

Passionné par l’Histoire et la Musique, Marc Dumont a présenté des centaines de concerts et animé de multiples émissions à Radio France de 1985 à 2014. Il se consacre à des conférences et animations, rédige actuellement un livre où Musiques et Histoire se croisent sans cesse, et propose des « Invitations aux Voyages », qui sont des rencontres autour de deux invités, en vidéo.

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Sauvegarder mes informations pour la prochaine fois.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

post précédent
Elīna Garanča en récital à Garnier : comment chanter de grands airs sans prendre de grands airs
prochain post
Ensemble Pygmalion, Devieilhe et Degout à la Philharmonie : grâce et sérénité pour les fantômes d’Hamlet et d’Ophélie.

Vous allez aussi aimer...

L’Opéra de Liège inscrit le CHAPEAU DE PAILLE...

26 novembre 2025

Monte Carlo : Aïda… de nos aïeux !

24 novembre 2025

Hommage à Pierre Audi : reprise à Bastille de...

24 novembre 2025

Le Winterreise du wanderer Ian Bostridge : une...

23 novembre 2025

Lucrezia et Les Paladins aux Invalides

22 novembre 2025

Les Noces de Figaro à Garnier : un...

20 novembre 2025

Bergame – Il Furioso nell’isola di San Domingo...

19 novembre 2025

Festival de Bergame 2/3 : Il campanello / Deux...

18 novembre 2025

Didon en poème harmonique et dramatique

18 novembre 2025

LUCREZIA BORGIA à Florence : la consécration de...

16 novembre 2025

En bref

  • Les brèves de novembre –

    20 novembre 2025
  • Les brèves d’octobre –

    27 octobre 2025

Humeurs

  • Les années 2020 : sombre époque pour les arts, la culture, l’humanisme…

    5 mars 2025

La vidéo du mois

Édito


  • Édito d’octobre –
    « O, mia musica, si bella e perduta… » : quand le cas Venezi révèle un malaise plus profond concernant les arts et la musique en Italie

    2 octobre 2025

PODCASTS

PREMIÈRE LOGE, l’art lyrique dans un fauteuil · Adriana Gonzàlez & Iñaki Encina Oyón – Mélodies Dussaut & Covatti

Suivez-nous…

Suivez-nous…

Commentaires récents

  • Daouia dans Lucrezia et Les Paladins aux Invalides
  • Paul Clavier dans LA WALKYRIE à l’Opéra Bastille : un plateau vocal triomphant !
  • A Billoire dans Lucrezia et Les Paladins aux Invalides
  • Stéphane Lelièvre dans ROBINSON CRUSOÉ, Offenbach (1867) – dossier
  • Frédéric Piotrowski dans ROBINSON CRUSOÉ, Offenbach (1867) – dossier

Première loge

Facebook Twitter Linkedin Youtube Email Soundcloud

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Login/Register

Keep me signed in until I sign out

Forgot your password?

Rechercher

Archives

  • Facebook
  • Twitter
  • Youtube
  • Email
Première Loge
  • Accueil
  • À Voir
  • Avant-concerts
  • Vu pour vous
  • Artistes
  • Œuvres
  • Médiathèque
  • Humeurs

A découvrirx

L’Opéra de Liège inscrit le CHAPEAU...

26 novembre 2025

Monte Carlo : Aïda… de nos aïeux...

24 novembre 2025

Hommage à Pierre Audi : reprise à...

24 novembre 2025